05 novembre 2012

Douleur animale : sans doute au delà de ce vous pouviez imaginer

Des études démontreraient que la douleur animale ne s'arrête pas aux mammifères ou aux seuls vertébrés. Ce n’est pas une évidence pour tout le monde. Chaque animal humain devrait s’intéresser à ce que la science découvre en ce domaine, avant de faire souffrir un autre animal, quelque soit sa forme ou son règne, le pire étant de le faire sans le savoir car il n’y a alors que peu d’espoir que cela s’arrête. Comme le disait Baudelaire, “On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est, et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise”.

Les animaux: êtres sensibles, sujets de droit
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 25.10.2012 à 14h34 • Mis à jour le 31.10.2012 à 09h51
Par Catherine Vincent

Extraits :

"On distingue ainsi successivement la nociception (la capacité de réagir de façon réflexe à des agents extérieurs qui menacent l'intégrité de l'organisme), la douleur (lorsque à la nociception s'ajoute une émotion, un ressenti) et enfin la souffrance, lorsque à cette douleur s'ajoute la capacité d'en être conscient."

"… Ou encore les crevettes : quand on dépose sur leurs antennes un produit irritant, elles les frottent de façon prolongée, et cessent si on leur administre un anesthésique local. Sans parler des céphalopodes (pieuvres, calmars, seiches), qui se sont vu attribuer une mention spéciale : bien que seuls des réflexes nociceptifs aient pu être mis en évidence chez ces animaux, leurs capacités cognitives et mnésiques sont si élaborées qu'on les considère aujourd'hui comme des êtres sensibles. Au point qu'ils figurent, aux côtés des mammifères et des oiseaux, dans les principaux textes européens de protection de l'animal. Car ce que la science démontre, le droit l'entérine... Du moins en principe."

Vous regarderez maintenant les pêcheurs d’un autre œil ! Sans doute avec moins de romantisme … et ne tolèreraient plus que l’on frappe un pauvre poulpe contre la jetée.

Reste à ce que les dispositifs contraignants accélèrent le pas, car si le droit entérine ce que la science démontre, il tarde toujours trop à le faire (il "claudique" comme dit l'article), encore et toujours pour des raisons économiques, on s'en doute. Il est vrai que le problème vu dans son ensemble, n'est pas simple à résoudre.

Mais avant que notre société choisisse de modifier diamétralement son mode alimentaire (dans un ou deux siècle sans doute), je pense que nous pourrions au moins sacrifier un peu de rentabilité (et donc accepter de payer un peu plus cher) en faisant en sorte que les animaux d'élevage que nous tuons ne souffrent plus. Cela ne me semble ni techniquement, ni juridiquement insurmontable.

Pour y arriver, c'est à nous de faire pression, chacun à notre niveau et dés que nous en avons l'occasion (vote, façon de consommer, sondages et communication). C'est d'ailleurs ainsi, comme le rappelle l'article, que les choses ont évolué.

Les pouvoirs publics ne sont pas indifférents :
"Au sortir d'une expertise sur la souffrance des animaux d'élevage, réalisée en 2009 à la demande du ministère français de l'agriculture, l'INRA concluait ainsi que la douleur animale ne pouvait plus être évaluée "seulement en fonction d'impératifs économiques ou sanitaires". "La question de la douleur est désormais posée dans la société, par les consommateurs et les citoyens", observaient les experts. La problématique, ajoutaient-ils, s'est même élargie à la notion de bien-être, laquelle intègre la douleur dans un cadre plus large, "sur le modèle de la définition de la santé humaine", avec ses composantes psychologiques et sociales. D'où l'évolution du droit en faveur de la protection des animaux, fondée sur leurs capacités à ressentir de la douleur ou à éprouver des émotions."

Bonne lecture.

Je conclus sur une petite phrase de Mahatma Gandhi : "La grandeur d'une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux".

Et je rajouterais volontiers, "... certainement pas au travers de sa ferveur religieuse" ! … Si vous voyez ce que je sous-entends.


@+
Jack