09 février 2020

Musulmans modérés, islamistes et clichés

Que n’avons-nous pas déjà entendu « un musulman modéré ça n’existe pas », mais aussi « tous les musulmans ne posent pas des bombes, mais seuls des musulmans le font » (cliché occultant les attentats d’extrémistes de droite aux USA comme en Europe, ou de gauche comme ceux des brigades rouges dans l’Italie des années 80). Quant aux attentats suicides, ils n’ont rien inventé non plus. Outre les kamikazes de la guerre du pacifique, l’histoire des conflits regorge d’humains individuellement sacrifiés pour une cause (plus ou moins volontairement d’ailleurs, tout comme chez les islamistes).

Les nazis et ceux qui les suivaient (… et les suivent encore), avaient aussi leurs clichés sur les juifs (« il n’existe pas de juif honnête », « ils tiennent la finance mondiale, sont derrière le pouvoir et sont tous riches », …), mais aussi sur les slaves (les « Untermenschen »).

Tous les clichés ne sont que propagande à l’intention des esprits faibles ou peu instruits, pour rassembler et dresser une ou des communautés (majoritaires) contre une autre (minoritaire) à des fin purement politiques, immédiatement électoralistes ou pour masquer les vrais problèmes dans les périodes de crise. On en trouve parfois dans certains spots publicitaires (fins purement commerciales, bien sûr, … quoique).

J’ai été baptisé protestant et ai même eu droit à une instruction religieuse (église réformée, du soft donc). Aux USA existe les congrégations protestantes évangélistes, avec toutes sortes de variantes confessionnelles (méthodistes, créationnistes, … et je ne sais quoi encore). Ces fondamentalistes n’ont rien à envier à ceux des autres religions. Leur croyance irrationnelle et leur prosélytisme abêtissant, les rendent tout aussi dangereux les uns que les autres.

Sûrement qu’il doit exister quelques sectes extrémistes côté catholique, alors qu’en France les églises ne sont plus fréquentées que par des touristes Chinois (pas en ce moment, il est vrai), la très grande majorité des citoyens baptisés cathos ne pratiquant plus depuis des décennies. Quant à savoir s’il y a moins de croyants pour autant, dans le secret des consciences, mystère.

Question : au regard des fondamentalistes chrétiens, existe-t-il des protestants ou des catholiques modérés ?

Est-ce que la proportion plus importante de culs bénis dans certains pays (Italie et Espagne peut-être, USA, Amérique centrale et du sud certainement), y change quelque chose ? Rendrait les modérés moins modérés ?

Pourquoi en serait-il différemment avec la religion musulmane ? De mon point de vue, ce n’est pas parce qu’en ce début de siècle leurs fondamentalistes sont les plus inquiétants, les plus violents, qu’il faille tout autant se méfier de ses adeptes modérés, sans compter les musulmans baptisés non croyants, les gobeurs de clichés ne faisant pas la différence.

Pourquoi n’entendons-nous pas qu’il n’existe pas d’indouistes modérés ? Pourtant on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas de leur côté des fondamentalistes violents, qui eux aussi n’hésitent pas à tuer ceux qui ne partagent pas leurs convictions (pour le coup, les musulmans sont prioritairement visés, juste après les chrétiens). Eux aussi, tout comme les islamistes, prônent l’élévation de la religion hindoue au niveau de l’État et s’imposant à tous … comme « un art de vivre » (disent-ils).

Les croyants ne comprennent des « livres sacrés » (Coran, Bible, Talmud, Védas, …), tous interprétables à souhait, ou des paroles des prêcheurs leur rapportant les extraits et interprétations qui les arrangent, que ce qui se rapproche le plus de ce qu’ils sont, par avance, prêts à croire. En ce sens, leurs paroles et leurs actes, bienveillants ou agressifs, correspondent plus à leur profil psychologique, qu’aux préceptes de leur religion. Celle-ci, outre d’être un instrument de manipulation de masses, est aussi un exutoire de fantasmes individuels, bons ou mauvais, selon la nature des gens.

