Lisez donc :
Après la Dadvsi et Hadopi, bientôt la Loppsi 2
Extrait :
La loi Hadopi est donc - avec quelques houleux retards à l'allumage - finalement votée. Avec la loi Dadvsi de 2006 sur le droit d'auteur, qui avait également provoqué un tollé, voici que se profile Loppsi, élargissant encore le champ sécuritaire lié aux nouvelles technologies. Mis bout à bout, ces trois éléments forment le véritable arsenal de la "cybersécurité", promue priorité par Nicolas Sarkozy.
ET
La loi Loppsi veut renforcer la lutte contre la pédopornographie... et le contrôle d'Internet
Extrait :
Pour Jean-Michel Planche, il s'agit d'un « enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet »
Une perspective qui inquiète Jean-Michel Planche, le PDG de Witbe qui siège à la CCRSCE (Commission consultative des réseaux et services de communications électroniques). C'est en tant que membre de cet organisme qu'il a été consulté par le ministère de l'Intérieur, le 27 avril, sur le projet Loppsi... et qu'il n'a pas manqué de dire tout le mal qu'il pense des mesures prévues par la loi, et qu'il nous détaille dans une interview avec LeMondeInformatique.fr. Selon lui, cette nouvelle « usine à gaz » qu'est la Loppsi se montrera non seulement incapable d'atteindre le but que le législateur entend lui conférer, mais contribuera surtout à « l'enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet ». En instaurant un filtrage des contenus au niveau des FAI, « on aura placé une technique d'écoute systématique et de reroutage, à l'insu de notre plein gré, contrôlable par un tiers extérieur au coeur de tous nos échanges numériques ». Pour lui, le gouvernement français nous prépare « un Internet chinois ».
Les premières (Dadvsi et Hadopi) on les a voulues, on les a votées, on les a !
Non ? ... les députés que nous élisons ne nous représenteraient-ils pas, ne parleraient-ils pas en notre nom ?
La troisième (sans doute comme celles qui suivront) ... on finira par l'avoir aussi.
Pour ceux et celles qui ne veulent pas lire l'interview (explications du pourquoi/comment), ou n'ont que trop peu de notions informatiques comme sur le fonctionnement d'Internet, cela veut dire :
- que cette loi laisse de grands blancs à remplir aux soins et la à la discrétion du gouvernement
- que votre navigation sera bridée et votre courrier filtré
- MAIS que tout cet arsenal mis en place n'empêchera nullement la cybercriminalité d'œuvrer (comme de s'introduire dans votre PC)
Résultat : une surveillance du réseau Internet à la Chinoise (ou autres dictatures) touchant l'internaute moyen sans aucun effet sur les spécialistes (hackers gentils ou méchants). Pour simplifier : vous ne pourrez pas voir ou échanger ce que vous voulez mais on pourra vous montrer ce que vous ne voulez pas voir (à l'extrême, sur un pc infecté, vos enfants aurons soudainement accès sans le vouloir à des sites pornos ou extrémistes). Vous pourriez même risquer de vous mettre "hors la loi" sans le vouloir.
Comme le dit Jean-Michel Planche, "Il ne faut pas que le contrôle incombe à l'Administration mais à l'utilisateur".
Cela me semble découler du bon sens. Mais non, au lieu de faire évoluer l'internaute (formation, information) et lui donner des outils de protection, on le traite comme un enfant que l'on surveille et "éduque" à coups d'interdictions et de sanctions, tel un total irresponsable (idem sur la route).
"L'Etat nous protège, réfléchit pour nous, sait mieux que nous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !". Voici comment semble penser la majorité du peuple Français.
Et puisque nous l'avons voulu et que nous l'avons cette "dérive de pensée",
... et bien on finira bien par l'avoir cette "dérive politique" (en douceur pour l'instant, comme toujours dans l'histoire), qui fait qu'un pays passe de la démocratie à la dictature.
Certes nous en sommes encore loin mais vu le nombre de lois "qui passent en force", sans aucune véritable opposition, dans ce domaine comme dans bien d'autres souvent passés sous silence, je me demande vraiment si nous n'en prenons pas le chemin.
Vous seriez surpris du nombre actuel de projets de loi qui écartent de plus en plus l'intervention du juge (quand elles ne visent pas directement la liberté d'expression et la presse). Dernier projet en date : confiscation et vente du véhicule au profit de l'Etat pour infraction grave au code de la route, dont excès de vitesse supérieur à 50 Km/h (sur certains véhicules et en conditions de sécurité, c'est très vite atteint), mais surtout et encore une fois, sans l'intervention du juge (il avait pourtant déjà la possibilité d'ordonner la saisie pour certaines infractions d'une gravité exceptionnelle, mais on veut lui retirer cette prérogative au profit de l'administration).
La liberté est un ingrédient limité et non extensible. Plus les "gouvernants" en prennent, moins les "gouvernés" en ont.
Démocratie en danger ?
Oui, quand le grand principe républicain de la "séparation des pouvoirs" entre la justice et l'Etat devient plus théorique que réel.
Oui, dés que l'on commence à écarter le juge dans les interventions administratives touchant nos libertés individuelles et notre droit à la propriété (pourtant légalement et constitutionnellement garanties ... en théorie).
Oui, dés que l'on commence à faire pression sur la liberté de la presse, que l'on porte atteinte à la liberté d'expression, que l'on cherche à contrôler la circulation de l'information ... encore et toujours sous de faux prétextes sécuritaires, "pour votre bien", pour vous protéger des autres et, comme on l'entend de plus en plus souvent, ... de vous-même ("je te prive de liberté mais c'est pour ton bien").
@+
Jack