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18 novembre 2022

Avis controversés et opinions divergentes

Nous sommes dans un monde complexe, difficile à appréhender, tant dans le détail que dans sa globalité. Les gens ont donc une tendance naturelle et compréhensible à vouloir le simplifier, le plus souvent en transformant l’anecdote en cas général, en érigeant une expérience personnelle en généralité, voire même à très largement extrapoler ce qu’ils savent. Or plus un monde est complexe, plus il est affaire de spécialistes dans des domaines toujours plus spécifiques et pointus.

Nous sommes également abreuvés d’informations tous azimuts et nombreux sont ceux qui s’y noienttrop d’information tue l’information »). Cet excès amène à l’excès inverse (comme en tous domaines) de la part de ceux qui la reçoivent : celui de ne sélectionner qu’un seul type d’information, celui qui va dans le sens de ce qu’ils sont, par éducation ou expérience personnelle, d’emblée prêts à croire. C’est ce fameux « biais de confirmation » dont tout le monde devrait se méfier. Les réseaux sociaux exacerbent ce phénomène. Au lieu de libérer les gens à plus d’ouverture d’esprit et de connaissances, ils les enferment dans leurs préjugés.

Problème : à force de vouloir simplifier son environnement, on finit par s’écarter de ce qu’il est réellement … et donc à se retrouver complètement à côté de la vérité. Les crises financières ou géopolitiques ne font qu’aggraver le processus. Plus leur environnement est difficile et anxiogène, plus les gens se posent des questions et attendent des réponses, plus ils sont avides de solutions simples (mais à problème complexe, rares sont les solutions simples).

C’est le monde rêvé des populistes et autres figures cherchant à briller (guidées par leurs égos surdimensionnés … comme Raoult qui a été le « populiste des antivacs »). Cela explique la montée des votes aux extrêmes (pas que chez nous) et mêmes des extrémismes religieux (pas qu’islamistes, les culs bénis de l’église évangélique aux USA n’ayant rien à leur envier). Avec la religion (ou l’aveuglement idéologique), plus de question à se poser : tout est déterminé par avance, écrit et sanctifié, le gourou a toutes les réponses … et les solutions.

Les gens veulent du simple, du facile à comprendre, quitte à ne plus être dans la réalité (c’est le monde des utopies, des rêves et de leur pendant : les peurs). Désolé pour eux, mais le monde est et sera de plus en plus complexe et affaire de spécialistes. À mon sens, les démocraties ne survivront qu’à la condition d’un énorme effort de partage des connaissances (dès le plus jeune âge et avec la pédagogie qui va avec). Sans cela, la voie est grande ouverte aux dictatures (« ne cherchez pas à comprendre, vos dirigeants savent et vous guident »). C’est ce qui se passe en Chine et en Russie (mais difficile d’instaurer une réelle démocratie dans des pays aussi importants, le premier par sa démographie, le second par sa superficie).

La complexité croissante de notre environnement et les manipulations médiatiques aidant, expliquent sans doute l’écart grandissant des opinions divergentes et la violence avec laquelle elles s’expriment, ce qui rend souvent tout débat impossible, car passion et raison n’ont jamais fait bon ménage.

Voici ma stratégie pour interpréter l’information qui m’arrive : n’étant pas expert et ne prétendant pas avoir la science infuse ni le savoir nécessaire pour juger ce que dit un expert dans un domaine de connaissance donné, j’applique quelques règles basiques pour me faire une idée sur la véracité d’une information qui m’interpelle :

  • Ne pas avoir d’aprioris avant de lire (ou écouter) et me méfier de mon « biais de confirmation » (auquel personne n’échappe) quand j’ai ou crois avoir une certaine connaissance du sujet,
  • Croiser et multiplier les sources et les auteurs autant faire se peut (tout en restant conscient que les médias relaient souvent une seule et même source via l’AFP, donnant ainsi l’impression que la source est différente alors que ce n’est pas le cas),
  • Si les sources ou les analyses se ressemblent trop et que j’ai du mal à trouver des contradictions, je me méfie et laisse mon avis en suspens (« sous revue » comme disent les agences de notation),
  • Si j’ai l’impression que le sujet fait ou a fait débat, je prendrai pour vrai les avis qui font consensus et qui bien évidemment me paraitrons logiquement démontrés. Si le plus grand nombre de scientifiques vont dans un certain sens, je ne vois pas selon quelle logique, moi qui ne suis pas spécialiste, je pourrais ne pas leur accorder du crédit. … Et si la grande majorité des « sachants » se trompent, n’ayant aucune appétence pour les théories du complot, … je me tromperai avec eux ! 

Tout ceci bien sûr, dans un pays où la liberté de la presse n’est pas artificielle et celle de l’expression bien réelle. Si j’habitais en Russie, dans le monde actuel de Poutine, je me poserai une première et essentielle question : pourquoi un seul et même discours à la TV et si peu de médias pour dire le contraire ? Par extension, pourquoi tant de médias ont-ils étés interdits et pourquoi oser critiquer l’action du Gvt mène en prison ? Au final, me sachant dans un pays où il n’y pas de véritable liberté de la presse et où la liberté d’expression est muselée, « la majorité des sachants » s’exprimant encore ne reflèterait donc qu’un consensus artificiel et n’aurait donc aucune crédibilité.