J’admets que le coran, que je n’ai pas lu mais d’après ce que j’ai compris au travers quelques reportages crédibles sur l’histoire des religions, pourrait être l’un des écrits religieux fondateurs des plus violents, le plus guerrier de tous (Mohamed, à la différence de Jésus, était un chef de guerre). Cela explique sans doute que la violence de leurs fondamentalistes soit en rapport, avec les salafistes en haut du spectre (une application stricte et médiévale du coran, qui nous vient d’Arabie Saoudite avec le wahhabisme).

Les autres croyants, pratiquants ou non, n’ont pas à être victime d’un dangereux amalgame, appuyé par les clichés populaires. Ils ne sont en rien responsables des agissements des extrémistes de leur religion, qu’ils la pratiquent ou non. Certes, ils doivent désapprouver et en dénoncer les dérives, ce qu’ils font me semble-t-il.

Les islamistes ont une vision politisée de la religion musulmane. Elle doit être au pouvoir et diriger tous les aspects de la vie de ses assujettis. Pour eux, le monde doit devenir islamique (ils font plus fort que les fondamentalistes hindous qui s’arrêtent à l’Inde), tout comme Lénine n’envisageait la survie du communisme, qu’à l’échelle planétaire (l’histoire semble jusqu’à présent lui donner raison, le communisme n’ayant survécu que de façon larvée et dénaturée après l’effondrement de l’URSS).

Pour y arriver, ils doivent diviser la société civile en dressant les communautés les unes contre les autres (notamment à coups de clichés anti-occidentaux), obligeant les musulmans modérés à choisir un camp (j’ai l’impression qu’ils l’ont choisi, et que ce n’est pas celui des islamistes).

Du côté des occidentaux, et sans s’en rendre compte, ce qui est encore plus sournois et dangereux, les colporteurs de clichés anti-musulmans ne font qu’aider les islamistes dans leur besogne.

Dans les pays arabes où les islamistes sont aux manettes (Arabie Saoudite côté sunnites, Iran côté shiites), il n’y a effectivement pas de musulmans modérés, … seulement des musulmans soumis.


Un article qui tombe à pic pour terminer cette réflexion (municipales) :

Débat : Le fantasme des « listes communautaires » (9 février 2020)

Maintenant, je ne serais pas contre d’interdire toutes listes « pro-religieuse » (la religion n’ayant rien à faire dans le débat politique d’un État laïc), et en première intention une éventuelle liste « pro-salafiste ». Mais à ce jour aucune n’est en vue, car de surcroit, comme l’écrit l’article, … pour les salafistes, voter est contraire à la loi islamique ! … C’est dire à quel point leur vision du monde est d’un autre temps et qu’à mon humble avis, ils ne sont que peu suivi par la majorité des musulmans et le seront de moins en moins (ce qui n’exclu pas la vigilance).

Le fait qu’ils communiquent principalement par la violence, la dernière arme de ceux qui n’ont pas d’argument intelligible, le démontre.


Jack (athée, mais pas agnostique)

05 février 2020

Liberté d'expression et droit au blasphème

La loi Française est assez claire :
  • Vous avez le droit de dire ou d’écrire que l’islam c’est de la merde !
  • Mais pas d’insinuer que les islamistes sont de méchants cons.
Rappel légal par Le Monde (en partant de l’affaire Mila). Donc j’écris sans trop de risque (si ce n’est de la part des méchants cons), que je suis d’accord avec Mila (16 ans, voir « l’affaire » infra) et affirme haut et fort que l’Islam c’est vraiment de la merde !

… Comme d’ailleurs, de mon point de vue toutes les religions, outils manipulatoires de masse prônant le bien, mais qui sous ce couvert et dans les faits (avec l’histoire et l’actualité comme témoins), font et ont toujours fait beaucoup plus de mal.

