16 février 2012

Point de vue politique (la présidentielle étant lancée)


Je ne fais que très rarement part du mien, par messagerie et de façon large en tout cas. Mais c'est l'exception qui fait la règle.

Comme vous le savez, je n'ai jamais été passionné par le sujet ... jusqu'à présent. Il m'est même arrivé de ne pas voter (« décidez ce que vous voulez, cela ne changera pas grand-chose et après tout, je m'en fou »). Mais pour l'heure, l'environnement économique mondial me fait croire que nous sommes maintenant à un tournant historique important (voire même dans un virage de civilisation). Les élections importantes qui viennent en 2012 dans le monde (France, Russie, USA, ...) vont sans doute décider de la façon dont les nations occidentales vont négocier ce virage. L'expression de chacun va compter pour l'avenir de tous.

Si je vous incite bien à quelque chose, c'est avant tout à la réflexion.

J'avais voté Sarko en 2007 mais on ne m'y reprendra pas en 2012. Mes raisons ?
Elles sont assez bien résumées dans cet article :
Un quinquennat entre promesses contradictoires et gestion de crise
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120215trib000683262/un-quinquennat-entre-promesses-contradictoires-et-gestion-de-crise.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120216
 
Je ne lui reproche pas l'accroissement de notre déficit dont la cause est bien sûr à trouver dans la crise financière mondiale. Si l'économie tousse, il est normal que les finances de l'État baissent. Tenter de relancer la machine en creusant un peu plus le déficit n'a rien de choquant et je suis de ceux qui pensent que, dans l'urgence, c'est ce qu'il fallait faire. J'irai même jusqu'à affirmer que le gouvernement actuel ne l'a pas suffisamment fait. Tout comme pour une entreprise en difficulté, ne pas réapprovisionner des stocks presque vides, quitte à s'endetter encore plus, serait le pire des manquements.

En attendant, tout le monde comprend qu'il faille trouver des économies budgétaires et de nouvelles recettes fiscales. La cause est entendue. Mais tout est dans le mot « recette ». Il fallait trouver ou inventer d'autres impôts (quitte à en supprimer certains pour simplifier le système), non pas retoucher sans cesse les existants. Au surplus d''avoir été totalement inefficaces, les errances du gouvernement sur ce plan, n'auront eu pour seul effet que de tuer la confiance de ceux qui croyaient en son représentant (un bien grand mot pour ma part, n'ayant jamais été fan de qui que ce soit en politique, votant plutôt pour ceux qui me paraissent les moins mauvais, à défaut d'avoir le choix des meilleurs).
 
Si comme il l'avait promis, il n'a pas résolu les problèmes de sécurité dans la rue (et non pas « sur la route », quoique là ce ne fut pas mieux), il en a créé un autre : « l'insécurité fiscale » !

C'est tout aussi grave. Une entreprise ou un épargnant qui ne sait pas, par avance, à quelle « sauce fiscale » il va être assaisonné, qui pense qu'une mesure fiscale de long terme peut être remise en cause six mois après son adoption, n'investit plus ou n'épargne plus. Il « attend » ! C'est grave pour l'économie.

Autre raison, plus profonde et conceptuelle : je crois que la crise financière planétaire a montré les limites du libéralisme économique et politique. Ce système a vécu. Il est temps de le remplacer. Non pas par l'une des vieilles recettes contraires et passées qui ne sont plus d'actualité et pas mieux adaptées.
Là encore, il est temps de « réinventer ».

Je penche pour un « libéralisme contrôlé » à l'échelle Européenne, avec un entrepreneuriat incité mais fortement encadré, des institutions financières sous haute surveillance.
Avec moins de souveraineté nationale ? ... Oui bien sûr. ... Et comment !

Ce serait un bien (je trouve qu'il y a plus et de meilleures idées hors de nos frontières) et une garantie de stabilité, politique, financière et juridique. D'autant que dans une économie mondialisée et totalement interconnectée, les actions et décisions utiles ne peuvent se prendre qu'à la même échelle. Le minimum étant pour l'heure, celle d'un continent.
De plus, les instances Européennes me semblent mieux entourées, plus sérieuses et compétentes, que nos politiques nationaux. J'ai également ce sentiment à l'échelle planétaire, accordant plus de crédit aux instances internationales et aux personnalités qui les animent (FMI, CJI, ONU).

Si l'Union Européenne déçoit de par sa lourdeur et sa lenteur décisionnelle, c'est la preuve qu'il est essentiel d'aller plus vite et plus loin, tant sur le plan de la construction, que du fonctionnement. C'est de toute façon incontournable !
Ceux qui pensent le contraire, laisseront le champ libre aux grands argentiers du monde (et il n'y a pas que les banquiers, loin de là) pour faire ce qu'ils veulent, et en premier lieu conserver le pouvoir, aussi discret que réel et efficace, sur les citoyens du monde.

