18 novembre 2023

Manifestations propalestiniennes

Les musulmans et leurs sympathisants se mobilisent pour la cause palestinienne dans les rues des différentes capitales mondiales, pour crier leur colère et leur indignation. Soit, mais quand se sont-ils « manifestés » pour dénoncer, ou au minimum se désolidariser, des diverses exactions commises au nom de leur propre religion par les extrémistes islamistes ?

Manifester contre la guerre, toutes les guerres et toutes les horreurs qu’elles infligent, est parfaitement louable. Mais le faire de façon aussi sélective et aveugle, ne l’est pas. Assurément ces foules en colère sont manipulées, évidemment dans les pays arables mais également dans nos démocraties (ce qui n’exonère pas de la responsabilité individuelle de chaque manifestant participant de son plein grès).

Est bien suspecte cette soudaine compassion envers les Gazaouis après leur totale indifférence envers bien d’autres musulmans en souffrance. Quand se sont-ils levés pour dénoncer le sort des musulmans du Xinjiang en Chine (Ouïghours), de Tchétchénie (plus que copieusement et aveuglément bombardée par la Russie), de Syrie ou d’Irak sous Daesh (là aussi, nombre de musulmans piégés n’ont pas étés à la fête) ? Les conflits entre musulmans (chiites/sunnites) seraient-ils plus tolérables ? Une famille musulmane souffrirait-elle moins lorsqu’elle est opprimée, agressée, meurtrie par des musulmans ? Qui parle de « deux poids deux mesures » ?

Que dire du silence de la communauté musulmane suite aux inqualifiables exactions du Hamas perpétrées le 7 Octobre en Israël ? Un massacre de civils faisant la fête (au nom de la paix de surcroit) ou dans des Kibboutz reconnus pour être anti-guerre (gauche israélienne). Des actes de barbarie avec une intention délibérée et assumée (filmée) de torturer, bruler vif, décapiter, nourrissons compris ! Au sortir de la présentation des films récupérés par Israël, la réaction horrifiée des reporters de guerre aguerris à faire face à l’horreur, en dit long.

À part quelques intellectuels, il n’y a pas eu de désapprobation ni d’indignation musulmane. Pire, certains se sont réjouis de l’évènement, d’autre l’ayant nié ou qualifié de « mérité ».

Ce que fait Tsahal à Gaza n’est pas comparable à ce que le Hamas a fait (ou Daesh en son temps). Le nombre de morts d’un côté ou de l’autre ne change rien, ne peut être comparé. Ce serait comparer les civils morts sur les champs de bataille des deux dernières guerres mondiales et ceux exterminés dans les camps de concentration nazis. L’intention génocidaire et la chosification de l’être humain font toute la différence

Et comment ne pas voir ou refuser de voir que le Hamas, organisation profondément fasciste, utilise le peuple palestinien de Gaza comme bouclier humain ? Même les Gazaouis, après des années d’oppression et de corruption, doivent en avoir conscience, sans pour autant pouvoir s’y opposer. Ils ont bien essayé cet été (en Juillet-Aout il me semble), mais leur manifestation a tourné court, les participants ayant été rapidement dispersés, certains arrêtés par le Hamas.

Le 7 Octobre, ce groupe mafieux a surpassé Daesh, dans l’horreur et la déshumanisation. Pire, sachant très bien qu’il y aurait des représailles militaires contre Gaza, il est allé s’enterrer avec les seuls otages comme civils, laissant leurs compatriotes à leur triste sort de victimes collatérales.

En fait, tous les civils à Gaza sont otages du Hamas. Les Gazaouis sont directement et indirectement leurs victimes et il est étonnant que la communauté musulmane qui n’est pas sous ce joug et pouvant librement s’exprimer, ne le relève pas.

Bombardements Israéliens sur Gaza :

Pour leurs crimes contre l’humanité et leur capacité à les reproduire, à défaut de pouvoir être attrapés et jugés, tous les membres du Hamas doivent être éliminés. Mais comment le faire lorsqu’ils se fondent dans la population ?

