16 octobre 2022

Nucléaire (doctrine Française) et propos Macron (polémique)

Depuis peu on reproche au président Macron de manquer de fermeté face à la Russie ou de ne pas entretenir l’ambiguïté à propos d’un éventuel usage de l’arme nucléaire si Poutine l’employait contre l’Ukraine (pour peu que sa chaine de commandement « suive » un tel ordre).

Il a rappelé que la doctrine Française sur le nucléaire militaire était la dissuasion, à savoir que si un pays menacerait gravement l’existence de notre nation (s’entend d’une attaque massive et sous-entendu avec une arme nucléaire), il serait assuré d’être totalement détruit en retour (c’est la doctrine « MAD » pour « Mutually Assured Destruction » qui prévaut en Occident).

Notre arsenal nucléaire n’est que stratégique. Nous n’avons pas d’armes nucléaires tactiques (usage limité localement et de faible puissance, à l’échelle d’une petite ville ou d’un champ de bataille). Nos ogives sont toutes de forte puissance et en cas d’attaque nous lancerions certainement tout ce que pourrions lancer avec pour objectif de totalement détruire l’attaquant, simultanément si possible et après son attaque, même si notre commandement et nos villes sont totalement détruites, grâce à nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) dont personne ne sait où ils sont (et donc théoriquement inattaquables pour cette raison).

Autrement dit nous ne concevons l’usage de notre défense nucléaire qu’en dernier recours, en vue de vitrifier un pays entier, fusse-t-il la Russie (destruction complète et simultanée de toutes ses principales villes). Ce serait la destruction totale de l’attaquant comme de l’attaqué, d’où le principe admis qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée. En raison des alliances, une telle guerre se généraliserait et dégénèrerait avec pour conséquence plus que probable, la disparition de l’humanité (ainsi que toute la faune et la flore de la planète).

Tous les militaires du monde le savent, connaissent notre équipement et la doctrine qui va avec. Pourquoi notre président aurait-il dû « entretenir le flou » sur cette question ? Histoire de peut-être sous-entendre que si la Russie utilisait une arme nucléaire tactique sur l’Ukraine, nous pourrions employer la nôtre, … « stratégique » rappelons-le ? Il a donc très justement dit que dans ce cas notre réponse militaire (et il doit y en avoir une, en défense de l’Ukraine et des valeurs Européennes) ne pourrait être que conventionnelle. Je ne vois pas ce que notre président, que ce soit Macron ou les précédents, aurait pu répondre d’autre.

De mon point de vue, encore une polémique inutile !

Notre arsenal nucléaire n’est conçu que pour être massivement employé, sans la moindre demi-mesure. Il est strictement réservé à la défense de notre pays et lui seul. Si un pays en agresse nucléairement un autre, devrions-nous le rayer de la carte ? Et si c’est la Russie, devrions-nous déclencher l’apocalypse sur la planète ?

Nous entretenons et améliorons constamment ce système d’arme effrayant avec l’objectif de ne jamais avoir à nous en servir un jour, justement parce qu’il est effrayant. La dissuasion nucléaire fonctionne depuis plus de 70 ans maintenant entre les grandes puissances et seuls les fous ou les ignorants du sujet, peuvent croire qu’une guerre nucléaire pourrait être gagnée.

Pour la France il n’y a pas d’usage nucléaire gradué. C’est tout ou rien, telle est notre doctrine et je l’approuve.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

05 octobre 2022

Nationalistes psychiquement instables autour de Poutine

En dehors de la psychiatrie, je ne m’explique pas comment les extrémistes cités dans cet article peuvent en arriver à leurs thèses délirantes (lisez et jugez par vous-même). Mais j’ai surtout beaucoup plus de mal à comprendre qu’il puisse y avoir des gens pour les écouter et y croire :

Vladimir Poutine débordé par l’extrême droite russe ?

« The Conversation » Publié 27 septembre 2022

Et certains décérébrés (non pas qu’en Russie) croient encore le message initial de Poutine justifiant la guerre en Ukraine pour sauver les Ukrainiens du fascisme. Maintenant qu’il s’aperçoit que son mensonge ne tient pas, même dans les régions les plus reculées et sous-informées de sa fédération, il transforme le message en une guerre défensive contre l’occident (ben voyons, c’est l’Europe et les USA qui dès Février ont attaqué la Russie et elle ne fait que légitimement se défendre).

Et certains pensent gentiment que l’idéologie nazie de la race pure et de la guerre totale fait partie de l’histoire et que l’on ne reverra pas une telle folie déferler sur l’Europe et le monde, que la mégalomanie de Poutine n’est pas comparable à celle d’Hitler (entre la volonté de restaurer « la grande Russie » et celle d’un « Reich de 1000 ans », je ne vois pas de différence idéologique de fond).

Et si Poutine, encore plus fou qu’il n’y parait ou dans un élan suicidaire pour sortir de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même fourré, cédait aux incantations de malades mentaux encore plus détraqués que lui ?

