05 décembre 2025

CAPITULATION de l’ordre et du droit international

Il n’y a pas que l’Ukraine qui est en passe de capituler, mais tout le droit international et ses valeurs que l’on croyait jusque-là acquises.

Si la Russie atteint les buts de guerre qu’elle s’était fixé en initiant son « opération spéciale » du 24 Février 2022 (qui ne devait durer que quelques jours) et qu’elle n’a jamais abandonnés au fils des pseudos pourparlers de paix, à savoir la soumission totale de l’Ukraine, alors ce ne sont pas que les Ukrainiens qui auront perdu, mais tous les citoyens du monde entier qui croient encore au droit et en la justice internationale, aux valeurs qui fondent les démocraties.

Ce sera la démonstration que le droit international s’efface devant la force brute, militaire. Or ce qui se passe à l’international est généralement le reflet de ce qui se passe ou se passera au national.

Quand la force n’est plus au service du droit et de la justice, des principes moraux qui la fondent, cela se traduit inévitablement dans une nation par la dictature, et entre nations, par la guerre. Et quand ces nations sont surarmées et dotées de l’arme nucléaire, c’est toute l’humanité qui risque de perdre.

La capitulation (ou ce qui y ressemble) de l’Ukraine est également une récompense aux crimes contre l’humanité perpétrés par le régime de Poutine (oublié le bombardement de civils, la destruction de villes entières, la déportation d’enfants ?), l’impunité des crimes de guerre commis par son armée (oublié les massacres et les tortures de civils ?).

Si le pays militairement le plus puissant du monde, celui de l’oncle Sam que l’on croyait « gendarme du monde », ayant le premier proclamé la défense des libertés et les droits de l’homme, permet cette issue, voire même l’approuve en acceptant de revenir au « business » avec un pays qui a bafoué tous les principes du droit international, alors la voie est ouverte à des périls encore bien plus inquiétants pour l’humanité toute entière.

Ce satisfecit donné à la Russie sera la preuve qu’un pays doté de l’arme nucléaire peut tout se permettre contre ceux qui ne le sont pas. C’est aussi une extraordinaire invitation à ces derniers de l’acquérir, si ce n’est pour agresser, pour au moins pour se protéger. Or le pire qui puisse arriver à notre monde est la prolifération des armes nucléaires !

Puisque tout semble maintenant permis alors que les américains se désengagent des protections explicitement ou implicitement promises, pourquoi la Chine se gênerait-elle maintenant d’assouvir son désir d’annexer Taïwan ? Pourquoi la Corée du Nord n’envahirait-elle pas sa voisine du Sud ? 

Quel argument aura la communauté internationale pour interdire à un pays non doté, d’acquérir l’arme ultime, à commencer par l’Arabie Saoudite qui en a largement les moyens financiers ?

Autre péril plus proche de nous, pour l’Europe : si la Russie annexe réellement l’Ukraine, elle récupère et additionne son armée (actuellement la plus puissante et aguerrie en Europe Occidentale) et son armement (que nous avons financé), devenant un danger mortel pour nous, au sens propre comme au figuré.

On comprendra alors, mais trop tard, que l’Ukraine était réellement notre rempart ! Que les Ukrainiens avaient raison quand ils disaient qu’en se défendant contre l’agression Russe, ils nous défendaient aussi.

Ne perdons pas de vue que tant que Poutine et son idéologie sont au pouvoir, tenu compte d’une économie maintenant presque entièrement tournée vers la guerre, celle-ci ne pourra pas s’arrêter sans y être forcée. Comme je l’ai entendu, « Poutine est allé trop loin pour ne pas aller encore plus loin ! ».

La capitulation de l’Ukraine ne sera que la première d’une longue série, à commencer par celle des valeurs qui fondent notre humanité, privilégiant la morale et la justice à la force brute.

C’est la loi et la morale qui ont permis à l’humanité de s’élever, de se distinguer du règne animal, ce qui sous-tend que le fort doit aider le faible, et non le soumette.

L’histoire des civilisations a toujours été ponctuée d’avancées et de reculs, elles se construisent et se détruisent au fil des siècles, d’un continent à l’autre de la planète. Mais dans le contexte actuel où l’arme nucléaire est mise en avant comme argument pour s’imposer, il se pourrait que nous vivions notre dernier recul civilisationnel.

Si la Russie gagne, c’est le monde entier qui perd. Si la Russie perd, c’est le monde entier qui risque de perdre à cause de la folie d’un seul homme.

Alors souhaitons qu’il n’y ait ni perdant ni gagnant, militairement parlant. La solution étant que seul Poutine et sa clique perdent politiquement, de l’intérieur.

Comment cela serait-il possible ?

Une trêve sur le terrain est souhaitable (stop aux destructions et pertes humaines, des deux côtés). A défaut, une « fausse paix » plutôt qu’une annexion complète de toute l’Ukraine (la plus mauvaise nouvelle pour l’Europe). Avec la fin du soutien américain, notamment en renseignement, et l’absence de moyens actuels côté européen, elle ne pourra tenir plus longtemps. Si l’Ukraine l’accepte, ce sera le couteau sous la gorge. Or un accord sous la contrainte n’a aucune valeur.

Trop de haine et de rancœur ont été accumulées côté Ukrainien et l’idéologie impérialiste côté Russe ne disparaîtra pas avec Poutine au pouvoir. Les hostilités reprendront inévitablement, au premier dérapage de l’un ou de l’autre sur le terrain, au premier prétexte, fusse-t ’il inventé (par l’une ou l’autre des parties).