En 1945, les alliés n’ont pas éliminé les fanatiques nazis et leurs dirigeants bunkérisés à Berlin, sans détruire totalement la ville. Cela n'a pas éradiqué l’idéologie nazie (on n’élimine pas une idée), mais on ne peut pas dire que depuis, elle rameute les foules comme dans les années 30. Quelques milliers d'abrutis incultes manipulés, plus ou moins inégalement répartis sur la planète. L’idéologie salafiste du Hamas peut aussi, tout comme celle du III° Reich en son temps, être réduite à son stricte minimum par la force (à défaut d’avoir le temps de le faire par les mots)..

Il est vrai que depuis le siècle dernier les lois de la guerre et les droits humains ont évolués, et même si ce n’est pas le cas de la barbarie, il faut en tenir compte. Raison pour laquelle Tsahal a demandé à la population de quitter les lieux des bombardements et que ceux- ci ont été bien mieux ciblés, avec des armes beaucoup plus précises qu’en 1945. Certes pas au point d’épargner les civils maintenus aux côtés des combattants du Hamas dans les bâtiments visés.

Toujours est-il que les Israéliens ont droit à l’autodéfense. S’ils ont bien des tords, il faut reconnaître qu’ils se font souvent attaquer. Avant celles du Hamas (mouvement, rappelons-le, élu à la majorité par les Palestiniens en 2006), à maintes reprises dans le passé par les pays Arables les entourant, et ce depuis que l’État d’Israël a été créé et reconnu par l’ONU. Il est vrai qu’après chaque attaque, ils récupèrent un peu plus de territoire. Mais n’est-ce pas légitime ?

Je ne suis pas trop d’accord avec le principe de proportionnalité en matière de légitime défense (même si en tant que juriste, j’en connais et comprends les fondements). En droit national comme international, cette proportionnalité est très difficilement mesurable et contrôlable. Mais encore et surtout, celui qui agresse doit prendre son risque. Je trouverais normal qu’il puisse « prendre » au moins « le double » de ce qu’il comptait infliger. Si tel était le cas, au militaire comme au civil, il y aurait peut-être moins d’agresseurs !

De « l’autre côté » il y a les colons israéliens de Cisjordanie dont le comportement envers les palestiniens est parfaitement injustifiable. Les justifications des extrémistes juifs ne valent pas mieux que celles des extrémistes musulmans. Le fait que le gouvernement Israélien d’extrême droite ne les empêche pas (voire même les y aide parfois) est scandaleux. Dans les faits, il y a là une vraie stratégie de colonisation condamnable … et condamnée par la communauté internationale, comme d’ailleurs une grande partie de la population Israélienne.

Mais si cette attitude explique largement la colère et le ressentiment des Palestiniens (dans le monde) et on peut le comprendre, elle n’excuse ni ne justifie aucunement le massacre du 7 Octobre perpétré par le Hamas.

Je ne retire pas aux Palestiniens leur statut de victimes, tant durant cette guerre déclenchée par le Hamas, qu’auparavant, et ce depuis la création d’Israël.

Quant à déterminer où sont les torts entre Palestiniens et Israéliens, entre les extrémistes de chacun des deux camps (Hamas et colons de Cisjordanie), il faut dire qu'à l'époque des opinions tranchées, incolores et sans nuance, tout avis mitigé est inaudible. Et ce qui n’est pas entendu, ne peut pas être compris.

Mon point de vue sur la question israélo-palestinienne, que je crois assez bien connaître, est très partagé. Il sera donc in-entendable pour les plus convaincus « de la cause » de l’un ou de l’autre. Je pense en effet qu'il y a des torts des deux côtés, sans pour autant avoir un avis définitif sur celui qui en cumule le plus. Le sujet est complexe, chargé d'histoire et ce qui n'arrange vraiment rien, notablement alourdi de références et considérations religieuses relevant de la croyance et non de la raison (l'un excluant l'autre). C'est un long débat que je n'ouvrirai pas ici.

