17 novembre 2024

Trump a Trumpé !

Comment Donald Trump a utilisé la désinformation pour s’imposer

Publié 10 novembre 2024

Ce n’est pas un avis politique, mais un fait. Cette étude factuelle confirme et démontre.

Il n’y a pas de comparaison raisonnable entre les petits mensonges que tous les politiques se permettent parfois (Kamala sur l’état de santé de Biden par exemple, comme sans doute quelques autres « petits arrangements » que tous les tribuns font, là-bas comme ici), … et l’énormité des contre-vérités grossières de Trump.

Pour Trump comme pour Poutine, c’est d’ailleurs une technique assumée : « plus un mensonge est gros, mieux il passe, plus il est répété, plus il s’impose comme une vérité ». Si Poutine est un ancien du KGB formé au meilleures techniques de la manipulation, maître dans l’art d’inverser les responsabilités, Trump est un agent commercial très doué.

J’ai bien peur que le premier manipule le second. Les premiers à en payer le prix fort vont être les Ukrainiens. Et là il ne s’agit pas que d’économie, mais bien de chair et de sang, le prix pour défendre les libertés essentielles, une démocratie attaquée !

Quant à la grande majorité des électeurs républicains, crédules et sous-informées, souvent les plus démunis et donc les premiers à prendre les contre-coups économiques, elle va rapidement se rendre compte qu’elle s’est fait bananer par les promesses populistes d’un menteur avéré (et ce n’aura pas été faute de les prévenir), relayées et appuyées par une poignée de milliardaires complices sans état d’âme. Par principe, un homme d’affaire ne sert que ses propres intérêts. Franchement, ne faut-il pas être un peu crétin pour croire que s’il a été bon dans ses affaires, il sera bon pour son pays ?

Ils s’en apercevront bien avant la fin du mandat du « roi » qu’ils ont adulé. Malheureusement, l’addition sera payée par tous les électeurs, dont bien sûr ceux qui n’étaient pas dupes, … représentant quand même 49% de l’électorat (mais c’est le principe de la démocratie).

En effet, l’écart de voix entre les 2 candidats est inférieur à 3 millions (sur 150 Ml environ ayant voté), soit moins de 2%. L’électorat US reste donc toujours très divisé. La victoire est surprenante, mais pas « éclatante » comme certains médias se plaisent à le répéter. 

L’Amérique va sans doute aller mieux à court-moyen terme sur le plan économique, du moins en apparence avec les valorisations boursières. Sur le plan social, ça risque d’être douloureux. Les écarts de richesses déjà abyssaux aux USA, vont encore se creuser, et l’électorat populaire de Trump n’est pas du bon côté de la barque. Sans s’en rendre compte, ils ont voté pour la faire tanguer encore un peu plus à leur désavantage.

Une grande partie de cet électorat a voté contre l’inflation, mettant celle-ci sur le compte de Biden, sans considérer que celle-ci avait démarré avec Trump et qu’elle était surtout un contre-coup de la pandémie (échelle et effet mondiaux).

Mais les projets des républicains sont par essence inflationnistes. Le protectionnisme économique et social l’a toujours été. Les droits de douane promis ne seront pas « payés » par les importateurs, mais bel et bien par les consommateurs (du moins pour une grande partie). La pénurie de main d’œuvre à bas coût, entrainera une hausse des salaires qui se répercutera également dans les prix à la consommation.

À plus long terme, de façon plus insidieuse mais durable et profonde, l’américaine va encore perdre la substance la plus importante qu’un pays peut avoir : la confiance ! De cela en découle la vigueur d’une économie et la force d’une monnaie. Trump ne fera que détruire encore un peu plus qu’il ne l’avait déjà fait, la crédibilité de son pays (déjà le plus endetté au monde, et de très loin, dans des proportions gigantesques).

Dans les rapports humains comme internationaux, le plus important reste encore et toujours la confiance. C’est la base du commerce et des rapports humains. Quand elle commence à s’effriter, c’est le début de la fin et ce n’est pas récupérable. Je crois d’ailleurs que les États-Unis sont sur le déclin et à échéance d’une dizaine ou deux d’années, je ne donne pas cher du dollar (au sens propre). Sa dette et son dollar sont encore soutenu comme je l’expliquai dans un post précédent (le contre-exemple des USA et les 3 raisons expliquant leur dette). Logiquement, cela ne saurait durer éternellement. Si je me trompe … ce ne sera que dans le timing.

Quant aux Européens et à moyen terme, ils vont s’en prendre « plein la gueule » (économiquement parlant), … sauf à prendre conscience qu’il faut aller plus loin et plus fort dans l’Union. Si tel est enfin le cas, alors Trump nous aura rendu service (sur le long terme).

 

@+

Jack

09 juillet 2024

Puissance médiatique

Dis-moi quelle chaine d’infos tu regardes le plus, et je te dirai quelles sont tes idées politiques.

