17 janvier 2013

Retour des religieux au pouvoir ... en Europe ?

Ce n'est pas une blague, ni de l'intox ... mais de l'information. L'infiltration des religieux au pouvoir dans nos nations laïques est inquiétante. Quelque soit la religion et les idéos qu'ils véhiculent, jamais le dogme n'a été bon pour l'humanité.

Le parti "Islam" gagne des représentants aux élections communales Belges :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=aNWeLZARCUI
 
Deux conseillers communaux fraichement élus, dans deux communes différentes, prônent ouvertement les vertus de la loi islamique et ne cachent nullement leur objectifs à long terme (“tout doucement, même si cela doit prendre des décennies, le mouvement est lancé”) : la charia … en Belgique.

Même si il élargit un peu plus la voie, je ne suis pas certain que le vote des étrangers aux municipales en soit la seule cause (en tout cas cet extrait du JT Belge, RTBF, ne le précise pas), car les convictions religieuses sont indépendantes de la nationalité.

Ma position est claire et n'a rien à voir avec les différences culturelles ou les croyances religieuses. Je souhaite simplement que perdure la séparation de l'État et de la religion (dénommée "l'église" à l'époque), telle que l'on souhaitée et durement acquise nos ancêtres, les révolutionnaires.

Or ce que la Belgique ou un autre pays Européen tolère aujourd'hui, la France le tolèrera demain. La religion relève soit de la philosophie, soit de l'instrumentalisation politique. C'est alors un formidable levier de pouvoir car il prend racine au plus profond des interrogations humaines, pour au final, imposer à la collectivité une conduite et une morale préfabriquée.

L’Europe ayant déjà connu l'inquisition et le droit canon, souhaiterait-elle goûter à la charia ? Nous en sommes encore bien loin ... mais si la religion s'infiltre dans nos mécanismes politiques laïques, elle aura les mêmes conséquences qu'un petit filet d'eau s'infiltrant dans la micro fissure d'un barrage. Il faut colmater aux premiers signes, à la première alerte !
 
... Et c'est à chaque citoyen tenant aux principes de laïcité de son pays (la majorité en Europe), d'y participer à son niveau, par le vote et en communiquant, en alertant et en réclamant à ses représentants laïques encore au pouvoir, de mettre en place des garde-fous (au sens propre, comme au figuré).

Tout comme on interdit à juste titre les propos racistes et xénophobes, on devrait interdire toute référence religieuse de la part d'un responsable politique.

@+











Jack 


Un peu d'histoire pour rappel : La séparation des Églises et de l'État
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/chronologie.asp

12 janvier 2013

Bonne année 2013 … et message d’espoir de KEYNES

Je cherchais une idée pour illustrer mes vœux et je viens de la trouver ...

... avec KEYNES et ce texte plein de bon sens (à mon avis) ... que je découvre :

John M. Keynes souhaite un joyeux Noël aux petits-enfants... pour ce qui les attend

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121221trib000738909/john-m.-keynes-souhaite-un-joyeux-noel-aux-petits-enfants-pour-ce-qui-les-attend.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121225

Par John Maynard Keynes | 24/12/2012 - Source La Tribune et Olivier Berruyer (blog www.les-crises.fr)

 

Mais non, ne prenez pas peur, il ne s'agit pas d'un "traité sur l'économie" ! Juste une approche facile et agréable à lire sur notre civilisation, ses fondements et son devenir possible, des plus agréable si nous y mettons un peu du notre pour qu'il en soit ainsi.

En fait, ce texte est bien plus philosophique qu'économique.

Il a été écrit en 1930 (rappelez-vous, "la grande dépression"), et si vous suivez un peu l'actualité, vous conviendrez comme moi qu'il aurait très bien pu être écrit hier.

Dans "perspectives économiques à nos petits-enfants", J.M. KEYNES essaie de projeter ce que pourrait être l'avenir de l'humanité.

 

Extraits :

"Nous souffrons, en ce moment précis, d'un grave accès de pessimisme économique. C'est chose courante que d'entendre les gens dire que la période des gigantesques progrès économiques ... est désormais révolue, que la rapide amélioration du niveau de vie est en train de marquer le pas, ... et que la décennie qui commence nous réserve plus probablement une diminution de notre prospérité qu'un nouvel accroissement."