Passons à la vitesse et à l'échelle supérieure, à la supranationalité. Le monde économique y est déjà et il n'attend pas le politique, c'est-à-dire « nous ». Il est temps de jeter à la poubelle les stéréotypes, nos « sacrosaintes coutumes locales » à la con et les idées préconçues qui les accompagnent.

Là, je dois faire grincer quelques dents. Mais réfléchissez bien.

Pourquoi nos instances politiques nationales ne contrôlent plus rien, au contraire des entreprises dites (*) « multinationales » ?
Simplement parce que ces dernières sont depuis longtemps déjà, composées d'organes décisionnaires multiculturels, guidées par des décideurs de nationalités différentes. Aucun gouvernement, aucune nation ne pourra entraver de quelque manière que ce soit ce type de gouvernance. L'entreprise à cette échelle (et la finance qui va avec) se joue de toutes les contraintes d'un pays en particulier. Par ailleurs, la créativité et la rapidité d'adaptation d'un tel milieu multiculturel dépassent largement celles de n'importe quelle nation prise individuellement, et pour cause, ce milieu les réunit toutes. Avant qu'elles ne deviennent totalement incontrôlables, les nations doivent adopter le même type de gouvernance : internationale. C'est en cours. Y manque surtout la force et la rapidité décisionnelle.

(*) Le terme exacte est « transnationales », aucune entreprise ne pouvant avoir plusieurs nationalités en même temps, à la différence d'une personne physique (mais seulement des filiales de nationalités différentes). Par contre, économiquement et culturellement, elles « transcendent » les frontières et les nations. 

Plus de pays réunis, c'est plus de cerveaux et donc de solutions intéressantes. Non ?
Savais-vous quel est le vecteur qui a le plus fait progresser la civilisation humaine depuis qu'elle existe (6.000 ans environ) ? L'échange, puis le mélange ethnique et culturel !
Au travers l'histoire et les continents, on pourrait citer des exemples à n'en plus finir. Le plus célèbre est sans doute celui des mathématiques, qui ne seraient pas ce qu'ils sont sans l'alchimie des cultures Grecque, Indienne (à l'origine, bien avant la Grèce antique il me semble), Arabe (inventeurs du zéro) et Chinoise.

Échanges et mélanges multiculturels, c'est exactement ce qu'ont fait les grandes entreprises de la planète. C'est donc, le plus logiquement du monde, ce que les nations doivent maintenant faire, plus et mieux qu'elles tentent de le faire en ce moment. A défaut, nous deviendront les esclaves de grandes entités purement économiques (revoyez le film Rollerball).

Au diable ces concepts ancestraux de nationalisme, dépassés ... et déplacés (c'est d'ailleurs ce qui pourrait bien renvoyer la Grèce à l'époque des colonels).

Pour conclure, je me sens beaucoup plus Européen que Français (en attendant d'être 100% planétaire) et je pense que nous avons tous, tout à gagner à l'être.
Sarko 100% Européen aussi ? Oui, mais « l'épreuve de politique intérieure » qu'il vient de rater, était éliminatoire. Heureusement qu'il n'est pas le seul à être pro-européen.

Alors pour qui vais-je voter ?
Pour OBAMA ! ... en Novembre 2012.
Avant, en France et pour l'instant, je sais simplement pour qui je ne voterai pas.



@+
Jack  

PS : ceux qui me croyaient complètement « à droite », ont tout faux. Ceux qui me croient maintenant complètement « à gauche », se trompent tout aussi lourdement. Mais raisonner « droite-gauche » a-t-il encore un sens ?

Pour les curieux : dates des élections présidentielles en Europe
http://avenirdeleurope.eurogoo.com/t155-dates-des-elections-presidentielles-en-europe

02 février 2012

Petit épargnant, c'est bientôt le temps de la grande tonte


fiscalité - 31/01/2012 | 07:09 - 879 mots
La France, le pays qui taxe l'épargne au taux record de 40%
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120131trib000681342/la-france-le-pays-qui-taxe-l-epargne-au-taux-record-de-40.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20120131

Et oui, outre d'avoir souvent fait le contraire de ce qu'il avait promis avant d'être élu, Sarko est encore plus à gauche que la gauche.

