13 février 2023

Pour ou contre l'aide militaire à l'Ukraine ?

Les avis sont partagés. Voici le mien :

Le point central de la réflexion, au-delà de ses nuances, c’est bien sûr le fait que la Russie soit une puissance nucléaire (et pas des moindre, avec plus de 6000 ogives de plusieurs dizaines de mégatonnes chacune) en capacité de vitrifier la surface de notre planète.

S’ajoute à cela un dirigeant mégalomane, mal conseillé et enfermé dans des convictions irraisonnées, d’un autre temps (rêve de la grande Russie des tsars, à défaut de l’URSS). Cela dit au passage, le premier problème de la Russie ayant toujours été sa taille et son premier atout la richesse de ses sous-sols, il y a de quoi se questionner sur l’intérêt d’une extension territoriale en ce siècle, et par la même sur la santé mentale de Poutine.

Au début de cette guerre et de l’aide occidentale en armement (Américaine surtout), j’avais un avis partagé et me demandais si la liberté des Ukrainiens valait le risque d’une guerre thermonucléaire globale avec toutes ses conséquences, ce qui ne sauverait pas les Ukrainiens qui disparaitraient avec le reste de l’humanité.

Au fil du temps j’ai constaté la détermination et l’unité des Ukrainiens à défendre leur identité et leur patrie, la folie mesurée de Poutine (plus de bluff que de réelle menace nucléaire, ainsi que le dialogue continu entre états-majors Américain et Russes pour la contenir), une armée Russe dans l’ensemble peu motivée, mal équipée et peu cohérente (présence de milices en concurrence avec l’armée régulière), une population Russe qui quoique mal informée et de toute façon interdite d’expression, reste malgré tout très divisée et à mon avis plutôt consciente que cette agression n’est pas justifiée (hors quelques abrutis qui n’ont rien compris au film ou les apparatchiks qui s’accrochant à leurs privilèges, n’osent pas contredire leur tsar autoproclamé), un tout qui me fait maintenant penser que nous devons continuer à aider l’Ukraine dans la défense de ses frontières.

Ce pays a autant droit à l'assistance des pays occidentaux que nous y avons eu droit en 1940 face à l'invasion Allemande (actuellement, celle toute aussi injustifiée, de la Russie).

Dire que Zelenski et les Ukrainiens qui le suivent pour défendre leur patrie, rallongent la guerre, les destructions et le nombre de victimes (message propagandiste Russe approuvé par quelques-uns de nos politiques à la ramasse), c'est oublier que De Gaule et les Français qui l'ont suivi ont fait de même en 1940. Auraient-ils eu tort ?

Je ne suis pas un fan de Zelenski (de personne d’ailleurs), mais chapeau bas à lui, qui non seulement n’a pas fui comme cela lui avait été proposéce n’est pas d’un taxi dont j’ai besoin, mais d’armes »), a fédéré tout un peuple derrière lui (jamais l’Ukraine n’avait été autant unie) et a motivé ses troupes pour qu’elles accomplissent leur mission de légitime défense avec brio (tous les états-majors occidentaux sont bluffés par leur rapidité d’apprentissage sur le terrain et l’efficacité de leurs tactiques militaires).

Au-delà du respect du droit et de la justice internationale, il s’agit de la défense de la démocratie, de ses principes et des valeurs qui vont avec (dont les droits humains les plus élémentaires, la liberté d’expression et d’information en faisant partie, ce que la Russie méconnait).

Autre argument de taille : laisser impunément un pays s’en accaparer un autre au simple prétexte qu’il est doté de l’arme nucléaire, c’est signer l’arrêt de mort de notre civilisation. La Russie ne s’arrêterait sans doute plus à l’Ukraine. La Chine, la Corée du Nord et peut-être même le Pakistan, ne se gêneraient plus pour violer les frontières de leurs voisins et étendre leurs systèmes politiques d’un autre âge, voire carrément mafieux pour certains. Toutes les autres dictatures du monde n’auront alors de cesse que de vouloir se doter de cette arme magique qui leur assurera l’impunité internationale (l’Iran n’en est plus très loin). La profusion de cet armement et les dérives qui s’en suivront, ne pourra finir que dans un funeste feu d’artifice planétaire.

