04 novembre 2010

Financement des retraites : hypocrisie économique ou mensonge politique ?


Retraites : un débat totalement faussé à la base.

On ne risque pas de trouver la solution tant que l'on raisonnera « actifs-inactifs » et « emplois-cotisations », sans tenir compte des évolutions technologiques qui réduiront toujours plus et inéluctablement les emplois disponibles ... tout en créant plus de richesses, en taxant le travail et non la richesse produite. Le tout dans un contexte démographique en hausse et vieillissant.

Plus de robotisation, moins de travail, plus de richesses, vivre plus vieux et en bonne santé, avoir plus de loisirs, ... mais quoi de plus merveilleux ?
Mais non, pour les politiques et les économistes qui en sont encore aux calculs des années 70, c'est un problème ! C'est du moins ainsi qu'ils le présentent.

En fait, le vrai problème est toujours le même, à l'échelle nationale comme mondiale : continuer à répartir le plus inéquitablement possible les richesses produites, au mieux tout en faisant croire le contraire et au pire sans que cela ne se voit trop. Pour y arriver, il faut inquiéter le bon peuple, lui parler crise et lui brouiller l'esprit avec de faux problèmes, pour mieux masquer la cynique réalité.

La crise ? Une aubaine pour les industries qui ont pu faire une cure d'amaigrissement en personnel sans trop risquer les conflits sociaux. En quoi réinvestiront-elles quand l'économie mondiale reprendra son régime de croisière ? En emplois ou en automation ? Ce n'est pas un mal, mais une évolution normale et souhaitable. Le véritable mal est surtout dans les discours hypocrites.

Pour les retraites, on vous dira « qu'il ne faut pas confondre financement par répartition et fiscalisation », quoiqu'en pratique il n'y a rien de dérangeant à financer des besoins sociaux par la fiscalité (CSG par exemple). On vous dira que « ce ne sont pas les mêmes caisses », même si en pratique on n'hésite pas à combler le trou de l'une par l'excédent de l'autre par le biais de quelques artifices de comptabilité publique.
Autre astuce pour combler un déficit sans augmentation d'impôts ou de taxes : mettre quelques obligations supplémentaires à la charge des assurances privées. Devinez qui, de toute façon, paie à la sortie ?

Quoiqu'il en soit, nous éviterons peut-être et pour un temps seulement, le déficit des caisses de retraites, ... pour mieux creuser celui des autres caisses ou budgets. Côté emplois on a déjà du mal à caser les jeunes, alors je ne vois pas ce que l'on va faire des séniors.

Moins d'emplois, moins de retraites ? Qu'à cela ne tienne : ce sera plus d'indemnités maladie, de chômage, d'emplois quasi-inutiles financés à coups de subventions. Les décideurs se préoccupent beaucoup plus des statistiques que de votre sort, mais au bout de toutes les additions et soustractions, le compte sera le même.

Pour que les machines tournent, il faut continuer à consommer. Pour ce faire, il faut remettre un peu d'argent dans le circuit (juste ce qu'il faut, non par humanité, mais par utilité économique).


@+
Jack