Je ne me suis pas encore exprimé sur ce conflit, si ce n’est en privé bien sûr et brièvement ici.
En tant que laïc convaincu, je suis bien évidemment de tout cœur avec la grande majorité du peuple Iranien qui souffre depuis des décennies de la dictature et des outrances d’un régime qui n’a aucune limite la transgression des droits humains fondamentaux, maintenant universellement reconnus.
Au nom et sous couvert de préceptes religieux détournés, le régime des Mollahs impose sa loi (non celle de dieu) et sa force brute au seul bénéfice de ses dignitaires et affiliés, dont les motivations ne sont que celles du pouvoir et de l’argent.
Ce régime est une insulte à la grande histoire et l’érudition du peuple Perse. Derrière la religion, instrument de pouvoir et de manipulation, il n’y a que mercantilisme et mégalomanie.
Je comprends la volonté des Israéliens qui souhaite profiter du soulèvement de la rue et donc de l’affaiblissement théorique de ce régime, pour enfin s’en débarrasser, libérant du même coup un peuple opprimé.
De fait, en brandissant comme étendard (voire même dans sa constitution) la destruction d’Israël, l’Iran lui a depuis longtemps déclaré la guerre, et non le contraire.
Mais comment vaincre un régime qui s’arme, s’enterre, s’organise politiquement et militairement depuis plus de 40 ans ?
Toute l’ingéniosité du Mossad et de Tsahal n’y suffisent pas sans la puissance militaire américaine. Mais dans cette équation il y a le fantasque, le mégalomane et bouffon « Trump » ! … Et c’est là que les choses pourraient dérailler.
A ce sujet j’ai apprécié :
Hubris et stratégies militaires (2 premiers articles de la lettre)
Un leader à l’égo démesuré (pour ne pas dire carrément fou) enfermé dans une bulle cognitive de vérités alternatives, deux stratégies militaires très différentes qui s’affrontent, une économie mondiale impactée, un risque
A priori, deux issues probables à ce conflit :
- La pire : les USA tournent brutalement les talons après avoir complètement déstabilisé le Moyen Orient, le laissant en plan, sans dessus-dessous, avec un régime Iranien renforcé dans son idéologie, encore plus brutal envers son peuple, reprenant sa rhétorique guerrière et sa production d’armement, dont le nucléaire militaire bien sûr, pour au final être toujours aussi menaçant et dangereux, tant envers Israël que le monde.
- L’espérée : l’effondrement intérieur du régime, du fait de dissensions internes, voire d’un retournement de l’armée régulière contre les « gardiens de la révolution ».
Pour ma part, je reste optimiste sur ce conflit qui pourrait ne pas s’enliser comme le laisse présager les derniers développements et de l’avis de certains experts et analystes (ils sont divisés).
Sans tête et peut-être bientôt sans finance, le régime des Mollahs pourrait s’effondrer d’un coup, du jour au lendemain. Leurs combattants ne devraient pas rester longtemps organisés et surtout, ils ne se battent pas que pour Allah. Faute d’argent, ça va sans doute être « sauve qui peut » dans leurs rangs.
Je vois bien la prise militaire de l’ile de Kharg, coupant ainsi la principale source financière du régime, le temps qu’il s’effondre. La condition essentielle de cette action me parait être de laisser intact les installations pétrolières, car il faut penser à la reconstruction du pays et sa viabilité future, financière et donc politique (celle du régime qui remplacera celui des Mollahs, celui que le peuple souhaitera).
Cette issue reste une probabilité que j’espère, pour tous ceux qui n’aspirent qu’à la paix, à commencer par les Iraniens eux-mêmes.
Par contre, la généralisation des guerres à haute intensité me parait rester à l’ordre du jour, du moins tant que Poutine et Trump seront au pouvoir.
… Et ce pour les « raisons de fond » invoquées en début de cette newsletter (hubris, capitalisme débridé, algorithmes des réseaux sociaux) auxquels je rajoute la perte de confiance en nos politiques (quel que soit leur bord, ils font tout pour) ainsi, et c’est plus grave, qu’en nos « sachants » (perso, j’ai toujours confiance en la science, nos chercheurs, historiens et enseignants … et tout comme bon nombre d’entre-nous, beaucoup moins en nos politiques).
L’actualité mondiale n’a pas fini d’être sinistrement « riche » : quand le « point chaud Iran » se refroidira, un nouveau le remplacera ailleurs (et en attendant, on laisse Trump tranquille sur l’affaire Epstein).
Jack