Au final, aider l’Ukraine face à la Russie présente un risque de guerre mondiale nucléaire non négligeable. Ne pas le faire, … présente le même risque !

Un mot sur la propagande Russe qui tendrait à faire croire que ce n'est pas la Russie qui a attaqué l'Ukraine, mais le contraire. C'est le message actuel de Poutine qui affirme depuis peu qu'il n'a fait entrer ses chars en Ukraine le 24 Févier 2022 que de manière préventive, l'OTAN étant sur le point de les attaquer. … Et malheureusement ça marche !

Il y a encore des Russes (et quelques paumés en occident) qui croient toujours au message initial, à savoir que les dirigeants Ukrainiens élus en 2019 sont des nazis qui oppriment leur peuple. Étonnamment ils ont dans le même temps oublié (ou pas compris) l’objectif initial de « l’opération spéciale » ratée : décapiter le pouvoir à Kiev pour y placer une marionnette prorusse (comme avant et tel est toujours le cas en Biélorussie). Cette « opération » ne devait durer que quelques jours (2 ou 3 tout au plus).

Conscient que cette énorme bévue lui couterait son pouvoir (et sa fierté ou sa vie), Poutine transforme maintenant son « opération spéciale » en « opération défensive de la patrie et de ses valeurs sacrées » en se référant au passé, rappelant les agressions Napoléonienne et Hitlérienne, finalement repoussées et vaincues par « la Russie éternelle ». Il s’agirait aussi du combat biblique tant annoncé du bien contre le mal (Poutine parfait agnostique, se transformant subitement en grenouille de bénitier). En Occident, à l’écoute d’un tel discours, n’importe quel citoyen pas trop débile a dû en tomber de sa chaise. En Russie le message passe ! … Du moins en Russie profonde où l’éducation et l’accès à l’information sont fortement déficitaires. Et là encore, comme souvent quand il s’agit d’abrutir les esprits faibles, les religieux sont à la manœuvre.

Les dirigeants et la majorité des apparatchiks Russes actuels qui sont pratiquement tous des ex du KGB (maintenant FSB) ont l’art des raisonnements inversés : expliquer des faits en inversant très exactement les causes et les motivations qui en sont à l’origine, retourner la critique à celui qui la formule (« c’est celui qui dit qui est ») en n’hésitant pas à verser dans l’exagération, jusqu’à l’absurde. Pour les propagandistes formés aux techniques du mensonge qui ont permis que Staline reste aussi longtemps au pouvoir, « plus c’est gros, mieux ça marche » !

Un expert de la question a écrit (ou dit) que "l'agression Russe est similaire à un viol" : pour le violeur, le vrai coupable c'est la victime en raison de l'attitude qu'elle avait préalablement à l'acte ("elle a cherché l'agression").

Une autre réflexion entendue qui me parait très appropriée aussi : « le KGB était le service secret d’un pays, l'URSS. La Russie d’aujourd’hui est au service de son service secret, le FSB » (pouvoir total et captation de toutes les richesses de la nation au seul bénéfice de quelques' uns). 

Alors comment aider l’Ukraine à se défendre ? Comme nous le faisons depuis le début, à pas mesurés selon la réaction Russe pour éviter autant faire ce peut tout risque de dérapage vers un conflit de nature nucléaire. Tant que ce risque reste contrôlé (les relations entre états-majors occidentaux et Russes permettent d’y croire), donnons aux Ukrainiens tous les types d’armes que nous pouvons et nécessaires à leur défense (hors nucléaire bien sûr), mais toujours sous réserve qu’ils respectent les limites que nous leur imposons dans leur usage (s’agissant de dons, il est justifié qu’ils soient assortis de conditions).

L’occident affirme et ne cesse de répéter qu’il n’est pas en guerre avec la Russie. C’est un fait (aucune déclaration, aucune agression ni intervention sur le sol Russe). Il ne fait qu’aider un pays à se défendre légitimement au regard du droit international (intangibilité des frontières telles que définitivement arrêtées au sortir de la guerre de 39-45).

