11 mai 2009

Conseils financiers : méfiance

A la question “où et comment placer son épargne”, j'ai bien quelques idées mais comme tout le monde en ce moment, j'ai beaucoup plus d'incertitudes. De plus mes "quelques idées" sont bien trop techniques et spécifiques (pour ne pas dire "spéculatives") pour qui n'est pas à longueur de journée immergé dans ce bouillon de culture financière … qui ne passionne que les "joueurs impénitents" comme moi.
 
Mais pour le néophyte, j'ai un conseil financier à donner : méfiez vous des conseils financiers !
C'est valable depuis tous temps (et je n'ai eu de cesse de le répéter) mais en ces temps d'intenses "manipulations", c'est encore plus vrai.
Je viens de lire une bonne synthèse pour expliquer, logiquement et techniquement, pourquoi les offres du "conseiller financier" de votre banque sont à écouter avec la plus grande suspicion. D'accord, vous vous en doutiez bien un peu (les banques ne sont pas des organismes de bienfaisance), mais comment ça marche ?
 
Certains pensent que la banque gagnera (ou perdra) en proportion de ce que vous gagnerez (ou perdrez) sur le placement qu'elle vous aura proposé. Que votre intérêt est commun. Pas du tout !
 
D'abord parce que ce n'est pas forcément dans les produits proposés qu'elle place "ses billes" (seulement les vôtres), ensuite parce que ses commissions sont assises sur ce que vous placez ou retirez (frais de gestion, d'entrée, d'apports et d'arbitrages) et non sur la rentabilité du produit (même s'il existe quelques exceptions, son risque de taux est sans commune mesure avec votre risque en capital), mais encore et surtout pour les raisons simples à comprendre qui suivent.
 
Pour le reste, n'attendez pas une piste pour trouver le meilleur placement, mais une indication pour éviter les mauvais ! 
En la matière, on ne peut envisager de saisir les opportunités qu'après avoir sérieusement envisagé les pièges, les premières étant bien sûr plus rares que les seconds.
 
 
@+

Jack
bourso-cyber dépendant

Extraits de ”MEFIEZ-VOUS DES CONSEILLERS FINANCIERS INTERESSES”Par Frédéric Laurent (*)
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L'investissement de votre épargne, objet de sacrifices de toute une vie de travail, mérite bien un minimum de temps. Quel que soit l'investissement que vous choisirez -- un contrat d'assurance vie, un portefeuille de titres, un investissement dans l'immobilier locatif --, il faut surtout qu'il réponde précisément à vos besoins. A qui donc se fier ?
L'ambiguïté de la rémunération du conseiller
De trop nombreux abus sont constatés avec les prétendus bons conseils, prodigués par les vautours de la profession. En cause : leur mode de rémunération.

Pourtant, dans les pays anglo-saxons, presque tous les conseillers financiers sont payés sur la base d'honoraires. C'est le même principe que pour les avocats : les honoraires sont facturés au temps passé.
Ce mode de rémunération, pourtant logique, n'arrive pas à percer dans l'Hexagone. Chez nous, les conseillers, qui doivent vivre de leurs prescriptions, ont trouvé un autre système : ils se rémunèrent sur des commissions provenant des produits souscrits. Du coup, on se doute que le conseil n'est plus forcément donné avec toute l'objectivité souhaitée.
Pire, les commissions elles-mêmes font souvent preuve d'opacité. Cela aboutit pour les clients à des ventes forcées, à des recommandations inadaptées.
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Des conseils pour le profit... des conseillers
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L'objectif de la direction : faire rentrer du contrat, que ce soit un contrat d'assurance vie, un PEA, un livret épargne, un Livret A ces derniers mois, un crédit à la consommation... Bref, tout ce qui se vend et qui rapporte à la banque, avant de vous rapporter à vous.
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Un système de commissions pousse-au-crime
Dans presque toutes les banques françaises, les conseillers de clientèle reçoivent des commissions. Avec pour principale logique, l'intérêt... de la banque. Ainsi, le conseiller va percevoir neuf euros pour 15 000 euros placés en fonds actions sur un contrat d'assurance vie, alors qu'il ne touchera que 0,90 euros pour placer la même somme en fonds en euros.

Pis, cette commission est récurrente, c'est-à-dire que la banque va toucher une commission pour chaque année de vie du contrat. Cette commission est beaucoup plus importante sur les fonds en actions.
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En l'absence de formation spécialisée, ils vont avant tout chercher à répondre aux objectifs fixés par leur hiérarchie et... à conserver leur place en ces temps difficiles.
Repérez les mauvais signes
Soyez encore plus prudent que par le passé, car les banques doivent maintenant regagner de l'argent, c'est une question de survie. Un air hautain, surtout chez un jeune conseiller de 23 ans, est souvent signe d'inexpérience. Un argumentaire avec un phrasé mécanique peut cacher l'incompétence.

Prenez garde le jour où votre conseiller vous appelle pour vous proposer le "meilleur placement, sans risques". Il s'agit souvent de terminer un stock de produits financiers ou de vous passer une "patate chaude".
Malheureusement, trop souvent, les conseillers sont là uniquement pour placer le produit le mieux commissionné. Si vous avez le sentiment que c'est le cas, demandez à bénéficier des services de la banque privée de votre établissement (généralement réservés aux gros patrimoines).
Enfin, suivez régulièrement l'évolution des propositions que vous suggère votre interlocuteur, car un patrimoine se gère sur le long terme et la diversification est le garant de sa protection.
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent,
Pour la Chronique Agora