Dans un pays où la liberté d’expression et de la presse sont effectives, ne perdons pas de vue que ce n’est pas celui qui parles le mieux, le plus et le plus fort, qui a raison. Analysons toujours la démonstration, les faits et les preuves derrière les mots. Méfions-nous également du sophisme (ou l’art de la manipulation) très en vogue en ces temps troublés, où tout devient discutable, interprétable. J’adore cet article de Wikipédia car il donne des exemples croustillant de sophismes (les « stratagèmes » et les « grandes familles de sophismes »). On y retrouve des analogies dans notre expérience personnelle, face à des personnes qui ont cherché à nous faire avaler des couleuvres.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

16 octobre 2022

Nucléaire (doctrine Française) et propos Macron (polémique)

Depuis peu on reproche au président Macron de manquer de fermeté face à la Russie ou de ne pas entretenir l’ambiguïté à propos d’un éventuel usage de l’arme nucléaire si Poutine l’employait contre l’Ukraine (pour peu que sa chaine de commandement « suive » un tel ordre).

Il a rappelé que la doctrine Française sur le nucléaire militaire était la dissuasion, à savoir que si un pays menacerait gravement l’existence de notre nation (s’entend d’une attaque massive et sous-entendu avec une arme nucléaire), il serait assuré d’être totalement détruit en retour (c’est la doctrine « MAD » pour « Mutually Assured Destruction » qui prévaut en Occident).

Notre arsenal nucléaire n’est que stratégique. Nous n’avons pas d’armes nucléaires tactiques (usage limité localement et de faible puissance, à l’échelle d’une petite ville ou d’un champ de bataille). Nos ogives sont toutes de forte puissance et en cas d’attaque nous lancerions certainement tout ce que pourrions lancer avec pour objectif de totalement détruire l’attaquant, simultanément si possible et après son attaque, même si notre commandement et nos villes sont totalement détruites, grâce à nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) dont personne ne sait où ils sont (et donc théoriquement inattaquables pour cette raison).

Autrement dit nous ne concevons l’usage de notre défense nucléaire qu’en dernier recours, en vue de vitrifier un pays entier, fusse-t-il la Russie (destruction complète et simultanée de toutes ses principales villes). Ce serait la destruction totale de l’attaquant comme de l’attaqué, d’où le principe admis qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée. En raison des alliances, une telle guerre se généraliserait et dégénèrerait avec pour conséquence plus que probable, la disparition de l’humanité (ainsi que toute la faune et la flore de la planète).

Tous les militaires du monde le savent, connaissent notre équipement et la doctrine qui va avec. Pourquoi notre président aurait-il dû « entretenir le flou » sur cette question ? Histoire de peut-être sous-entendre que si la Russie utilisait une arme nucléaire tactique sur l’Ukraine, nous pourrions employer la nôtre, … « stratégique » rappelons-le ? Il a donc très justement dit que dans ce cas notre réponse militaire (et il doit y en avoir une, en défense de l’Ukraine et des valeurs Européennes) ne pourrait être que conventionnelle. Je ne vois pas ce que notre président, que ce soit Macron ou les précédents, aurait pu répondre d’autre.

De mon point de vue, encore une polémique inutile !

Notre arsenal nucléaire n’est conçu que pour être massivement employé, sans la moindre demi-mesure. Il est strictement réservé à la défense de notre pays et lui seul. Si un pays en agresse nucléairement un autre, devrions-nous le rayer de la carte ? Et si c’est la Russie, devrions-nous déclencher l’apocalypse sur la planète ?

Nous entretenons et améliorons constamment ce système d’arme effrayant avec l’objectif de ne jamais avoir à nous en servir un jour, justement parce qu’il est effrayant. La dissuasion nucléaire fonctionne depuis plus de 70 ans maintenant entre les grandes puissances et seuls les fous ou les ignorants du sujet, peuvent croire qu’une guerre nucléaire pourrait être gagnée.

Pour la France il n’y a pas d’usage nucléaire gradué. C’est tout ou rien, telle est notre doctrine et je l’approuve.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

05 octobre 2022

Nationalistes psychiquement instables autour de Poutine

En dehors de la psychiatrie, je ne m’explique pas comment les extrémistes cités dans cet article peuvent en arriver à leurs thèses délirantes (lisez et jugez par vous-même). Mais j’ai surtout beaucoup plus de mal à comprendre qu’il puisse y avoir des gens pour les écouter et y croire :

Vladimir Poutine débordé par l’extrême droite russe ?

« The Conversation » Publié 27 septembre 2022

Et certains décérébrés (non pas qu’en Russie) croient encore le message initial de Poutine justifiant la guerre en Ukraine pour sauver les Ukrainiens du fascisme. Maintenant qu’il s’aperçoit que son mensonge ne tient pas, même dans les régions les plus reculées et sous-informées de sa fédération, il transforme le message en une guerre défensive contre l’occident (ben voyons, c’est l’Europe et les USA qui dès Février ont attaqué la Russie et elle ne fait que légitimement se défendre).

Et certains pensent gentiment que l’idéologie nazie de la race pure et de la guerre totale fait partie de l’histoire et que l’on ne reverra pas une telle folie déferler sur l’Europe et le monde, que la mégalomanie de Poutine n’est pas comparable à celle d’Hitler (entre la volonté de restaurer « la grande Russie » et celle d’un « Reich de 1000 ans », je ne vois pas de différence idéologique de fond).