Jusqu’à quand ? A priori et au minimum jusqu’à ce que l’Ukraine retrouve ses frontières d’avant l’invasion du 24 Février 2022, mais je pense qu’à un moment donné l’Ukraine devra admettre que certaines de ses régions mériteront de s’auto-déterminer (référendum sous l’égide de l’ONU pour le Donbass et la Crimée, pourquoi pas). Après tout, le choix appartient au peuple. Par ailleurs, obliger des gens à partager une culture et des valeurs dont la majorité d’entre eux ne veulent pas, ne fera que pourrir l’ambiance nationale et repousser de nouveaux conflits à plus tard.

La volonté actuelle du peuple Ukrainien (mené par son dirigeant Zelenski) étant de rentrer dans l’OTAN et ultérieurement dans l’UE, cela leur sera impossible s’ils conservent des parties de territoires encore en conflit latent, ne serait-ce même que politiquement instables.

Qui gagnera ou perdra cette guerre ? À mon avis, personne ! Elle se terminera par un compromis avec la mort physique ou politique de Poutine et son régime. L’Ukraine et la Russie ne ressusciteront pas leurs morts et aucun blessé grave ne retrouvera son intégrité physique (ou psychique). Tant les familles Ukrainiennes que Russes auront à pleurer un ou plusieurs de leurs membres et nombre de familles Russo-ukrainiennes resteront irréconciliables. Quoiqu’il arrive, la confiance et les relations entre les deux pays ne se rétabliront pas avant plusieurs générations.

Chacun des deux belligérants aura à se reconstruire, et pour commencer :

- L’Ukraine, ses villes et infrastructures avec l’aide occidentale (les avoirs gelés des oligarques Russes devraient y passer, ce qui ne serait que justice tant ces biens issus de la décomposition de l'URSS et de la corruption étaient de toute façon mal acquis),

- La Russie, son système politique et la confiance internationale (là ce n’est pas gagné et il y a fort à parier que ce sera très très long).

L’Ukraine s’engagera sur la voie d’une véritable démocratie et rénovation politique (débarrassée de sa corruption et autres traces héritées de l’ex URSS) pour remplir les critères de sa future adhésion à l’Europe.

Quant à la Russie, je présume qu’elle implosera politiquement de l’intérieur, avec de nombreuses revendications régionales pour l’autonomie, suivies d’une dislocation de l’unité territoriale de l’actuelle « fédération de Russie ». Son économie ne s’en relèvera pas et le niveau de vie des Russes en pâtira sur plusieurs générations.

Au final et à y réfléchir, s’il n’y aura pas de gagnant dans ce conflit, il y en aura un qui perdra plus que l’autre : la Russie, tant « La facture de la folie Poutinienne » sera lourde.

Pour ce qui nous concerne, nous occidentaux, restera encore une question importante en suspens : dans « l’après Poutine »,  qui entretiendra et contrôlera l'armement nucléaire Russe ?



@+

Jack

12 février 2023

Démocratie (ma définition)

Ce terme, souvent employé à tort et à travers, soulève plus de controverses, d'aprioris et de malentendus qu'il ne devrait.

Comme le précise en préambule et à juste titre Wikipédia,  "La démocratie peut donner lieu à des interprétations différentes". L'article énumère et commente ces différentes variantes, tout comme le fait plus succinctement Larousse, ainsi que bien d'autres dictionnaires à leur manière.

Voici "ma" définition, très personnelle, agrégeant et condensant plus ou moins partiellement les définitions courantes, mes connaissances générales et spécifiques, notamment en théories juridiques (droit applicable et philosophie du droit), ainsi que mes observations en géopolitique contemporaine :

Je mets généralement « démocratie » entre guillemets car j'entends souvent dire que « dans les faits elle n'existe pas ».

Le terme « démocratie » ne doit pas être pris au premier degré de sa définition (pouvoir par le peuple), ni même comme un modèle parfait et possible, mais comme une aspiration. Un but à atteindre, même si ce ne sera jamais le cas, puisqu'au surplus de ne pas être souhaitable, « tout le pouvoir au peuple » ne peut être viable (pour gouverner, il faut bien une concentration des pouvoirs par quelques 'uns en représentation du peuple).