… Alors à l’image de Berlin en 1945, il n’y aura cette fois-ci pas que Moscou qui sera totalement détruit (une guerre nucléaire ne peut être gagnée). Et si encore les animaux pouvaient survivre à l’humanité. … Même pas !

J’exagère ? Lisez vraiment l’article (ma présente réflexion n’en n’est pas un résumé) pour comprendre les courants idéologiques qui entourent Poutine et pourraient fort bien l’influencer. Acculé dans les conséquences des mauvais choix qu’il a fait jusqu’à présent, il n’est sans doute plus à une mauvaise décision supplémentaire.

Seul petit espoir : le bon sens et le sérieux des hauts gradés de l’armée, les mieux placés pour savoir ce qu’emploi de l’arme nucléaire veut dire et implique (dont ceux de la trempe du général Valeri Guerassimov réputé avoir un haut niveau de compétence et de valeurs, d’avis même des généraux de l’Otan qui l’ont côtoyé dans le passé). Sûr que comme les précédents, il est critiqué et peut se faire éjecter par Poutine. Quoiqu’il en soit, comparé à tous les extrémistes dont parle l’article, dont les seigneurs des milices privées (détestés par l’armée, car ils ne s’agit en fait que de chefs mafieux) et à défaut d’un soulèvement du peuple, ne restera que les militaires de l’armée régulière et de haut rang pour empêcher le pouvoir en place de déclencher l’irrémédiable (l’emploi de l’arme nucléaire, quelle que soit sa puissance, transformera la nature même de la guerre actuelle).

Il y a nucléaire « tactique » (emploi à l’échelle d’un champ de bataille, soit quand même de 10 aux 15 KT de celle d’Hiroshima) et « stratégique » (échelle d’un pays) me direz-vous. La graduation nucléaire je n’y crois pas trop. Je pense au contraire que le premier amènera au second avec une probabilité de 80%, d’autant plus en lisant les aspirations des fous furieux cités dans l’article qui vont de « la guerre totale » à « la guerre de civilisation ».

Depuis les années 60 (disons depuis que le monde entier, Russes compris, s’est vraiment fait peur avec la crise des missiles de Cuba), l’arme nucléaire est et doit rester dissuasive. Les niveaux de puissance atteints sont si élevés (jusqu’à 100, non pas KT, mais Méga Tonnes, soit plus de 6500 fois Hiroshima) qu’elle n’a finalement continué à être conçue et améliorée que dans le but de n’être jamais utilisée. Cette théorie vaut pour toutes les nations nucléaires « matures », Russie comprise, possédant la capacité de vitrifier un pays entier, … même après l’avoir été (d’où les SNLE).

Un président « appuyant sur le bouton » est une légende. Certes il donne l’ordre (confirmé par l’un de ses ministres et un ou deux généraux), mais avant que celui qui, en bout de chaine de commandement, fasse physiquement le geste qui déclenchera l’apocalypse, il y a encore quelques intermédiaires. En théorie, ces derniers devraient être suffisamment « adultes », sensés et instruits pour interrompre le processus. 

Comme le disait l’état-major militaire autour de Trump : « y-a-t ‘il un adulte dans la pièce ? ».

J’ose espérer que la situation actuelle restera dans la rubrique des « on n’est pas passé loin » comme il y en a eu plusieurs depuis Août 1945, car dans le cas contraire ce serait la dernière et il n’y aura ni article, ni livre d’histoire pour en parler. « Je ne sais avec quelles armes se fera la 3ème guerre mondiale, mais puis vous assurer que la 4ème se fera à coups de pierres et de bâtons » (Albert Einstein, … plein d’optimiste puisqu’il envisageait quand même « la 4ème »).

On remarquera que jusqu’à aujourd’hui et en ce domaine, l’intelligence au service du bon sens, sans distinction du camp où elle se trouve, a toujours fini par l’emporter … La question étant de savoir jusqu’à quand cela restera vrai ?

On ne peut pas dire que le bon sens étouffe Poutine, ce qui permet d'être finalement convaincu que cette guerre ne pourra prendre fin qu’avec celle de son régime.

Je remarque néanmoins que maintenant que la population est plus directement et concrètement impliquée dans cette guerre, se renforcent les raisons qui m’incitaient déjà fin Juillet (manque de motivation des soldats du rang qui sont aussi des hommes du peuple) à penser que Poutine pourrait bien ne pas finir l’année … à la tête du Kremlin en tout cas (mon post « Bannissez Poutine et son Gvt, mais pas les Russes »). Si ce n’est pas la rue qui le pousse vers la sortie (pieds devant ou en exil), ce sera peut-être l’armée (régulière, espérons-le).

Croisons les doigts car à notre humble niveau face à cet évènement majeur, avec toute l’humanité dans la balance, c’est bien tout ce que nous pouvons faire.


@+

Jack