Mais si ce temps de trêve ou de paix sera mis à profit par les deux armées pour se reconstituer et remettre le couvert, il sera également mis à profit au délitement entamé de l’économie et du pouvoir Russes. Peut-être le temps d’un changement politique en Russie, seul espoir de mettre un terme définitif à cette guerre.

Certains disent qu’il y a pire que Poutine ou qu’une dislocation de la Russie serait une catastrophe mondiale. Elle ne serait pas sans risques mais pas certaine, alors qu’en l’état actuel nous y allons tout droit.


Jack


10 mai 2025

Guerre Russie-Ukraine, revenons aux fondamentaux

Sentant que Trump commence à s’impatienter au sujet de la volonté du Kremlin de mettre un terme à cette guerre, Poutine, en fin stratège formé au KBG, propose maintenant une négociation directe avec Kiev en Turquie. Il a en effet beaucoup à perdre si Trump « se retourne ». Alors il faut remettre des pièces dans la machine pour réenfumer l’administration américaine en lui faisant croire que la Russie est de bonne volonté pour arrêter le conflit (tentant de faire oublier que c’est elle l’a déclenché).

C’est la réponse alambiquée de Poutine pour faire suite à la demande d’un cessez-le feu d’abord demandé par Trump, accepté par Zelenski et dernièrement reproposé par le groupe européen constitué autour de Macron. Accepteront-ils finalement cette trêve ?

Si Poutine accepte prochainement le cessez-le-feu de trente jours, histoire de faire preuve de bonne volonté vis-à-vis de Trump (l’avis de Zelenski et des Européens, il s’en tape), on peut parier sans trop de risque de se tromper qu’il ne durera que le temps de quelques palabres, peut-être un peu plus de 30 jours, mais à mon humble avis, sans la moindre chance de déboucher sur un accord de paix durable (pas tant que Poutine est au pouvoir). Comme à son habitude, la Russie ne le respectera pas tout en mettant la faute de la rupture sur l’Ukraine (ils l’ont fait dans tous les cessez-le-feu précédents acceptés par les deux parties).

Si des discussions sont véritablement entamées entre Zelenski et Poutine comme je le crois, avec ou sans cessez-le-feu, qu’en ressortira-t’il ? Pas grand-chose de mon point de vue. Poutine proposera des compromis sur ses exigences précédentes, pour finir par ne pas y consentir en raison du manque d’effort de son contradicteur Zelenski qu’il accusera de ne faire aucune concession, sachant que l’Ukraine à déjà tout abandonné sous la pression de l’administration Trump, et n’a donc plus rien à concéder de plus qu’une capitulation totale et sans condition (qu’elle n’acceptera bien évidemment pas).

Et pourtant Poutine ne cesse d’affirmer qu’il veut la paix et que c’est Kiev qui ne la veut pas. Alors que Zelenski, son peuple et ses combattants n’attendent qu’un arrêt des combats pour au moins faire une pause (la capitulation totale n’étant pas une option pour tous les Ukrainiens).

Quant à Trump, il ne cherche qu’à soigner son image de faiseur de paix … et d’argent si possible. Il dit vouloir la « fin de la tuerie », alors qu’il s’en fout royalement (à la différence de son électorat). C’est l’hypocrisie flagrante du bon gars qui ne serait mû que par de bonnes intentions, comparable celle d’un Poutine jouant la grenouille de bénitier devant les caméras, alors que c’est un parfait agnostique et que personne ne l’a jamais vu dans une église avant 2023, depuis que « son opération spéciale » tourne mal et qu’il a besoin de convaincre son peuple de la bonne cause de cette guerre qui n’en finit pas et qu’il a besoin de plus en plus d’hommes sur le front.

Alors avec un Poutine qui retourne sans cesse les situations pour gagner du temps et un Trump qui change d’avis à constamment, cette guerre n’est pas prête de s’achever.

Côté Russe, le principe est toujours le même : opposer des réalités alternatives aux faits. Tant qu’il n’y a pas d’accord réciproque sur les faits ou de preuves intangibles, le subterfuge fonctionnera. Dans une guerre, la preuve des faits est faite par les historiens, longtemps après la fin de cette guerre (quelle que soit son issue). En attendant, tout témoignage, tout reportage, toutes images et films peuvent être discutés, remis en question quels qu’en soit la crédibilité, par toute personne de mauvaise foi (et ce n’est pas quelque chose qui étouffe le régime de Poutine).

Côté Américain, depuis l’arrivée de Trump, c'est plus simple (nul besoin de se perdre en interprétations et conjectures) : personne ne sait !

Pour y voir plus clair dans un brouillard savamment entretenu par le régime Russe et maintenant aggravé par les atermoiement Américains, il faut revenir aux fondamentaux. S’ils sont constamment déniés et travestis par la Russie depuis le début, … et il faut avouer qu’ils ont été dernièrement mis à mal par l’administration Trump, de la façon la plus surprenante et inattendue (avec des propos dignes de la propagande du Kremlin).

Ce n’est pas l’Ukraine qui a attaqué ni même menacé la Russie, mais bien cette dernière qui a cherché à envahir son voisin le 24 Février 2022. Il ne faut cesser de se le rappeler, non comme le font de leur côté les Russes pour se convaincre du contraire (plus à destination du peuple, notamment pour calmer sa mauvaise conscience), mais pour ne pas perdre de vue une réalité historique que bien des gens mal intentionnés ne cessent de vouloir effacer.

