Non, ils ne défendent pas les mêmes causes, mais se font abattre par le même sniper et avec la même arme !
Pour éliminer quelqu'un de gênant, les Russes empoisonnent au Polonium (aff. Litvinenko), alors que les Américains utilisent le sexe.
En fait, tout comme à partir de l'uranium est extrait le polonium, à partir du sexe est tiré le scandale !
Tout de même affolant que l'on puisse extraire à partir de ce qui est normalement fait pour donner la vie et le plaisir, un poison pouvant être mortel et destructeur dans tous les cas. Dans l'affaire Outreau, la reconnaissance de l'erreur judiciaire et l'aide des médias, qui pour une fois et ce n'est pas coutume ont mis le paquet pour réhabiliter les victimes, n'ont pu réparer les irrémédiables dégâts (dont un suicide).
A force de vouloir tenir bien droit dans le puritanisme, on en devient totalement tordu.
Je ne suis généralement pas adepte des « théories du complot », surtout quand elle requiert un montage extraordinairement complexe et la participation d'une quantité impressionnante de techniciens, d'ingénieurs et autres complices de haut niveau (les théories du complot sur le 11 septembre, la marche sur la lune ou à propos d'un petit groupe d'initiés menant le monde, sont des aberrations).
Par contre, on ne peut nier les « mises à mort » physiques ou médiatiques de personnalités importantes, détentrices de pouvoir ou d'informations sensibles.
A mon sens, le terme « complot », quoique très employé par les médias pour l'affaire en cours, n'est absolument pas approprié. Je préfère celui de « traquenard », comme il doit s'en poser régulièrement dans les couloirs du pouvoir, sans que les médias en aient toujours connaissance.
Après Assange (WikiLeaks) accusé de viol en Suède après avoir divulgué des informations US top-secrètes (« comme par hasard »), c'est au tour de DSK qui en tant que directeur du FMI ne répond pas aux aspirations Américaines dans le mécano de la finance mondiale (« comme par hasard »).
Pour les services secrets Américains, c'est le nouveau truc pour déboulonner : le scandale sexuel !
Suffisait-il pour eux d'attendre sa démission en prévision de la présidentielle Française (ce qui était loin d'être garanti), ou au contraire porter le « coup bas » au plus haut de sa popularité pour une efficacité maximum et de préférence avant qu'il ne mette en place ses pions dans le cadre d'un départ avec les honneurs ?
Bon d'accord, ce n'est pas parce que l'on a aucun problème pour séduire la majorité des femmes qui passent, de par son physique, son pouvoir ou son argent (parfois les trois en même temps), que l'on n'est pas un obsédé sexuel prêt à sauter impulsivement sur la première qui se refuse, en la violant dans le caniveau ou entre deux portes. Mais c'est tout de même anachronique, et plutôt rare, non ?
Franchement, pour Dominique Strauss-Kahn, quel est le scénario le plus logique ?
- entre une douche et un avion, il saute sur la femme de chambre qui passe par hasard, et cherche à la culbuter contre son gré en la trainant dans la salle de bains après avoir fermé les portes à clef. Vous l'imaginez vouloir violer la soubrette, vite fait bien fait et pas vu pas pris, juste avant de prendre l'avion ?
- une superbe femme (nous ne l'avons pas encore vue, mais paraitrait-il qu'elle est jolie) rentre dans la chambre déjà ouverte (comme par hasard, un homme de service était en train de débarrasser). Elle attend qu'il sorte de la salle de bains, l'aguiche, lui fait des avances claires et soutenues, avant même qu'il ait eu le temps de s'habiller (c'est tout de même un homme). Elle ferme la porte à clef et au meilleur moment d'une petite gâterie proposée, elle se rétracte subitement, le griffe et s'enfuit en criant. Rien n'interdit non plus qu'elle l'ait enfermé et griffé, avant de jouer une comédie de viol, sans qu'il ne puisse rien y faire (traquenard imparable).
Ok, les Américains n'ont pas la même notion que nous du viol, sont très sensibles aux dérapages des puissants envers les humbles et ce d'autant plus si l'on peut y voir une humiliation d'ordre raciale. Ok, « le viol » vu par les Américains serait d'avoir été un peu plus qu'insistant, au point de « forcer » un rapport non consenti.
Alors qu'un avion l'attendait et surtout qu'il savait que tous les yeux étaient braqués sur lui et qu'on ne le raterait pas en cas de faux pas (surtout en ce domaine), je n'imagine pas un seul instant le personnage dans un rapport de cette nature, forcé et violent, avec le tapage qui l'accompagnerait inévitablement. Se faire allumer et se laisser tenter, pourquoi pas (même si je pense que ce fut une mise en scène dans laquelle il n'a rien pu faire).
La mise sur pied de l'opération ne me parait vraiment pas compliquée et beaucoup plus logique au regard des intérêts économiques en jeu. En tout cas, beaucoup plus logique et probable que celle d'un homme connu pour être intelligent et pondéré, qui céderait subitement à une violente pulsion sexuelle que personne ne lui connaissait (viol ou assimilé), au moment de sa vie où il est le plus reconnu et adulé (et donc « surveillé »), à la va-vite dans un hôtel avec une inconnue.
