Tout me semble dit là :
"Tout ceci n’aura ajouté aucune voix à Emmanuel Macron, et lui en aura fait perdre, notamment au profit de l’abstention.
Finalement, un certain nombre de ceux qui ont voté pour lui en 2017 auront été tellement déçus, voire écœurés, qu’ils ne tiendront plus le raisonnement qui en fait sinon le meilleur candidat face à Marine Le Pen, du moins le moins pire : ceux-là se diront qu’il existe des institutions, une justice, un droit ; que Marine Le Pen et son parti ne pourront pas faire tout ce qu’ils voudront, et qu’après une période limitée dans le temps, en tout cas à l’échelle de l’histoire, à l’issue de ce qui aura été une crise salutaire, le bon sens et les valeurs humanistes et démocratiques reprendront leurs droits.
Ils déchanteront ensuite – mais trop tard.
Il faut donc, si cette analyse est fondée, regretter que le pouvoir semble vouloir se préparer à rejouer un scénario de type « 2017 », alors que ce qui se prépare pourrait plutôt annoncer « 1984 », un millésime qui nous rappelle que le parti qui était alors celui de Jean‑Marie Le Pen avait réalisé un score impressionnant à une élection nationale, lors du scrutin européen. Un millésime auquel le célèbre roman de George Orwell a aussi donné, si on peut dire, quelques lettres de noblesse."
Extrait de cet article :
Après la réforme des retraites, un horizon politique qui profite à l’extrême droite pour 2022 ?
Et à y réfléchir, que risquons-nous à laisser le pouvoir à un parti extrémiste (qu'il soit de droite ou de gauche), s'entend aux idées et projets de changement radicaux ?
1er risque (surtout si d'extrême droite) : qu'il change les règles de la démocratie une fois aux affaires !
C'est une constante dans l'histoire (Allemagne de 1933 bien sûr) et c'est en cours dans les démocraties actuelles où ils ont été élus (Turquie par exemple, Brésil à voir mais il y a fort à parier que Bolsonaro ne va pas se gêner pour aussi faire le ménage dans son opposition, sans parler des fausses démocraties où les dés sont pipés à chaque élection, Russie, Algérie, Égypte, … et bien d'autres).
Cela s'explique aussi simplement que logiquement : par essence, un parti extrémiste est contre la démocratie puisque celle-ci implique des contre-pouvoirs propres à lisser, voire contrecarrer ses projets. Par contre, il ne peut arriver au pouvoir que par la démocratie. Une fois qu'il y est, c'est une autre histoire (" … mais trop tard" !).
2ème risque (extrême droite ou gauche) : qu'il détériore gravement l'économie !
Ces partis aveuglés qu'ils sont par leur idéologie et leurs tentatives (vaines) de répondre aux promesses qu'ils ont fait pour être élus, sont très mauvais en économie … et même en diplomatie internationale (Trump en est l'exemple type), ce qui n'arrange rien.
En économie les mauvaises décisions se payent sur plusieurs décennies. L'Argentine est toujours au fond du trou depuis 70 ans, payant encore les choix économiques désastreux du gouvernement Perón des années 50. Le Vénézuela basculant de très à gauche avec Chavez à très à droite avec Maduro, est tout aussi mal barré pour de nombreuses décennies (alors que c'est l'un des pays les plus riche en pétrole de la planète).
Autre constante : les populistes viennent au pouvoir grâce aux électeurs les plus défavorisés, enthousiasmés par de belles paroles. Par suite, ce sont eux qui payent le plus lourd tribut d'une économie déficiente, quand elle n'est pas purement et simplement en faillite (dans le jargon de la finance internationale, on n'appelle cela "faire défaut", avec pour conséquence l'impossibilité d'emprunter sur les marchés financiers internationaux pour relever l'économie).
Un gouvernement ne quitte pas le pouvoir (si c'est encore possible, si la démocratie n'a pas totalement disparu) en emportant avec lui les dégâts économiques qu'il a fait !
Les américains vont certainement chèrement payer ces prochaines années les initiatives erratiques de Trump et surtout la perte de confiance en leur pays à l'international, cette fois-ci non pas sur les marchés financiers (merci "roi dollar"), mais sur la parole donnée dans les accords. … Et ce pour longtemps (si "un Trump" peut arriver au pouvoir dans ce pays, rien ne dit que plusieurs années après son départ, n'en arrivera pas "un autre").
Au-delà du raisonnement logique, il y a l'impression, l'émotionnel : sur ce plan je rajouterais qu'outre l'idéologie malsaine qui se cache derrière le FN (je continue à les appeler ainsi et non "RN", car de mon point de vue ils n'ont rien de "rassembleur"), je ne sens de leur part, tant de leurs représentants que de leurs électeurs, que haine et intolérance !
Pas vous ?
Et comment, si l'on est de bonne volonté, accepter de donner les rênes du pays à des gens haineux ? Et qui, à part eux, pourrait souhaiter vivre dans une société repliée sur une seule identité culturelle, xénophobe et intolérante, vouée à s'asphyxier culturellement et donc économiquement ?
Pas moi, c'est sûr !
Jack