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"Nous souffrons non pas des rhumatismes de la vieillesse, mais des troubles de croissance dus à des changements d'une rapidité excessive, nous souffrons des difficultés que provoque la réadaptation à une phase économique nouvelle."

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"A partir du XVIe siècle, avec un crescendo cumulatif après le XVIII•, nous sommes entrés dans l'âge grandiose de la science et des inventions techniques, et cet âge a donné toute sa mesure depuis le début du XIXème siècle ..."

"Et à quel résultat sommes-nous arrivés ? Malgré un prodigieux accroissement de la population mondiale qu'il a fallu équiper de maisons et de machines, le niveau de vie moyen en Europe et aux États-Unis est allé toujours en augmentant pour être maintenant, à mon avis, quatre fois supérieur à ce qu'il était."

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"Nous sommes actuellement affligés d'une maladie nouvelle dont certains lecteurs peuvent bien ignorer encore le nom, mais dont ils entendront beaucoup parler dans les années à venir, et qui est le chômage technologique.

Il faut entendre par là le chômage qui est dû au fait que nous découvrons des moyens d'économiser de la main-d'œuvre à une vitesse plus grande que nous ne savons trouver de nouvelles utilisations du travail humain. Mais ce n'est là qu'une période passagère d'inadaptation."

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"Et j'en arrive maintenant à ma conclusion qui va vous paraître, j'imagine, de plus en plus saisissante à mesure que vous y réfléchirez. Cette conclusion est que, à supposer l'absence de grandes guerres et d'importants progrès démographiques, le problème économique peut être résolu, ou que sa solution peut au moins être en vue, d'ici à cent ans.

Ce qui veut dire que le problème économique n'est point, pour le regard tourné vers l'avenir, le problème permanent de l'espèce humaine.

Pourquoi est-ce donc si saisissant, pouvez-vous vous demander ? Cette conclusion est saisissante parce que, si nous scrutons le passé au lieu de scruter l'avenir, le problème économique, la lutte pour la subsistance nous apparaissent comme ayant toujours été jusqu'ici le problème primordial et le plus pressant de l'espèce humaine.

Et c'est encore trop peu dire, car ce n'est pas seulement de l'espèce humaine, mais de tout l'univers biologique depuis les premiers commencements de la vie sous ses formes les plus primitives que la recherche de la subsistance a été le problème dominant.

Ainsi la nature a-t-elle expressément guidé notre développement, avec tout ce que cela comporte en fait d'impulsions et de profonds instincts, vers la solution du problème économique comme tâche spécifique.

Si le problème économique est résolu, l'humanité se trouvera donc privée de sa finalité traditionnelle. Est-ce que ce sera un avantage ? Pour peu que l'on donne foi aux valeurs authentiques de la vie, cette perspective offre à tout le moins la possibilité d'un avantage.

Cependant je pense avec inquiétude à la réadaptation requise de l'humanité commune qui peut se voir poussée à répudier dans quelques décennies les habitudes et les instincts qu'elle s'est assimilés depuis d'innombrables générations. Pour parler le langage qui fait fureur aujourd'hui, ne devons-nous pas nous attendre à une « dépression nerveuse» universelle ?"

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"Ainsi, pour la première fois depuis sa création, l'homme fera-t-il face à son problème véritable et permanent : comment employer la liberté arrachée aux contraintes économiques ? Comment occuper les loisirs que la science et les intérêts composés auront conquis pour lui, de manière agréable, sage et bonne ?"

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"... ce seront les peuples capables de préserver l'art de vivre et de le cultiver de manière plus intense, capables aussi de ne pas se vendre pour assurer leur subsistance, qui seront en mesure de jouir de l'abondance le jour où elle sera là.