Ce qui était une évidence indiscutable il y a encore quelques mois, semble s’émousser au fil du temps avec les propos de Trump et de son équipe qui, s’ils ne sont pas allés jusqu’à dire que c’est l’Ukraine qui a attaqué la Russie, ont clairement dit qu’elle n’aurait pas dû se défendre (« ce si petit pays face à la grande Russie n’avait aucune chance et en se défendant il a déclenché une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu » dixit Trump, relayé par Vance).

Devant les difficultés à convaincre Poutine de faire une trêve et l’agacement récent de Trump, pas sûr que la tendance s’inverse prochainement, même si tous les hommes de bonne volonté l’espèrent fortement (il n’y en a pas dans les gouvernements Trump et Poutine).

L’Ukraine ne fait que se défendre et continuer à le faire est le choix de tout un peuple (sa grande majorité bien sûr). Devrions-nous reprocher aux Français de 1941 d’avoir rejoint la résistance ou le général De Gaulle pour se dresser contre l’envahisseur Allemand ?

A cette époque aussi, la grande majorité du peuple Français désapprouvait l’invasion et ne souhaitait pas vivre dans l’idéologie nazi. Hors une toute petite minorité qui a fait un autre choix, tous ceux qui étaient en condition et en âge de se battre, se sont battus.

Le choix du peuple Ukrainien est le leur et nous ne pouvons le « discuter » à leur place. Défendre son pays et ses valeurs, refuser de se soumettre à un régime politique qu’une majorité de citoyens n’approuve pas, va bien plus loin qu’une entorse à la démocratie et des fiertés blessées. Quand un pays tiers impose sa volonté à un autre, les changements ne se limitent pas aux lois, aux coutumes et restrictions de libertés. Pour l’occupé vaincu cela se paie de chair et de sang, d’enfermement, de déportation et de mort.

N’oublions pas que la Russie d’hier (des Tsars et de l’URSS) a toujours asservi et déplacé les populations des pays qu’elle a occupés. L’objectif d’un occupant idéologique et territorial est d’éviter toute contestation de son pouvoir une fois installé. Pour cela, deux solutions additionnables : le remplacement-déplacement des populations (déportations) et l’annihilation de toute opposition supposée, avérée ou seulement suspectée, à commencer par les intellectuels (exterminations physiques).

Les pays Baltes et la Pologne ne l’ont pas oublié. Ce qui est peut-être le cas de la Hongrie et de la Slovaquie (ex partie de la Tchécoslovaquie), du moins à en croire les derniers choix démocratiquement exprimés. Et pourtant la Russie de Poutine n’agira pas différemment, c’est certain, car c’est intrinsèque à toutes dictatures.

L’Ukraine n’a pas perdu sa mémoire générationnelle. Après les multiples invasions subies aux cours des siècles, après l’Holodomor (sous Staline) puis l’occupation Nazie suivie de près par celle des soviets (encore sous Staline), ils n’ont vraiment pas envie de vivre celle de la Russie de Poutine. La Russie, à différence de l’Allemagne, n’a pas « purgé les hontes de son histoire », ce qui la condamne à les répéter.

Les Ukrainiens dans l’ensemble sont parfaitement conscients du risque, non pas que « démocratique » et idéologique, mais réellement physique qu’ils courent en se soumettant. Qui peut aujourd’hui croire un seul instant qu’ils puissent faire confiance au régime Russe ?

Pour le peuple Ukrainien un arrêt des hostilités par l’occupation n’a pas grand-chose à voir avec la paix et ne signifie pas l’arrêt des massacres. Ils n’auront simplement plus lieu sur les lignes de fronts et ne seront que moins visibles au reste du monde.

Si on ne peut que comprendre leur volonté de rejoindre la démocratie Européenne, essayons de comprendre le point de vue Russe, celui qui s’exprime et s’oppose à celui des Ukrainiens.

Vu que le peuple Russe n’a pas droit à la parole et que les opposants au régime de Poutine s’exprimant en exil partagent celui des Ukrainiens, ne reste que celui des propagandistes Russes.

Voyons quelle est sa logique et en quoi il peut être acceptable.

Le meilleur exemple ou condensé me parait être celui de Piotr Tolstoï, vice-président de la Douma (parlant très bien français). Oui oui, un descendant de l’illustre Léon Tolstoï auteur de Guerre et Paix. Son Piotr piètre descendant est l’un des propagandistes serviles du Kremlin qui excelle dans l’art de la fourberie et du mensonge. Il fait 3 mensonges ou contre-vérités à la minute d'interview ! Quand ce n'est pas le cas, il joue les ambiguïtés. Je ne suis pas certain qu'il croit un traite mot de ce qu'il dit (ou alors il est comme son maître, atteint de paranoïa aigue).

Vous avez sans doute déjà entendu son argumentation pour justifier l'agression russe. C'est la ligne du Kremlin : "la Russie ne fait que se défendre (ainsi que les pauvres Ukrainiens opprimés par des néonazis au pouvoir) et ne recherche que la paix". Il la répète à chaque interview, encore récemment en marge du défilé « patriotique » du 9 Mai dernier à Moscou.

