24 septembre 2008

Comment nous nous faisons tondre

Microsoft nous embrouille : illustration en images avec une vidéo aussi marrante que réaliste sur "Windows ciment" (pas besoin de maîtriser l'anglais pour comprendre) :
 
… et les vendeurs de matériel informatique se moquent ouvertement de la législation censée protégée le consommateur. Pour exemple, l’achat de matériel informatique sans OS (surtout ceux de Billou), sans logiciels pré-installés : un droit de l'acheteur (garanti, en France, par notre code de la conso) ... qu'aucun vendeur ne respecte (allez trouver un portable sans Vista !).
 
Mais il n'y a pas qu'en matière d'informatique que nous nous faisons tondre sans mot dire ou pire, sans nous en apercevoir. Nombreux sont les autres domaines.

En apparence, c'est toujours :
- pour vous faciliter la vie : grandes surfaces ... pour avoir de meilleurs prix et regrouper vos achats,
- pour votre bien : durcissement du code de la route et augmentation des amendes ... pour votre sécurité,
- pour vous aider financièrement : baisse de l'impôt sur le revenu ... en oubliant de vous préciser l'ampleur de l'augmentation des taxes, notamment locales, ou la création de nouvelles.

Mais rassurez-vous, nous sommes dans une société libre et "de droit". Vous êtes toujours libre de l'ouvrir mais personne ne vous écoutera (1).

Quoiqu'à y réfléchir, le bon droit, le bon peuple s'en fout. Il ne le connait pas ou pire, n'y croit pas (ou plus). Quant aux magistrats censés le faire respecter et l'appliquer, ils ne sont pas assez nombreux et trop mal payés pour remplir correctement leur charge ("pour chûre la marie qu'on paye achez d'impôts comme cha, qu'on va pas enchore payer pour la justiche").

Impôts par prélèvement automatique, radars et peines automatiques, ... les juges et les citoyens automatisés c'est pour bientôt (quoique pour ces derniers, je crois que c'est déjà fait).

Je sais bien que ceux qui dénoncent les très hypocrites et dangereux travers que prennent notre société, ceux qui râlent comme moi, sont trop minoritaires pour que les choses changent de cap. Pour cela, il faudrait d'abord que la majorité en prennent au moins conscience.
... Mais dans le troupeau, je suis le mouton noir, rêveur ! ... et ce n'est pas parce qu'un mouton bêle, qu'il évitera de se faire tondre comme les autres.

Si la majorité d'entre eux (les moutons blancs) reste silencieuse, c'est qu'elle est bien trop occupée à brouter (2).


@+
Jack 

(1) rappelez-vous votre dernière leçon de droit constitutionnel : la dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est ... "cause toujours"

(2) c'est pas comme le mouton noir, qui semble ne rien avoir d'autre à foutre que de faire un peu de bruit ... pour rien.

21 septembre 2008

Esclavage moderne : le crédit à la conso

Comment asservir quelqu'un, pour qu'il travaille pour vous jusqu'à sa mort ? 

La recette est simple :
- recherchez les personnes en difficulté financière, en âge de travailler, ou mieux, qui vont l'être, comme les étudiants (cible de choix, aux revenus futurs potentiels)
- proposez-leur une avance financière pour les sortir de leur endettement, sous forme de prêt ou de carte de crédit (le bon samaritain que voilà !), avec un intérêt raisonnable
- portez au contrat de fortes pénalités en cas de retard de paiement avec intérêt majoré sur la dette, augmentant au fur et à mesure de ces retards (15, 20%, puis 30, jusqu'à 45%), avec obligation de rembourser les intérêts avant le principal (ce point est très important),
- prenez toutes les garanties disponibles : une hypothèque sur ses biens immobiliers (si il en a), une caution sur ses amis ou sa famille (dans tous les cas, si il est étudiant).

Pour le prêteur, l'avantage est le suivant : se constituer une rente à vie, rien que par les pénalités et les intérêts majorés pour retards de remboursement du principal, en considérant celui-ci comme un placement à très long terme, voire même une mise à fond perdu qui sera largement couverte par les intérêts (à 45% d'intérêts annuels, l'investissement initial sera récupéré en moins de trois ans).