Pour faire court, je retiens surtout que les deux peuples aspirent à la paix et que dans l'ensemble, malgré tout ce qui les oppose, ils sont prêts à abandonner leurs rancœurs pour y parvenir.

La Palestine et Israël l'ont maintes fois approchée, de très près même, sans pourtant y parvenir. Pourquoi ?

Parce qu'il a toujours eu, de part et d'autre, une toute petite minorité d’activistes « jusqu'au-boutistes » pour l'empêcher. Certes, soutenus par quelques obscurs intérêts géopolitiques mondiaux.

L'histoire de l'humanité ne cesse de démontrer que le sort de millions de gens peut être décidé par quelques hommes seulement, voire un seul. C’est ainsi que ce conflit qui n'en finit pas, ne trouvera pas de solution pacifique tant que les Palestiniens seront à l'écoute de leurs fondamentalistes religieux, bien aidés par les colons de Cisjordanie et l'extrême droite Israélienne il est vrai.

Tous ces extrémistes politico-religieux, attisant haine et divisions, sont bien plus motivés par leurs intérêts personnels (égo, pouvoir, argent) que par le bonheur de leurs concitoyens. Je trouve d’ailleurs très étonnant que tous ceux qui s’indignent du sort des Gazaouis, ne relèvent pas la responsabilité dans ce désastre humanitaire des dirigeants du Hamas, bien à l’abri, nourris et dorlotés dans des palaces au Qatar ou aux alentours. Ces milliardaires enrichis par la corruption et les trafics que tout conflit génère, semblent avoir tout intérêt à ce que la situation s’enlise.

Comment expliquer toute la misère populaire tant au Liban qu’à Gaza, depuis des décennies ? Deux territoires au soleil et en bord de la mer, qui auraient pu se développer en paix et très avantageusement dans le tourisme mondial. Le blocus partiel de la bande de Gaza par Israël entravant tout développement économique ? Ce serait oublier les envois sporadiques de roquettes et missiles du Hamas délibérément ciblés sur les civils israéliens. Sans cela, Israël aurait permis le libre développement de Gaza.

Où sont allés les milliards de dollars versés par le Qatar et comment expliquer qu’au fur et à mesure que les Gazaouis s’appauvrissaient, leurs dirigeants s’enrichissaient ?

Alors à quand la paix ?

Si le problème est complexe, la réponse à cette question me parait simple : quand la majorité de chacun des deux camps tournera le dos à sa propre minorité d’extrémistes, qu’elles les auront virés, répudiés ! Les bonnes volontés et l’intelligence ne manquent pas, d’un côté comme de l’autre. Il suffit simplement de les laisser s’exprimer.

Citation pour la circonstance : « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valery).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.


13 novembre 2023

Musulmans modérés … ou pas

Qu’est-ce qu’un musulman « modéré » ?

De mon point de vue c’est celui qui ne place pas sa religion devant la loi et bien évidement qui ne fait pas de prosélytisme religieux.

C’est le croyant qui considère que la pratique de son culte est parfaitement compatible avec notre modèle social (« occidental »), qu’il n’entre pas en contradiction ni même en compétition avec les valeurs fondamentales de notre république laïque. Ils représentent la très grande majorité des croyants de l’Union Européenne (toutes religions confondues).

Il y a aussi le musulman de naissance ou de batême non pratiquant, voire parfaitement athée et même agnostique.

A l’opposé il y a les intégristes ou fondamentalistes. Pour certains d’entre eux, les stratèges et politiciens, la religion n’est qu’un outil de manipulation de masse. Pour d’autres, les convaincus, enfermés dans leurs dogmes ou délires (entre paranoïa et mégalomanie), il s’agit du salut de l’humanité qui ne peut être trouvé en dehors de la religion, … dont ils dénaturent le plus souvent l’idée fondatrice de base. Comme ils ne raisonnent que dans l’extrême, pour eux c’est le salut ou chaos

Un « non modéré » est donc un musulman convaincu qui place sa religion au-dessus des lois républicaines, dans sa vie personnelle comme publique. Ce qui me parait le mieux caractériser un « intégriste » sont l’aveuglement et l’intolérance. Sa vision des faits et de l’histoire est bornée, avec un mélange différemment dosé d’ignorance, de bêtise ou de mauvaise foi.