Pour l’exemple, CNEWS, la chaine d’infos en continu que beaucoup placent comme la plus « objective » de toutesseul contre tous, celle-ci dirait la vérité, les autres mentiraient », … est-ce bien une preuve d’objectivité ?), … et pour cause :

Quelles sont les idées de Bolloré ?

Article d’un historien de la presse (chercheur associé au GRIPIC, Sorbonne Université)

Extraits :

« Bolloré peut à certains égards être considéré comme l’héritier de Coty

…/…

D’une période à l’autre, seule l’identité de l’ennemi de l’intérieur a changé : beaucoup d’éditorialistes de CNews ou du JDD sont obsédés par la défense d’une nation blanche et chrétienne mais, dans leur imaginaire, la haine des musulmans a remplacé la haine des juifs.

…/…

Vincent Bolloré a quelque part réussi là où Coty avait échoué. En achetant le groupe Canal+ en 2016, il s’est d’abord débarrassé des deux éléments qu’il déteste le plus, l’humour corrosif et les enquêtes journalistiques.

…/…

Après le rachat de Canal+, c’est au tour d’I-Télé de voir son avenir mis en péril. Après une grève de plus d’un mois et le départ des trois quarts de sa rédaction, la chaîne d’information en continu est rebaptisée CNews et se transforme en média low-cost, qui privilégie les commentaires en plateau (peu coûteux) plutôt que le reportage et le travail de terrain. Mais très vite la ligne éditoriale évolue et la chaîne accueille de manière de plus en plus systématique les idées et éditorialistes d’extrême droite, … CNews est même devenue la chaîne d’information la plus regardée, devant BMF-TV. »

Ce qui de mon point de vue, est loin d’être un gage de qualité et d’objectivité.

Mais y-a-t ’il encore des gens objectifs dans une société qui se radicalise, se divise à tous propos, ne sait plus débattre, n’accepte plus la contradiction ?

L’article donne quelques rappels historiques intéressants, décrit la puissance d’influence de la presse audiovisuelle, passe en revue quelques autres médias « ouvertement xénophobes » et précise que :

« Bolloré demeure pour le reste en retrait, et il choisit l’esquive ou la dissimulation lors des rares occasions où il doit s’exprimer dans l’espace public, … n’a pas hésité par exemple à se présenter comme un démocrate-chrétien modéré n’ayant que très peu d’influence sur les médias qu’il possède ».Ben voyons !

« … l’influence idéologique de Vincent Bolloré s’exerce désormais bien au-delà des médias qu’il possède. Beaucoup de journaux qui ne lui appartiennent pas sont ainsi mis en valeur sur les plateaux de CNews et C8 … » C’est pour dire !

Et conclut : « La période que nous traversons est particulièrement inquiétante mais il faut espérer que la presse française saura faire preuve de résilience. Pour peut-être renaître plus forte, comme elle l’a fait en 1944, il y a 80 ans. »

Citation appropriée : « quand tout le monde pense la même chose, plus personne ne pense » (plusieurs auteurs et variantes).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

15 juin 2024

idéologie et économie ne font pas bon ménage

Peu de doute (de mon point de vue), le RN est bien parti pour avoir la majorité à l’assemblée nationale (peut-être pas absolue, mais au moins relative ce qui selon l’usage républicain, force le président à choisir son 1er ministre parmi le candidat proposé par ce groupe).

La première inquiétude des économistes (et la mienne) est de savoir s’ils vont ou non mettre leur programme en œuvre. Quelles mesures abandonneront-ils et quelles nuances apporteront-ils à celles maintenues ?

Je les ai surtout entendu parler d’augmentation des dépenses (retraites, salaires, services publiques, santé, sécurité) et de baisse de certaines recettes (charges sociales et TVA), sans parler de l’abrogation/refonte de la réforme des retraites (plusieurs dizaines de Mds) et d’autres dépenses délirantes comme la privatisation des autoroutes (rupture anticipée de contrats savamment ficelés et négociés par les gérants actuels, qui d’après certains économistes nous couterait une bonne centaine de Mds … rien que ça ). Il me semble qu’ils ont abandonné l’idée, … mais ils l’ont quand même eu. Idem pour la retraite à 60 ans sur laquelle ils reviennent. Ces deux seuls exemples démontrent leur incurie, pour ne pas dire leurs errances en matière économique qui ne parait pas être leur première préoccupation, celle-ci étant surtout d’arriver au pouvoir.

Mais qu’en est’ il des recettes ? Comment financeront ‘ils leur programme couteux ? À part quelques bredouillages sur des recettes imaginaires, à partir de données invérifiables et quelques projections farfelues, rien ne parait tenir la route.

Pour plus de détails et d’explications (chiffrées), cet interview d’un professeur en économie qui conforte ce que j’avais déjà en tête (et évoquais rapidement dans mon précédent billet sur la dissolution surprise et les conséquences de l’arrivée au pouvoir de l’une des deux extrêmes) :

Si le programme économique du RN n'est pas changé, il est susceptible de mener la France à la ruine !