Et si Poutine, encore plus fou qu’il n’y parait ou dans un élan suicidaire pour sortir de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même fourré, cédait aux incantations de malades mentaux encore plus détraqués que lui ?

… Alors à l’image de Berlin en 1945, il n’y aura cette fois-ci pas que Moscou qui sera totalement détruit (une guerre nucléaire ne peut être gagnée). Et si encore les animaux pouvaient survivre à l’humanité. … Même pas !

J’exagère ? Lisez vraiment l’article (ma présente réflexion n’en n’est pas un résumé) pour comprendre les courants idéologiques qui entourent Poutine et pourraient fort bien l’influencer. Acculé dans les conséquences des mauvais choix qu’il a fait jusqu’à présent, il n’est sans doute plus à une mauvaise décision supplémentaire.

Seul petit espoir : le bon sens et le sérieux des hauts gradés de l’armée, les mieux placés pour savoir ce qu’emploi de l’arme nucléaire veut dire et implique (dont ceux de la trempe du général Valeri Guerassimov réputé avoir un haut niveau de compétence et de valeurs, d’avis même des généraux de l’Otan qui l’ont côtoyé dans le passé). Sûr que comme les précédents, il est critiqué et peut se faire éjecter par Poutine. Quoiqu’il en soit, comparé à tous les extrémistes dont parle l’article, dont les seigneurs des milices privées (détestés par l’armée, car ils ne s’agit en fait que de chefs mafieux) et à défaut d’un soulèvement du peuple, ne restera que les militaires de l’armée régulière et de haut rang pour empêcher le pouvoir en place de déclencher l’irrémédiable (l’emploi de l’arme nucléaire, quelle que soit sa puissance, transformera la nature même de la guerre actuelle).

Il y a nucléaire « tactique » (emploi à l’échelle d’un champ de bataille, soit quand même de 10 aux 15 KT de celle d’Hiroshima) et « stratégique » (échelle d’un pays) me direz-vous. La graduation nucléaire je n’y crois pas trop. Je pense au contraire que le premier amènera au second avec une probabilité de 80%, d’autant plus en lisant les aspirations des fous furieux cités dans l’article qui vont de « la guerre totale » à « la guerre de civilisation ».

Depuis les années 60 (disons depuis que le monde entier, Russes compris, s’est vraiment fait peur avec la crise des missiles de Cuba), l’arme nucléaire est et doit rester dissuasive. Les niveaux de puissance atteints sont si élevés (jusqu’à 100, non pas KT, mais Méga Tonnes, soit plus de 6500 fois Hiroshima) qu’elle n’a finalement continué à être conçue et améliorée que dans le but de n’être jamais utilisée. Cette théorie vaut pour toutes les nations nucléaires « matures », Russie comprise, possédant la capacité de vitrifier un pays entier, … même après l’avoir été (d’où les SNLE).

Un président « appuyant sur le bouton » est une légende. Certes il donne l’ordre (confirmé par l’un de ses ministres et un ou deux généraux), mais avant que celui qui, en bout de chaine de commandement, fasse physiquement le geste qui déclenchera l’apocalypse, il y a encore quelques intermédiaires. En théorie, ces derniers devraient être suffisamment « adultes », sensés et instruits pour interrompre le processus. 

Comme le disait l’état-major militaire autour de Trump : « y-a-t ‘il un adulte dans la pièce ? ».

J’ose espérer que la situation actuelle restera dans la rubrique des « on n’est pas passé loin » comme il y en a eu plusieurs depuis Août 1945, car dans le cas contraire ce serait la dernière et il n’y aura ni article, ni livre d’histoire pour en parler. « Je ne sais avec quelles armes se fera la 3ème guerre mondiale, mais puis vous assurer que la 4ème se fera à coups de pierres et de bâtons » (Albert Einstein, … plein d’optimiste puisqu’il envisageait quand même « la 4ème »).

On remarquera que jusqu’à aujourd’hui et en ce domaine, l’intelligence au service du bon sens, sans distinction du camp où elle se trouve, a toujours fini par l’emporter … La question étant de savoir jusqu’à quand cela restera vrai ?

On ne peut pas dire que le bon sens étouffe Poutine, ce qui permet d'être finalement convaincu que cette guerre ne pourra prendre fin qu’avec celle de son régime.

Je remarque néanmoins que maintenant que la population est plus directement et concrètement impliquée dans cette guerre, se renforcent les raisons qui m’incitaient déjà fin Juillet (manque de motivation des soldats du rang qui sont aussi des hommes du peuple) à penser que Poutine pourrait bien ne pas finir l’année … à la tête du Kremlin en tout cas (mon post « Bannissez Poutine et son Gvt, mais pas les Russes »). Si ce n’est pas la rue qui le pousse vers la sortie (pieds devant ou en exil), ce sera peut-être l’armée (régulière, espérons-le).

Croisons les doigts car à notre humble niveau face à cet évènement majeur, avec toute l’humanité dans la balance, c’est bien tout ce que nous pouvons faire.