Quant au véritable libre choix d'un peuple à désigner ses représentants, c'est un fantasme qui en restera toujours un, puisqu'en la matière nos choix sont généralement très limités (ce ne sont pas forcément les plus sages et les meilleurs qui se présentent) et que de toute façon ils sont toujours plus ou moins influencés (nous n'aurions rien d'humain dans le cas contraire).

En fait, même si la « démocratie » reste un rêve d'idéaliste, elle se traduit quand même dans la réalité par une volonté de suivre une direction vers laquelle il faut toujours essayer de tendre, car à son opposée il y a la dictature, l'oppression (et là on ne rêve plus, rien n'est impossible et le but peut être rapidement atteint).

On pourrait presque caractériser une démocratie comme l'opposée d'une dictature. Ce n'est évidemment pas si simple.

Les conditions préalables et essentielles à la démocratie sont en théorie :

  • Une constitution définissant une structure particulière de l'État, consacrant la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judicaire), les règles de base d'accès aux représentions de ces pouvoirs (procédures électorales et de nominations, durée maximale du mandat des élus et conditions des nominations), ainsi que la garantie et la protection des libertés individuelles (dont celles d'expression et d'accès à l'information, la pluralité illimitée des sources et de leur accès devant être garantis),
  • Un multipartisme effectif, qui avec la libre expression et la libre circulation de l'information, permet aux différents courants de pensée et projets sociaux d'être représentés,
  • Une procédure électorale dont la fiabilité et l'impartialité sont constitutionnellement garantis, contrôlée par une instance judiciaire indépendante du pouvoir et des partis (mais sous recours possible de ces derniers), garantissant en théorie et en pratique, l'égalitaire et la liberté de choix pour chaque citoyen, sans pression ni contrainte d'aucune sorte, même suggérée (comme par exemple la simple présence d'un homme en arme dans un bureau de vote, fusse-t-il gendarme et pour raison de sécurité,  est  et doit rester une cause d'annulation de tous les votes dudit bureau),
  • Une limitation de la durée et de l'étendue des pouvoirs dans le mandat donné par le peuple à ceux qu'il aura désignés (selon la constitution ou à défaut, définie dans la procédure l'électorale précitée),
  • La représentation effective de la volonté du peuple, exprimée à la majorité dans les procédures électorales et autres modes d'expression (référendums par exemple), ce qui nécessite de résoudre l'épineux et complexe problème de l'abstentionnisme (vote obligatoire ?).

Vous remarquerez au passage que "la Russie de Poutine" qui se dit pourtant "démocratique", fait l'impasse sur bien des critères essentiels ci-dessus (ne seraient-ce que l'absence effective de multipartisme, la limitation des libertés individuelles, d'expression et d'accès à l'information, l'extension des pouvoirs et de la durée du mandat du président, l'impossibilité pratique de recours sur les irrégularités électorales). Ces manquements caractérisent les fausses démocraties (qui s'en donnent l'apparence ou qui ont gravement dégénéré), qui bien souvent cachent de vraies dictatures (Fédération de Russie bien sûr, mais également le cas de certains pays d'Afrique et d'Amérique du Sud).

A la théorie juridique, il faut ajouter d'autres aspects et précisions pour caractériser et valider un Etat démocratique :

Si les élus n'accèdent pas toujours au pouvoir pour leurs compétences, ils doivent être assurés d'en partir du fait de leurs erreurs, selon une procédure de destitution préalablement légiférée ou plus généralement à la fin de leur mandat. Celui-ci ne doit être ni trop court (pour laisser le temps de la mise en œuvre d'une politique), ni trop long (d’abord pour ne pas créer des situations de rente ou d'immobilisme, mais surtout pour ne pas laisser s’enkyster une accumulation d’erreurs préjudiciables au pays).

