fiscalité - 31/01/2012 | 07:09 - 879 mots
La France, le pays qui taxe l'épargne au taux record de 40%
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120131trib000681342/la-france-le-pays-qui-taxe-l-epargne-au-taux-record-de-40.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120131
Et oui, outre d'avoir souvent fait le contraire de ce qu'il avait promis avant d'être élu, Sarko est encore plus à gauche que la gauche.
En stigmatisant tous les maux sur les « investisseurs » de tous bords, mêlant pêle-mêle fonds spéculatifs (souvent étrangers, voire « Étatiques ») et petits épargnants, nos politiques sont soit très hypocrites, soit très mal conseillés. A n'en pas douter et à mon point de vue, ils sont très bien entourés et fort bien conseillés.
Les boucs émissaires de la crise actuelle sont trouvés ! Mais qui va réellement payer les pots cassés ?
... les retraités, comme le dit si justement cet article !
Mais dans la catégorie des petits épargnants il n'y a pas qu'eux qui vivent partiellement ou totalement de leur capital (j'en suis, sans pour autant être classé dans les hauts revenus). Doit-on le leur reprocher ? Crise et pénurie d'emplois obligent, de plus en plus de personnes n'ont que ce type de ressources pour vivre, plus à défaut de meilleur solution que par véritable choix. Sur le plan social, ce sont des chômeurs en moins ou des emplois disponibles en plus (« place aux jeunes » comme on dit, déjà qu'ils sont loin d'être tous servis, que ceux qui on eu la chance et le temps de faire quelques économies leur laisse la place).
Quant aux grands capitaux, ceux qui ont les moyens techniques et juridiques de le faire, ils s'évaderont. Au résultat, la mesure fiscale ne rapportera que très peu, asphyxiera un peu plus les classes moyennes et privera l'économie de l'un de ses moyens principal de financement.
Mais dire que l'on va taxer un peu plus le revenu du capital (sans distinction de provenance, de support d'investissement et de taille) et un peu moins celui du travail, passe très bien auprès de la grande majorité des électeurs qui ne connaissent pas le monde des marchés financiers (assez complexe, il est vrai).
Qui peut encore croire que la gestion d'un portefeuille boursier ne demande aucun « travail » ? « Que ce type de revenu se fait en dormant » (dernier poncif de Sarkozy) ?
Assurément, le discours politique est on ne peut plus démagogique. Amalgames, stéréotypes et raisonnements simplistes, rien de tel pour ramasser des voix.
Ce qui est présenté comme une « justice fiscale » est en réalité d'une totale iniquité, en plus d'une erreur économique :
- taxer le capital issu d'économies du travail, revenus déjà imposés en leur temps, revient à une double imposition
- au contraire des autres revenus, imposer les revenus de capitaux mobiliers à 40% sans abattement ni aucune déduction possible (habitation, intérêts et autres déductions diverses), revient à une imposition supérieure à la moyenne de celle des revenus du travail ou assimilé (sans pour autant régler le problème de fuite des capitaux, les imposer au même régime que ceux du travail, comme le propose Hollande, reste encore plus juste et équitable)
- le risque et l'aléa n'est pas pris en compte : la taxation ne fait pas la distinction entre revenu d'un capital placé sans risque (assurance vie, obligations, livrets) avec un placement à haut risque (en bourse, il est de 100%).
Une imposition de l'épargne sans logique économique (orientation, différenciation et incitations) n'aura que pour effet de la détourner de l'économie réelle, voire même de la décourager. Or un pays qui n'épargne pas, va à la catastrophe économique.
Pour tous les braves gens qui marchent dans le discours d'une taxe tous azimuts et sans distinction du capital, le « réveil » leur sera tôt ou tard très dur ! « L'évaporation » des capitaux va généralement de paire avec celle des emplois (c'est mécanique, logique et imparable depuis l'antiquité, quelque soit le régime politique et l'époque).
Or dans l'économie actuelle, tout « travailleur » est un « assisté en puissance », par le biais du chômage, de la maladie ou de la retraite. Je pensais donc qu'économiser en prévision de temps difficiles était une attitude responsable, avec pour résultat d'être moins dépendant de la collectivité, moins « assisté » dans le futur. Et bien non, c'est un mauvais calcul. Si l'inflation n'a pas raison de ces économies de précaution, ce sera l'impôt !
Les politiques glorifient le travail, sauf qu'ils sont dans l'incapacité d'en donner à tout le monde. Ils ne sont pas fautifs de ne pas y arriver (dans les économies développées, automatisation oblige, il y en aura de moins en moins), mais de continuer à le faire croire.
En cas de crise grave et le mécanisme est historique, ces mêmes politiques cachent leurs erreurs en trouvant des responsables à jeter en pâture au bon peuple en colère. Pour l'heure, ce seront les détenteurs de capitaux, ces spéculateurs fainéants et sans scrupule, responsables de tout ce qui nous arrive ! A l'image des règlements de compte d'après guerre, il faut donc les tondre !
Mais se laisseront-ils docilement faire ?
A y réfléchir, ce n'est peut-être pas que les grands capitaux qui vont fuir le pays.
@+
Jack