19 novembre 2019

Distinction islamophobie-racisme et “biais de confirmation”

« On a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe. En revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu’ils sont musulmans. Le racisme, et ne dévions jamais de cette définition sinon nous affaiblirons la lutte antiraciste, le racisme c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit. La critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un. »

C'est un bon résumé. Je l'ai trouvé ici :
De la mauvaise défense de l’« islamophobie »

Cet article parle aussi de la nécessaire diversité culturelle de notre société. Et bien entendu, pour que la diversité perdure, il ne faut pas qu'une identité culturelle prenne le pas, l'ascendant sur les autres. C'est là sans doute que se situe le malentendu, la controverse inutile. C'est aussi toute la différence entre "religion musulmane" et "islamisation" (prosélytisme de l'islam, religion politisée, élevée au niveau de l'État).

C’est cela la laïcité : la neutralité de l’État pour préserver la liberté de conscience et l’expression culturelle de chacun, dans le respect et la tolérance d'autrui. Ce n’est donc pas l’interdiction d’une religion, mais la garantie de l'État à ce qu'aucune n'empêche l'expression d'une autre ou ne vienne interférer dans le fonctionnement des institutions.

Nous ne devons donc pas basculer dans l'excès, dans un sens comme dans l'autre, et rester attentif à ce qu'aucune culture ne phagocyte les autres, tout en préservant leur diversité.

Je pense que notre civilisation sera d'autant plus forte et pérenne que les individus qui la composent seront différents. La diversité culturelle est source d'innovation (tout comme l'infinie diversité des gènes, garantit la régénérescence d'une espèce).

L'islamisme qui est la politisation de la religion musulmane, prône un idéal sociétal, religieux et culturel qui s'impose à tous. Il rejette toutes les autres religions et est hostile à la laïcité qu'elle trouve nocive, tout comme elle trouve le mode de vie occidental dépravé.
L'islamisme nie l'intérêt de la diversité. Je suis donc islamophobe, mais pas "antimusulmans" car je n'ai rien contre leurs croyances ou leurs pratiques religieuses, tant que celles-ci ne menacent pas, directement ou indirectement, à court ou long terme, ma façon de vivre et l'expression de mes idées. Autrement dit, tant qu'elles ne cherchent pas à m'imposer ou m'interdire quoique ce soit, ne serait-ce que le droit de les critiquer ou de les moquer (tout comme je pourrais le faire avec les autres religions).

Quant au racisme, je préciserais que c'est le mépris d'une personne, non pas pour ce qu'elle est ou ce qu'elle pense, mais de la simple croyance que l'on a de sa soi-disant appartenance à un groupe (ethnique, religieux, politique, …) dont on n'apprécie pas la culture ou l'idéologie, le tout sur fond de généralités et de connaissances peu approfondies

Les populistes usent et abusent de cette fénéantise intellectuelle qu’est le "biais de confirmation" (ne s'intéresser et ne croire que ce qui va dans le sens de nos premières impressions, souvent préconçues, ou ne rechercher que les preuves qui vont dans le sens de nos opinions en écartant systématiquement celles qui pourraient les contredire).

Ah le "biais de confirmation" ! C'est un "travers couteux" bien connu des traders, mais il est partout et on devrait en parler aux enfants dès l'école primaire pour qu'ils apprennent à s'en méfier tout au long de leur vie, et ce d'autant plus en raison de l'attrait et l'influence grandissante des réseaux sociaux (rumeurs et commérages de village, rapportés à l'échelle planétaire).

"L’esprit humain est comme un ovule, il possède un dispositif de fermeture. Quand un spermatozoïde est rentré, il se ferme pour que le suivant ne puisse pas rentrer. (Charlie Munger)".

J'ai relevé cette petite phrase très à propos dans cet article. Si vous n'avez pas le cœur de lire la définition de Wikipédia (très complète et donc un peu austère), lisez au moins cet article.

C'est en cherchant d'autres définitions que celles de Wikipédia sur le sujet, que je suis tombé sur ce blog (d'intérêt) qui s'appelle "La Toupie". Tout un symbole pour ce qui concerne (à mon sens comme sans doute à celui de l'auteur du site), la meilleure orientation de la pensée : aucune !

Bon, si vous n'avez vraiment pas le temps de lire et qu'il vous faut un résumé de "chez résumé", voici cet article : Éviter les pièges de la pensée : Les biais cognitifs
Un autre blog que je découvre aussi et qui dans l'esprit, n'est pas très éloigné du mien (rejeter les dogmes, refabriquer ses propres pensées, toujours tout remettre en question).
Convaincu des méfaits du "biais de confirmation", en serait-ce un que de s'intéresser aux blogs qui en parlent et offrent des définitions similaires ?

@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

















12 novembre 2019

Moins de libertés pour plus de liberté ?

Entre une Chine répressive et Occident liberticide, un article intéressant :

Péril réel et pouvoir virtuel (La Tribune - 11/11/2019)

Extrait (conclusion) :

Bien loin de la promesse originelle d'Internet qui était de permettre l'expression de la liberté et de la différence, les réseaux sociaux sont devenus une formidable machine de consensualisme des esprits et de formatage des corps. Et c'est là que subsiste le paradoxe de notre époque : pour être libres et pouvoir bénéficier des effets positifs de la toile, il y a urgence que nos comportements soient encadrés.

Ce qui est sûr, c'est qu'il ne peut y avoir de liberté sans règles, autrement dit, la liberté sans restriction est privative de liberté.

S’il est évident que "la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres", faut-il maintenant penser à instaurer des règles pour "protéger" notre "libre arbitre" ?

Depuis que la civilisation existe, nous “pensons sous influence" (du groupe, familial, national, politique, culturel, religieux, …), mais nous ne pouvons nier la formidable emprise des réseaux sociaux sur la libre pensée et le risque des ravages intellectuels, voire psychiatriques, qu'ils peuvent causer (… et pas que sur les ados).

Alors devons-nous, comme la Chine, légiférer sur le droit et la manière de les utiliser ?

Entre une société "formatée" où plus personne ne pense vraiment et le libre accès à l'information, quel qu'en soit sa forme ou son contenu, il va peut-être falloir trouver le juste milieu avant que les choses ne dégénèrent, ce qui pourrait revenir à faire le choix entre les "bons" et les "mauvais" vecteurs d'information. Et dés que l'on fait cela, on limite l'information … et donc la liberté de penser.