A titre d’exemple, un musulman n’est pas modéré lorsqu’il se mobilise pour dénoncer les caricatures de Mahomet comme une atteinte à sa religion, … sans considérer les crimes contre l’humanité commis au nom du prophète, qui sont pourtant bien plus graves et insultantes pour ses croyances sacrées. Mais à qui un coup de plume peut-il faire plus de mal qu’un coup de sabre ? … Si ce n’est à celui qui tient le sabre et compte s’en servir.

Entre « modéré » et « fondamentaliste » :

Dans la rue, je pourrais douter de la « modération » d’un musulman du fait de sa tenue vestimentaire, ses signes volontairement distinctifs en vue d’afficher sa croyance religieuse. Mais sauf à l’interroger, rien ne prouve qu’il ne soit pas « modéré » (un dévot tolérant, ça doit bien exister, non ?).

Le fait qu’un musulman ne manifeste pas publiquement (dans la rue ou sur les réseaux sociaux) sa désapprobation du fondamentalisme religieux toxique, pose quand même question.

Ceci dit, à l’écrit comme à l’oral, sur les plateaux TV ou dans les interviews radio, il serait faux d’affirmer qu’aucun musulman ne dénonce l’intégrisme et ses exactions. Ceux qui disent le contraire ne sont pas à l’écoute (enfermés dans leurs certitudes) ou de mauvaise foi. On pourrait me rétorquer que ce n’est pas la majorité, mais seulement quelques « personnalités » (écrivains, journalistes, politiques, philosophe ou autre érudit, laïc ou religieux). S’ils ne sont effectivement pas la majorité à s’exprimer publiquement, reste à savoir s’ils la représentent ou pas.

Le fondamentalisme religieux et plus particulièrement le salafisme, sont des fléaux pour l’humanité. Pire encore est celui d’élever ses enfants dans cette idéologie religieuse malsaine, qui prône la division, la haine et le rejet de « l’autre », celui qui n’a pas cette croyance, et en premier lieu celui de l’occident. Il faut combattre cette idéologie extrémiste par tous les moyens dont dispose notre démocratie, à commencer par la loi, et à plus long terme par l’éducation.

Mais doit-on pour autant tenir tous les musulmans responsables, considérer que ce que certains d’entre eux ont été capables de faire, tous pourraient le faire, ou que les musulmans qui approuvent des crimes contre l’humanité sont représentatifs de tous les musulmans ?

Certainement pas !


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

06 novembre 2023

Le danger islamique, le danger religieux

A chaque nouvelle attaque islamiste, je me rappelle ce que mon père m’a dit le lendemain du 11 Septembre

Mon père, l’Iran et les « musulmans modérés » - Anne Mansouret - 21 octobre 2023 (CAUSEUR)

Réflexion intéressante que je partage en bien des points.

En témoignent mes posts sur le sujet.

… À deux objections près !

Cette réflexion suggère l’amalgame en jugeant que tous les musulmans représentent un danger pour nos sociétés occidentales, intégristes et modérés de par leur silence fautif. Je désapprouve.

L’amalgame est la principale cause des conflits dans le monde, qu’il s’agisse de guerres internations ou civiles, parce que les messages les plus rassembleurs pour un public inquiet ou en colère, sont les aprioris et les raisonnements simplistes. On ne lutte pas contre la haine par la haine, contre l’ignorance par le mensonge.

Mais encore et surtout, l’amalgame est très exactement le projet les fondamentalistes religieux : fracturer notre société « occidentale ». Tout faire pour qu’une partie de ses membres soit stigmatisée et rejetée du fait de ses origines ou de sa religion, pour au final n’avoir d’autre choix que de rallier leur cause, le côté obscur de l’islam.

