Ce billet pourrait s'adresser à tous les sites "non marchants" (à priori) dont la raison d'être est avant tout l'échange désintéressé (toujours "à priori").
Sur un site que je ne nommerai pas, sur lequel les inscrits mettaient gratuitement leurs connaissances informatiques et leurs programmes à la disposition des autres, l’un des membres actifs (et modérateur ?) s’indignait que certains inscrits n’étaient là que pour “prendre” sans rien donner en échange. On retrouve souvent cette frustration, bien au delà de la “sphère internet” et ce depuis des lustres.
En première analyse, elle pourrait paraître justifiée quand le bénévole l’est vraiment et qu’il n’a pas derrière la tête une petite idée mercantile. Mais en deuxième analyse et à y réfléchir “honnêtement”, quoique nous fassions (volontairement s’entend), ne le faisons-nous pas par intérêt ?
Je pense que oui, … toujours ! Le plus puissant “intérêt” qui nous poussent à agir sans que nous y soyons obligé, n’étant pas l’argent ou les avantages en nature, mais simplement “la satisfaction” (pour de multiples raisons, la recherche de reconnaissance étant l’une d’elles).
C'est toujours l'éternel débat entre ceux qui se démènent pour apporter et ceux qui se contentent de profiter. Je pense que nous sommes tous "profiteur" ou "donateur" à un moment ou à un autre, par intermittence, le plus souvent sans en avoir conscience (du moins, quand il s'agit de profiter). Il nous arrive à tous de donner sans recevoir en échange et de prendre sans rien retourner. Mais au bout du compte, les profiteurs finissent toujours par "donner" un jour, à leur façon, dans un autre domaine et à d'autres personnes que celles qui leur ont donné.
Entre donneurs et preneurs, la roue tourne et celle-ci est grande. Tous ceux qui donnent reçoivent aussi, mais pas forcément de ceux à qui ils ont donné et pas de la même façon. C'est ce qui n'est pas toujours bien compris, accepté. Mais si l'on pousse la réflexion plus loin, c'est au contraire très bien ainsi et parfaitement logique.
La seule honte qu'il y aurait à seulement "profiter" par moments, serait de ne jamais s'en rendre compte et de se croire perpétuellement dans le camp des donneurs. Pire que la honte, serait l'hypocrisie de faire croire que l'on donne sans rien attendre alors qu'en réalité ce n'est pas le cas (cela dit en passant, personne ne fait rien sans rien, sans y trouver un intérêt, ne serait-ce qu'une satisfaction, même mère Theresa devait trouver son compte à aider les autres sans attendre le moindre retour).
Quant aux bonnes volontés qui, sans ruse, n'acceptent pas que l'on "grappille" ce qu'elles donnent "à grappiller", qu'elles arrêtent de donner ou se remettent personnellement en question.
Personne que nous même ne peut nous pousser au bénévolat. Dés que l’on commence à se sentir frustré de ne pas avoir le “retour” que l’on pense mériter, il faut immédiatement y mettre un terme. Si ce sont les honneurs et les remerciements que l’on espère en se lançant dans le service désintéressé aux autres, mieux vaut ne pas s’y aventurer, car il y a de fortes probabilités que l’on soit déçu.
Faire du bénévolat c’est accepter de donner sans rien attendre en échange, si ce n’est une satisfaction personnelle et égoïste, voire pour certains et dans certains cas, une manière de se donner bonne conscience.
Bien sûr que la reconnaissance est appréciable, souvent méritée et généralement souhaitée. C’est même un “moteur” essentiel à l’entraide. Mais elle ne doit pas être une “exigence” de la part de celui qui accepte de donner sans y être forcé, une condition essentielle au "bénévolat". De son côté, celui qui reçoit n’impose rien au donateur. En prenant sans contrepartie et quelques soient ses attentes (légitimes ou pas), il ne peut bien évidemment rien exiger non plus.
@+
Jack