04 décembre 2021

Des lumières à l'obscurantisme

Avant de glisser progressivement, sans trop nous en apercevoir, du siècle des lumières vers une nouvelle ère d'obscurantisme, prenons bien conscience du phénomène.

La propagation de la désinformation

De sa fabrication à dessein (désinformation) à nos croyances trompées (intox), en passant par les algorithmes des moteurs de recherche (YouTube) et des réseaux sociaux, un article qui explique très bien comment se propagent de façon exponentielle les fakes news. Un danger pour nos démocraties.

Je pense qu’il est illusoire de croire que nous pourrons un jour dompter ces vecteurs de transmission, d’autant que les brider serait une atteinte à la libre information.

Seules solutions :

  • À l’échelle de l’humanité : l’éducation et la libre distribution du savoir, de la connaissance. Les effets ne peuvent être espérés que sur plusieurs générations, en espérant que la tendance de masse actuelle du rejet des élites et de la suspicion envers les scientifiques, ne soit que passagère. Si ce n’est pas le cas, nous retourneront dans l’obscurantisme, tel le moyen-âge qui succéda au monde érudit de l’antiquité (pour ce qui concerne l’Occident). Remarquez comme nous sommes « agressés » par des minorités bruyantes qui veulent se faire passer pour des majorités, tous ces « antis-quelque chose » qui dans leur démarche revendicatrice extrême ne sont que des « antis- démocratie » et dans leur pensée étriquée que des « antis-science » (d’avis quasi-unanime de la communauté scientifique).
  • À effet plus immédiat : notre « esprit critique » et une ferme volonté de varier nos sources d’information tout en se demandant en continue si ces sources sont vraiment différentes. Pour exemple, nous pourrions être amenés à croire que puisque l’information est relayée par différents journaux d’information (format papier ou télévisuel), elle doit être vraie, crédible. Ce serait oublier que ces informations peuvent en réalité avoir la même source : l’AFP ou Reuters (pour l’exemple). Les chaines d’information en continu en sont très « consommatrices ». D’où l’intérêt de toujours analyser l’information avec recul, en privilégiant les médias dont le professionnalisme a fait ses preuves, qui ne se trompent que très rarement et quand c’est exceptionnellement le cas, le font savoir. Un journaliste digne de ce nom ne publie pas sans avoir vérifier la qualité de ses sources et fait un minimum d’investigation pour vérifier la véracité des faits, le sérieux de l’info.
  • Et enfin, ne soyons pas complices involontaires en faisant un peu trop facilement circuler l’intoxà l’insu de notre plein grès »).

Cet article émane de MOZILLA Foundation (concepteur du navigateur libre FIREFOX).

Extrait :

Il se peut que vous vous disiez actuellement qu’il est facile de repérer du contenu destiné à influencer votre vision du monde. Et parfois c’est vrai. Mais votre fil d’actualité sur votre réseau social ne change pas en une nuit : l’algorithme vous nourrit progressivement de recommandations et d’informations potentiellement suspectes. Cela arrive si doucement que vous ne vous en rendez même pas compte. Mais avec le temps, il vous est plus facile de croire des choses que vous n’aurez pas acceptées auparavant, juste parce que vous avez été exposé·e à de nombreuses informations similaires. Les scientifiques appellent cela l’effet de vérité illusoire. Malheureusement, l’être humain a tendance à croire plutôt ce qui confirme ce en quoi il croit déjà. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation.

Pourquoi les gens croient-ils les intox ?

Cependant, la question persiste : pourquoi les gens ont en réalité envie de croire une information qui pourrait être incorrecte dans les faits ? Après tout, beaucoup continuent à consommer d’autres informations et à parler à des gens qui ne font pas partie de leur cercle restreint de proches. Pourquoi s’accrochent-ils à ces croyances biaisées alors que le contraire leur a été démontré ? Pourquoi les croyances radicales et les théories complotistes sont-elles aujourd’hui plus populaires que jamais ?

Il y a de nombreuses raisons, y compris celle mentionnée plus tôt, à savoir le biais de confirmation. Certain·es seraient probablement simplement à la recherche d’une signification, d’un plus grand but ou sens. Une autre raison selon le Psychology Today, est que le cerveau humain est, jusqu’à un certain point, fainéant et tend ainsi à favoriser une explication simple à des alternatives compliquées et une analyse. Cela est particulièrement vrai à l’heure actuelle, alors que nos vies sont devenues incroyablement complexes et qu’il y a beaucoup trop d’informations accessibles n’importe quand à intégrer. Mais n’oublions pas non plus la pression sociale : avec une certaine mentalité, il est beaucoup plus probable que vous soyez membre d’un plus grand groupe qui partage vos croyances, que ce soit en ligne ou dans la vraie vie (ou les deux). Vous restez loin de celles et ceux qui ne partagent pas vos croyances les plus chères. Et puisque votre groupe compte beaucoup pour vous, vous êtes plus propice à rester avec celui-ci et n’avez donc pas de raison de défier vos principes.


@+

Jack