Qu’est-ce qu’un musulman « modéré » ?
De mon point de vue c’est celui qui ne place pas sa religion devant la loi et bien évidement qui ne fait pas de prosélytisme religieux.
C’est le croyant qui considère que la pratique de son culte est parfaitement compatible avec notre modèle social (« occidental »), qu’il n’entre pas en contradiction ni même en compétition avec les valeurs fondamentales de notre république laïque. Ils représentent la très grande majorité des croyants de l’Union Européenne (toutes religions confondues).
Il y a aussi le musulman de naissance ou de batême non pratiquant, voire parfaitement athée et même agnostique.
A l’opposé il y a les intégristes ou fondamentalistes. Pour certains d’entre eux, les stratèges et politiciens, la religion n’est qu’un outil de manipulation de masse. Pour d’autres, les convaincus, enfermés dans leurs dogmes ou délires (entre paranoïa et mégalomanie), il s’agit du salut de l’humanité qui ne peut être trouvé en dehors de la religion, … dont ils dénaturent le plus souvent l’idée fondatrice de base. Comme ils ne raisonnent que dans l’extrême, pour eux c’est le salut ou chaos.
Un « non modéré » est donc un musulman convaincu qui place sa religion au-dessus des lois républicaines, dans sa vie personnelle comme publique. Ce qui me parait le mieux caractériser un « intégriste » sont l’aveuglement et l’intolérance. Sa vision des faits et de l’histoire est bornée, avec un mélange différemment dosé d’ignorance, de bêtise ou de mauvaise foi.
A titre d’exemple, un musulman n’est pas modéré lorsqu’il se mobilise pour dénoncer les caricatures de Mahomet comme une atteinte à sa religion, … sans considérer les crimes contre l’humanité commis au nom du prophète, qui sont pourtant bien plus graves et insultantes pour ses croyances sacrées. Mais à qui un coup de plume peut-il faire plus de mal qu’un coup de sabre ? … Si ce n’est à celui qui tient le sabre et compte s’en servir.
Entre « modéré » et « fondamentaliste » :
Dans la rue, je pourrais douter de la « modération » d’un musulman du fait de sa tenue vestimentaire, ses signes volontairement distinctifs en vue d’afficher sa croyance religieuse. Mais sauf à l’interroger, rien ne prouve qu’il ne soit pas « modéré » (un dévot tolérant, ça doit bien exister, non ?).
Le fait qu’un musulman ne manifeste pas publiquement (dans la rue ou sur les réseaux sociaux) sa désapprobation du fondamentalisme religieux toxique, pose quand même question.
Ceci dit, à l’écrit comme à l’oral, sur les plateaux TV ou dans les interviews radio, il serait faux d’affirmer qu’aucun musulman ne dénonce l’intégrisme et ses exactions. Ceux qui disent le contraire ne sont pas à l’écoute (enfermés dans leurs certitudes) ou de mauvaise foi. On pourrait me rétorquer que ce n’est pas la majorité, mais seulement quelques « personnalités » (écrivains, journalistes, politiques, philosophe ou autre érudit, laïc ou religieux). S’ils ne sont effectivement pas la majorité à s’exprimer publiquement, reste à savoir s’ils la représentent ou pas.
Le fondamentalisme religieux et plus particulièrement le salafisme, sont des fléaux pour l’humanité. Pire encore est celui d’élever ses enfants dans cette idéologie religieuse malsaine, qui prône la division, la haine et le rejet de « l’autre », celui qui n’a pas cette croyance, et en premier lieu celui de l’occident. Il faut combattre cette idéologie extrémiste par tous les moyens dont dispose notre démocratie, à commencer par la loi, et à plus long terme par l’éducation.
Mais doit-on pour autant tenir tous les musulmans responsables, considérer que ce que certains d’entre eux ont été capables de faire, tous pourraient le faire, ou que les musulmans qui approuvent des crimes contre l’humanité sont représentatifs de tous les musulmans ?
Certainement pas !
@+
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.