Ce politicien joue sur des ambiguïtés et entretien les amalgames. Il ne berne que ceux qui ne savent pas vraiment de quoi il parle, du moins exactement et dans le détail (là où le diable se cache).

Son dada c'est l'amalgame Russophone/Russophile, sachant que beaucoup trop de gens entendent par "russophones" ceux qui sont pro-russes, alors que cela n'a rien à voir. Ce sont deux notions très différentes.

Il est vrai que beaucoup d'Ukrainiens parlent/parlaient russe (absorptions territoriales des Tzars et de l'URSS obligent) et même que le russe ! Cela veut-il dire qu'ils souhaitent être rattachés à la Russie ? Qu'ils approuvent la politique de Poutine, partagent son idéologie et en un mot qu'ils soient Russophiles ?

Absolument pas ! En fait, c'est plutôt le contraire. Depuis la guerre, la grande majorité des russophones (pour ne pas dire presque tous) sont devenus … Russophobes ! Certains se sont mis à l'Ukrainien et ne veulent plus parler Russe ni entendre parler de la "culture Russe".

Par son action ratée du 24/02/2022 (tentative de prise du pouvoir central) et ses suites (massacres et destructions), Poutine et son entourage ont enclenché une haine généralisée des Russes alors que la plupart d'entre eux subissent plus qu'ils n'acceptent.

J'avais fait l'un de mes premiers billets en 2022 avec "Bannissez Poutine, mais pas les Russes". Si j’étais encore bien optimiste à l’époque sur l’issue rapide de ce conflit, je reste encore persuadé qu’une grande partie de la population Russe n’approuve pas cette guerre et ses motifs. Même s'il faut reconnaître que la propagande du Kremlin, distillée sans relâche et habilement, a depuis fait son chemin. Elle a empoisonné l'esprit de beaucoup plus de Russes hésitants que je ne l’aurais pensé. A priori et en dehors des profiteurs de guerre, les moins instruits qui ne cherchent pas vraiment ou ne veulent pas connaître la vérité, préférant l'illusion d'une "grande Russie" (par la taille certes, mais c'est tout).

Exemples relevé d'un interview de cet hypocrite Tolstoï entretenant la confusion entre russophones et russophile :

- « La Russie n'a jamais perdu de guerre » : faux ! À part la seconde de 39-45 gagnée avec l'aide massive des Américains en matériel et l'affaiblissement de l'armée allemande sur le front de l'Ouest, elle a perdu toutes celles du siècle dernier (1ère guerre mondiale, Guerre Sino-russe dans les années 60, Afghanistan années 80). Comme les américains au Vietnam me direz-vous, mais eux au moins ne se vantent pas de les avoir toutes gagnées et leur presse ne se gêne pas de relever les fautes interventionnistes.

- « L'Ukraine n'existait pas avant la chute du mur » : c'est historiquement faux !

- « 20 millions de russophones en Ukraine » dans un pays de 44 millions d'habitants : possible, mais qu'en est-il de ce qu'ils veulent ? Comment expliquer la volonté quasi-unanime de ce peuple à se battre pour défendre ses frontières et bouter les russes au dehors ? Peut-on oublier les révolutions « orange » (suite élection truquée 2004) et « de la dignité » (2013 & 2014), le nombre impressionnant d'Ukrainiens dans la rue et tous ces drapeaux européens agités aux côtés du leur ? Comment ne pas voir un lien entre les interventions russes, d’abord dans le Donbass puis en Crimée courant 2014 ?

Les accords de Minsk (Wikipédia ne peut être taxé de partialité) : quelle fourberie de parler d'hypocrisie occidentale ! L'occident a fait de son mieux, mais aucun des deux belligérants n'a voulu respecter cet accord, certes mal foutu à partir du moment où au fond, aucune des deux parties, hors l'occident, ne voulait la paix … si ce n'est qu'à ses seules conditions. On ne peut pas appeler cela un compromis et ça ne pouvait pas fonctionner.

Quant aux pourparlers de Mars 2002, alors que toute l'Ukraine avait été bombardée, ils consistaient à lui imposer de céder tous les territoires déjà envahis. "On voulait la paix mais pas eux" disait Piotr Tolstoï. Et c'est lui qui parle d'hypocrisie ? Je crois qu'il pensait plutôt « On veut la paix mais pas eux, … à savoir les Ukrainiens. Juste leur territoire et ses richesses ».

Pour le reste, ce sont toujours les mêmes inversions de réalités et de responsabilités de la propagande Russe : elle accuse toujours l’autre de ce qu’elle fait ou va faire !

- « l'OTAN agressive à nos frontières » (toujours cette paranoïa) alors qu'il s'agit d'une organisation défensive qui n'a jamais demandé à un pays d'y adhérer. Ce sont les pays qui demandent l’adhésion, … précisément pour la protection qu'elle offre devant l'agressivité et l'hégémonie dont fait preuve la Russie (déstabilisation du Donbass, invasion de la Crimée, sans même parler le la Géorgie et de la Tchétchénie). Quand l’OTAN a-t’ elle attaqué ou ne serait-ce menacé la Russie ?

- Un autre argument est relatif aux USA attaquant l'Irak (ce n’était ni l’OTAN et ni l’ONU en raison du véto de la France qui s’était farouchement opposé à cette opération injustifiée). Les prorusses le servent à toutes les occasions. Alors oui, les USA ont attaqué l'Irak pour de mauvaises raisons (flagrante tromperie des Américains sur fausses preuves d’armes de destruction massives).

