02 janvier 2025

Que 2025 soit celle du rétablissement de la vérité

Bonne année à vous qui me lisez, souvent, de temps en temps ou par hasard. Bonne année à tout le monde, à notre monde, qui admettons-le, semble être en train de traverser un gué dangereux.

Alors adressons tous nos meilleurs vœux, si ce n’est encore au devenir de l’humanité, au maintien de notre cadre de vie actuel (et donc de notre économie) et de la bonne santé, la nôtre bien sûr, mais aussi celle de notre démocratie (et donc de nos libertés individuelles fondamentales, ce qui je le rappelle en marge, n’est pas quelque chose d’immuable et de définitivement acquis).

Il y a 4 ans ces phrases auraient été perçus exagérément alarmistes, voire carrément déplacées. Aujourd’hui elles me paraissent de circonstance, en ces temps où la guerre rode autour des frontières de l’Europe, où les passions irraisonnées et la violence qu’elles engendrent s’exacerbent tous azimuts, où le débat d’idées devient impossible, où l’on ne sait plus trop où est la vérité.

Mais QU'EST-CE QUE LA "VÉRITÉ" ? En complément de cette réflexion, je vous en propose une autre sur le lien qu’il y a entre ce que nous croyons et ce qui est vrai, entre l’objectif et le subjectif, entre nos opinions et LA vérité des faits (non pas « les vérités »).

Lorsque l’on a un avis, surtout s’il est tranché et affirmé, il me parait essentiel d’essayer de comprendre pourquoi il n’est pas partagé, d’écouter les points de vue contraires et de faire l’effort de se mettre à la place de nos contradicteurs, de se demander pourquoi ils ne pensent pas comme nous, d’envisager que nous puissions nous tromper.

Une opinion non argumentée est une croyance. Toute argumentation a sa contre-argumentation et ce n’est qu’après les avoir confrontées que l’on peut s’enquérir de la véracité de ce que nous pensons, être persuadé que notre opinion n’est pas qu’une croyance.

Comme je l’écrivais dans mon billet précédent (21 Mars 2022), tout débat, tout échange, toute argumentation plausible, n'est possible qu'à partir d'une réalité partagée des faits. Cela me parait être la base de toute réflexion, de toute discussion.

Or nous sommes dans un monde de « réalités alternatives » où celles-ci « s'arrangent » trop souvent avec ce que nous voulons croire et non pas ce qu'il faut croire, avec une confusion entre ce qu'est une opinion, subjective par essence (proche des aspirations, des gouts et préférences de couleurs), et un fait qui se doit d’être objectif (prouvé, démontré, non interprétable).

Illustration avec pour fond la guerre Russo-Ukrainienne où les faits sont contestés malgré les évidences :

Est une opinion de dire qu’une dictature est préférable à une démocratie, qu’un pouvoir fort et peu partagé est gage de sécurité et que celle-ci mérite bien quelques privations de libertés, dont celle de dire ce que l’on pense. Une pensée commune dictée par le pouvoir central est garante de l’ordre établi, alors que la diversité d’opinions est le prélude au désordre (et non à la créativité).

Même si je pense bien évidemment le contraire, si je crois que nombre d’exemples dans l’histoire et dans le monde me donnent raison, je dois aussi admettre qu’il existe également des contre-exemples. Il y eut des rois ou des dictateurs qui ont rendu leur peuple heureux pendant un certain temps, alors que des systèmes démocratiques (ils ne sont jamais parfaits et ont aussi leurs travers) ont conduit leurs citoyens à la pauvreté, ce qui a bien sûr fait éclater ladite démocratie. Quoiqu’il en soit, tout système politique se discute et mérite d’être débattu.

A contrario est un fait que l’Allemagne sous la direction d’Hitler a attaqué la Tchécoslovaquie, après l’Autriche, sous prétexte de venir en aide aux minorités d'origine Allemande, puis la Pologne déclenchant ainsi la 2ème guerre mondiale.

Est un fait que la Russie sous la direction de Poutine a dépêché ses soldats en Crimée, après le Donbass, toujours au prétexte de libérer des minorités prétendument opprimées (russophones en l'espèce, ce qui ne signifie pas « russophiles », rien n'ayant démontré qu'ils étaient tous prorusses), puis attaqué l’Ukraine le 24 Février 2022, un pays aux frontières internationalement reconnues, y compris par la Russie elle-même, de surcroit membre permanent de l’ONU (ébréchant de fait la crédibilité à cette organisation aux buts initiaux pourtant nobles).

Est une contre-vérité de faire croire que cette guerre était préventive en raison d’une prétendue préparation de l’OTAN à attaquer la Russie. Outre qu’aucune preuve n’existe, la nature même de cette organisation défensive et la pluralité des nations qui la composent, démontrent que cette affirmation n’a pas le moindre fondement (alors que Poutine est seul à décider pour son pays).

Était une contre-vérité d’avoir voulu faire croire que les Ukrainiens étaient sous le joug de dirigeants nazis à Kiev. Cette justification absurde n’ayant pas fait illusion longtemps, il a bien fallu la remplacer par la précédente, plus plausible pour les russes n’ayant que la propagande comme source d’information.

A l’évidence Poutine et la poignée de nostalgiques de l’ancien monde qui l’accompagnent, ont voulu reprendre le contrôle de l’Ukraine perdue suite aux conséquences de la révolution orange, expression de la volonté de tout un peuple de se libérer de Moscou, d’entrer enfin dans la démocratie, de se rapprocher de l’Europe et ses valeurs.

L’objectif du Kremlin ? Pure paranoïa d’un esprit formaté par la guerre-froide d’une Russie « tant convoitée par le reste du monde », reconstitution territoriale de « la grande Russie des tsars » ou de l’URSS ? Délire d’un mégalomane ? Au final et quelles qu’en soient les raisons, c’est une guerre de conquête territoriale, … à une époque où le monde entier croyait que cela faisait partie de l’histoire, d’un passé définitivement révolu.

Si la propagande n’a toujours pas contaminé l’ensemble de la population Russe, force est de constater qu’au-delà des résignés qui n’ont d’autre choix que de se taire (prison pour toute personne osant émettre une opinion contraire à la doxa imposée par le Kremlin), le nombre de zombies savamment manipulés augmente. Ce n’est pas bon pour les Ukrainiens, ce n’est pas bon pour les Russes eux-mêmes, ce n’est pas bon pour le monde entier.

Alors, en la circonstance et à l’occasion de la nouvelle année, je formule le vœu :

  • Que le peuple Russe ouvre les yeux et libère son libre arbitre en renversant le pouvoir en place (comme le peuple Ukrainien a eu le courage de le faire),
  • Que les Ukrainiens pour qui le terme « démocratie » a encore tout son sens (au contraire de nombre de nos concitoyens), trouvent enfin la paix, non pas aux conditions de Poutine, mais bien aux leurs,
  • Qu’en dépit de ce qui semble se profiler, que l’Ukraine injustement attaquée et meurtrie, finisse un jour par retrouver ses frontières avec l’aide des Européens, à défaut des Américains, et se reconstruise également avec l’aide de l’occident … aux frais de la Russie seule responsable,
  • Que les criminels et coupable d’un tel désastre humain et matériel, soient poursuivis et condamnés aux réparations.

Que 2025 soit l’année du rétablissement des faits et de la vérité, en prélude à la suivante qui devait être le rétablissement de la justice internationale, qui quoiqu’en pensent les détracteurs du mondialisme, existaient avant cette guerre injuste et tous les désordres mondiaux qu’elle a indirectement engendrés et qu'elle continue de générer.

J’ose y croire, car « si le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté » (Alain).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.