Où se situe la France en matière d’impôts et taxes par rapport aux autres pays industrialisés ?
Ce ne sont pas les articles qui manquent pour faire des comparaisons. Elles ne sont pas toujours faciles tenu compte de la variété des taxes possibles et de leurs mécanismes d’application (directs, indirects, seuils, …). Mais globalement, en voici quelques-uns pour se faire une bonne idée de la réponse à la question :
Les impôts en Europe (carte comparative de la charge fiscale comparée au PIB) :
https://www.touteleurope.eu/actualite/les-impots-en-europe.html
Comme on pouvait s’y attendre, nous sommes dans le peloton de tête (45.6% du PIB).
Autres sources (“officielles” ou fiables) de comparaisons fiscales :
http://www.oecd.org/fr/fiscalite/statistiques-des-recettes-publiques-25227092.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiscalit%C3%A9_dans_l%27Union_europ%C3%A9enne
Un aspect à ne pas négliger quand on parle de fiscalité : la concurrence fiscale
Alors ? Peut-on vraiment, en France, alourdir la charge fiscale et pour qui ?
Ma réponse est non. Au delà de la charge fiscale actuelle, nous ne trouverons plus personne à imposer (entreprises comme particuliers se seront “évadés” avant) et l’effet sera même contraire : la fuite des capitaux fera qu’une hausse fiscale aboutira à une baisse des recettes fiscale. Ce n’est pas plus compliqué que cela !
Et qu’en est-il de la redistribution des richesses nationales produites ?
C’est une question étroitement liée à la fiscalité (redistribution des minimas sociaux et niveau des infrastructures offertes aux citoyens, tous services publics confondu, de l’enseignement à la santé, en passant par la justice, la sécurité et la défense). Elle fait polémique, mais si la France est l’un des pays qui taxe le plus, c’est aussi l’un des plus redistributifs.
Quelques articles fiables abordent assez bien cette question :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Redistribution_des_revenus
COMPARER !
C’est cela que devraient faire « les gilets » si mécontent de notre système (social, politique, fiscal). Comparer les possibles et ce qui se fait ailleurs (de mieux s’ils trouvent, mais aussi de pire) … au lieu de rêver à ce qui ne peut se faire (du moins, peut-être, pas avant quelques siècles dans un monde unifié, techniquement, économiquement et socialement prêt à offrir une vraie égalité entre humains), … au lieu de refuser obstinément de comprendre que leur situation pourraient bien dramatiquement empirer si le système qu’ils mettent en cause venait à partir en vrille. … Ce qui arrivera à force de vouloir tout casser, le matos comme des institutions politiques qui, certes perfectibles comme tout, ont quand même fait leurs preuves par rapport aux autres systèmes testés à travers le monde et l’histoire (comme le disait Churchill, « la démocratie est un mauvais système, mais on n’a pas encore trouvé mieux »).
Mais revenons à notre “fiscalité comparative” :
En France les revenus sont imposés de 31% (14% + CSG 17.2) à 62% (45% + 17.2%) et ceux du capital à 63% (flat-tax 30% + 33% d’IS payé par l’entreprise avant distribution du dividende, … et oui, c’est indirectement une charge fiscale supplémentaire dont tiennent compte les investisseurs quand ils comparent la fiscalité entre pays).
A cet impôt direct s’ajoutent les impôts locaux, la TVA , l’IFI (impôt sur le patrimoine immobilier ayant remplacé l’ISF), la taxe sur les hauts revenus, l’imposition des plus-values, sur la transmission de patrimoine (droits sur donations et héritages où nous sommes également champions) et je ne sais encore quels autres impôts ou taxes qui font qu’au final, ceux qui les paient travaillent plus pour l’État (et donc en grande partie « pour les autres ») que pour eux-mêmes et leur famille.
Sarko avait institué une limite d’imposition globale de 75% des revenus, ce qui veut dire que certains contribuables étaient imposés au-delà !
… Et « nos gilets » voudraient que l’on augmente encore la charge fiscale ? … Sur les revenus supérieurs aux leurs, bien évidemment.
Entendons-nous bien : je ne suis pas contre le fait de payer des impôts pour financer, outre les infrastructures d’État dont nous profitons tous, les aides et services publics à ceux qui n’en paient pas. Pas de problème. Je dis juste qu’il y a des limites (et des revendications) à ne pas dépasser.
Pour ma part je suis imposé à 30% de mes principaux revenus (essentiellement constitués de PV boursières) … alors que je prends 100% de risque sur mon capital (l’État lui, n’en prend aucun). A la différence d’une banque ou d’un fonds de pension, « je ne joue pas avec l’argent des autres ». Je risque mes propres économies, sans filet et en toute responsabilité. La prise de risque ça se rémunère. Où est-ce que Macron me fait un « cadeau » en passant à la flat-tax ?
À mon niveau et mon type de revenu (prise de risque importante), 30% de taxation est un « maximum supportable ». Qu’est-ce que cela signifie ? Lisez (ou relisez) cet article qui explique pourquoi “trop d’impôt tue l’impôt” (démonstration et faits historiques à l’appui).