Mais qu'a fait la Russie dans les années 80 en Afghanistan ? Et en 1999, lorsqu’elle a envoyé ses troupes, ses avions et ses bombes en Tchétchénie rasant par la même occasion sa capitale (Grozny) ? Cela au prétexte des attentats de Septembre 1999 à Moscou (300 civils morts et des centaines de blessés) imputés au « terroristes Tchétchènes » … alors qu’il a été documenté qu’ils avaient été perpétrés par des agents du FSB sur ordre du Kremlin (Poutine, fraichement nommé 1er ministre) avec pour unique objectif de créer le prétexte à cette guerre ! … Énième démonstration que Poutine n’a jamais hésité à tuer ses compatriotes pour servir sa cause … et les intérêts de son clan.

L’invasion de l’Irak, tout comme le bombardement de Belgrade en 1999 par les USA (cette fois-ci sous le drapeau Otanien), sont deux fautes gravissimes qui ont salement entaché la crédibilité des USA, on ne peut le nier. C’est peut-être les seuls points où les Russes ont raison. Mais cela justifie-t ‘il leur agression contre l'Ukraine ?

Le crime de l’un n’a jamais justifié le crime d’un autre, mais encore et surtout, si l'Amérique cherche à étendre sa suprématie comme toute grande puissance économique, elle ne cherche pas à étendre son territoire. La Russie, oui, et c'est ce qui fait toute la différence.

Le pays le plus grand de la planète (en fait, une « union de républiques » soumis au même régime politique) qui n’arrive pas à gérer convenablement ses immenses étendues (et richesses) cherchant à s’étendre encore plus. Ce simple fait ne serait-il pas à lui seul le signe de quelque folie chez ses dirigeants ?

Et que penser du mémorandum de Budapest, signé en 2014 par la Russie et l’Amérique (et la Grande Bretagne) pour garantir l’intégrité territoriale de l’Ukraine (ainsi que deux autres pays sécessionnistes de l’URSS) si elle rendait les armes nucléaires en sa possession ? L’un des signataires violant lui-même la protection qu’il avait précédemment garanti, … qui aurait pu penser cela ? … Et l’Amérique de Trump qui trouve maintenant cela normal ! Quant à la GB, elle n’a malheureusement que les moyens de s’en offusquer.

Alors oui, la parole Russe comme Américaine ne valent pas grand-chose, mais qu’ont fait les Ukrainiens pour mériter leur sort actuel ?

Voulons-non vivre dans un monde sans morale ni justice, où seule la loi du plus fort compte ? Ce qui se fait à l’international finit toujours par déteindre dans le national. Dois-ton baisser l’échine et nous taire sous prétexte qu’à notre échelle de simple citoyen nous n’y pouvons rien ? Ce n’est pas ce qu’on fait les Ukrainiens (révolution orange 2004-2005 et celle de la dignité en 2014).

Pour justifier l’injustifiable, j’ai cité Tolstoï, mais les autres dignitaires du régime ont exactement le même discours, Lavrov en tête bien sûr (ministre des affaires étrangères). Les arguments sont répétés comme un mantra appris par cœur.

En plus faux-cul et beaucoup moins subtil, pour les auditeurs les plus crédules, nous avons bien sûr Soloviev, le clown triste de la TV de propagande.

… Lui se fait très grassement payer (plusieurs dizaines de millions équivalent dollars par an). Payé pour débiter des conneries auxquelles je suis persuadé qu'il ne croit pas un seul instant. Quoique depuis le temps et vu ses mimiques quand il s'exprime, je commence à penser qu'il est psychiquement gravement instable.

Mais on peut comprendre qu'il puisse être aussi aigri et haineux envers les occidentaux … depuis qu'on lui a gelé ses propriétés en Italie et ailleurs (en plus de quelques avoirs financiers) … dans cet occident si dépravé et en perdition qu'il y a envoyé ses enfants étudier (dans l'opulence), comme ceux de la grande majorité des oligarques (dont Lavrov bien sûr), ceux-là mêmes qui avant cette guerre y dépensaient leur argent mal acquis dans nos villes et stations touristiques les plus huppées.

Tout cela aux frais des citoyens Russes, comme au prix de leur chair et de leur vie dans une guerre qu’ils n’ont pas réclamée, des russes qui n'ont maintenant plus aucun choix, bientôt même plus celui de s'enfuir du trou noir que la Russie est en train de devenir.

La seule et véritable guerre que mène la Russie de Poutine, c’est celle contre la démocratie. Celle-ci est effectivement pour lui et son régime, un ennemi mortel !

Personne ne veut faire la guerre à la Russie, la voir disparaître ou la forcer à changer. L'occident n'a rien à lui imposer et ne cherche pas à le faire, pas plus que la Russie n'a à le faire envers d'autres nations. C'est aux peuples de décider librement de leur sort, pour autant qu’ils puissent le faire comme c’est le cas de l’Ukraine, de choisir leur régime politique, et à défaut de choix, de tout faire pour se libérer de l’oppression.

Malheureusement, Poutine est maintenant totalement enfermé dans « sa guerre » et le cercle vicieux d’une économie de guerre. L’arrêt de celle-ci signerait sa chute et il le sait. Raison pour laquelle je ne crois pas en sa volonté d’y mettre un terme.

