Principal objectif : sauver notre démocratie en ne la laissant pas aux mains des extrémistes de tous bords qui n’en veulent pas et manipulent ceux qui ne la comprennent plus (tous les déçus et les idéalistes qui croient vraiment que tout casser et refaire serait la solution aux problèmes de notre société).
Illustration (publication The Conversation) :
Pourquoi tant d’Américains croient-ils que la présidentielle a été volée à Donald Trump en 2020 ?
Extrait : … ce mensonge n’est pas l’expression démocratique et populiste d’un anti-élitisme de la base. Il est alimenté par des organisations nationales puissantes … l’une des organisations conservatrices les plus puissantes et influentes, dont l’un des buts est d’utiliser le doute et la peur de la fraude électorale comme prétexte pour supprimer des électeurs sur les listes. L’un de ses fondateurs, Paul Weyrich, déclarait en 1980 : « Je ne veux pas que tout le monde vote. En fait, notre influence sur les élections augmente franchement au fur et à mesure que le nombre de votants diminue.
Il faut ajouter à cela une stratégie médiatique de désinformation utilisée par Trump et ses alliés, parfaitement résumée par Steve Bannon, l’ancien dirigeant de Breitbart News et ancien conseiller de Donald Trump : « Flood the zone with shit » – littéralement, « inonder la zone de merde ». Il s’agit tout simplement de submerger la presse et le public avec tant de fausses informations et de désinformation que distinguer le vrai du faux devient cognitivement éprouvant, voire impossible.»
Ce qui se passe aux USA, n'est jamais loin de l'Europe. Pour tout dire, avec l’inondation de fakes news sur les réseaux sociaux, en grande partie orchestrée par la Russie, on est déjà dans ce scénario, celui d’une abstention toujours plus grande de la part des électeurs encore en capacité de raisonner mais découragés, au bénéfice de ceux qui n’agissent plus que par passion et colère.
Nous la majorité des modérés, par opposition aux minorités extrémistes, cela fait longtemps que nous ne votons plus vraiment pour le meilleur, mais plutôt pour le moins pire !
… Et il est important de continuer à le faire.
Alors plus que jamais, en ces temps incertains, ne boudons pas notre plus noble droit d’expression politique, car à défaut, avec les voix des minoritaires, ce seront les plus radicaux, les plus déraisonnés, qui prendront le pouvoir et liquideront notre démocratie.
Nombreux sont les exemples historiques qui le démontrent, le dernier en date étant celui de l’Argentine.
Il y a fort à parier que c’est ce qui pourrait malheureusement se passer aux USA en cette fin d’année. Cela ne sera pas sans effet sur le reste du monde, à commencer par l’Europe.
Quant à nous et dans l’immédiat, qui n’avons pas encore un Trump ou un Milei aux portes du pouvoir, quel est finalement l’enjeu de cette élection Européenne ? Son avenir bien évidemment. Une Europe plus forte, plus unie qui s’améliore et avance, … ou le contraire ?
Que veulent « nos extrêmes Franco-françaises bien à nous » ? De mon point de vue, je pense qu’au final, le LFI vise le chaos tous azimuts (en agressant quasi-systématiquement nos élites et nos institutions, en invitant le radicalisme islamique dans ses rangs) et le RN la déconstruction Européenne de l’intérieur (ils n’affichent plus leur antieuropéanisme, mais leurs propositions visent à torpiller les fondements mêmes de l’Union).
L’Europe est encore loin d’être parfaite et nombreux sont ses aspects à revoir, à corriger et surtout à « adapter » à notre époque qui n’est plus celle qui l’a vu naître. Oui, la régulation et le contrôle de l’immigration fait partie de ces adaptations urgentes (qui ne peut être pensée qu’à l’échelle Européenne, et non pas nationale, de façon individuelle et forcément sous un prisme égoïste et étroit, donc de façon désordonnée et au final, contreproductive).
Mais l’un de ses fondements, souvent vu comme un défaut, est la contrainte ! Sans elle, il n’y a pas d’Union Européenne. Simplement quelques traités qu’on peut défaire à tous moments … et qui se déferont à la première mésentente (comme tous les traités internationaux d’ailleurs).