Toutefois il n'est point de pays ni de nation qui puisse, je pense, voir venir l'âge de l'abondance et de l'oisiveté sans craindre. Car nous avons été entraînés pendant trop longtemps à faire effort et non à jouir. Pour l'individu moyen, dépourvu de talents particuliers, c'est un redoutable problème que d'arriver à s'occuper, plus redoutable encore lorsque n'existent plus de racines plongeant dans le sol ou les coutumes ou les conventions chéries d'une société traditionnelle."

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"Quand l'accumulation de la richesse ne sera plus d'une grande importance sociale, de profondes modifications se produiront dans notre système de moralité. Il nous sera possible de nous débarrasser de nombreux principes pseudo-moraux qui nous ont tourmentés pendant deux siècles et qui nous ont fait ériger en vertus sublimes certaines des caractéristiques les plus déplaisantes de la nature humaine. Nous pourrons nous permettre de juger la motivation pécuniaire à sa vraie valeur."

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"Bien entendu, il y aura encore bien des gens, dotés d'une « intentionalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse, à moins qu'ils ne sachent trouver un succédané acceptable. Mais tous les autres d'entre nous cesseront d'être obligés de les applaudir et de les encourager."

"Une fois de plus nous en reviendrons à estimer les fins plus que les moyens, et à préférer le bon à l'utile."

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"Mais attention ! Les temps ne sont pas encore venus. Pendant au moins un siècle de plus, il nous faudra faire croire à tout un chacun et à nous-mêmes que la loyauté est infâme et que l'infamie est loyale, car l'infamie est utile et la loyauté ne l'est point. Avarice, Usure et Prudence devront rester nos divinités pour un petit moment encore. Car elles seules sont capables de nous faire sortir du tunnel de la nécessité économique pour nous mener à la lumière du jour."

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"Je me réjouis donc de voir se réaliser, dans un avenir pas si lointain, le plus grand changement qui se soit jamais produit dans les conditions matérielles de la vie des êtres humains considérés globalement. Mais, bien entendu, cela se fera graduellement et non pas en un bouleversement soudain."

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Que ces extraits ne vous dispensent pas de lire le texte en entier, ne serait-ce que pour mieux comprendre la logique du raisonnement (surtout si vous n'êtes pas convaincu de prime abord). Franchement intéressant !

Vous aurez même droit à la petite "histoire du tailleur et du professeur" en guise de parabole.

Écrit en 1930, je le rappelle !

Si les avancées technologiques réalisées depuis ne le démentent pas, Keynes envisageait un profond changement des mentalités pour les cent ans à venir, soit à l'horizon 2030 au minimum (une économie hautement performante, répondant aux besoins vitaux de tous et non à l'enrichissement sans fin d'une minorité). Sommes nous si loin du résultat, malgré une guerre mondiale entretemps et quelques retards dans la régulation démographique mondiale (évènements retardateurs comme l'écrivait Keynes) ? Je ne le pense pas.

Je crois même que la crise actuelle est l'un de ces inévitables sursauts qui accompagnent les phases de profond changement. Le genre de crise "qui passe ou qui casse". De celles qui, si elle ne fait pas basculer une civilisation dans le chaos (Ya Ya, nous ne sommes pas passés loin), lui permet au contraire d'avancer. Si la sortie de crise n'est pas encore totalement assurée, on ne peut nier qu'elle aura, si ce n'est de nous mettre définitivement à l'abri d'autres crises, l'avantage d'avoir mis en lumière les absurdités, les limites et les dangers d'un capitalisme sans frein. C'est ce genre de prise de conscience, non pas à l'échelle d'une nation mais au niveau mondial, qui avec la fulgurante avancée dans les outils de communication et de partage des connaissances, feront que les pays développés sauront bientôt, de concert et sous la pression démocratique, mieux utiliser leur technologie pour enfin mettre leurs économies au service de l'humanité et non le contraire.

Quand les problèmes de subsistance de l'humanité seront solutionnés, disparaîtront du même coup certains instincts primitifs devenus inutiles (amasser par peur de manquer, disputer l'essentiel à autrui par peur de perdre ou de ne pas avoir) et l'homo sapiens ainsi libéré, apaisé, pourra alors pleinement utiliser son intelligence à bien d'autres tâches. Survivront encore quelques australopithèques pour continuer à amasser plus qu'ils n'auront besoin (et cela ne devra pas être interdit), mais comme le dit Keynes, la richesse ne sera plus la valeur sociale à la mode.