Alors un cessez-le-feu bientôt ? Sans doute, mais tôt ou tard, tant que Poutine et sa bande de mafieux seront au pouvoir, la guerre reprendra … et peut-être pas qu’en Ukraine, … prenons-en conscience !

Le plus grand pays du monde et le plus puissant militairement ayant chacun à leur tête un mégalomane (doublé de délire paranoïaque pour l’un et de narcissisme aggravé pour l’autre), le monde n’est actuellement pas bien barré ! … Au sens propre comme au figuré.


JACK

08 mai 2025

Motard parfois honteux

Je suis "motard" depuis 2079 (permis "gros cube") et toujours aussi passionné par ce moyen de se balader plus que de se déplacer. Une voiture se conduit, une moto se pilote.

Mais parfois devant l'attitude de certains motards, il m'arrive d'avoir un peu honte !

Je ne parle pas de ces insupportables "conducteurs de scooters" qui pour la majorité d'entre-eux, font vraiment n'importe quoi en milieu dense de circulation (quand ils ne s'agit pas de ces pétoires qui torturent nos oreilles), mais bien de quelques individus qui sous prétexte d'avoir une belle et grosse bécane, se comportent comme de bien pitres "motards".

Est un mauvais motard celui qui vous dira que le bruit d'une moto est un gage de sécurité. On l'entend arriver ! … Et pourquoi pas "pousse-toi que j'm'y mette".

Un vrai motard voit loin et large, mais surtout il anticipe les possibles réactions des autres usagers de la route et prévoit la "marge de sécurité" nécessaire dans le cas où il ne serait pas "vu".

Il n'a pas besoin d'être "entendu" pour se placer là où il faut en toute sécurité. Les maîtres mots de sa conduite sont "marge" et "anticipation".

Pour un vrai motard il n'y a pas de feux verts ou de priorités inviolables, et en cas d'accident (ce qui m'est bien sûr déjà arrivé), son premier réflexe doit être de comprendre à quel moment il a fauté. Sa principale faute est de ne pas avoir anticiper celle de l'autre et prévu la marge de sécurité pour y échapper (la "marge au cas où").

Quant aux motards qui me font le plus honte (en plus de ceux qui trafiquent ou n'entretiennent pas leurs pots d'échappement), ce sont les  rouleurs en "musique à fond la caisse" couvrant le bruit de leur engin au point d'agacer copieusement tout le monde alentours, passants comme habitants, genre "entends-tu la musique que j'aime".

Pas mieux que les abrutis au volant de leur caisse toutes vitres baissées. On ne me fera pas croire qu'ils ne montent le son que pour eux. Au delà d'un certain niveau de décibels, cela va plus loin que le simple égoïsme (genre "j'emmerde tout le monde").

Il y a de mon point de vue quelque chose qui relève du complexe et de la compensation, comme si la musique que l'on apprécie et qui implique forcément une certaine admiration (pour ce qu'elle nous parait représenter, pour ce qu'elle est ou pour son auteur), devait relever notre propre personnalité aux yeux des autres, ceux qui le bref instant de notre passage "reconnaîtront le bon goût du mec avec la musique qu'il aime".
C'est un peu le même processus mais en pire que celui qui n'a que sa belle bagnole à montrer pour tenter de compenser la médiocrité de sa personne (ma définition de la "frime"). Si la voiture est vraiment belle, on pourra au moins apprécier la beauté des courbes et éventuellement reconnaître le bon goût ainsi que la chance du mec d'en posséder une.

Comme tous les motards j'apprécie le ronronnement de ma reine, mais n'éprouve nul besoin d'en mettre plein les oreilles de ceux qui ne partagent pas mon trip, sans parler du simple devoir de "savoir vivre" que nous devrions tous avoir en société.

Cela dit en passant, j'aime me balader seul ou à 2 ou 3 max. Au delà cela me fait l'effet du troupeau et je n'ai jamais eu l'état d'esprit pour (qu'il s'agisse de motards ou tout autre regroupement passionnel, culturel, social ou politique).

Chacun ses plaisirs et celui de se sentir en sécurité comme de partager une même passion au sien d'un groupe, d'une tribu ou d'une communauté, est une aspiration bien humaine. Ce n'est simplement pas la mienne mais je peux comprendre.

Il faut simplement avoir conscience que le bruit de plusieurs motos ensemble est démultiplié par autant d'unités présentes (leur bruit "ne se recouvrent pas" mutuellement). Sans parler du "supplice auditif" qui dure plus longtemps pour ceux qui n'apprécient pas lorsque "le troupeau" est délié en une longue file.

Le savoir vivre veut donc qu'il faille rouler au ralenti en milieu urbain ou habité pour déranger le moins possible (j'ai remarqué que dans les rassemblements bien organisés, la consigne parait être donnée et respectée).

Auprès de ceux qui ne partage pas notre passion, soyons attentif à ne pas donner une image négative de nous. Restons de gentils et respectueux motards !


Jack

09 février 2025

Justice dysfonctionnelle

Avec l’enseignement, la justice est l’un des piliers majeurs d’une nation, d’une civilisation.
Pour l’enseignement je ne sais pas trop, mais pour la justice et en tant que juriste, je puis vous affirmer qu’elle ne fonctionne pas correctement.

Et pourtant les fondements de notre droit sont excellents et nous avons l’un des meilleurs système judiciaire au monde .. en théorie !
Car côté pratique, entre le manque de moyens, l’inflation législative tous azimuts avec des textes bâclés et parfois contradictoires, le manque de magistrats et la toute puissance que ces derniers se sont octroyés depuis quelques décennies (se rajoutant à leur sacrosainte irresponsabilité), on ne sait plus « où est le droit ».

