26 mai 2009

Démocratie en danger - la série des lois en "i" comme dans interdit

Lisez donc :

Après la Dadvsi et Hadopi, bientôt la Loppsi 2

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/18/apres-la-dadvsi-et-hadopi-bientot-la-loppsi-2_1187141_651865.html

Extrait :

La loi Hadopi est donc - avec quelques houleux retards à l'allumage - finalement votée. Avec la loi Dadvsi de 2006 sur le droit d'auteur, qui avait également provoqué un tollé, voici que se profile Loppsi, élargissant encore le champ sécuritaire lié aux nouvelles technologies. Mis bout à bout, ces trois éléments forment le véritable arsenal de la "cybersécurité", promue priorité par Nicolas Sarkozy.

ET

La loi Loppsi veut renforcer la lutte contre la pédopornographie... et le contrôle d'Internet

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-loi-loppsi-veut-renforcer-la-lutte-contre-la-pedopornographie-et-le-controle-d-internet-28611.html

Extrait :

Pour Jean-Michel Planche, il s'agit d'un « enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet »
Une perspective qui inquiète Jean-Michel Planche, le PDG de Witbe qui siège à la CCRSCE (Commission consultative des réseaux et services de communications électroniques). C'est en tant que membre de cet organisme qu'il a été consulté par le ministère de l'Intérieur, le 27 avril, sur le projet Loppsi... et qu'il n'a pas manqué de dire tout le mal qu'il pense des mesures prévues par la loi, et qu'il nous détaille dans une interview avec LeMondeInformatique.fr. Selon lui, cette nouvelle « usine à gaz » qu'est la Loppsi se montrera non seulement incapable d'atteindre le but que le législateur entend lui conférer, mais contribuera surtout à « l'enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet ». En instaurant un filtrage des contenus au niveau des FAI, « on aura placé une technique d'écoute systématique et de reroutage, à l'insu de notre plein gré, contrôlable par un tiers extérieur au coeur de tous nos échanges numériques ». Pour lui, le gouvernement français nous prépare « un Internet chinois ».

 

Les premières (Dadvsi et Hadopi) on les a voulues, on les a votées, on les a !

Non ? ... les députés que nous élisons ne nous représenteraient-ils pas, ne parleraient-ils pas en notre nom ?

La troisième (sans doute comme celles qui suivront) ... on finira par l'avoir aussi.

Pour ceux et celles qui ne veulent pas lire l'interview (explications du pourquoi/comment), ou n'ont que trop peu de notions informatiques comme sur le fonctionnement d'Internet, cela veut dire :

- que cette loi laisse de grands blancs à remplir aux soins et la à la discrétion du gouvernement

- que votre navigation sera bridée et votre courrier filtré 

- MAIS que tout cet arsenal mis en place n'empêchera nullement la cybercriminalité d'œuvrer (comme de s'introduire dans votre PC)

Résultat : une surveillance du réseau Internet à la Chinoise (ou autres dictatures) touchant l'internaute moyen sans aucun effet sur les spécialistes (hackers gentils ou méchants). Pour simplifier : vous ne pourrez pas voir ou échanger ce que vous voulez mais on pourra vous montrer ce que vous ne voulez pas voir (à l'extrême, sur un pc infecté, vos enfants aurons soudainement accès sans le vouloir à des sites pornos ou extrémistes). Vous pourriez même risquer de vous mettre "hors la loi" sans le vouloir.

Comme le dit Jean-Michel Planche, "Il ne faut pas que le contrôle incombe à l'Administration mais à l'utilisateur".

Cela me semble découler du bon sens. Mais non, au lieu de faire évoluer l'internaute (formation, information) et lui donner des outils de protection, on le traite comme un enfant que l'on surveille et "éduque" à coups d'interdictions et de sanctions, tel un total irresponsable (idem sur la route).

"L'Etat nous protège, réfléchit pour nous, sait mieux que nous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !". Voici comment semble penser la majorité du peuple Français.

Et puisque nous l'avons voulu et que nous l'avons cette "dérive de pensée",

... et bien on finira bien par l'avoir cette "dérive politique" (en douceur pour l'instant, comme toujours dans l'histoire), qui fait qu'un pays passe de la démocratie à la dictature.

Certes nous en sommes encore loin mais vu le nombre de lois "qui passent en force", sans aucune véritable opposition, dans ce domaine comme dans bien d'autres souvent passés sous silence, je me demande vraiment si nous n'en prenons pas le chemin. 

Vous seriez surpris du nombre actuel de projets de loi qui écartent de plus en plus l'intervention du juge (quand elles ne visent pas directement la liberté d'expression et la presse). Dernier projet en date : confiscation et vente du véhicule au profit de l'Etat pour infraction grave au code de la route, dont excès de vitesse supérieur à 50 Km/h (sur certains véhicules et en conditions de sécurité, c'est très vite atteint), mais surtout et encore une fois, sans l'intervention du juge (il avait pourtant déjà la possibilité d'ordonner la saisie pour certaines infractions d'une gravité exceptionnelle, mais on veut lui retirer cette prérogative au profit de l'administration).

La liberté est un ingrédient limité et non extensible. Plus les "gouvernants" en prennent, moins les "gouvernés" en ont.

Démocratie en danger ?

Oui, quand le grand principe républicain de la "séparation des pouvoirs" entre la justice et l'Etat devient plus théorique que réel.

Oui, dés que l'on commence à écarter le juge dans les interventions administratives touchant nos libertés individuelles et notre droit à la propriété (pourtant légalement et constitutionnellement garanties ... en théorie).

