Lynchage de Samuel Paty sur les réseaux sociaux : comment réguler les algorithmes de la haine ?
Extraits :
Plus les posts montrent de l’indignation, plus ils seront relayés par la plate-forme dont le fonctionnement repose sur la conflictualité, la polarisation et l’hystérisation des expressions. C’est le levier émotionnel qui déclenche les like et les retweet : ce qui pousse à la réflexion passe en revanche inaperçu.
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Le rapport concluait que les algorithmes de Facebook exploitent « l’attrait du cerveau humain pour la division » dans le but d’attirer l’attention des utilisateurs et d’augmenter le temps passé en ligne.
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Qu’est-ce qui retient notre attention : un titre ? Sans aucun doute, surtout s’il y a une photo ou, encore mieux, une vidéo ; et surtout si le post arrive après la pause déjeuner ou après 18h… On s’interroge rarement sur la réaction que son auteur cherche à provoquer, ni sur la réalité qui se cache derrière ces 280 caractères soigneusement ponctués d’émojis incitant à cliquer sur partager/retweet avant même d’avoir regardé l’intégralité du contenu ; encore moins de l’avoir vérifié !
Si l’intelligence artificielle s’allie à la bêtise humaine naturelle, un monde meilleur n’est pas pour demain !
Plus sérieusement, que pourrait-on faire ?
Brider et policer les réseaux sociaux ?
Obliger les plates-formes à faire le ménage me parait impossible. D’abord parce qu’elles ne sont pas forcément soumises à la loi Française ou Européennes (les plus importantes obéissent à la loi Américaine, plus large en matière de liberté d’expression, cela dit en passant), ensuite parce que mettre un curseur entre ce qu’il est permis d’écrire ou non est déjà en soi, une atteinte à la liberté d’expression, quel que soit l’endroit où on le place.
Poursuivre un par un (par leur adresse IP, l’anonymat sur Internet n’étant qu’un leurre) tous ceux qui diffusent et relayent fake news ou appels à la haine ?
Pour peu qu’ils n’émettent pas depuis un territoire étranger hors d’atteinte de nos lois, cela demande beaucoup de moyens (humain et technique) pour finalement n’avoir qu’un effet limité. Poursuites pénales faibles voire nulle pour peu qu’ils aient un bon avocat et surtout, cela n’épuisera pas le réservoir intarissable des faiseurs et propagateurs de haine.
Éduquer, instruire, apprendre à réfléchir par soi-même ?
Ce serait bien la meilleure solution. Plus de savoir, c’est plus d’esprit critique, ce qui amène à plus de liberté et plus de responsabilité (plus on est libre, plus on est responsable, et vice et versa). Un sacré boulot, à grande échelle et sur du long terme !
En fait, c’est comme en matière de stupéfiants : le plus efficace serait de faire mourir d’elle-même l’offre en tarissant la demande. En faisant comprendre le plus tôt possible aux usagers avérés et potentiels, que la came comporte très largement plus d’inconvénients à long terme, que le plaisir de court terme qu’elle procure.
Toujours est-il que faire la chasse aux auteurs et vecteurs de ce que les gens peuvent lire ou voir, ne me parait pas être la solution. Ce serait prendre le problème par le mauvais bout. Et ce d’autant que ce serait porter atteinte à la liberté d’expression et de la presse (tous vecteurs d’info et de communication), voire même de communiquer (spécificité des réseaux sociaux). Ce sont les usagers des réseaux et les lecteurs de médias qu’il faut « soigner ».
Quoiqu’à y réfléchir, le problème de fond me parait surtout être la bêtise humaine. Et à ma connaissance, elle ne se soigne pas. Depuis que la civilisation existe, personne n’a encore trouvé le remède.
La différence avec « avant », c’est que les propos imbéciles vont beaucoup plus loin que le café du coin. Aujourd’hui ils font le tour de la planète et le réservoir d’abrutis pour y prêter attention est immense, grossissant proportionnellement avec la démographie planétaire.
Parfois on se demande comment des personnes peuvent être à ce point dénuées d’intelligence pour gober certaines des conneries des plus grossières et illogiques qui peuvent circuler. A tel point que l’on pourrait se demander si le niveau d’éducation et de connaissance y est pour quelque chose.
Ce n’est donc pas demain la veille que la haine et la stupidité, l’un et l’autre allant souvent de pair, s’arrêteront de circuler.
@+
Jack