@+

Jack

23 août 2022

Religion : une arme de manipulation massive

Toute l’histoire de l’humanité, des premiers sorciers de la préhistoire à Daesh, démontre que derrière leur vernis de moralité et d’humanisme, les religions ne sont que des instruments de pouvoir. C’est toujours le cas dans des pays où les populations ne sont pas encore émancipées, engluées qu’elles sont dans leurs traditions ancestrales et structures étatiques d’un autre temps.

Prêchant un message céleste de vérité et de lumière, la religion (quelle que soit-elle) fait très exactement le contraire : elle plonge ses naïfs croyants dans l’obscurantisme.

Les religions n’ont de sacré que ce que leurs inventeurs leur ont attribué. Et ces inventeurs ne sont bien évidemment pas des dieux, mais bien les humains qui les ont créés pour assoir et perpétrer leur pouvoir. Ils ont trouvé là une arme de manipulation massive très astucieuse pour prendre et conserver le contrôle des esprits faibles : « Ce n’est pas moi qui ordonne, mais Dieu. Je ne dicte pas les lois, elles sont déjà écrites. Je ne vous martyrise pas, mais applique la punition divine pour ne pas vous être conformés aux lois sacrées, … torturant vos corps pour mieux sauver vos âmes ».

Mettre en doute les textes sacrés, n’est autre que contester le pouvoir en place, à savoir l’autorité désignée par dieu pour le représenter. Pratique, non ?

Le danger mortel d’un pouvoir dogmatique n’est autre que le savoir et la raison. C’est ainsi qu’il pourchasse et cherche à éliminer tous ceux qui oseraient les lui opposer. Pour y arriver, il faut de fidèles croyants un peu plus haineux et crétins que les autres.

Dernière illustration :

Plus de 30 ans après leur publication, « Les versets sataniques » de Salman Rushdie toujours controversés

Publié: 16 août 2022,

De quoi Salman Rushdie est-il le symbole ?

Publié: 16 août 2022

Alors que faire ?

Si la connaissance est la seule arme contre l’inculture, il n’y en a aucune pour lutter contre la bêtise humaine (du moins, à ce jour).

Einstein disait « Deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne l'univers, je n'ai pas acquis la certitude absolue ».


@+

Jack

29 juillet 2022

Bannissez Poutine, mais pas les Russes

C’est à eux de faire le ménage dans leur maison me direz-vous, mais dans une dictature c’est plus facile à dire qu’à faire, comme l’illustre assez bien l’article qui suit.

Sa vidéo associée (reportage Arte) relate les témoignages de Russes qui se sentent même coupables … de ne rien pouvoir faire !

Le difficile combat des artistes russes qui s’opposent à Poutine et à sa guerre en Ukraine

Publié : 28 juillet 2022

Les vrais coupables : outre Poutine et son entourage approuvant son action et son idéologie, tous les petits chefs et intellectuels qui savent, … mais continuent de relayer les mensonges d’État pour conserver leur emploi, leur salaire, leurs petits avantages personnels (beaucoup de fonctionnaires et d’enseignants).

Quant à ceux qui suivent et approuvent « leur führer », bien évidemment bernés par la propagande et une information complètement contrôlée, ils finiront par comprendre … quand il sera trop tard !

Autre époque, autre lieu, autres personnes, … mais on dirait quand même que l’histoire bégaie. Et Poutine dans son meeting d’arguer « une Russie sans nazisme ».

Les dégâts économiques du fait des sanctions internationales (aggravation en cours, à retardement certes mais bien réelle) et la perte de confiance sur les marchés financiers que Poutine a déclenchés, sont maintenant irréversibles. Les Russes vont en souffrir pour plusieurs décennies (voire générations), … même après le départ de leur dictateur et quel que soit le gouvernement qui suivra (s’il peut faire en sorte que les sanctions soient levées, il ne rétablira pas la confiance).

Je garde espoir que cette guerre s’arrête aussi subitement qu’elle a commencée, non pas parce que les Ukrainiens aidés par les occidentaux la gagneront, mais grâce à un mouvement intérieur en Russie qui aboutira à l’élimination politique de ceux qui l’ont déclenchée (certains indices très récents commencent à émerger), … possiblement avant la fin de cette année.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

18 avril 2022

Taux d'intérêt et Marine, quel rapport ?

Il est pourtant fondamental, non pas spécifiquement avec Marine, mais avec tous les programmes économiques qui n’ont pas la confiance, non pas du peuple Français, mais des marchés financiers. Que cela plaise ou non, moral ou pas, c’est ainsi et rien ne pourra changer cette réalité sauf à supprimer l’argent (après une guerre thermonucléaire globale, ce ne sera effectivement plus un problème).

En France, la dette d’État existe depuis le XII° siècle et les marchés mondiaux de la dette (emprunts extérieurs) au moins depuis le XVII° (guerre d’indépendance Américaine, et c’est nous qui prêtions aux révolutionnaires … avant de faire notre propre révolution). C’était donc bien avant la « mondialisation » (arrêtons de l’accuser de tous nos malheurs) et sauf effondrement de la civilisation, ce n’est pas près de changer.

Petite explication simple et courte d’un économiste reconnu (ni politique, ni vendeur de rêves), non pas pour vous parler d’histoire, mais de taux, à savoir le coût de financement de notre dette publique.

