20 septembre 2012

Autoréalisation : de la psychologie à l’économie

Les marchés financiers amplifient de manière souvent très exagérée les réalités économiques, à la hausse (bulle) comme à la baisse (krach). A ce stade tout n'est qu'affaire de psychologie, la spéculation n'étant qu'un pari sur l'avenir

D'un côté des opérateurs qui donnent le rythme, en s'enthousiasmant ou en s'affolant, quand ils ne feignent pas de le faire pour "jouer" le contraire. A l'autre bout de la chaine, des décideurs économiques et politiques, des entrepreneurs et des consommateurs qui dansent

L'ennui étant, qu'outre le fait que l'économie ne peut pas se passer de spéculation, l'optimisme ou le pessimisme des opérateurs a une répercussion bien concrète sur l'économie réelle. En la matière, comme dans toutes activités liées à des décisions humaines, il y a une part d’autoréalisation

Parfois, ce qui arrive n'est peut-être pas ce que l'on avait prévu, mais simplement la conséquence de ce que l'on a cru prévoir. Difficile de faire la différence, et pourtant ! Il tombe sous le sens que nous aurons toujours tendance à agir en fonction de ce que nous croyons (le contraire serait illogique) et ainsi influencer le réel qui nous entoure (malheureusement pas toujours dans le sens que nous voulons, mais plus certainement dans celui que nous croyons). 

De 2005 à 2007 l'économie était surachetée et cela a mené aux exagérations financières que l'on connaît (subprimes entre autres). On est maintenant dans une configuration diamétralement opposée. Le pessimisme ambiant est tel, que nous n'avons d'oreille que pour les cassandres. Qu'il s'agisse d'Europe ou du monde en général, seul le pire est envisagé. Cela commence par un massacre sur le prix des actifs (survente de titres à un prix très en dessous de la valeur économique du bien qu’ils représentent, qu’il s’agisse d’États ou d’entreprises), pour se terminer par des faillites d'entreprises (pouvant alors justifier la survente de titres qui précédait, illustrant l'un des aspects de l'autoréalisation économique). 

Il serait temps que les opérateurs qui animent les marchés et ceux qui les croient, du politique au consommateur que nous sommes, sortent enfin de leur dépression.
A défaut c'est l'économie mondiale qui y rentrera, et à ce stade le terme de "dépression" a une toute autre signification et des conséquences bien plus désastreuses. La différence entre récession (trois mois consécutifs sans croissance) et dépression économique, c'est un peu celle entre un blues passager et une bonne psychopathie bien caractérisée. 

Un avis que je partage :
 
La crise ? ... 99 % de psychologie !
Philippe Mabille | 18/09/2012 - LA TRIBUNE
Tout le paradoxe de la période que nous vivons, c'est que la crise est sans doute finie... mais que nous ne le savons pas encore !

Cela dit en passant, je partage aussi son opinion sur la façon subtile dont François et son gouvernement mènent notre barque (pour l'heure). Ils maintiennent leur électorat de base dans l'idéologie (ce qui nous évite des mouvements sociaux dont nous n'avons franchement pas besoin en ce moment) tout en tenant compte des réalités économiques qu'imposent le monde (et sans doute la nature humaine).
Personnellement, je trouve que notre président manœuvre beaucoup plus subtilement que nombre d'allergiques à la gauche semblent le croire. 

 
@+
Jack