Cela a été théorisé il a longtemps (dans les années 30 il me semble) par les frères musulmans, d'obédience Salafiste (fondamentalisme religieux pur et dur Wahhabite). Quand ils prêchent « nous avons le temps pour vous convertir », cela veut dire « pour prendre le pouvoir, nous saurons attendre que votre démocratie s’écroule par ses divisions internes ».

Il est étonnant et agaçant qu’en dehors de quelques intellectuels sur les plateaux TV ou radio, les musulmans dits « modérés » (s’entend de croyants ne plaçant pas leur religion au-dessus de nos lois, de nos valeurs républicaines et laïques) ne dénoncent pas les graves dérives fondamentalistes de leur propre religion. Cela nous aiderait grandement à ne pas tomber dans le piège qu’ils tendent à notre démocratie.

Qu’est-ce qui explique ce silence « fautif » ? L’auteur, bien mieux documenté que moi sur ce sujet, donne des pistes.   

Mais pour autant, cela justifie-t ’il l’amalgame ?

Le principe de « la faute collective » n’est pas digne de notre république et de ses valeurs fondamentales. Le temps où toute la famille était châtiée ou répudiée pour la faute d’un seul de ses membres, était celui du moyen-âge.

La pire des injustices serait donc de stigmatiser, non seulement toute une communauté sans distinction, mais encore toute personne simplement suspectée d’en faire partie (de par son apparence ou son nom), sans même se poser la question de ses convictions, de ses origines, de son appartenance ou non confessionnelle (sans oublier que chez les musulmans, comme dans toutes les religions, il y a les croyants, pratiquants ou non, les athées, les agnostiques et tous ceux qui se posent la question de savoir où ils se situent). C’est cela « l’amalgame » : cataloguer les gens sur le fondement de préjugés, d’aprioris, de stéréotypes, sans nuance ni réflexion !

Nous avons au contraire tout à gagner à bien considérer ces différences, et retenir à nous tous ceux qui partagent nos valeurs, quelles que soient leurs origines et leurs croyances. L’important reste le partage de valeurs, et non les distinctions religieuses ou les origines culturelles. C’est ce qui fonde un pays, mais aussi l’union des pays dont les valeurs sont proches et au final ce que l’on appelle « l’occident démocratique », l’ennemi juré des dictateurs, de tous les despotes et fanatiques de la planète, religieux ou pas.

L’auteur (rapporté par sa fille) dit « Néanmoins le syllogisme est évident et les faits sont têtus : tous les musulmans ne sont pas des fondamentalistes islamiques ni des djihadistes ; mais tous les fondamentalistes islamiques et tous les djihadistes sont musulmans. ». En d’autres temps, celui de l’inquisition dans l’Europe du XII° au XIV° siècle, tous les catholiques n’étaient pas inquisiteurs, mais tous les inquisiteurs, juges et bourreaux, étaient catholiques. Qui a le plus souffert à cette époque, si ce ne sont les peuples, pourtant très majoritairement dévots ?

Toute la différence est à faire entre les minorités bruyantes qui manifestent leurs convictions (dans la rue, sur les réseaux sociaux, dans les médias), et les majorités qui ne se prononcent pas autrement que par les urnes. Même cent ou deux cent mille personnes dans la rue sur plusieurs millions d’électeurs, ne peut être représentatif de la volonté d’un peuple (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas en tenir compte).

Les manifestants ne représentent qu’eux-mêmes et leurs voix, aussi tonitruantes soient-elles, n’égaleront jamais celles des urnes. Dans une démocratie, c’est bien là que le peuple doit s’exprimer.

Et comment juger de la représentativité d’une manifestation populaire ? Pour ce qui me concerne, mon premier réflexe est d’analyser les plans. S’il est « rapproché », c’est que l’on veut vous faire croire que la grenouille est un bœuf. Soyez certain qu’il ne s’agit que d’une petite minorité d’excités, parfois de personnes payées pour y être (le plus souvent contraintes dans les dictatures). Dans le cas contraire, lorsque la caméra prend de la hauteur et que la manifestation parait importante, reste encore à se poser la question de ce qu’elle représente par rapport à la population nationale et quelle part d’extranationaux sont venus la gonfler.

