06 mars 2017

Elections à haut risque ! ... Pronostics, hypothèses, choix

Comme vous devez maintenant le savoir, Fillon maintient sa candidature (réponse sans ambiguïté au JT de la 2 ce Dimanche soir). Qu’il fasse perdre la droite est une chose, qu’il fasse gagner Marine Le Pen en est une autre et là est justement le problème. Le risque est celui de la mise en danger non seulement de notre pays, mais aussi de l’Europe et par extension, peut-être du monde entier (retour aux idéologies nationalistes et mégalomanie Trump).

Comme tous les discours « populistes », celui du FN suit toujours et invariablement les mêmes recettes : mélanger 20% de vrai dans 80% de faux, rester dans les généralités (pour ne pas avoir à démontrer ce qui ne peut l’être) et jouer sur l’émotionnel en actionnant tous les leviers des peurs et des désirs. Pour le reste, il brille par une absence totale d’objectivité et une parfaite méconnaissance des réalités économiques.

Faut franchement être obtus pour croire aux inepties énoncées par Marine et pas besoin de sortir d’une école de commerce pour comprendre que nous replier socialement et économiquement sur nous-même, sera catastrophique pour tout le monde :

  • D’abord pour le pays : à part le pinard, le fromage et quelques autres produits de base du genre, rien n’est aujourd’hui 100% Français. La majorité des composants de nos produits finis sont importés. Par ailleurs, si nous taxons l’importation, nos exportations seront bien évidemment taxées par rétorsion.

Ne confondons pas non plus multiculturalisme (aucun pays évolué n’est resté ancré dans une culture originelle pour autant qu’il en existât une, aucune invention ou progrès n’est issu d’une seule civilisation ou culture, aucune évolution n’est possible sans ouverture sur le monde et sa diversité) et choc de cultures (ce qui se passe quand l’une essaie de s’imposer à une autre). Le FN fait l’amalgame des deux pour aboutir à un rejet indifférencié de celui qui ne ressemble pas à l’image consanguine qu’ils ont d’eux-mêmes.

  • Ensuite pour l’Europe : si le couple Franco-Allemand ne s’entend plus, elle explosera inévitablement avec de très graves conséquences à plus ou moins long terme … et pas qu’économiques. N’oublions jamais que l’Europe a d’abord été construite pour la paix. Ne perdons pas non plus de vue que toutes les guerres, depuis que la civilisation existe (voire même les tribus), ont une origine essentiellement économique (si tous les peuples vivaient convenablement, ils ne se disputeraient pas), tout le reste n’étant que faux prétexte (idéologie, religion, race, hégémonie), et c’est donc bien à juste titre que les fondements de l’Europe sont économiques.  

Face au reste du monde, dans les discussions et les traités internationaux, un pays seul ne fait pas le poids devant les grandes puissances économiques et militaires telles que la Chine, la Russie ou les USA. Seule l’Europe peut discuter d’égal à égal (économiquement en tout cas).

Sur le plan géopolitique, la Russie pourrait à nouveau lorgner vers les pays de l’ex-URSS, comme elle a déjà commencé à le faire avec l’Ukraine (si elle s’est pour l’instant arrêté à la Crimée, c’est bien sous la pression d’une Europe unie).

« La guerre en Europe c’est du passé » … Pas si sûr si l’Union Européenne se disloque.

Mais je prêche à des convaincus et vous avez bien sûr conscience de ces questions crutiales. Seul l’indécrottable électorat FN croit que c’est en se regardant le nombril que l’on sera plus fort. Il ne changera pas d’avis, quoiqu’il arrive, quoique l’on démontre. Il se compose de ceux qui ne comprennent rien à rien (qui avaleront tous les mensonges et pardonneront toutes les malversations de leurs idoles), et ceux qui veulent renverser la table (tout casser par dépit). Ces derniers me font penser aux Allemands de 1933 qui ont cru qu’ils n’avaient rien à perdre à « essayer » le beau parleur Adolphe. Au résultat, en 1945, ceux qui n’avaient pas perdu la vie se sont aperçu un peu tard qu’ils avaient finalement perdu bien plus qu’ils ne l’auraient cru.

Pour l’heure, nous avons tous compris que ces élections sont extrêmement importantes pour notre avenir à tous. Quel que soit notre choix, ce qui inclut l’abstention, nous porterons notre petite part de responsabilité sur ce qui arrivera ensuite, en bien ou en mal.

RISQUE ELECTORAL :

Comme beaucoup, je vois Marine au 2ème tour. Au contraire de certains « experts », je pense qu’il y a un réel risque qu’elle passe, qu’elle se dresse à la tête de l’Etat. Le fameux « plafond de verre » (score inférieur à la majorité qu’elle ne pourrait pas dépasser tenu compte du report de voix des candidats évincés au 1er tour), pourrait bien exploser. A mon humble avis, tout va donc dépendre de son challenger.

Tout se jouera aussi sur l’abstentionnisme qui devrait être très important, surtout si c’est un duel avec Fillon (nombre de sympathisants socialistes ne remettront pas « au pot » comme en 2002 dans le duel LePen/Chirac) ou avec Hamon (là, ce sont les inconditionnels de la droite qui s’abstiendront massivement).

Comme tous les partis extrémistes, Marine peut compter sur son électorat indéfectible (pas d’abstention dans leur camp). A celui-ci se rajoutera quelques déçus de Fillon et au deuxième tour quelques report de voix de Mélenchon (extrême droite et gauche se rejoignent toujours). Au-delà des sondages et des scores constatés dans les élections précédentes, il y aura comme dans la présidentielle Américaine ayant porté Trump au pouvoir, un réservoir d’électeurs FN « silencieux » (qui dans le secret des urnes, voteront pour Marine, sans l’avouer ou impulsivement, déçus par la classe politique, par la société ou plus simplement par eux-mêmes).

Pour les autres, le plus grand nombre des électeurs Français qui n’est généralement pas très motivé pour se déplacer vers les urnes, ce sera l’abstention, les derniers évènements ayant de quoi les avoir rendus encore plus dubitatifs ou démotivés que d’habitude.

PRONOSTIQUES :

Duel Marine/Benoit ?

Improbable, mais si tel est le cas, je donne Marine gagnante.

Hamon et le « revenu universel ». Une belle idée que j’avais déjà développée et argumentée il y a quelques années (Avril 2012) dans un long « billet » dont l’objet était « le revenu de base » (film-reportage à l’appui). Je pense toujours que nous y viendrons dans quelques décennies. C’est l’avenir d’une société équilibrée, humainement et économiquement. Mais pour que ça marche, il faudra les conditions économiques adéquates et une majorité de pays occidentaux intéressés par le concept. Autrement dit, une économie mondiale prospère et à relativement stable (un peu celle des années 70 qui ont permis de concrétiser les avancées sociales les plus significatives). Nous ne sommes pas dans le bon cycle économique pour lancer un tel projet.

De mon point de vue, c’est la seule bonne idée du candidat, mais c’est malheureusement encore beaucoup trop tôt. La population n’est pas prête d’en accepter le principe (trop de gens y voient encore un passeport au farniente alors que c’est au contraire un boulevard à la créativité et à la paix sociale). Mais surtout, le revenu universel n’est pas encore finançable (même en tenant compte qu’il remplacerait l’ensemble de toutes les autres aides sociales). Il nous faudrait encore creuser gravement un déficit déjà abyssal, qui mécaniquement augmenterait encore plus du fait de la hausse des taux d’emprunt internationaux, de la perte de confiance, de la fuite des capitaux et de la récession économique qui suivraient (maelström de l’endettement pouvant aboutir à une faillite à la Grecque). Sans compter une augmentation de la charge fiscale qui est déjà à son maximum … sur ceux qui ne peuvent y échapper (comme en Grèce, les capitaux et ceux qui les détiennent quitteront le pays avant d’avoir à payer quoique ce soit de plus).

Je reste toujours sur l’idée que, toute raison gardée (sans rentrer dans les exagérations et les clichés), l’économie passe toujours avant le social qui ne peut en être qu’une conséquence (pour redistribuer des richesses, encore faut-il en produire). Le gentil Benoit, dans la plus pure « idéologie socialiste non réformée », veut mettre la charrue avant les bœufs (le social avant l’économie). Son plan n’est absolument pas adapté au contexte économique actuel.

Il ne réunira que les idéalistes de la gauche de la gauche et si par extraordinaire il devait se retrouver face à Marine au deuxième tour, il n’aura que peu de chances de gagner. A part quelques rares comme moi qui voteront systématiquement contre le FN, quel que soit le candidat qui lui fera face au 2ème tour, le report de voix en provenance du centre et de la droite sera sans doute trop faible (le plus grand nombre s’abstiendra).

Duel Marine/François ?

Probable. Je donne Marine gagnante, car depuis le « Penelope Gate » Fillon n’a qu’une très faible chance de gagner. Cette élection n’est devenue à haut risque qu’en raison de cette affaire et l’attitude de celui qui en est le centre.

Il y a quelques mois de cela, j’aurais bien voulu avoir à hésiter entre Fillon et Valls (les deux personnages et leurs idées me plaisaient bien). Valls hors course, ne me restait que Fillon. C’est certes mon intérêt perso, principalement pour des questions fiscales, mais aussi pour son plan (économiquement viable). J’appréciais aussi la personnalité (apparente), austère, directe et parlant franc. Enfin un type droit me disais-je, à la stature présidentielle, au-dessus de tout soupçon, se réclamant de la rigueur et de l’honnêteté morale du général De Gaule (on pouvait lui reprocher certains travers, mais certainement pas sa droiture).

… Et patatras, derrière Fillon se cachait filou. Lui qui parle de « faux nez » à propos des autres, avait carrément un masque. Il n’y a pas pire menteur que celui qui se vante de ne jamais mentir. Je suis un fervent partisan de la présomption d’innocence et n’insinue donc pas qu’il soit coupable de détournement caractérisé de fonds publics, que les emplois de sa famille aient été fictifs, mais petite conviction perso mise à part, je trouve que l’homme n’est plus crédible, tant depuis ses explications suite aux premiers soupçons (minimisation des reproches et théorie du complot), que dernièrement en se maintenant à cette présidentielle après avoir clairement affirmé que s’il était mis en examen, il se retirerait de la course (quoiqu’à ce jour, il n’est pas encore mise en examen).

Ce n’est donc pas un éventuel enrichissement personnel (familial) sur les deniers publics qui me parait le plus critiquable, mais le fait d’avoir affirmé haut et fort qu’il était plus blanc que blanc (sous-entendant, au contraire de ses adversaires) et que tout élu, et d’autant plus un prétendant à la plus haute fonction de l’Etat, se devait d’être irréprochable. C’est raté ! Avait-il « oublié » ou perdu le sens des réalités ?

Mais à la déception sur sa probité, s’ajoute principalement le risque bien trop grand qu’il se fasse battre par Marine au 2ème tour s’il y arrive. De mon point de vue, le problème n’est donc pas que Fillon se fasse finalement élire (son plan reste bon pour le pays et à titre personnel j’y trouve mon compte), mais bien qu’il perde face à la chef du clan Lepéniste, ce qui propulserait le pays dans l’inconnu, … et probablement l’Europe dans l’abîme.

Pas question que je participe à un tel désastre et merci Bayrou qui par sa décision intelligente, rend les probabilités plus claires et éloigne un peu le risque majeur de cette élection en appuyant celui qui parait le plus apte à gagner face à Marine.

Duel Marine/Emmanuel ?

… Probable. Je donne MACRON gagnant et même largement.

Il vient enfin de dévoiler son plan et s’il sert moins mes intérêts (fiscaux) que celui de Fillon, je ne le trouve pas trop mal et économiquement réaliste. Quelques bonnes idées nouvelles (quoiqu’en disent ses détracteurs), servant autant l’économie que les revenus moyens, sans pour autant faire peur au grand capital (peut-être un peu aux grands propriétaires fonciers, actuels et futurs, notamment étrangers).

Les autres thèmes « non économiques et fiscaux » sont également passés en revue (sécurité, immigration, justice, santé, école, Europe, …). Je n’ai pas grand-chose à y redire, si ce n’est que les propositions manquent de précision (c’est aussi le cas pour les autres candidats) mais surtout, qu’elles manquent de hardiesse

A vous de juger : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

Dans l’ensemble et à mon avis, c’est un vrai programme « centriste », ni trop à droite, ni trop à gauche (bien éloigné du « socialisme mou à la Hollande » et de « l’utopie hypocrite à la Aubry »), qui ne sert pas le capital mais l’économie (ce qui est très différent), tout en protégeant les plus faibles (redistribution) et le consommateur des excès du tout libéralisme économique (principal rôle d’un Etat, avec la sécurité et l’enseignement).

Quant au bonhomme, on peut capitaliser sur sa formation d’économiste, son âge et sa fraicheur politique (ses dernières bourdes verbales sur l’Algérie et le mariage pour tous, en témoignent). Autre élément favorable : sous l’impulsion de Bayrou, enfin des propositions claires et concrètes pour assainir et moraliser notre classe politique (meilleure transparence, non cumul mandats, réduction nombre et coûts représentation législative, responsabilisation des élus). Présage d’un vrai changement dans la sphère du pouvoir ?

En l’état actuel des candidatures, je pense que Macron est le seul à pouvoir vraiment écarter le « risque Le Pen » (si elle continue à se maintenir dans les 2 premières positions dans les sondages).Encore faudra-t-il qu’il arrive deuxième tour !

Pour éviter la cata, j’ai donc dans l’idée de voter pour lui au premier tour. Encore une fois et je ne serai certainement pas le seul, je voterai plus « utile » que « convaincu » (… quoique que depuis que je m’intéresse à lui, sa personnalité, ses idées et son plan, je commence à l’apprécier).

Au deuxième tour je voterai contre Marine si elle y est comme j’en ai peur, quel que soit son challenger. Si par chance elle n’y arrive pas, alors mon choix s’orientera plus logiquement, comme dans une élection « normale », selon les candidats et plans en présence (pas forcément Macron).

Forgez-vous la vôtre (d’idée) et surtout ALLEZ VOTER … sauf si c’est pour Marine (quoique n’ayant que des personnes intelligentes dans mon carnet d’adresse, je n’ai pas d’inquiétude là-dessus), ni même pour Fillon (pour des raisons différentes, notamment celle que je viens d’évoquer : ouvrir le passage à Marine).

… Et convainquez votre entourage d’en faire autant !

… échanger, essayer de convaincre sans jamais forcer, c’est cela la démocratie !

Profitons-en tant qu’elle existe encore (rien, jamais rien n’est acquis).

Mais dans ce monde qui semble un peu se déglinguer, tout n’est pas négatif. Il y a au moins un secteur qui marche très bien et qui depuis quelques temps, se porte de mieux en mieux : l’industrie de l’armement !

05 mars 2017

Le bon côté du Penelope Gate

Certainement aucun pour le candidat comme ceux qui croyaient en lui et en son plan (dont je faisais partie).

En première analyse, comme on l’entend souvent, c’est une très mauvaise affaire qui jette une fois de plus l’opprobre sur tout notre système politique, détournant encore un peu plus les citoyens des urnes ce qui est préjudiciable à la démocratie.

Mais à y réfléchir ne serait-ce pas au contraire le meilleur moyen d’assainir un système à la dérive, habitué à accumuler passe-droits et privilèges d’un autre temps ?

Explication (très personnelle) :

On peut quand même s’étonner qu’un tel scandale éclate en pleine campagne présidentielle. Drôle de hasard, non ?

Dans le monde des élus et ce n’est un secret pour personne, tout le monde abuse plus ou moins de privilèges, d’une manière ou d’une autre, plus ou moins consciemment. Parfois la frontière entre privilèges et abus de la fonction est floue. La distinction entre petits arrangements pour service rendu et corruption, est souvent très subjective. Vous m’avez compris, dans ces milieux chacun « s’arrange » avec sa conscience et la morale.

Dans des proportions bien différentes « tout le monde se sert un peu, tout le monde sait plus ou moins qui magouille quoi, tout le monde se tait ». Tradition ancestrale entre élus oblige. Tant pis pour celui qui se fait prendre la main dans le pot de confiture, mais personne ne se dénonce. Règle chevaleresque ou plus bassement opportuniste (« laisse-moi tranquille et tu seras tranquille ») ?

L’omerta donc … Du moins jusqu’à présent … peut-être.

Imaginons un peu qu’après la petite phrase assassine de Fillon lors d’un meeting de campagne des primaires de la droite (discours rappelé par A2 dans son reportage sur l’affaire, celui où Mme Fillon est interviewée par une journaliste anglaise) « Qui imagine un seul instant le Général De Gaule mis en examen ? », clairement à l’intention de Sarkozy (mis en examen dans l’affaire Bygmalion depuis Février 2016), ce dernier ait vu rouge, n’ait pas apprécié la « petite leçon de morale et de droiture Gaulliste », … au point de rompre avec « la tradition de l’omerta ». On peut le comprendre.

Ce pourrait donc être ainsi que l’indiscrétion sur « les petites libertés de la famille Fillon avec les deniers publics » fut, de manière très indirecte mais assurée, transmise au Canard (étayée de quelques documents qu’un ancien président n’avait aucune peine à se procurer).

Voilà pour le « drôle de hasard », mais rien n’excuse l’attitude de Fillon-Filou qui aurait mieux fait de la fermer en matière d’honnêteté morale des élus.

Comme je l’ai récemment entendu : « quand on monte au cocotier, il faut avoir le cul propre » (dicton Africain).

Les traditions ne sont jamais éternelles et de mon point de vue, leur meilleure place est dans le folklore (ou les livres d’histoire). Terminé donc l’omerta sur les petits arrangements des élus avec l’argent public.

Si mon hypothèse est exacte et que la carrière politique de Fillon finisse à la poubelle, je pense qu’il ne va pas souhaiter s’y retrouver tout seul … dans la poubelle. Attendons-nous à quelques autres indiscrétions à l’endroit d’autres personnalités politiques, et finalement c’est tant mieux ! Grand ménage de printemps, c’est le bon moment.   

On pourra faire toutes les lois que l’on voudra pour « moraliser » la classe politique et réduire la corruption institutionnelle, la seule garantie efficace est, avec les lanceurs d’alerte, est la levée de l’omerta dans ces milieux.

Avec pour exemples les affaires « Cahuzac », « panama papers », « Penelope Gate » … et celles qui vont venir, nos élus vont se tenir à carreau et se surveiller les uns les autres.

Il ne s’agit pas de rentrer dans un monde de délation de bas étage, où chacun épie l’autre. Encore un fois et comme souvent, c’est une question de proportion et de bon sens. Comme à toute époque et à toute génération, le curseur sur ce qui est tolérable ou non bouge en permanence. Disons que ce qui était jusque-là admis comme fatalité dans les sphères du pouvoir et de l’argent, ne doivent maintenant plus l’être.

Nous sommes dans un monde où les écarts entre riches et pauvres, les tricheries de haut niveau et l’entubage politique ont pris une telle ampleur, qu’il devient urgent et vital d’y mettre un terme, d’inverser le processus avant que notre système démocratique s’écroule.

La seule manière d’y arriver, c’est l’auto-surveillance et une punition exemplaire pour celui qui se fait prendre à tricher, à abuser. Aucune circonstance atténuante pour un élu, un détenteur de l’autorité publique, un représentant de la justice. Celui qui se fait prendre doit payer pour tous ceux qui ont la chance de passer au travers. En matière de triche fiscale, c’est le principe. Reste à l’appliquer à tous les tricheurs et toutes les malversations d’envergure, celles qui ont un réel impact sur la collectivité, sur son équilibre social et financier.

On ne pourra jamais mettre totalement un terme aux passe-droits et privilèges, mais ceux qui en bénéficient vont maintenant devoir prendre conscience qu’ils auront peut-être un jour à rembourser avec intérêts. A défaut d’intégrité et de probité, les plus prudents préfèreront sûrement ne pas en abuser.

Il ne faudrait plus avoir à entendre (comme encore dernièrement sur interrogation des passants dans la rue) « de toute façon ils trichent tous ». C’est en acceptant cela comme une fatalité, que l’injustice sociale s’enracine et que le citoyen finit par ne plus croire aux vertus de la démocratie. C’est un bien difficilement acquis, fragile, que nous devons entretenir et chérir, car lui seul peut garantir nos libertés.

La complexité et la fragilité de nos sociétés modernes, ajouté à l’explosion démographique en cours, ne permettent plus les excès passés et actuels dans le partage des richesses que notre monde produit.

Finalement, le « Penelope Gate » est une bonne chose.