Au fil de ces trente dernières années, nous avons réellement régressé, au point que les professeurs de droit n’hésitaient pas, déjà dans la fin des années 90, à parler « d’insécurité juridique ». Alors comment peut-on envisager la sécurité tout court ?

Une grande majorité de la population ne voit que « le pénal », et pour cause, c’est le pan du droit le plus médiatisé (la peur, la violence, le glauque, le côté obscure de l'humain, rien de tel pour attirer les foules). Mais là où les médias ne mettent que rarement leur nez (sauf quand quelques politiques sont mouillés), les dysfonctionnements sont bien plus nombreux, profonds et insidieux. Ceux qui apparaissent au pénal, n’en sont qu’une résultante.

Je reviens souvent sur les dysfonctionnements de notre justice dans mon blog consacré au droit, car j’ai beaucoup à dire sur les maladies qui rongent notre justice et quelques pistes pour qu’elle retrouve une meilleure santé.

Pour l’heure et pour faire court, je suis un déçu de la pratique judiciaire dans notre pays (comme nombre d’entre vous, je pense), mais reste un fervent admiratif de sa théorie.

Je constate malheureusement qu’au lieu de nous en rapprocher, nous nous éloignons de plus en plus des grands principes et idéaux fondateurs du droit, l’économie ayant vraiment pris le pas sur tout.

Dans les sphères du droit, la majorité des professionnels placent maintenant l’économie avant la justice, mesurent le temps à consacrer à un dossier ainsi que ses enjeux financiers, et non au nombre de règles de droit qu’il pourrait soulever ainsi que leur application objective. On se demandent plus “qui doit payer”, mais “qui peut payer”.

Les principes de « rentabilité » et de « productivité » de notre système économique, ont atteint notre système judiciaire.

… Et je n'aborde même pas le problème de la « politisation des juges » ! S'il est normal d'avoir des convictions politiques, quelle que soit la profession exercée, s'il y en a bien une où elles doivent être le plus mises de côté au profit de l'objectivité, c'est bien celle du juge. S'il n'y parvient pas de lui-même, alors des mécanismes de contrôle doivent être mis en place, pouvant aller des commissions indépendantes aux systèmes de notation et de responsabilisation de la profession.

En conclusion, il y a de plus en plus consensus pour constater que notre système judiciaire dysfonctionne. Les dégâts sont déjà considérables et trop de citoyens ont maintenant perdu confiance en lui, ce qui est le début de la fin d'un État de droit.

Il est donc urgent que nos instances législatives et gouvernementales prennent le problème à bras le corps.

Notre meilleur niveau d'intervention est bien sûr celui des urnes. Nous devons donc impérativement engager nos futurs dirigeants, quels qu’ils soient, à chacune des élections qui se présentera, à faire de ce thème l’un des piliers central de leurs propositions, tout comme le sont ceux de la sécurité et de l’enseignement. 


@+
Jack

02 janvier 2025

Que 2025 soit celle du rétablissement de la vérité

Bonne année à vous qui me lisez, souvent, de temps en temps ou par hasard. Bonne année à tout le monde, à notre monde, qui admettons-le, semble être en train de traverser un gué dangereux.

Alors adressons tous nos meilleurs vœux, si ce n’est encore au devenir de l’humanité, au maintien de notre cadre de vie actuel (et donc de notre économie) et de la bonne santé, la nôtre bien sûr, mais aussi celle de notre démocratie (et donc de nos libertés individuelles fondamentales, ce qui je le rappelle en marge, n’est pas quelque chose d’immuable et de définitivement acquis).

Il y a 4 ans ces phrases auraient été perçus exagérément alarmistes, voire carrément déplacées. Aujourd’hui elles me paraissent de circonstance, en ces temps où la guerre rode autour des frontières de l’Europe, où les passions irraisonnées et la violence qu’elles engendrent s’exacerbent tous azimuts, où le débat d’idées devient impossible, où l’on ne sait plus trop où est la vérité.

Mais QU'EST-CE QUE LA "VÉRITÉ" ? En complément de cette réflexion, je vous en propose une autre sur le lien qu’il y a entre ce que nous croyons et ce qui est vrai, entre l’objectif et le subjectif, entre nos opinions et LA vérité des faits (non pas « les vérités »).

Lorsque l’on a un avis, surtout s’il est tranché et affirmé, il me parait essentiel d’essayer de comprendre pourquoi il n’est pas partagé, d’écouter les points de vue contraires et de faire l’effort de se mettre à la place de nos contradicteurs, de se demander pourquoi ils ne pensent pas comme nous, d’envisager que nous puissions nous tromper.

Une opinion non argumentée est une croyance. Toute argumentation a sa contre-argumentation et ce n’est qu’après les avoir confrontées que l’on peut s’enquérir de la véracité de ce que nous pensons, être persuadé que notre opinion n’est pas qu’une croyance.

Comme je l’écrivais dans mon billet précédent (21 Mars 2022), tout débat, tout échange, toute argumentation plausible, n'est possible qu'à partir d'une réalité partagée des faits. Cela me parait être la base de toute réflexion, de toute discussion.

