01 juillet 2007

Rétribution du travail au mérite ?

Depuis qu'il y a un peu plus de 200 ans nos ancêtres ont supprimé (redistribué) les privilèges et permis au peuple de s'exprimer (non de "décider"), rien de bien neuf sous le soleil des démocraties.

Hors quelques exceptions que l’on érige en généralités pour que le bon peuple continue à travailler dur et à rêver, les richesses ne vont toujours pas aux "plus méritants", mais tournent encore et toujours dans les mêmes "sphères restreintes" de par les "lois du sang" (mariages arrangés) et celles "des carnets d'adresses" (pressions et échanges d'avantages). 

Les exceptions : quelques personnes réellement méritantes de par leur génie ou leur travail, ou quelques rares individus très chanceux. 

Mais à y réfléchir, il existe néanmoins une autre catégorie de personnes douées et méritantes. Sans doute la plus importante même : … celles qui excellent dans le domaine de l'astuce. Là semble être le véritable mérite largement rétribué dans nos sociétés. Ne dit-on pas “trop couillon pour réussir” ? 

Au final, une société inégalitaire basée sur le mensonge. Cela ne date pas d’hier. 

Tous les modèles politiques connus (actuels et passés) n'ont pas fait mieux : les richesses produites par le grand nombre tournent toujours entre les mains d'un petit nombre. Que l’on passe d’un régime à l’autre (ex-URSS à RUSSIE) ou d’un continent à l’autre (CHINE à CUBA), les mécanismes sont toujours et encore les mêmes (seuls quelques détails applicatifs et les noms changent).

Les détenteurs de grands privilèges font tout pour les garder (normal) en jetant quelques miettes au bon peuple pour qu'il ait encore quelque chose à perdre et continue à se bercer d'illusions.

Les détenteurs de petits avantages font de même, sauf que n'ayant aucune miette à jeter, ils essaient de piquer celles des autres ou crient au scandale quand ils n'y arrivent pas et qu’on leur pique les leurs (c’est bien humain).
 
L'hypocrisie ambiante règne en maître à tous les niveaux. Chacun a sa définition de "l’abus" et de "la tricherie", surtout quand il s’agit d’atteinte financière à la collectivité, envers « l'état » (le fisc, la sécu et autres organismes collecteurs et redistributeurs).

La relativité ira aussi de paire avec le milieu social, la sphère d’influence et de pouvoir. Et dans chaque sphère, chacun invectivera l'autre sur ses excès, en oubliant ou en minimisant les siens, en toute bonne foi ou pire, sans en prendre conscience. 

... Et oui, la tolérance s’arrête généralement aux frontières de nos propres fautes, et celles-ci sont quasi-systématiquement moins graves que celles des autres.

En fait chacun abuse et triche à son niveau, plus ou moins, certes. Pour quelques centaines de privilégiés ce sera pour quelques millions d’euros, et pour des millions d’autres personnes, ce sera de quelques centaines d’euros.
 
Alors que faire ?
 
  • Une nouvelle révolution, histoire de “redistribuer les cartes” (et les têtes) ?
  • Rétablir la monarchie, puisque qu’en fin de compte nous y sommes presque revenus ?
  • Rappeler les religieux et ré-instituer le droit canon (à défaut de charia) pour re-moraliser le peuple ?
  • Se lancer dans la politique pour faire mieux, et en fin de compte se faire une place au chaud ?
  • Accepter la nature humaine et "s'adapter", c’est à dire continuer discrètement à tirer la couverture à nous, chacun dans notre petit coin ?
  • Espérer qu’un jour, notre civilisation sera suffisamment évoluée pour satisfaire les besoins essentiels des individus, dans une société plus égalitaire, où la course au pouvoir et à l’argent ne sera plus une aspiration à la mode ?
 
Et en attendant de trouver un moyen de légiférer sur l’hypocrisie, réfléchissons … honnêtement, avant de diriger notre doigt accusateur.
 

@+
Jack