Mais ne pas stigmatiser une communauté, ne sous-entend pas que nous devons gentiment nous laisser faire. Une démocratie est par essence fragile, en apparence du moins. Depuis un peu plus de 200 ans qu’elle existe (USA et Europe), elle a déjà démontré qu’elle peut être très réactive lorsque ses principes fondamentaux sont attaqués. Je reconnais que tel un gros diesel, elle ne démarre pas au quart de tour (pluralité d’opinions et débat démocratique obligent).

Alors que faire ?

Lutter, à tous les niveaux (de l’État au citoyen, de par ce qu’il dit, écrit et vote), en deux temps et sur deux axes :

  • En urgence, combattre le fondamentalisme religieux : Pourquoi ne pas interdire le Salafisme (tout comme nous avons prohibé l’apologie du nazisme) ? Surveiller les imams et leurs prêches (ce qui est déjà à l’œuvre). Mais aussi s’attaquer à la désinformation en trouvant le moyen de réguler ce qui circule sur les réseaux sociaux (responsabiliser les prestataires et s’attaquer à leurs algorithmes agrégeant l’info par genres, les plus malsains malheureusement). Entre liberté d’expression ou d’information, et volonté délibérée de tromper ou de relayer de fausses informations, l’exercice va être difficile. Mais c’est à mon sens la préoccupation majeure du moment, tant ce phénomène pourrait déstabiliser notre société, à court ou moyen terme.
  • Sur le temps long, lutter contre les amalgames et l’ignorance qui les génère : informer, … encore et encore ! … Ce qui implique de développer l’esprit critique face à l’information, et ce dès le plus jeune âge. Moins il y aura de consommateurs de stups, moins il y aura de dealers et de délinquance liée. Pareil pour l’info : moins il y aura de crétins pour gober tout ce qui passe sur le Web, moins il y aura d’intox.

J’ai bon espoir et ne partage pas la conclusion pessimiste prédisant qu’au bout du compte, nous les occidentaux perdront « le combat »anéantissement de notre civilisation »). Toute civilisation avance avec des périodes de recul et nous sommes sans doute dans l’une de ces phases, mais ce n’est pas la fin de la partie. Loin de là !

Comme semble le démontrer le discours politique ambiant et les sondages, en France comme en Europe, les récents évènements ont fait réagir notre démocratie. Il ne pouvait en être autrement. Avec les attentats larvés depuis le début de ce siècle, l’occident démocratique avait déjà conscience du danger que représente le fondamentalisme religieux, mais pas encore réalisé que celui-ci nous déclarait la guerre. 

La soif de connaissance est intrinsèque à l’humanité et celle-ci finit toujours par être partagée pour aboutir à ce que l’on appelle « civilisation », au sens noble. C’est ce qui fait sa force et c’est la raison pour laquelle, après des millénaires de guerres et de conflits, elle émerge toujours au-dessus du chaos (certes, pas toujours au même endroit). Après chaque épisode sombre, elle s’en sort renforcée. Ses « défenses immunitaires » sont bien plus puissantes et efficaces que les inquiets pourraient le croire aujourd’hui (la « théorie du grand remplacement » est une foutaise absurde). Bon d’accord, elle n’évacue pas tous ses virus et germes malfaisants aussi vite qu’on le souhaiterait, à l’échelle d’une vie humaine.

Vous me répondrez peut-être « on s’en fou, ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe en ce moment, du temps de notre vie ». Sûr que dans ce (petit) laps de temps, rien n’est gagné. Désolé.

La longue période d’obscurantisme du moyen âge n’a pas empêché « le siècle des lumières » d’advenir. Pour l’heure, certes, nous subissons quelques baisses de tension, mais la coupure définitive n’est pas pour bientôt (… sauf si personne n’arrive à empêcher Poutine de faire plus le con qu’il ne l’a fait jusqu’à présent).