Pourrais-je expliquer ce qu’est « la juste rémunération du risque » à un « pauvre gilet gavé d’idées préconçues » qui croie encore que les placements rapportent sans rien faire et sans risque comme à la fin du XIX° siècle ? Il pourrait bien me répondre que lui aussi il prend un risque : celui d’avoir un emploi dans une entreprise qui pourrait fermer ses portes … après lui avoir assuré un salaire régulier, des congés payés et des assurances … pendant quarante années. Sûr qu’à ce niveau de discussion, le débat pourrait être difficile !
Quant à parler d’utilité de l’investissement, ce serait expliquer qu’une entreprise a autant besoin d’ouvriers, d’ingénieurs que de capitaux pour se développer. Ce serait aussi aborder la notion de risque économique, de l’indissociable couple risque/gain qui accompagne tout investissement, qu’acheter une action c’est acheter une part d’entreprise et donc participer à son « aventure économique » (même si ce n’est que pour une durée limitée), qu’acheter une obligation c’est lui prêter de l’argent sans être sûr d’en revoir la couleur ou de n’avoir aucune certitude sur sa valeur ou ses intérêts (l’un progressant toujours inversement de l’autre). Alors quand Besancenot dit en interview que « les actionnaires sont les parasites de l’économie », je ne m’aventurerai certainement pas à essayer de faire comprendre quoique ce soit en matière de placement financier à un « gilet ».
Alors, plutôt que de chasser les investisseurs du pays, chassons les tricheurs !
C’est la voie que montre un pays qui concentre pourtant tout ce que dénoncent les anti-capitalistes : les USA. Et avec leur “loi FACTA”, les américains n’épargnent pas entre-eux.
On ferait bien de nous y mettre nous aussi (plus sérieusement qu’on le fait à ce jour).
Pour moi, c’est toujours le même principe : ne pas en vouloir aux tricheurs ou « profiteurs », mais aux systèmes qui ne les sanctionnent pas ou trop peu. La nature humaine est ce qu’elle est, et il serait hypocrite de faire croire qu’on peut la changer du jour au lendemain, alors qu’on peut le faire avec les règles d’un système.
Le système Trump rend les paradis fiscaux obsolètes !
https://taj-strategie.fr/reforme-fiscale-americaine-aboutit-a-nouvelle-forme-de-protectionnisme/
Je n’aime pas Trump, mais à ce sujet, les Européens (et non la France toute seule) feraient bien de s’en inspirer ! « S’en inspirer », ne veut pas dire appliquer la même méthode et les mêmes calculs à visée purement protectionniste.
Pour en conclure avec ce qui me met (en ce moment) « en colère » :
Je « comprenais » le mouvement des gilets jaunes au début, croyant qu’il s’agissait surtout, entre autres revendications légitimes, de la défense de ceux qui ne s’en sortent pas, ceux dont les revenus n’atteignent pas 1.000 € mensuel, quel qu’en soit la raison (spirale chômage, maladie, retraite). Une société qui se dit évoluée, ne peut laisser personne dans la misère (même les flémards, car à y réfléchir, on ne l’est jamais sans raison).
Avant que ce mouvement ne dégénère en ce qu’il est maintenant, un aspirateur à la jalousie, la haine et aux extrémistes de tous bords, je me suis aperçu que la majorité d’entre-eux avaient des revenus qui me paraissent corrects pour vivre (2000/3000 €/mois) et qu’en plus ils n’avaient pas grand-chose à faire des “RSA”, des “minimums vieillesse” et autres minimas sociaux (ce n’est pas moi qui l’ai constaté, hors le fait qu’effectivement je n’ai pas vraiment entendu de revendications au sujet de la hausse de ces minimas, et les ai parfois entendus traiter ceux qui en bénéficient de “profiteurs”).
En fait et contrairement aux apparences qu’ils veulent donner, la justice fiscale ou sociale n’est pas vraiment leur combat, qui n’est que le leur, celui d’avoir plus (salaires, services publics) en donnant moins (fiscalité). Ils ne s’intéressent qu’à leur propre cause, quand certains d’entre eux ne regardent pas ceux qui gagnent plus avec jalousie et ceux qui ont moins avec mépris.
Là, avec mes caricatures (quoique ?), je ne me suis pas fait des copains !
Bien évidemment que nombre de “gilets jaunes” ne méritent pas un tel regard. Beaucoup ont certainement de la compassion envers ceux qui ont moins qu’eux (comme j’en avais au début pour leur mouvement), dénoncent à juste titre certains excès du capitalisme et anomalies fiscales, tout en admettant que l’on ne résoudra pas les problèmes en cassant tout et en divisant la société. Mais à l’heure où j’écris et à mon avis, ceux-là se sont désolidarisés du mouvement.
Ma critique s’adresse donc aux extrémistes et aux idiots qui les écoutent, ceux qui restent et refusent le dialogue, envers et contre toute logique.
Ceux-là, je ne les veux pas comme “copains” !
Jack