Oui, dés que l'on commence à faire pression sur la liberté de la presse, que l'on porte atteinte à la liberté d'expression, que l'on cherche à contrôler la circulation de l'information ... encore et toujours sous de faux prétextes sécuritaires, "pour votre bien", pour vous protéger des autres et, comme on l'entend de plus en plus souvent, ... de vous-même ("je te prive de liberté mais c'est pour ton bien").

 

@+

Jack 

 

11 mai 2009

Conseils financiers : méfiance

A la question “où et comment placer son épargne”, j'ai bien quelques idées mais comme tout le monde en ce moment, j'ai beaucoup plus d'incertitudes. De plus mes "quelques idées" sont bien trop techniques et spécifiques (pour ne pas dire "spéculatives") pour qui n'est pas à longueur de journée immergé dans ce bouillon de culture financière … qui ne passionne que les "joueurs impénitents" comme moi.
 
Mais pour le néophyte, j'ai un conseil financier à donner : méfiez vous des conseils financiers !
C'est valable depuis tous temps (et je n'ai eu de cesse de le répéter) mais en ces temps d'intenses "manipulations", c'est encore plus vrai.
Je viens de lire une bonne synthèse pour expliquer, logiquement et techniquement, pourquoi les offres du "conseiller financier" de votre banque sont à écouter avec la plus grande suspicion. D'accord, vous vous en doutiez bien un peu (les banques ne sont pas des organismes de bienfaisance), mais comment ça marche ?
 
Certains pensent que la banque gagnera (ou perdra) en proportion de ce que vous gagnerez (ou perdrez) sur le placement qu'elle vous aura proposé. Que votre intérêt est commun. Pas du tout !
 
D'abord parce que ce n'est pas forcément dans les produits proposés qu'elle place "ses billes" (seulement les vôtres), ensuite parce que ses commissions sont assises sur ce que vous placez ou retirez (frais de gestion, d'entrée, d'apports et d'arbitrages) et non sur la rentabilité du produit (même s'il existe quelques exceptions, son risque de taux est sans commune mesure avec votre risque en capital), mais encore et surtout pour les raisons simples à comprendre qui suivent.
 
Pour le reste, n'attendez pas une piste pour trouver le meilleur placement, mais une indication pour éviter les mauvais ! 
En la matière, on ne peut envisager de saisir les opportunités qu'après avoir sérieusement envisagé les pièges, les premières étant bien sûr plus rares que les seconds.
 
 
@+

Jack
bourso-cyber dépendant

Extraits de ”MEFIEZ-VOUS DES CONSEILLERS FINANCIERS INTERESSES”Par Frédéric Laurent (*)
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L'investissement de votre épargne, objet de sacrifices de toute une vie de travail, mérite bien un minimum de temps. Quel que soit l'investissement que vous choisirez -- un contrat d'assurance vie, un portefeuille de titres, un investissement dans l'immobilier locatif --, il faut surtout qu'il réponde précisément à vos besoins. A qui donc se fier ?
L'ambiguïté de la rémunération du conseiller
De trop nombreux abus sont constatés avec les prétendus bons conseils, prodigués par les vautours de la profession. En cause : leur mode de rémunération.

Pourtant, dans les pays anglo-saxons, presque tous les conseillers financiers sont payés sur la base d'honoraires. C'est le même principe que pour les avocats : les honoraires sont facturés au temps passé.
Ce mode de rémunération, pourtant logique, n'arrive pas à percer dans l'Hexagone. Chez nous, les conseillers, qui doivent vivre de leurs prescriptions, ont trouvé un autre système : ils se rémunèrent sur des commissions provenant des produits souscrits. Du coup, on se doute que le conseil n'est plus forcément donné avec toute l'objectivité souhaitée.
Pire, les commissions elles-mêmes font souvent preuve d'opacité. Cela aboutit pour les clients à des ventes forcées, à des recommandations inadaptées.
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Des conseils pour le profit... des conseillers
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L'objectif de la direction : faire rentrer du contrat, que ce soit un contrat d'assurance vie, un PEA, un livret épargne, un Livret A ces derniers mois, un crédit à la consommation... Bref, tout ce qui se vend et qui rapporte à la banque, avant de vous rapporter à vous.
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Un système de commissions pousse-au-crime
Dans presque toutes les banques françaises, les conseillers de clientèle reçoivent des commissions. Avec pour principale logique, l'intérêt... de la banque. Ainsi, le conseiller va percevoir neuf euros pour 15 000 euros placés en fonds actions sur un contrat d'assurance vie, alors qu'il ne touchera que 0,90 euros pour placer la même somme en fonds en euros.

Pis, cette commission est récurrente, c'est-à-dire que la banque va toucher une commission pour chaque année de vie du contrat. Cette commission est beaucoup plus importante sur les fonds en actions.
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En l'absence de formation spécialisée, ils vont avant tout chercher à répondre aux objectifs fixés par leur hiérarchie et... à conserver leur place en ces temps difficiles.
Repérez les mauvais signes
Soyez encore plus prudent que par le passé, car les banques doivent maintenant regagner de l'argent, c'est une question de survie. Un air hautain, surtout chez un jeune conseiller de 23 ans, est souvent signe d'inexpérience. Un argumentaire avec un phrasé mécanique peut cacher l'incompétence.

Prenez garde le jour où votre conseiller vous appelle pour vous proposer le "meilleur placement, sans risques". Il s'agit souvent de terminer un stock de produits financiers ou de vous passer une "patate chaude".
Malheureusement, trop souvent, les conseillers sont là uniquement pour placer le produit le mieux commissionné. Si vous avez le sentiment que c'est le cas, demandez à bénéficier des services de la banque privée de votre établissement (généralement réservés aux gros patrimoines).
Enfin, suivez régulièrement l'évolution des propositions que vous suggère votre interlocuteur, car un patrimoine se gère sur le long terme et la diversification est le garant de sa protection.
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent,
Pour la Chronique Agora