Avec le savoir et la pensée logique, cartésienne, qui accompagne l’évolution humaine, la religiosité islamique finira par s’émousser, s’effacer au fil du temps comme toutes les autres religions. Forcément, logiquement, inexorablement. Si le dogme était plus fort que la connaissance, l’humanité n’aurait jamais atteint son degré d’évolution actuelle et aucune démocratie n’aurait émergé.

Il arrivera un moment où les islamistes ne seront qu’une toute petite minorité qui n’intéressera plus grand monde, comme les bigotes de village qui subsistent encore dans la religion catholique. Certes avec du temps, voire quelques générations.

Il y aura toujours des fondamentalistes religieux, comme il existe toujours des nazis. Mais tel le Ku Klux Klan, ils ne regrouperont que quelques dégénérés et malades mentaux manipulés par tel ou tel bonimenteur sur la base de telle ou telle théorie ressortie du fond des poubelles de l’histoire. Ces marginaux ne font pas la société.

L’auteur dit aussi « La religion est un leurre contre la peur de la mort ; un leurre pour assujettir ceux qui ont vocation à être dominés. Depuis toujours, la religion est l’auxiliaire du pouvoir. Dans toutes les religions. ». Je ne peux que l’approuver (nombreux sont mes posts au sujet de la religion qui martèlent ce constat).

Il ajoute « Pourquoi l’être humain a-t-il tellement besoin de se raccrocher à un Dieu et à un au-delà pour tenter d’évacuer la peur de la mort ? Je ne sais pas. ».

Mais pourquoi la croyance en un au-delà impliquerait-elle celle de l’existence d’un Dieu ? Le besoin inavoué d’un maître, pour nous guider, nous protéger, rétablir la justice et punir les méchants ? Dans les faits et au travers de l’histoire, c’est raté ! … Sauf à ce que Dieu soit sadique.

Dieu (ou les dieux) est un incontournable dans la majorité des religions, chrétienne et musulmane, c’est sûr. Cette « autorité » est effectivement très pratique pour le pouvoir en place (« je vous châtie parce que Dieu me l’a ordonné »).

Chez les bouddhistes, dans sa forme originelle, philosophique (le « petit véhicule » pour les intimes, les adeptes de la pensée de Bouddha), il n’y a pas de dieu, et pourtant existe bel et bien la conviction que la mort n’est qu’un passage. Cela répond à la peur de la mort … ou à une aspiration plus profonde de tout être pensant, au sujet de lui-même comme de ce qui l’entoure (pourquoi l’univers ?).

Pour autant, le bouddhisme est aussi une religion quand il s’entoure de rituels (le « grand véhicule » pour le bon peuple), de dogmes et divers dictats qui caractérisent les religions. Sous cette forme, il est aussi un instrument de manipulation et de pouvoir, comme toutes les autres religions.

La différence entre ces deux formes de Bouddhisme illustre très bien la différence entre religion et spiritualité, l’un n’excluant pas l’autre. Je propose que l’on jette la religion par-dessus-bord et qu’on garde la spiritualité. Ainsi nous ne donnerons pas tort à Malrauxle XXI° siècle sera spirituel ou ne sera pas »).

De nos jours, la religion me parait plus dangereuse que bénéfique. En Europe, du moyen âge au XIXème siècle, elle avait peut-être un rôle de « morale prête à porter », en plus de celui qu’elle a toujours eu, de maintien de l’ordre et de contrôle du peuple. Avec la connaissance, elle n’a plus cette « utilité morale » et les démocraties ne sont plus si facilement manipulables (toujours grâce au savoir, sans lequel elles n’existeraient pas).

C’est ainsi que je suis de ceux qui pensent qu’il faut écarter la religion de l’espace public (croire ou pas, est et doit rester une affaire personnelle, voire intime).

Toujours est-il que la vision quelque peu pessimiste de Djahanguir Riahi sur la religion et le devenir de notre société, n’entache en rien sa justesse et sa profondeur. Je vous invite à lire cette « réflexion post mortem ». Elle est construite et historiquement argumentée (en tant qu’Iranien, l’auteur sait de quoi il parle).


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Jack

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