Les traités Européens ont la particularité d’être de véritables contrats, fortement engageants, imbriqués les uns aux autres, mêlant avantages et obligations. S’en départir coûte très cher, immédiatement (perte des aides financières en cours et remboursement de celles perçues d’avance) et sur le long terme (appui économique, droits de douane, confiance des marchés financiers, …). Voyez les conséquences économiques du Brexit et ce qu’en pensent maintenant la majorité des Britanniques (passés de « Brexit » à « Bregret »).
Autre aspect vu comme un défaut : la pluralité des avis et la lenteur des prises de décisions qui s’ensuivent (conséquence des débats nécessaires). Mais le compromis n’est-il pas le fondement même des démocraties ?
Plusieurs avis c’est plusieurs cerveaux pour se pencher sur la résolution de problèmes communs, et donc la meilleure probabilité de trouver les solutions les plus intelligentes (au prix d’un peu de lourdeur procédurale et administrative). Par ailleurs, de par sa pluralité de décideurs (élus comme nommés), la vision Européenne est forcément de long terme. Elle va bien au-delà des mandats électoraux donnés dans chacun des pays membres (généralement 4 à 5 ans et rarement en même temps).
Plusieurs avis c’est aussi des intérêts divergents, évidemment (quelques ’uns dans un ensemble d’intérêts communs plus grands, sans lesquels l’Europe ne se serait jamais construite), avec en contrepartie l’addition de plusieurs économies et donc au final un poids économique qui compte face aux géants que sont les USA et la Chine.
Pour une fois, si mon message est plus « politique » que d’habitude c’est que l’enjeu me parait grave. Je n’invite pas à voter pour tel ou tel candidat (pas de prosélytisme de ma part), mais seulement à faire barrage aux extrêmes. Entre les deux, le choix reste large. … Et si votre choix va malheureusement, imprudemment, vers l’une de ces extrêmes, alors je vous invite à bien approfondir la question, le programme et surtout l’intention profonde qui s’y cache, avec tout ce qu’elle impliquera pour notre futur et celui de vos descendants.
Ne perdez pas de vue non plus que la guerre est à nos portes et que notre meilleure défense (en plus de l’OTAN) est la cohésion Européenne (volonté et moyens, tant militaires qu’économiques, l’un et l’autre étant indissociables). Au début du conflit Russo-Ukrainien, si j’étais partisan de l’aide militaire à l’Ukraine pour sa défense (fourniture d’armes seulement) au nom du droit international, de la justice et de la démocratie, je ne pensais pas que l’intention de Poutine (qui finalement est le seul à décider) était d’aller plus loin que l’Ukraine. Je pense maintenant le contraire et ce pour une raison simple : c’est la guerre qui le maintien au pouvoir ! Il y est d’ailleurs venu en déclenchant celle de Tchétchénie. Constatez le changement de son discours qui de « l’opération militaire spéciale » pour aller défendre les pauvres russophones Ukrainiens martyrisés par des néonazis, il est passé à l’agression pure et simple de la Russie par l’OTAN (il n’est plus l’agresseur, mais l’agressé). Ce mégalomane ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Même si un traité est signé, ce sera pour lui une pause lui permettant de reconstituer son armée et remettre le couvert trois ou quatre ans plus tard. Alors plus que jamais, ne baissons pas la garde et restons unis !
Si la démocratie est fragile, l’Union Européenne l’est encore plus. N’oublions pas qu’en plus d’être une puissance économique avec une place géopolitique majeure dans le monde, incontournable condition à nous assurer richesse et protection (l’un n’allant pas sans l’autre), c’est aussi le premier rempart des atteintes aux libertés individuelles et droits essentiels de tous les citoyens des pays qui la composent. Si le gouvernement d’un de ses membres s’écarte un peu trop du chemin de la démocratie, les autres sont là pour l’y ramener.
Voter est une chance. Ne la gâchons pas, gardant notamment à l’esprit que :
- Sur plus de 6000 ans de civilisation la démocratie n’a fait que quelques courtes apparitions sur la planète et n’existe, pour ce qui nous concerne, que depuis un peu plus de 200 ans seulement,
- Sur un peu moins de 200 états dans le monde, il n’y a plus qu’une trentaine de vraies démocraties. Nombreuses sont en danger et l’une d’elle, la plus grande, est en train de vaciller. … C’est l’Inde !
… C’est DIMANCHE 9 … et il n’y a qu’un seul tour !
« Si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s’occupera de vous » (JFK).
@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.