03 mai 2017

FN, cette fois-ci ou la prochaine, on aura été prévenu !

Comme je l’ai souvent écrit dans mes billets « politico-économiques », la politique et l’économie sont les deux faces d’une même pièce.

Voici un article qui l’explique à sa manière, mais qui démontre surtout comment, même en France, un parti peut transformer notre démocratie en dictature (oui-oui, lisez et recoupez l’information, notamment notre constitution, c’est possible et ce n’est pas de l’intox) :

Le FN s'apprête à gagner la présidentielle, et il n'y aura pas de billet retour

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-front-national-gagnera-la-presidentielle-et-il-n-y-aura-pas-de-billet-retour-693372.html

Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence

LA TRIBUNE - Par Aurélien Leblay, consultant et expert externe pour la Commission Européenne, basé à Londres.

Extraits :

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Ceux qui se rappellent l'Allemagne des années 1930 se demandent toujours : « comment a-t-on pu sombrer dans cette folie barbare » ? L'époque montre de façon limpide comment les opinions basculent dans l'irrationnel. : l'appauvrissement ou sa menace, la sensation ou l'expérience du déclassement, l'impossibilité d'envisager l'avenir des siens avec sérénité, le délaissement de l'État. Justifiées par l'assainissement des finances publiques, les politiques déflationnistes (baisses des salaires, des retraites ou des allocations, compression des dépenses publiques) renforcent la conviction que la politique ne peut plus rien. Elles créent la désespérance économique et l'attrait pour les options extrêmes. Dans ce contexte, des entrepreneurs politiques sans scrupules constatent qu'il est facile d'attiser les haines xénophobes, et excellent dans les analyses binaires et outrancières.

…/…

Rien ne s'oppose à ce que le FN glisse vers l'autoritarisme une fois élu : attaques violentes contre la presse ou la justice, proximité avec les milieux identitaires, néo-nazis, et autres groupes violents, persistance de la ligne historique chez les militants, scores mirobolants chez les policiers ou les militaires, et surtout l'existence de l'article 16 de la constitution. Il faut bien se persuader que Marine le Pen sera réélue en 2022 si on lui laisse le pouvoir aujourd'hui. La propagande ou la manipulation des opinions est le principal danger, et rien ne dit du reste que les élections d'après seront libres, car on peut faire énormément de choses en 4 ou 5 ans.

…/…»

Précédemment, j’ai déjà largement argumenté sur l’aberration économique du financement du « programme social » que propose Mme Le Pen (« redistributions » qui ne pourront pas être tenues faute de moyens, ou qui seront presqu’immédiatement laminées par une inflation incontrôlée, car ne pouvant être financées que par de la création monétaire, le bonne vieille « planche à billets » des années folles).

Dire pendant des mois qu’elle financera son programme par une sortie de l’euro, puis dire maintenant que ce n’est plus un « préalable » ou que l’on peut instaurer un mécanisme à deux monnaies, est la preuve qu’elle raconte n’importe quoi.

Nul besoin d’être économiste pour comprendre qu’une monnaie intérieure dévaluée (retour au franc) « cohabitant » avec une monnaie internationale d’échange (l’euro conservé), n’a aucun sens. Si nos exportations restent en euro nous ne gagnons aucune compétitivité (comme elle le soutenait auparavant). Par contre, nous consommateurs, payerons au prix fort les produits importés (incluant ceux qui composent tous les produits finis fabriqués en France).

Décidément « notre populiste à nous » doit penser que s’agissant d’économie, l’électorat n’y comprenant rien, elle pourra lui faire avaler n’importe quelles âneries, même les plus incohérentes.

Ce qui est sûr, c’est qu’une fois au pouvoir s’il elle y arrive, elle coulera notre économie et se défaussera ensuite en accusant les marchés financiers. Ben voyons ! Si vous n’arrivez pas à rembourser votre crédit, vous pourrez toujours dire que c’est la faute de votre banque.

Pour les autres risques, non économiques, je vous laisse les apprécier au travers l’article précité de LA TRIBUNE.

Je ne vois rien à rajouter, si ce n’est (quand même) :

1 / Que je suis (quoique non syndiqué, ni syndicaliste) quand même d’accord avec le message des principaux syndicats ayant manifesté ce 1er Mai : « les reculs sociaux font le terreau de l’extrême droite ».

Je suis sûr que les prochains gouvernements (et pas qu’en France), que les actuels et futurs décideurs Européens, l’ont maintenant bien compris depuis la monté des populismes un peu partout en Europe, qu’ils la réformeront dans le bon sens, avant qu’elle ne finisse par imploser.

2 / Que le FN est un parti dangereux, non démocratique, qui finira par s’installer grâce à la démocratie si nous ne restons pas vigilants. Prendre le pouvoir en utilisant les mécanismes d’un système qu’il rejette, est le propre de tous les mouvements extrémistes. Le FN ne justifie-t-il pas d’avoir détourné les fonds européens versés, justement par qu’il rejette l’Europe ?

Et si vous pensez que le FN est devenu un parti « propre », aux idées humanistes et vraiment proches du peuple, lisez cet article :

Qui sont les trente proches de Marine Le Pen qui comptent au sein du FN ?

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/26/qui-sont-les-trente-proches-de-marine-le-pen-qui-comptent-au-sein-du-fn_5118119_4355770.html

3 / Que les affirmations de Marine pour étayer son programme (immigration, Europe, Emploi, Sécurité) sont fausses pour la plupart, trompeuses pour les autres :

Les arguments de campagne de Marine Le Pen passés au crible

http://factoscope2017.blog.lemonde.fr/2017/04/27/marine-le-pen-ses-intox-ses-verites/

Ne loupez pas le débat de ce soir (sur A2). Observez bien ses « esquives » dès qu’on lui pose des questions sur son programme économique ou qu’on la contredit sur ce sujet.

Elle commence généralement par un « c’est faux » ou « c’est inexact », puis enchaine par une phrase du genre « nous n’allons pas ennuyer les téléspectateurs avec ces questions complexes, des experts s’y sont penchés, ce qui est important c’est le fond, pas le détail, … » et vas-y que de ne pas répondre, répondre à côté ou changer de sujet. C’est à cela qu’on reconnaît la fourberie et la perfidie.

Vous en êtes convaincu. Reste à convaincre ceux qui ne le sont pas … avant qu’il ne soit trop tard, cette fois-ci … ou la suivante (nous aurons encore cinq ans pour ce faire).

Un mauvais choix avec un parti comme celui-là, ne nous embarquera pas pour seulement cinq années, mais pour beaucoup plus longtemps (dégâts économiques et sociaux) et beaucoup plus loin (démocratie en danger).