Il est pourtant fondamental, non pas spécifiquement avec Marine, mais avec tous les programmes économiques qui n’ont pas la confiance, non pas du peuple Français, mais des marchés financiers. Que cela plaise ou non, moral ou pas, c’est ainsi et rien ne pourra changer cette réalité sauf à supprimer l’argent (après une guerre thermonucléaire globale, ce ne sera effectivement plus un problème).
En France, la dette d’État existe depuis le XII° siècle et les marchés mondiaux de la dette (emprunts extérieurs) au moins depuis le XVII° (guerre d’indépendance Américaine, et c’est nous qui prêtions aux révolutionnaires … avant de faire notre propre révolution). C’était donc bien avant la « mondialisation » (arrêtons de l’accuser de tous nos malheurs) et sauf effondrement de la civilisation, ce n’est pas près de changer.
Petite explication simple et courte d’un économiste reconnu (ni politique, ni vendeur de rêves), non pas pour vous parler d’histoire, mais de taux, à savoir le coût de financement de notre dette publique.
N’ayez crainte, il ne rentre pas dans le détail et n’évoque que la conséquence principale, majeure, d’un mauvais choix démocratique. Le principe est très simple à comprendre (les mécanismes, c’est une autre histoire mais ce n’est pas le sujet).
"Le programme économique de Marine Le Pen n'a aucun sens !"
Écoutez d’abord cet interview avant de me lire (où vous allez abandonner, ce qui serait dommage). Je ne vais pas le résumer, mais le compléter ou étendre un peu le propos.
L’économie est une matière rébarbative pour la majorité des Français, et pourtant, au-delà de toutes les promesses, c’est la seule chose qui peut maintenir ou détruire votre pouvoir d’achat.
Retenez au moins que des taux d’intérêt auxquels l’État s’endette (subtile mélange de confiance, d’inflation et de divers autres mécanismes financiers dont l’incontournable spéculation mondiale), dans un monde où tous les pays ont besoin d’emprunter pour financer leur économie, ont un effet quasi-immédiat sur les inégalités sociales.
En période de taux bas (ils étaient même négatifs, un peu, à savoir que l’État gagnait de l’argent en s’endettant, un peu), les faibles revenus peuvent emprunter (directement ou par le canal de l’État avec les transferts sociaux). Et bien évidement ils empruntent de l’argent à ce qui en ont, les épargnants (qui placent sur les marchés financiers), qui du même coup s’appauvrissent lorsque ces taux sont inférieurs à l’inflation (« taux réels négatifs » comme c’est le cas depuis plusieurs années et encore aujourd’hui).
En période de taux élevés (« réels positifs »), c’est bien sûr le contraire qui se passe. Dans un monde idéal, où il n’y a pas de perdants, les taux sont très légèrement supérieurs à l’inflation (le petit plus étant la juste rémunération de celui qui prête). Mais l’idéal n’est pas de ce monde. On ne peut qu’essayer d’y tendre.
L’économie est un grand mécanisme de vases communicants. Pour schématiser à l’extrême, plus les taux sont hauts, plus les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent, et vice versa lorsque les taux sont bas.
L’argent n’est rien d’autre que de la confiance, et toute monnaie fluctue au grès de ce qui conforte ou l’ébranle cette confiance. Les taux d’intérêt (court ou long terme) sont la rémunération du risque que le prêteur prend (ou croit prendre) dans le pari qu’il a dans l’avenir (proche ou lointain). Plus celui-ci parait sombre, plus le sentiment de risque augmente et les taux avec, plus il y a de spéculation, plus il y a d’inflation et plus les inégalités se creusent (comme le dit l’économiste, « l’argent va toujours à l’argent »).
Un programme économique déséquilibré qui, à tort ou à raison, ne convainc pas les marchés financiers internationaux, c’est forcément un avenir sombre. A l’inverse, lorsque les agents économiques sont confiants, que l’avenir parait stable et prévisible, la spéculation qui est une vision de court-terme, fait place à l’investissement, aux engagements et aux placements de long terme. On pourrait dire que les taux se calment ou s’échauffent au rythme des esprits. Sur les marchés financiers dont nous dépendons tous (pour la plupart d’entre-nous sans en avoir conscience), les changements brutaux sont ravageurs.
Les électeurs de Marine sont persuadés que si elle arrive aux commandes, leur pouvoir d’achat s’améliorera, perdant totalement de vue que celui-ci est étroitement lié à l’économie et que celle-ci dépend des marchés financiers mondiaux (deux matières malheureusement trop peu enseignées et donc incomprises pour la plupart des électeurs). Je n’aborde même pas la géopolitique et l’Europe dont dépend notre économie, tellement la chose doit être un sujet stratosphérique pour une bonne partie de l’électorat. Avant, l’électeur faisait confiance à ceux qui comprenaient ce genre d’imbrication (les économistes étaient écoutés et surtout crus). Maintenant que les élites sont rejetées, que les bonimenteurs remplacent les sachants, les élections se font au petit bonheur la chance.
Les peuples qui ont mené au pouvoir des populistes ont tous connu des lendemains douloureux (Argentine, Grèce, Italie), voire catastrophiques (Venezuela et l’Allemagne des années 30), où comme une règle aussi inique qu’implacable, ce sont toujours les plus fragiles et les plus démunis qui souffrent le plus. Or ce sont souvent ceux-là, les inquiets ou les désespérés, qui se font bercer (et bernés) par le chant des populistes.
Il y a les promesses politiques et la dure réalité économique. Alors que choisissez-vous ? Le rêve ou la réalité ?
Tous nos choix ont des conséquences et dans une démocratie ils nous engagent tous. En économie ils se paient cash et collectivement bien sûr, non pas dès la première année, mais un peu plus tard et dans la durée, sur plusieurs années, voire des décennies après la fin d’un mandat. Les américains vont payer et pour longtemps les mensonges du clown Trump (la situation des plus démunis s’aggrave de plus en plus et les conséquences de la perte de confiance à l’international va plomber leur économie dans les années qui viennent). Quant aux Anglais, ils commencent à peine à payer ceux du clown Bojo, … et ce n’est malheureusement qu’un début.
Pour les passionnés d’économie ou pour les investisseurs qui veulent savoir à quoi s’attendre dans les mois à venir, non pas qu’en France (c’est un peu technique, surtout au début). La première partie de l’interview parle de ce qui se passe et risque de se passer aux USA (forte influence sur l’économie mondiale) et la deuxième parle des programmes des candidats et leur impact sur notre économie :
Ecorama : La Grande Interview 07/04/2022
"Quel que soit le prochain Président, il n'aura aucune marge de manœuvre budgétaire !"
À retenir : « Macron et Pécresse sont les projets les plus raisonnables d’un point de vue budgétaire … les Français s’en fichent … mais ils ont tort parce que ça va affecter leur vie quotidienne … »
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Jack