N’ayez crainte, il ne rentre pas dans le détail et n’évoque que la conséquence principale, majeure, d’un mauvais choix démocratique. Le principe est très simple à comprendre (les mécanismes, c’est une autre histoire mais ce n’est pas le sujet).

"Le programme économique de Marine Le Pen n'a aucun sens !"

Écoutez d’abord cet interview avant de me lire (où vous allez abandonner, ce qui serait dommage). Je ne vais pas le résumer, mais le compléter ou étendre un peu le propos.

L’économie est une matière rébarbative pour la majorité des Français, et pourtant, au-delà de toutes les promesses, c’est la seule chose qui peut maintenir ou détruire votre pouvoir d’achat.

Retenez au moins que des taux d’intérêt auxquels l’État s’endette (subtile mélange de confiance, d’inflation et de divers autres mécanismes financiers dont l’incontournable spéculation mondiale), dans un monde où tous les pays ont besoin d’emprunter pour financer leur économie, ont un effet quasi-immédiat sur les inégalités sociales.

En période de taux bas (ils étaient même négatifs, un peu, à savoir que l’État gagnait de l’argent en s’endettant, un peu), les faibles revenus peuvent emprunter (directement ou par le canal de l’État avec les transferts sociaux). Et bien évidement ils empruntent de l’argent à ce qui en ont, les épargnants (qui placent sur les marchés financiers), qui du même coup s’appauvrissent lorsque ces taux sont inférieurs à l’inflationtaux réels négatifs » comme c’est le cas depuis plusieurs années et encore aujourd’hui).

En période de taux élevésréels positifs »), c’est bien sûr le contraire qui se passe. Dans un monde idéal, où il n’y a pas de perdants, les taux sont très légèrement supérieurs à l’inflation (le petit plus étant la juste rémunération de celui qui prête). Mais l’idéal n’est pas de ce monde. On ne peut qu’essayer d’y tendre.

L’économie est un grand mécanisme de vases communicants. Pour schématiser à l’extrême, plus les taux sont hauts, plus les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent, et vice versa lorsque les taux sont bas.

L’argent n’est rien d’autre que de la confiance, et toute monnaie fluctue au grès de ce qui conforte ou l’ébranle cette confiance. Les taux d’intérêt (court ou long terme) sont la rémunération du risque que le prêteur prend (ou croit prendre) dans le pari qu’il a dans l’avenir (proche ou lointain). Plus celui-ci parait sombre, plus le sentiment de risque augmente et les taux avec, plus il y a de spéculation, plus il y a d’inflation et plus les inégalités se creusent (comme le dit l’économiste, « l’argent va toujours à l’argent »).

Un programme économique déséquilibré qui, à tort ou à raison, ne convainc pas les marchés financiers internationaux, c’est forcément un avenir sombre. A l’inverse, lorsque les agents économiques sont confiants, que l’avenir parait stable et prévisible, la spéculation qui est une vision de court-terme, fait place à l’investissement, aux engagements et aux placements de long terme. On pourrait dire que les taux se calment ou s’échauffent au rythme des esprits. Sur les marchés financiers dont nous dépendons tous (pour la plupart d’entre-nous sans en avoir conscience), les changements brutaux sont ravageurs.

Les électeurs de Marine sont persuadés que si elle arrive aux commandes, leur pouvoir d’achat s’améliorera, perdant totalement de vue que celui-ci est étroitement lié à l’économie et que celle-ci dépend des marchés financiers mondiaux (deux matières malheureusement trop peu enseignées et donc incomprises pour la plupart des électeurs). Je n’aborde même pas la géopolitique et l’Europe dont dépend notre économie, tellement la chose doit être un sujet stratosphérique pour une bonne partie de l’électorat. Avant, l’électeur faisait confiance à ceux qui comprenaient ce genre d’imbrication (les économistes étaient écoutés et surtout crus). Maintenant que les élites sont rejetées, que les bonimenteurs remplacent les sachants, les élections se font au petit bonheur la chance.

Les peuples qui ont mené au pouvoir des populistes ont tous connu des lendemains douloureux (Argentine, Grèce, Italie), voire catastrophiques (Venezuela et l’Allemagne des années 30), où comme une règle aussi inique qu’implacable, ce sont toujours les plus fragiles et les plus démunis qui souffrent le plus. Or ce sont souvent ceux-là, les inquiets ou les désespérés, qui se font bercer (et bernés) par le chant des populistes.

Il y a les promesses politiques et la dure réalité économique. Alors que choisissez-vous ? Le rêve ou la réalité ?

Tous nos choix ont des conséquences et dans une démocratie ils nous engagent tous. En économie ils se paient cash et collectivement bien sûr, non pas dès la première année, mais un peu plus tard et dans la durée, sur plusieurs années, voire des décennies après la fin d’un mandat. Les américains vont payer et pour longtemps les mensonges du clown Trump (la situation des plus démunis s’aggrave de plus en plus et les conséquences de la perte de confiance à l’international va plomber leur économie dans les années qui viennent). Quant aux Anglais, ils commencent à peine à payer ceux du clown Bojo, … et ce n’est malheureusement qu’un début.