Je ne vous ferai donc pas part de ce que je pense (et là, je suis totalement libre) … des islamistes.
Je n’ai pas trop d’avis en ce qui concerne les musulmans (pas plus que j’en ai vis-à-vis de tous les autres croyants de la planète), en raison de la très grande différence entre la religion musulmane et l’Islamisme, une pratique et un prosélytisme religieux que j’assimile au catholicisme médiéval du temps de l’inquisition, quand nous étions gouvernés par des culs bénis patentés, comme le sont encore, 600 ans plus tard et à une religion prés, d’autres pays dans le monde (j’ai toujours du mal à comprendre comment, de nos jours, ça peut encore marcher).

Revenons à « l'affaire Mila » : résumé en vidéo (France Télévision) ou en texte (Le Monde).
Certes, notre ministre garde des sceaux n’a pas été à la hauteur dans cette affaire (difficilement acceptable pour une ministre de la justice).

Et encore une fois, sur le thème de la laïcité, je ne peux qu’être totalement en phase avec les propos de la journaliste Zineb El Rhazoui (dans la vidéo) qui résume assez bien la problématique et ce qu’il ne faut absolument pas lâcher.

Finalement, ce n’est pas plus mal que ce débat entre religion et laïcité revienne à l’affiche, … en espérant que ce ne soit pas que les partis d’extrême droite qui s’approprient le thème.

Merci Mila ! 

Cela dit en passant, Zineb El Rhazoui, comme Mila et son avocat, sont sous protection policière des méchants cons, pour défendre notre laïcité. Je déplore qu’il faille en arriver là dans la défense de nos droits et libertés fondamentales, mais reconnais qu’à ce titre, la partie de mes impôts consacrée à leur protection, est bien employée.

@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.














02 février 2020

Réseaux sociaux et Information : ad nauseam

Wikipédia : L'Argumentum ad nauseam ou avoir raison par forfait est un sophisme basé sur la répétition d'une affirmation. C'est le mécanisme qui se cache derrière l'efficacité des rumeurs et de la propagande (ou publicité) répétitive (voire, à l'extrême, du lavage de cerveau).

Vous vous amuserez surement à passer en revue les différentes formes de Sophisme (très à la mode en ce moment) au travers des exemples et de la liste des arguments fallacieux proposés par Wikipédia. Vous constaterez que nous en « croisons » régulièrement dans chaque conversation animée, passionnée, sur des sujets divers et variés chaque fois que les avis ne sont pas partagés.

Mais si le sophisme relève de la manipulation intellectuelle, le « Biais de confirmation » est quant à lui un piège que nous nous tendons à nous-même (pour rappel : ne s’intéresser qu’à des informations qui vont dans le sens de ce dont on est déjà persuadé, à tort ou à raison, donc dans celui de nos préjugés, … et là, c’est toujours à tort).

Le problème avec les réseaux sociaux (auxquels je ne suis pas addict) est que ce mécanisme « auto-manipulatoire » est exacerbé par celui des préférences, paramétrées volontairement ou automatiquement dans les comptes de chacun. Au final, la même information est confirmée par les mêmes sources et relayée par des personnes dont les avis sont proches. Cela va jusqu’à donner l’illusion d’un recoupement de l’info, alors qu’il ne s’agit que de la même qui tourne en boucle sous différentes présentations.

Je ne suis pas à l’abri d’être « victime consentante à l’insu de mon plein grés » du biais de confirmation, mais m’interroge régulièrement à son sujet pour éviter de l’être. Par ailleurs, je multiplie mes sources d’informations et recherche celles qui pourraient se contredire.

Mais de qui doit-on se méfier le plus ?

Des journalistes aux opinions bien tranchées, des propagandistes de tous bords, de toute nature et de tous pays, utilisant les réseaux sociaux pour submerger les internautes d’infos mensongères à des fins manipulatoires, … ou des lecteurs qui, par naïveté ou par calcul, relaient cette information nauséabonde ?

La réponse est à mon avis : méfions-nous d’abord de … nous-même !

Si nous, les lecteurs, étions moins aptes à gober toutes les conneries qui passent, les manipulateurs feraient chou blanc.

Les origines de « l’information ad nauseam » sont variées (recherche de pouvoir, d’argent, haine pathologique, …), mais son terreau est la bêtise humaine et l’inculture (pas forcément liés).


Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.