Pour atteindre cet objectif, il faut se débrouiller pour que l'emprunteur ne puisse pas rembourser le principal (ce qui mettrait fin à la "rente"). Une façon d'y parvenir, est de l'enfoncer toujours un peu plus pour que les intérêts soient au maximum, en lui proposant de nouveaux crédits pour couvrir les premiers (on peut même vendre le fichier à d'autres banques pour qu'elles participent à écraser un peu plus ceux qui s'y trouvent).

Ensuite, le boulot consiste :
- à l'appeler de temps en temps pour le culpabiliser, le menacer d'expulsion (saisie de sa maison), de ruiner sa famille ou ses amis (cautions), ce qui le forcera à travailler,  
- s'assurer bien sûr du règlement effectif des intérêts par des saisies sur salaires (à défaut, sur indemnités et revenus sociaux de toutes sortes).

Les retraités et les pensionnés peuvent également être une bonne cible s'ils sont propriétaires et aptes à pouvoir retravailler pour compléter leurs revenus : en fait, ceux qui deviendront ... "les vôtres".
Si on s'y prend bien, l'endetté devient une personne qui va presqu'essentiellement travailler pour vous, à rembourser des intérêts tout au long de sa vie.

Si on aime le travail bien fait (donc "bien préparé"), on aura soin de préférer ceux qui auront déjà fait l'objet d'une faillite personnelle, la loi ne permettant pas d'en faire une deuxième. Dans ce cas, votre rente sera assurée jusqu'à sa mort.

C'est ce que font les banques américaines depuis des années, dans un pays où les 3/4 de la population est endettée (*).

En France c'est un peu moins "rentable" car le particulier est un peu mieux protégé (responsabilisation des banques, pénalisation des taux usuriers, ...), mais ce qui se fait outre-atlantique ne tarde jamais vraiment à se faire chez nous.

C'est dégueu, non ? 

... Et pourtant, par l'intermédiaire de nos politiques (ceux que nous élisons, de quelque bord soient-ils), nous faisons la même chose pour essayer de maintenir notre train de vie
En effet, la recette est connue depuis des lustres pour piller les ressources (minerai, pétrole) des pays du tiers monde (Afrique surtout).

Nous, pays occidentaux, prêtons aux pays en mauvaise posture économique, avec des intérêts qui grimpent exponentiellement avec les retards de paiement (auto-entretenant leurs difficultés économiques), ... et on se rembourse en nature, sous forme d'une quasi-rente, sur les richesses de leurs sols, incluant l'agro-alimentaire.
Cela explique, en partie du moins, pourquoi certains pays comme l'Angola par exemple (l'un des pays les plus riches en ressources et les plus pauvres par habitant) ont des PIB (produit intérieur brut) parmi les plus élevés au monde, alors que leur population crève de faim. 

Notre bénéfice est même "amélioré" par nos ventes d'armes avec le double avantage d'entretenir leurs difficultés économiques (donc "notre rente") dans des conflits sans fin.
D'accord, vendre officiellement des armes à un pays déjà en guerre civile c'est pas bien. D'où l'intérêt de se servir d'intermédiaires obscurs, les "marchands d'armes", qui agissent sous couvert et avec la bénédiction de ceux qui ont officiellement déclaré ces pratiques immorales et illégales, … les membres permanents de l'ONU, nos dirigeants, ... nous !.

N'en parlez à personne ! ... Il ne faut surtout pas que les choses changent. On est assez mal en point comme ça, alors si il fallait payer nos matières premières à leur juste prix et perdre des emplois dans nos usines d'armement (et toutes celles qui directement ou indirectement y participent), on est pas prêts de voir notre pouvoir d'achat s'améliorer.

En attendant, faites quand même gaffe aux "mirages du crédit facile".


@+
Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.
 
(*) à noter que l'Etat US n'est pas mieux loti puisqu'il puise depuis pas mal d'années dans les caisses de sa sécurité sociale (les démocrates comme les républicains l'ont fait à plusieurs reprises) ... pour rembourser les intérêts de sa dette extérieure phénoménale ! ... et qui avec le nouveau plan d'assainissement du système bancaire, n'est pas prête d'arrêter de gonfler).