Utopie ? Pas si sûr (j'ai déjà développé sur le sujet et y reviendrai). Bon d'accord, les personnes de ma génération ni même de la suivante, ne connaîtront pas ce monde économique idyllique et bien pensant selon Keynes (ou selon Jack). Bien des pays ne sont pas encore prêts et dans ceux qui le seraient, bien des évolutions sont encore à attendre (surtout du côté des mentalités). Il y a donc encore du travail avant de passer à cette nouvelle ère, à ce nouveau degré de civilisation, digne de l'un des grands bons en avant que connaît par intermittence l'humanité (avancée d'abord technologique, puis avec retard mais immanquablement, sociologique). Mais ce sera certainement pour les générations du XXI° siècle. Et 2050, voire 2080, c'est demain à l'échelle de l'humanité. D'où le titre : "joyeux Noël aux petits-enfants...".

Qu'ils n'aillent quand même pas croire que leur seule tâche sera de maintenir et d'améliorer un système économique efficient (capable de répondre aux besoins primordiaux de tous). Bien d'autres problème seront à résoudre (payer nos dettes, s'occuper du déséquilibre climatique, réussir la transition énergétique, continuer à éviter de se servir de l'arme atomique, détourner un géocroiseur de sa trajectoire,  ... et bien d'autres casse-têtes), mais en gérant plus intelligemment l'outil industriel et le partage des richesses (l'exploitation des ignorants devrait devenir de plus en plus difficile), ils pourront faire face à bien des défis, bien mieux et plus facilement que n'a su le faire l'humanité au XX° siècle, considérant qu'elle a tout de même et quoiqu'en pensent les esprits chagrins (ou les nobles déchus), mieux fait que durant les siècles précédents.

C'est donc sur ce message d'espoir que je vous souhaite :

Tous mes vœux de bonheur et de réussite dans les domaines qui vous tiennent à cœur

... pour 2013 ... et les suivantes si elle n'y suffit pas, bien sûr !

@+

Jack  

 

PS :

Il est vrai que certains économistes (pas la majorité) réfutent les théories de Keynes (*), principes expliquant (voire "régissant") l'économie mondiale depuis que l'ère industrielle existe, ... surtout depuis "la crise", faute de meilleures idées pour la résoudre.

Chercher à remettre en question ce qui semble établi est une bonne chose, d'ailleurs défendue par Keynes lui-même, jusque dans le texte précité dont ce pourrait même être le principal message (notre devenir tenant à notre capacité à nous adapter, à nous remettre en question).

Mais encore faut-il en expliquer les raisons et que soit proposé une théorie de remplacement qui "tienne la route". Si l'objectif n'est que de chercher à se faire remarquer, à se démarquer des autres, ce n'est que de la pure frime, l'expression d'un besoin de compenser quelque chose qui n'a rien à voir avec l'économie (hors rémunération des lecteurs ou éventuels honoraires du psy).

Pour ma part, si j'ai lu beaucoup d'inepties, je n'ai pas encore lu une théorie économique qui puisse remettre en cause les fondamentaux posés par Keynes. D'autant qu'à mon humble avis, ils ont été amplement confirmés par ce que la crise nous a révélé (dérapages d'une finance dérégulée, imprévisibilité des marchés, nécessité d'interventions politiques dans l'économie).

 

(*) Avant que les puristes ne se manifestent inutilement, je ne parle pas des théories qui complètent celles de Keynes ou abordent l'économie sous d'autres angles (celle de Schumpeter par exemple), mais des économistes qui rejettent en bloc les mécanismes fondamentaux de l'économie moderne tels qu'énoncés par Keynes (et sur lesquels s'appuient la majorité des politiques économiques occidentales, dites "Keynésiennes"). Maintenant et pour être encore plus précis, je n’insinue pas que les théories de Keynes sont toujours à prendre au pied de la lettre sans la moindre adaptation, mais seulement que les “fondamentaux” sont toujours valables aujourd’hui.