22 mai 2011

Un député ne reconnait pas un principe fondamental du droit et des libertés


ET D'UN !
  
Bernard Debré ne reconnait pas la présomption d'innocence, pourtant clairement consacrée, non seulement par notre propre droit et la Convention Européenne des Droits de l'Homme, mais également par la déclaration universelle des droits de l'homme dont les dispositions sont pleinement intégrées dans le droit interne de tous les "États de droit" du monde, USA inclus bien sûr (*). En plus de nous protéger contre l'arbitraire, ce principe ne fait que répondre à une évidente logique : ne pas condamner quelqu'un avant que sa culpabilité ne soit clairement établie et reconnue.  
  
(*) Ne pas confondre procédure pénale de type accusatoire et déclaration de culpabilité, que seul un tribunal pourra éventuellement prononcer à l'issu d'un procès ... qui n'a pas encore commencé.
  
  
AFP - 15/05/2011 - Extraits :
Comme on lui faisait remarquer que DSK devait aussi bénéficier de "la présomption d'innocence", il a répondu: "Mais enfin vous croyez que la police américaine serait venue le chercher dans l'avion d'Air France, un homme comme lui".
Pour Bernard Debré, M. Strauss-Kahn est un "homme peu recommandable". "Cela va coûter très cher à la classe politique française également et j'ai peur que cela risque de donner des points à tous ceux qui sont contre les politiques, les extrêmes, l'extrême gauche et l'extrême droite".
  
Où sont les « extrêmes » et qui va perdre des points sur de tels propos ?
Debré a du faire un stage auprès des (in)dignitaires du régime Iranien.
  
Le problème n'est pas de savoir qui détient la vérité avant que la lumière ne soit faite dans cette affaire, mais de déclarer publiquement quelqu'un coupable, sans détour ni mesure, avant même que le procès n'ait commencé. Il n'a même pas pris la précaution de dire « je crois ou je pense que », mais a été totalement affirmatif dans son accusation (même Marine Lepen n'est pas allée aussi loin). Pour rappel et encore à ce jour, si nous avons quelques détails sur la version des faits côté plaignante, nous n'en avons aucun côté DSK (si ce n'est de son avocat déclarant qu'il se dit innocent des faits qui lui sont reprochés). Debré « le condamne » non pas sur ce qu'il sait de l'affaire (sauf à avoir été dans la chambre d'hôtel, il n'en sait pas plus que nous), mais sur la simple opinion qu'il s'est faite de l'un de ses opposants politiques. C'est déjà « léger » pour un quidam interrogé dans la rue, diffamatoire pour être exact. Pour un représentant du peuple, théoriquement en charge du respect de nos droits fondamentaux et libertés essentielles, c'est extrêmement grave.
  
Comme vous le savez, je ne suis pas engagé politiquement et mes opinions sont modérées, étant de ceux qui pensent qu'il y a des idées et des bonnes volontés à droite comme à gauche, si ces divisions pouvaient encore avoir un sens aujourd'hui. Je ne « tire » donc pas sur un parti, mais relève les propos aussi stupides que dangereux d'un député (qui a déjà été ministre). Imaginez-le un peu comme futur ministre de la justice !
Personnellement, puisqu'il parlait de « points » (gagnés ou perdus ?), je ne vais pas prendre ce risque quand j'irais voter en 2012.
  
Vidéo de l'Interview d'Europe 1 (1 mn 37 seulement - amplement suffisant pour se faire une idée de l'homme et ses propos) :
  
Cette bien triste affaire, de par son aspect humain (quelque soit la véritable victime, et pour l'une comme pour l'autre, pour leurs familles respectives), mais également sur le plan social et politique (voire même juridique), aura au moins un petit avantage (non compensatoire et bien dérisoire à tous les niveaux, certes) : celui de démasquer la véritable personnalité de nos politiques (« encore en liberté »).
  
Et maintenant, avant le jugement de DSK, ... A qui le tour ?
  
  
@+
Jack  
  
  
Article 11.
Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées