09 décembre 2018

gilets jaunes

Une protestation de masse qui a plus à voir avec la révolution de 1789 qu’avec Mai 68. Un mécontentement populaire profond qui couvait depuis longtemps et au minimum depuis la récession 2007-2008. Les autres peuples européens sont descendus dans la rue pour contester les réformes nécessaires suite à la « crise de la dette » des pays européens de 2011/2012 (faisant suite à la « crise bancaire » 2007/2008). Nous pas trop, mais ce n’était que pour mieux exploser maintenant.

Je comprends les raisons du mouvement : exaspérations de tous ceux, de plus en plus nombreux, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, et décisions maladroites d’un gouvernement sans opposition qui au nom des réformes (que j’approuve globalement) laisse sur le bas côté les plus démunis (baisse des aides sociales, gel des petites retraites, promesses fiscales retardées ou dénaturées). Ce gouvernement a aussi sa part de responsabilité dans la l’aggravation de cette colère (manque d’anticipation, premières réponses inappropriées).

Néanmoins je déplore la dérive qu’il a pris. Issu des réseaux sociaux, il en a finalement pris leur côté le plus sombre : un défouloir émotionnel où ne finit par ne circuler que la haine, relayée par une petite minorité aussi active que violente, inculte et stupide. Les gens de bonne volonté, la majorité, est écrasée, dépassée par cette minorité qui veut se faire passer pour le plus grand nombre.

On passe alors de la revendication légitime à la vindicte populaire incontrôlée, à la rage de ceux qui ont peu, attisée par la manipulation des extrêmes, partis politiques comme syndicats qui cherchent une revanche à leurs dernières débâcles ou tout simplement à foutre le système parterre (mouvements anarchistes, néonazis ou Trotskistes). Cette rage se dirige d’abord contre ceux qui ont trop, puis contre ceux qui ont plus, et enfin contre tous ceux qui n’ont juste qu’un peu plus que les enragés. Inquiétant !

Toute exagération porte en elle-même la germes de l’exagération inverse. Faute de juste redistribution des richesses produites, ceux qui la détiennent ne la gardent pas longtemps. La révolte éclate quand les plus démunis n’ont plus grand-chose à perdre. La table est alors renversée et tout le monde y perd car la richesse produite n’est pas partagée comme elle aurait dû l’être, mais perdue pour tout le monde. La production ralentit et les richesses diminuent, la baisse de croissance creuse les déficits et il y a toujours moins à redistribuer. Ceux qui avaient peu, ont encore moins (faute de budget), tout comme ceux qui avaient un peu plus (gaspillage), alors que ceux qui ont beaucoup plus, … se barrent !

Aussi cynique et injuste soit-il, c’est toujours le même mécanisme. Dernier exemple récent en date et près de chez nous, en Europe : la Grèce (les hauts revenus sont partis avec l’épargne et les plus pauvres sont restés sur le carreau avec les dettes nationales).

Maintenant, tout dépend des déclarations du Gvt et surtout du Président en début de semaine.

Quoiqu’il en soit, il y a de fortes chances que la croissance qui repartait va être cassée, car outre que le président ne devrait avoir d’autre choix que de faire une importante promesse de redistribution imprévue dans le projet de budget (remise en cause du déficit limité à 3%) pour arrêter la casse (matérielle et financière significative si on prend en considération les pertes accumulées des entreprises paralysées en période de Noël), le doute sur la stabilité politique de la France semble acté par les observateurs internationaux. Une perte de confiance qui se répercutera sur les marchés financiers et donc sur l’investissement étranger en France. La revendication lancinante des contestataires pour un retour à l’ISF ne fait qu’aggraver cette défiance.

Autre inquiétude : que ce mouvement populaire s’étende à toute l’Europe.

Ben oui, quand le français n’est pas content il grogne un peu mais sans plus (quelques grèves par ci par là). Quand il n’est vraiment pas content, il fait la révolution !


@+

Jack