Pour faire un raccourci intellectuel, on pourrait dire qu’une démocratie se caractérise, non pas par le libre choix d'un peuple à mettre un pouvoir en place, mais par sa possibilité d'en changer facilement selon des règles préétablies (non modifiables par le seul pouvoir en place). C’est le principe de l'essai-sanction en vigueur dans le privé, un peu comme le directeur général d'une grande société,  viré ("remercié") par ses administrateurs et actionnaires pour ses incompétences.

Par ailleurs, la dimension de reconnaissance internationale me parait importante. Les autres démocraties, reconnues comme telles parmi les membres de la communauté internationale (l'ONU pour l'heure) doivent, au moins tacitement, reconnaitre l'état réellement démocratique d'une nation. 

Dans les faits, aucun gouvernement ne peut décréter seul, arbitrairement, qu'il a été démocratiquement élu, sans l'approbation internationale, sans que ne soient démontré le caractère démocratique des conditions de son arrivée ou de son maintien au pouvoir. Un autre élément d'appréciation sera celui du niveau de corruption présumé dans le pays.

En Europe la « démocratie pluraliste » (suffrage universel, séparations des pouvoirs, déroulement des élections, … + multipartisme, diversité des opinions et de leur représentation) est une condition essentielle d’appartenance et de maintien dans l’Union. Le respect des règles de la démocratie et de leur mise en œuvre par chaque pays est constamment sous le contrôle des autres membres. En cas de dérapage il y a un rappel à l’ordre (ce fût récemment le cas pour la Hongrie d’Orban), pouvant être suivi de sanctions (comme la suppression de certaines aides) et à terme, d’une exclusion (ce qui n’est encore jamais arrivé et à mon avis n’est pas près d’arriver, tant les peuples de l’UE sont majoritairement attachés à la notion de démocratie, même si tout le monde ne la définit pas exactement de la même manière).

Aucune démocratie dans le monde n’est identique (dans le détail), mais chacune d’elle répond à minima, aux conditions préalables précitées.

Je rajouterais que plus un peuple est correctement instruit et informé, plus la qualification de "démocratie" est méritée, approchante au plus près de sa forme idéalisée.

En effet et ce n'est qu'une appréciation très personnelle, j'ai du mal à envisager une démocratie digne de ce nom dans un pays où plus de 20% de la population est illettrée (niveau au dessus de la simple alphabétisation). En ce sens et toujours de mon point de vue, les pays où c'est effectivement le cas (l'Inde par exemple) ne sont que des ersatz de démocraties.

Ainsi il faut reconnaître que certains pays ne sont pas prêts à la démocratie et que vouloir installer celle-ci "à tout prix, envers et contre tout" ne peut qu'amener au désordre, voire au chaos. La situation d'un pays passant de la dictature à une tentative démocratique ratée, entrainera une telle désorganisation sociale et économique, que le peuple se retrouvera dans une situation bien pire que la précédente.

Pour les pays prêts à la démocratie (taux de lettrisme suffisant), je rajouterais volontiers la condition de "vote éclairé", à savoir d'un minimum de connaissances, d'une part du fonctionnement des institutions du pays (instruction civique) et d'autre part des enjeux principaux, sociaux et économiques. Mais comment évaluer cela sans porter atteinte à la condition essentielle "des libertés individuelles fondamentales" ? Sans aller au "permis de vote" (quoique ?), je pense que cette question mérite d'être étudiée dans nos sociétés de plus en plus désinformées et manipulées. Dans le cas contraire, la démocratie passera du statut d'idéal, à celui d'illusion.

Pour contourner ce problème et en attendant une meilleure régulation de l'information (sans pour autant la limiter), je ne vois que le suffrage indirect. Les moins lettrés élisant les plus instruits, à défaut des plus sages. Le suffrage universel ne devrait être réservé que pour les plus grandes orientations nationales (constitutionnelles par exemple), proposant des choix aussi simples que radicaux.

Vous l'aurez compris, à l'heure des réseaux sociaux débridés, des théories du complot et des deepfakes, je suis de moins en moins en faveur d'une démocratie directe (sa principale faiblesse qui la met actuellement en danger de mort), préférant de très loin une démocratie imparfaite à une farce démocratique.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.