Pour tendre le piège, nul besoin d'avoir recours à l'agent la plus belle et la plus expérimentée du service. On peut au contraire comprendre que pour la réussite de l'opération, même le plus maladroit des services secrets recruterait une jolie femme à l'extérieur, non seulement lisse de tout passé douteux, mais encore de bonne réputation avec son voisinage pour écarter les soupçons d'un coup monté. A New York, je ne crois pas que ce fut la plus grande difficulté. Pas plus que l'apprentissage et la mise en œuvre du scénario par la recrue.
L'opération était non seulement facile, l'homme étant connu pour sa sensibilité aux charmes féminins, mais encore sans aucun risque si elle ratait (puisque justement, rien ne se serait passé). On est loin d'une affaire pouvant tourner à la « Rainbow Warrior ».
Pour un tel piège, les principaux ingrédients y étaient : un homme connu pour aimer les femmes et les aventures extraconjugales, une jeune et jolie femme sans histoire et un avion à prendre pour laisser penser à une fuite. Une rapide et « logique » mise au secret de la victime (pour la protéger, bien sûr) et un enfermement tout aussi rapide de l'agresseur avant qu'il ne puisse s'exprimer, le tout pour laisser le temps à la mayonnaise de prendre et de monter.
Pour moi, la véritable victime dans cette histoire ne serait pas celle que les médias américains veulent nous faire croire. Jusqu'à véritables preuves (ou aveux) du contraire, en tout cas jusqu'à ce que DSK s'exprime, je pense qu'il s'est fait piéger.
Si je n'ai d'autres sources d'informations que les vôtres, j'observe une dichotomie entre ce que je lis ou entend depuis peu et ce que je connaissais du personnage et de son poste depuis longtemps. J'en reste donc à ce qui me parait coller le plus logiquement avec ce que je savais, et non avec ce que tout le monde semble croire aujourd'hui. L'acharnement auquel font preuve les instances judiciaires, policières et médiatiques US ne font que me conforter dans mon opinion.
Que les Américains prennent plaisir à descendre un frenchy VIP est une chose. Que nos propres médias commencent à suivre le même chemin, en est une autre, même s'ils le font de manière beaucoup plus mesurée pour l'instant en mettant l'accent sur la différence culturelle dans ce type d'affaire.
Heureusement que la majorité des lecteurs interrogés n'y croient pas encore (57% des Français pencheraient pour la théorie du complot), même si de pseudo-experts en « psychologie des masses » y voient un déni (pour cause de forte déception et chauvinisme Français). Personnellement, le déni que je vois pour l'instant est bien celui de la justice (Américaine, certes).
Même si je me trompe, qu'il n'y avait pas de traquenard, je trouve tout de même très écœurant que cet homme puisse déjà être condamné par la plus grande partie des médias et de l'opinion publique, ... alors que ni l'un ni l'autre n'a encore entendu ses arguments de défense.
Une partie de l'opinion publique se délecterait-elle du lynchage public d'une personnalité, l'important pour elle n'étant pas de savoir si celui qui a la tête sur le billot est coupable ou non, mais de voir la tête tomber ?
J'ai lu (ou entendu) quelque part dans les avis de notre bonne vielle France, que dans l'éventualité d'un piège, DSK aurait gravement fauté du simple fait d'y être tombé. C'est un peu vous faire condamner pour excès de vitesse sur l'autoroute, non pas pour avoir dépassé la limite et avant même de vous le prouver, mais du simple fait d'avoir pris d'autoroute.
Pire : certaines femmes (toujours dans notre bonne vielle France) pencheraient plutôt en faveur de la victime ... par « solidarité féminine ». De quoi faire peur, non ?
A partir de là et à tous les niveaux, plus personne n'est à l'abri de se faire un jour injustement lapidé en place publique.
Condamner non pas pour ce que nous avons effectivement fait, mais pour la situation à risque dans laquelle nous nous sommes mis, est aujourd'hui une notion juridique largement employée. La dérive suivante sera de nous condamner pour ce que nous aurions pu faire, c'est à dire en raison de nos opinions, partant du principe que la pensée mènerait à l'acte.
Le plus inquiétant dans notre actuel « monde de l'information », est la rapidité avec laquelle on peut être coupable avant même d'être entendu (à défaut d'avoir été jugé), la facilité pour un pouvoir d'écarter ceux qui les gênent, juste en manipulant l'opinion sur une histoire de mœurs présentée de la façon la plus salasse possible.
Que tous les penseurs libres veillent à ces risques de dérapage.
A partir du moment où la presse est libre, l'important n'est pas de critiquer ce qu'elle écrit, mais de s'inquiéter de la facilité avec laquelle les lecteurs peuvent y croire.
La maturité des médias n'est que le reflet de la maturité de leurs lecteurs (et non l'inverse).
@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.