En stigmatisant tous les maux sur les « investisseurs » de tous bords, mêlant pêle-mêle fonds spéculatifs (souvent étrangers, voire « Étatiques ») et petits épargnants, nos politiques sont soit très hypocrites, soit très mal conseillés. A n'en pas douter et à mon point de vue, ils sont très bien entourés et fort bien conseillés.

Les boucs émissaires de la crise actuelle sont trouvés ! Mais qui va réellement payer les pots cassés ?

... les retraités, comme le dit si justement cet article !
Mais dans la catégorie des petits épargnants il n'y a pas qu'eux qui vivent partiellement ou totalement de leur capital (j'en suis, sans pour autant être classé dans les hauts revenus). Doit-on le leur reprocher ? Crise et pénurie d'emplois obligent, de plus en plus de personnes n'ont que ce type de ressources pour vivre, plus à défaut de meilleur solution que par véritable choix. Sur le plan social, ce sont des chômeurs en moins ou des emplois disponibles en plus (« place aux jeunes » comme on dit, déjà qu'ils sont loin d'être tous servis, que ceux qui on eu la chance et le temps de faire quelques économies leur laisse la place).

Quant aux grands capitaux, ceux qui ont les moyens techniques et juridiques de le faire, ils s'évaderont. Au résultat, la mesure fiscale ne rapportera que très peu, asphyxiera un peu plus les classes moyennes et privera l'économie de l'un de ses moyens principal de financement.

Mais dire que l'on va taxer un peu plus le revenu du capital (sans distinction de provenance, de support d'investissement et de taille) et un peu moins celui du travail, passe très bien auprès de la grande majorité des électeurs qui ne connaissent pas le monde des marchés financiers (assez complexe, il est vrai).
Qui peut encore croire que la gestion d'un portefeuille boursier ne demande aucun « travail » ? « Que ce type de revenu se fait en dormant » (dernier poncif de Sarkozy) ?
Assurément, le discours politique est on ne peut plus démagogique. Amalgames, stéréotypes et raisonnements simplistes, rien de tel pour ramasser des voix.

Ce qui est présenté comme une « justice fiscale » est en réalité d'une totale iniquité, en plus d'une erreur économique :  
  • taxer le capital issu d'économies du travail, revenus déjà imposés en leur temps, revient à une double imposition
  • au contraire des autres revenus, imposer les revenus de capitaux mobiliers à 40% sans abattement ni aucune déduction possible (habitation, intérêts et autres déductions diverses), revient à une imposition supérieure à la moyenne de celle des revenus du travail ou assimilé (sans pour autant régler le problème de fuite des capitaux, les imposer au même régime que ceux du travail, comme le propose Hollande, reste encore plus juste et équitable)
  • le risque et l'aléa n'est pas pris en compte : la taxation ne fait pas la distinction entre revenu d'un capital placé sans risque (assurance vie, obligations, livrets) avec un placement à haut risque (en bourse, il est de 100%).

Une imposition de l'épargne sans logique économique (orientation, différenciation et incitations) n'aura que pour effet de la détourner de l'économie réelle, voire même de la décourager. Or un pays qui n'épargne pas, va à la catastrophe économique.

Pour tous les braves gens qui marchent dans le discours d'une taxe tous azimuts et sans distinction du capital, le « réveil » leur sera tôt ou tard très dur ! « L'évaporation » des capitaux va généralement de paire avec celle des emplois (c'est mécanique, logique et imparable depuis l'antiquité, quelque soit le régime politique et l'époque).
Or dans l'économie actuelle, tout « travailleur » est un « assisté en puissance », par le biais du chômage, de la maladie ou de la retraite. Je pensais donc qu'économiser en prévision de temps difficiles était une attitude responsable, avec pour résultat d'être moins dépendant de la collectivité, moins « assisté » dans le futur. Et bien non, c'est un mauvais calcul. Si l'inflation n'a pas raison de ces économies de précaution, ce sera l'impôt !

Les politiques glorifient le travail, sauf qu'ils sont dans l'incapacité d'en donner à tout le monde. Ils ne sont pas fautifs de ne pas y arriver (dans les économies développées, automatisation oblige, il y en aura de moins en moins), mais de continuer à le faire croire.

En cas de crise grave et le mécanisme est historique, ces mêmes politiques cachent leurs erreurs en trouvant des responsables à jeter en pâture au bon peuple en colère. Pour l'heure, ce seront les détenteurs de capitaux, ces spéculateurs fainéants et sans scrupule, responsables de tout ce qui nous arrive ! A l'image des règlements de compte d'après guerre, il faut donc les tondre !

Mais se laisseront-ils docilement faire ?
A y réfléchir, ce n'est peut-être pas que les grands capitaux qui vont fuir le pays.

@+
Jack