Comment asservir quelqu'un, pour qu'il travaille pour vous jusqu'à sa mort ?
La recette est simple :
- recherchez les personnes en difficulté financière, en âge de travailler, ou mieux, qui vont l'être, comme les étudiants (cible de choix, aux revenus futurs potentiels)
- proposez-leur une avance financière pour les sortir de leur endettement, sous forme de prêt ou de carte de crédit (le bon samaritain que voilà !), avec un intérêt raisonnable
- portez au contrat de fortes pénalités en cas de retard de paiement avec intérêt majoré sur la dette, augmentant au fur et à mesure de ces retards (15, 20%, puis 30, jusqu'à 45%), avec obligation de rembourser les intérêts avant le principal (ce point est très important),
- prenez toutes les garanties disponibles : une hypothèque sur ses biens immobiliers (si il en a), une caution sur ses amis ou sa famille (dans tous les cas, si il est étudiant).
Pour le prêteur, l'avantage est le suivant : se constituer une rente à vie, rien que par les pénalités et les intérêts majorés pour retards de remboursement du principal, en considérant celui-ci comme un placement à très long terme, voire même une mise à fond perdu qui sera largement couverte par les intérêts (à 45% d'intérêts annuels, l'investissement initial sera récupéré en moins de trois ans).
Pour atteindre cet objectif, il faut se débrouiller pour que l'emprunteur ne puisse pas rembourser le principal (ce qui mettrait fin à la "rente"). Une façon d'y parvenir, est de l'enfoncer toujours un peu plus pour que les intérêts soient au maximum, en lui proposant de nouveaux crédits pour couvrir les premiers (on peut même vendre le fichier à d'autres banques pour qu'elles participent à écraser un peu plus ceux qui s'y trouvent).
Ensuite, le boulot consiste :
- à l'appeler de temps en temps pour le culpabiliser, le menacer d'expulsion (saisie de sa maison), de ruiner sa famille ou ses amis (cautions), ce qui le forcera à travailler,
- s'assurer bien sûr du règlement effectif des intérêts par des saisies sur salaires (à défaut, sur indemnités et revenus sociaux de toutes sortes).
Les retraités et les pensionnés peuvent également être une bonne cible s'ils sont propriétaires et aptes à pouvoir retravailler pour compléter leurs revenus : en fait, ceux qui deviendront ... "les vôtres".
Si on s'y prend bien, l'endetté devient une personne qui va presqu'essentiellement travailler pour vous, à rembourser des intérêts tout au long de sa vie.
Si on aime le travail bien fait (donc "bien préparé"), on aura soin de préférer ceux qui auront déjà fait l'objet d'une faillite personnelle, la loi ne permettant pas d'en faire une deuxième. Dans ce cas, votre rente sera assurée jusqu'à sa mort.
C'est ce que font les banques américaines depuis des années, dans un pays où les 3/4 de la population est endettée (*).
En France c'est un peu moins "rentable" car le particulier est un peu mieux protégé (responsabilisation des banques, pénalisation des taux usuriers, ...), mais ce qui se fait outre-atlantique ne tarde jamais vraiment à se faire chez nous.
C'est dégueu, non ?
... Et pourtant, par l'intermédiaire de nos politiques (ceux que nous élisons, de quelque bord soient-ils), nous faisons la même chose pour essayer de maintenir notre train de vie.
En effet, la recette est connue depuis des lustres pour piller les ressources (minerai, pétrole) des pays du tiers monde (Afrique surtout).
Nous, pays occidentaux, prêtons aux pays en mauvaise posture économique, avec des intérêts qui grimpent exponentiellement avec les retards de paiement (auto-entretenant leurs difficultés économiques), ... et on se rembourse en nature, sous forme d'une quasi-rente, sur les richesses de leurs sols, incluant l'agro-alimentaire.
Cela explique, en partie du moins, pourquoi certains pays comme l'Angola par exemple (l'un des pays les plus riches en ressources et les plus pauvres par habitant) ont des PIB (produit intérieur brut) parmi les plus élevés au monde, alors que leur population crève de faim.
Notre bénéfice est même "amélioré" par nos ventes d'armes avec le double avantage d'entretenir leurs difficultés économiques (donc "notre rente") dans des conflits sans fin.
D'accord, vendre officiellement des armes à un pays déjà en guerre civile c'est pas bien. D'où l'intérêt de se servir d'intermédiaires obscurs, les "marchands d'armes", qui agissent sous couvert et avec la bénédiction de ceux qui ont officiellement déclaré ces pratiques immorales et illégales, … les membres permanents de l'ONU, nos dirigeants, ... nous !.
N'en parlez à personne ! ... Il ne faut surtout pas que les choses changent. On est assez mal en point comme ça, alors si il fallait payer nos matières premières à leur juste prix et perdre des emplois dans nos usines d'armement (et toutes celles qui directement ou indirectement y participent), on est pas prêts de voir notre pouvoir d'achat s'améliorer.
En attendant, faites quand même gaffe aux "mirages du crédit facile".
@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée. (*) à noter que l'Etat US n'est pas mieux loti puisqu'il puise depuis pas mal d'années dans les caisses de sa sécurité sociale (les démocrates comme les républicains l'ont fait à plusieurs reprises) ... pour rembourser les intérêts de sa dette extérieure phénoménale ! ... et qui avec le nouveau plan d'assainissement du système bancaire, n'est pas prête d'arrêter de gonfler).