Pour les passionnés d’économie ou pour les investisseurs qui veulent savoir à quoi s’attendre dans les mois à venir, non pas qu’en France (c’est un peu technique, surtout au début). La première partie de l’interview parle de ce qui se passe et risque de se passer aux USA (forte influence sur l’économie mondiale) et la deuxième parle des programmes des candidats et leur impact sur notre économie :

Ecorama : La Grande Interview 07/04/2022

"Quel que soit le prochain Président, il n'aura aucune marge de manœuvre budgétaire !"

À retenir : « Macron et Pécresse sont les projets les plus raisonnables d’un point de vue budgétaire … les Français s’en fichent … mais ils ont tort parce que ça va affecter leur vie quotidienne … »

BON VOTE !


@+

Jack

21 mars 2022

Qu'est-ce que la "vérité" ?

Des faits établis, prouvés, me direz-vous. Mais avec le concept à la mode de « réalités alternatives » où tout peut être remis en question, même des faits historiques qui faisaient pourtant consensus parmi les historiens, la notion de vérité s’éloigne, les faits qui la constituent passant du statut objectif qu’ils devraient avoir, à celui de subjectif. Dans des réalités alternatives, la preuve des faits l’est tout autant, subjective, et ceux qui les invoquent ne font que leur donner l’apparence de l’objectivité.

Si l’on rajoute à cela nos biais de confirmation et les algorithmes des réseaux sociaux qui, si nous n’y prenons pas garde, ne font que renforcer encore et encore ce que nous étions déjà prêts à croire, nous finirons par ne voir que ce que nous voulons voir, et non pas ce qu’il faut voir. Autrement dit et en extrapolant, chacun de nous finira par avoir « sa vérité », « sa réalité », et à partir de là, toute discussion, tout échange d’idées deviendra impossible.

On peut avoir un avis différent sur un même fait et c’est tant mieux. Mais si dès le départ d’une discussion nous sommes en désaccord sur le fait qui l’amène (discuter de ses causes et conséquences par exemple), sur le fondement même du débat, à quoi bon poursuivre. Et quand on ne peut plus discuter, soit on se tourne les talons, soit on se dispute.

C’est ce qui pourrait expliquer en partie le monde de violence d’aujourd’hui, saturé d’information et aux réalités multiples, dans lequel la vérité est à géométrie variable, ne fait plus sens, où l’émotion finit par l’emporter sur la raison. C’est ainsi que l’on voit des personnes (et des politiques) passer facilement de la parole aux insultes. Or derrière la violence des mots, la violence physique n’est jamais loin (cela s’est vu il y a quelques années, … au parlement Ukrainien justement, à propos d’un projet de loi voulant imposer le Russe comme langue nationale). Quand il n’y a plus de raisonnement, ne reste que la violence. Il n’y a plus d’écoute, plus de logique, chacun s’enfermant dans ses certitudes, parfois aux confins de l’absurde, voyant l’autre comme agresseur sans se rendre compte qu’il l’est tout autant. Il en va ainsi des individus comme des nations.

L’absence de débat mène aux idées reçues, aux divisions sociales, puis au nationalisme et enfin à la guerre (qui n’est que le prolongement de la politique). 

A notre niveau, devant un tel emballement, que pouvons-nous faire ? Pas grand-chose évidemment, si ce n’est violemment (aller dans une manif pour tout casser ou nous enrôler pour faire la guerre, que ce soit côté Ukrainien ou Russe, ils recrutent) ou pacifiquement, ce qui dans notre démocratie veut dire aller voter selon nos convictions, de la façon la plus éclairée possible. Mais comment être éclairé si la vérité est indémontrable, les présumées preuves de faits alternatifs s’annulant mutuellement ?

Les armes d’un démocrate pacifique : esprit critique et variété de ses sources d’information. Sa plus grande faiblesse : tendance naturelle au biais de confirmation.

Mais quel que soit notre choix, gardons surtout ce qui semble faire de plus en plus défaut dans notre monde ultra-connecté : le bon sens, la logique et le recul, seuls moyens de faire un tri avisé de l’information qui nous arrive.

Cette réflexion me vient de la lecture de cet article :

Comment Donald Trump et Vladimir Poutine dévoient le concept de vérité

Publié 16 mars 2022,


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

21 février 2022

Union Européenne ? Bien ou mal ? … Synthèse rapide

Je ne m’étendrai pas sur ses trois principaux bienfaits tout aussi évidents qu’un peu trop facilement oubliés, que les antieuropéens passent sous silence comme s’ils auraient été acquis sans l’Union Européenne :

  • La paix en Europe.

L’Ukraine n’en fait pas partie et je vous laisse imaginer sur quels autres pays la Russie de Poutine porterait aujourd’hui son regard sans elle, la désunion des pays européens n’étant pas sans conséquence sur l’entente au sein de l’OTAN. Sans l’UE ce traité serait 100% sous le contrôle américain et dans ces conditions une guerre conventionnelle (non nucléaire) en Europe ne serait pas improbable, certes avec leur participation mais loin de chez eux, ce qui économiquement pourrait même leur être profitable (mésentente en Europe et vente d’armes, c’est tout bénef pour l’économie américaine).

  • L’union économique (marché unique).

Qui pourrait imaginer un pays européen pouvoir discuter seul d’échanges économiques d’égal à égal face à la Chine ou Les USA ? Là aussi, l’implosion de la zone Euro serait profitable à ces deux pays qui font d’ailleurs tout pour nous désunir (à coup de tentatives de dévoiement des États de l’union et de désinformation de leurs citoyens).