Or nous sommes dans un monde de « réalités alternatives » où celles-ci « s'arrangent » trop souvent avec ce que nous voulons croire et non pas ce qu'il faut croire, avec une confusion entre ce qu'est une opinion, subjective par essence (proche des aspirations, des gouts et préférences de couleurs), et un fait qui se doit d’être objectif (prouvé, démontré, non interprétable).

Illustration avec pour fond la guerre Russo-Ukrainienne où les faits sont contestés malgré les évidences :

Est une opinion de dire qu’une dictature est préférable à une démocratie, qu’un pouvoir fort et peu partagé est gage de sécurité et que celle-ci mérite bien quelques privations de libertés, dont celle de dire ce que l’on pense. Une pensée commune dictée par le pouvoir central est garante de l’ordre établi, alors que la diversité d’opinions est le prélude au désordre (et non à la créativité).

Même si je pense bien évidemment le contraire, si je crois que nombre d’exemples dans l’histoire et dans le monde me donnent raison, je dois aussi admettre qu’il existe également des contre-exemples. Il y eut des rois ou des dictateurs qui ont rendu leur peuple heureux pendant un certain temps, alors que des systèmes démocratiques (ils ne sont jamais parfaits et ont aussi leurs travers) ont conduit leurs citoyens à la pauvreté, ce qui a bien sûr fait éclater ladite démocratie. Quoiqu’il en soit, tout système politique se discute et mérite d’être débattu.

A contrario est un fait que l’Allemagne sous la direction d’Hitler a attaqué la Tchécoslovaquie, après l’Autriche, sous prétexte de venir en aide aux minorités d'origine Allemande, puis la Pologne déclenchant ainsi la 2ème guerre mondiale.

Est un fait que la Russie sous la direction de Poutine a dépêché ses soldats en Crimée, après le Donbass, toujours au prétexte de libérer des minorités prétendument opprimées (russophones en l'espèce, ce qui ne signifie pas « russophiles », rien n'ayant démontré qu'ils étaient tous prorusses), puis attaqué l’Ukraine le 24 Février 2022, un pays aux frontières internationalement reconnues, y compris par la Russie elle-même, de surcroit membre permanent de l’ONU (ébréchant de fait la crédibilité à cette organisation aux buts initiaux pourtant nobles).

Est une contre-vérité de faire croire que cette guerre était préventive en raison d’une prétendue préparation de l’OTAN à attaquer la Russie. Outre qu’aucune preuve n’existe, la nature même de cette organisation défensive et la pluralité des nations qui la composent, démontrent que cette affirmation n’a pas le moindre fondement (alors que Poutine est seul à décider pour son pays).

Était une contre-vérité d’avoir voulu faire croire que les Ukrainiens étaient sous le joug de dirigeants nazis à Kiev. Cette justification absurde n’ayant pas fait illusion longtemps, il a bien fallu la remplacer par la précédente, plus plausible pour les russes n’ayant que la propagande comme source d’information.

A l’évidence Poutine et la poignée de nostalgiques de l’ancien monde qui l’accompagnent, ont voulu reprendre le contrôle de l’Ukraine perdue suite aux conséquences de la révolution orange, expression de la volonté de tout un peuple de se libérer de Moscou, d’entrer enfin dans la démocratie, de se rapprocher de l’Europe et ses valeurs.

L’objectif du Kremlin ? Pure paranoïa d’un esprit formaté par la guerre-froide d’une Russie « tant convoitée par le reste du monde », reconstitution territoriale de « la grande Russie des tsars » ou de l’URSS ? Délire d’un mégalomane ? Au final et quelles qu’en soient les raisons, c’est une guerre de conquête territoriale, … à une époque où le monde entier croyait que cela faisait partie de l’histoire, d’un passé définitivement révolu.

Si la propagande n’a toujours pas contaminé l’ensemble de la population Russe, force est de constater qu’au-delà des résignés qui n’ont d’autre choix que de se taire (prison pour toute personne osant émettre une opinion contraire à la doxa imposée par le Kremlin), le nombre de zombies savamment manipulés augmente. Ce n’est pas bon pour les Ukrainiens, ce n’est pas bon pour les Russes eux-mêmes, ce n’est pas bon pour le monde entier.

Alors, en la circonstance et à l’occasion de la nouvelle année, je formule le vœu :

  • Que le peuple Russe ouvre les yeux et libère son libre arbitre en renversant le pouvoir en place (comme le peuple Ukrainien a eu le courage de le faire),
  • Que les Ukrainiens pour qui le terme « démocratie » a encore tout son sens (au contraire de nombre de nos concitoyens), trouvent enfin la paix, non pas aux conditions de Poutine, mais bien aux leurs,
  • Qu’en dépit de ce qui semble se profiler, que l’Ukraine injustement attaquée et meurtrie, finisse un jour par retrouver ses frontières avec l’aide des Européens, à défaut des Américains, et se reconstruise également avec l’aide de l’occident … aux frais de la Russie seule responsable,
  • Que les criminels et coupable d’un tel désastre humain et matériel, soient poursuivis et condamnés aux réparations.

Que 2025 soit l’année du rétablissement des faits et de la vérité, en prélude à la suivante qui devait être le rétablissement de la justice internationale, qui quoiqu’en pensent les détracteurs du mondialisme, existaient avant cette guerre injuste et tous les désordres mondiaux qu’elle a indirectement engendrés et qu'elle continue de générer.

J’ose y croire, car « si le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté » (Alain).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.