  • La monnaie unique.

Sans elle, les pays Européens continueraient à se faire la guerre des monnaies. Rappelez-vous ce fameux « serpent monétaire » qui tentait de contenir plutôt mal que bien des écarts trop importants entre nos monnaies, une situation provisoire qui n’aurait pas tenue dans le temps. Or l’arme de guerre d’une monnaie n’est autre que sa dévaluation, et sa contrepartie n’est autre que l’inflation. Sans l’Euro, il y a fort à parier que suite à la crise sanitaire que nous venons de vivre, elle serait déjà galopante (rien à voir avec le petit sursaut actuel de 3 à 4%).


Ces trois axes d’intérêt ne sont pas les seuls comme la communauté Européenne nous le rappelle dans cet article :

Principales réalisations et avantages concrets de l’Union européenne

Voyez aussi ses liens dont « Actions par domaine » et les « briefings sur les politiques de l’Union européenne en détail ».


Si au-delà de cette page vous faites une recherche avec les mots clés « qu’est-ce que l’Europe nous apporte » vous trouverez une pléthore d’articles plus ou moins orientés, plus ou moins agréables et faciles à lire, plus ou moins synthétiques. Entre textes trop abscons (l’Europe reste un sujet complexe dans le détail) ou au contraire vraiment trop simpliste (prenant les lecteurs pour des enfants de 7 ans), je n’ai pas trouvé la synthèse qui me convient.

Mais voici mon point de vue, forcément économique et financier, mon domaine de compétences, tant il me parait évident et trop peu rappelé que notre niveau de vie est très étroitement lié à la santé économique du pays dans lequel nous vivons. En fait, j’inverse la problématique : que nous serait-il arrivé, à nous les Français, si l’Union Européenne n’avait pas été présente dans les deux dernières crises que nous venons de traverser ?

Sans l’Europe, la France n’aurait pas « passé » la crise financière de 2007-2008 sans gros dégâts économiques et sociaux (l’un n’allant pas sans l’autre). C’est l’union économique et financière, autrement dit l’aide des forts aux faibles, qui nous a permis de passer ce cap difficile, tout comme les autres pays dits « du sud » (soutien des banques via la BCE et le Mécanisme Européen de Stabilité).

Sans l’Europe notre dette nationale et son taux de financement se seraient envolés, alors que notre production se serait fortement affaiblie. Le premier effet ressenti à notre niveau aurait été le gel de nos avoirs bancaires et peut-être la perte sèche de nos économies placées dans les banques les plus fragiles qui auraient fait faillite. Par suite nous aurions subi tous les effets d’une récession économique, voire d’une dépression (c’est la même chose, en bien plus grave et bien plus long). Pour les entreprises, celles qui auraient survécu à la crise, les taux d’emprunt auraient été à l’image de ceux du pays, très élevés. Les pays qui sont dans cette situation sont quasiment condamnés à utiliser leurs hypothétiques gains de productivité pour ne financer que le coût de leur dette, autrement dit les seuls intérêts. Sans financement de son économie (investissements d’État et privés), celle-ci décline et la dette ne fait qu’augmenter. C’est le cercle vicieux dans lequel se retrouve tout emprunteur trop endetté (particulier, entreprise ou pays). Plus il est endetté, moins il trouve de prêteurs, ce qui fait monter ses taux d’emprunt par le simple jeu de l’offre et de la demande. Ce faisant, sa dette augmente mécaniquement par la simple accumulation des intérêts dus et son avenir s’assombri d’année en année faute de perspectives.

Nombreux sont les pays « solitaires » dans le monde qui se trouve dans cette situation, durable et inextricable, notamment ceux qui ont peu de richesses pétrolières ou minières comme la France. N’allez surtout pas croire que les taux proches de zéro en Europe sont mondiaux et le fait du hasard. Seuls l’UE (via la BCE) et les USA (via la FED) ont mis en place les politiques monétaires adéquates pour y arriver. Pour l’UE ce mécanisme n’a pu fonctionner qu’avec la confiance des marchés financiers mondiaux en l’économie Européenne dans son ensemble, non pas pays par pays.

Dans une économie mondialisée (qu’on le veuille ou non, que ce soit bien ou mal, c’est ainsi et il faut faire avec) aucun pays ne peut se suffire à lui-même, économiquement comme financièrement (les deux faces d’une même pièce). Il ne peut se passer d’importer et d’emprunter. Cela dit, l’Europe nous protège des effets les plus délétères de cette mondialisation (positions dominantes, déloyauté économique ou fiscale, dangerosité des produits vendus, …). La concurrence entre pays Européens n’empêche pas l’entraide de ceux dont l’économie est en retard ou en difficulté. Tous échangeant entre eux, aucun n’a intérêt d’avoir un partenaire commercial défaillant.

Quant aux effets de la récente crise sanitaire, sans l’Europe et le mécanisme d’aide financière qu’elle a mis en place (programme de rachats massifs d’obligations d’États à taux quasi-nul), nous serions maintenant très mal-en-point avec là aussi des effets directs et concrets sur nous tous, dans notre vie de tous les jours : charge fiscale démesurée pour les mieux lotis d’entre-nous et brutal coup d’arrêt aux aides sociales pour les plus démunis. Rigueur budgétaire et pression des marchés financiers obligent (rappelez-vous ce qu’a enduré la Grèce avant d’être sauvée … par l’UE). Pour l’ensemble de la population, ce serait chômage (avec ses conséquences sociales et sécuritaires), système de santé défaillant, gel plus ou moins partiel des retraites, effondrement des services publics (dont la sécurité) et sans doute corruption à tous les niveaux (c’est ce qui se passe dans tous les pays pauvres ou en grave difficulté économique, sans la moindre exception dans le monde).

Ceux qui vous disent que nous nous en serions sorti seul, sans l’aide Européenne, vous racontent des fadaises, à dessein politique ou par méconnaissance. Pour rappel, les deux principaux atouts économiques de la France que sont l’aéronautique et le tourisme, ont été les plus impactés par la pandémie.

Cette crise ajoutée à la précédente, toujours sans l’Europe, nous aurions pu nous comparer à l’Argentine, un pays en quasi-faillite depuis les années 50 et à qui presque plus personne ne prête.  Comme dans tous les pays dont l’économie s’effondre, les premiers services à trinquer sont les services publics et sociaux, la santé et l’éducation, autrement dit les principaux moyens de permettre à une population d’espérer.  Or sans espérance en son avenir, aucun pays ne se relève !

Tout au contraire, les citoyens Européens ont toutes les raisons d’espérer. Citons par exemple le récent grand plan de soutien et de relance économique Européenne (750 Milliards de dons et de prêts à taux quasi-nul alloués proportionnellement aux difficultés de chaque pays de l’Union) qui va permettre aux pays membres de sortir plus fort de la crise sanitaire et envisager l’avenir avec plus de sérénité (fonds prioritairement alloués aux infrastructures, à la santé, à la recherche et aux innovations, à l’économie décarbonée).

Dans ma petite recherche rapide j’ai bien sûr trouvé quelques articles dénonçant et grossissant les inconvénients de l’UE. Certes il n’existe jamais d’avantages sans petits inconvénients (pas de gain sans un minimum à concéder). Tout le jeu des anti-Européens est de faire passer ce qui est mineur pour majeur et vice-versa. À vous de comparer et de juger.

J’ai aussi trouvé certains articles qui ne sont qu’un florilège de mensonges et de contre-vérités. La première et la plus flagrante est le lien entre Euro et inflation (bien au contraire, c’est la monnaie unique qui nous protège d’une inflation incontrôlée). J’ai aussi lu que l’Europe faciliterait la concentration des monopoles économiques amenant à la hausse des prix par entrave à la libre concurrence (alors que c’est très exactement le contraire qui est voulu dans les traités et qui se passe dans la réalité depuis que l’UE existe).

Pas besoin d’être expert en économie pour débusquer ces argumentaires fallacieux et totalement illogiques (sans doute élaborés par quelques fabricants de fakes news depuis l’autre côté de la planète, aussi bons en informatique que mauvais en économie).

Ceux qui ne voient pas ou ne veulent pas voir ce que l’Europe nous apporte, à nous citoyens Européens :

  • Les Antieuropéens : des personnes en déficience de connaissances, manipulées via des puissances qui ont tout intérêt à voir l’Europe exploser (ce qui pourrait déjà être une première preuve de son efficience).
  • Les eurosceptiques : des impatients qui s’agacent de ses réelles imperfections et notamment de sa lenteur à décider (en cause, lourdeurs des procédures et règle de l’unanimité dans les décisions) l’Europe comme ceux qui la rêvent n’étant pas encore terminée.

Ne perdons pas de vue que l’Europe est toujours en construction. La première pierre n’a été posée qu’en 1957 (traité de Rome). Combien de temps a-t-il fallut pour « construire » les USA (union Nord-Sud définitive) ? Réponse : environ 100 ans (du début de la guerre d'indépendance des États-Unis en 1775, au départ des dernières troupes fédérales du Sud en 1877).

Nous venons tout juste de passer les 50 ans (1957-2017) et ce dans un monde toujours plus complexe et concurrentiel, sans oublier le petit coup d’arrêt de 2005 (rejet du projet de constitution Européenne). Alors restons confiant et croyons ’y encore et toujours ! Avec l’harmonisation fiscale et sociale (toujours en ligne de mire), on pourra enfin dire que le chantier est en voie de s’achever.

Parmi les bienfaits de l’Union Européenne j’en vois un autre qui est rarement cité (du moins pas directement dans ma recherche rapide) : l’union des savoirs et des intelligences Européennes dans lesquelles nous n’avons que du bon à puiser. Nos « arts de vivre » sont très proches et nos différences culturelles ne sont pas tellement plus éloignées que celles des années 50 entre la Bretagne et la Provence, quand elles ne trouvent pas leurs causes essentielles dans des environnements climatiques différents.

Je pense sincèrement que nous avons tout à gagner à être Europhile, … et tout à perdre à nous recroqueviller sur nous-même, dans notre petit espace hexagonal bercé par de mesquines et orgueilleuses croyances franco-françaises, à la merci d’un monde financier prédateur qui ne ferait qu’une bouchée de notre économie.

N’est-ce pas une bêtise que de se croire plus fort seul que groupé ?



Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.