Ecorama La Grande Interview 13/06/2024 - Philippe Trainar, professeur au Cnam et membre du Cercle des Économistes

Ce que dit ce professeur, en substance : 100 Mds de dépenses supplémentaires contre 10 Mds au max de recettes nouvelles. Ces dernières chiffées par le RN à 15 Mds de récupération à la fraude fiscale (ils n’atteindraient pas plus de 3 Mds, avec de la chance) et 15 Mds d’économies en prestations sociales (ce sera 7 Mds max d’après l’économiste).

Je sais que ces propos ne convaincront pas les plus entêtés des convaincus, mais au moins qu’ils s’attendent, que nous nous attendions, à ce qui peut nous arriver si un parti extrémiste arrive au pouvoir, le RN dans le propos, mais encore pire serait LFI.

Pourquoi pire serait l’arrivée de LFI ? Parce qu’au surplus d’avoir un programme économique tout aussi délirant que celui du RN, ils n’ont pas le pragmatisme présumé de ces derniers (« présumé » au regard des autres partis Européens d’extrême droite ayant déjà pris le pouvoir), et risquent donc de vouloir l’appliquer envers et contre tous, notamment les marchés financiers qui nous financent.

Avec le RN nous avons une petite chance qu’ils « oublient » toutes leurs promesses ruineuses une fois en charge (ce que l’on pourrait appeler le « Melonisme », même s’il y a de nombreuses différences idéologiques entre le parti de Meloni et celui de Baredella/LePen).

Autres sources de recettes ?

  • Redémarrage de l’économie (plus d’affaires, plus de retour fiscal) ? … Elle a bien été « redémarrée » après Hollande. Macron l’a réellement boostée (quoiqu’en disent ses détracteurs) et dans l’environnement mondial actuel, on ne pourra guère faire mieux !
  • Taxer les surprofits des grandes entreprises ? … Déjà tenté, … et impossible à mettre en place ! Solution qui ne peut être envisagée qu’à l’échelle internationale (s’entend grandes économies occidentales). Ce n’est pas pour demain !

Si ces « nouvelles pistes » ne donnent rien, ne restera que deux sources « traditionnelles » :

  • Augmenter les impôts, avec par exemple le retour à l’ISF (élargissement de l’assiette et augmentation de son taux). Une proposition démagogique à double effet psychologique : faire plaisir aux jaloux et effrayer entreprises et nantis, sans véritable impact budgétaire (1 à 3 Mds max, soit une goutte d’eau au budget). Encore et toujours « taper sur les riches » (la petite minorité qui participe déjà à hauteur de 80% de l’impôt sur le revenu) et les entreprises. Tenu compte de notre record mondial en matière de pression fiscale, sûr que les premiers se barreront et que les seconds lèveront le pied !
  • Creuser la dette ! … Avec de « l’argent magique » ?

N’en déplaise aux idéalistes, tout passe par l’économie. Seule une économie forte dans une Europe forte pour ce qui nous concerne, peut apporter les moyens financiers nécessaires aux aspirations légitimes de tous.

Aucune avancée sociale, aucune sécurité efficace, aucune protection du pouvoir d’achat ne sont possibles sans argent. Il y a « l’argent gagné » par l’économie et « l’argent magique » qui n’est que de la dette (certes précédemment contractée à taux très bas) qu’il faut rembourser (expliquant en partie notre déficit public tant décrié, mais ne l’oublions pas, qui a mis fin au « soulèvement des gilets jaunes » et sauvé entreprises et emplois lors de la crise sanitaire).

Si un pays peut s’endetter indéfiniment (un pays ne meurt jamais), il ne peut le faire, sans prêteur bien évidement, mais aussi au-delà de ses capacités de remboursement, comme pour un particulier ou une entreprise (projection recettes/dépenses futures), mais à l’échelle d’un État et tenu compte de ses forces et faiblesses économiques (dont celles à l’international). En plus de la fiabilité de la signature de l’emprunteur (capital confiance), c’est ce qu’analysent les prêteurs, qu’ils soient institutionnels ou privés, au travers de la faisabilité, la cohérence et la viabilité dans le temps des projets politiques. Économiquement parlant, ceux du LFI et du FN ne tiennent pas la route.

Le problème de fond est que la majorité qui s’est exprimé aux européennes, cédant au chant des sirènes promettant un monde meilleur, voit le capitalisme international comme un mal (alors qu’il s’agit au mieux d’une opportunité pour se développer, et au pire d’une incontournable nécessité) et l’Union Européenne comme une entrave au développement (alors que c'est très exactement le contraire, en plus de l’aide et de la protection qu’elle apporte à ses membres). Les partis politiques soutenant un tel prisme d’inversion de la réalité, ne peuvent avoir de programmes sociaux économiques viables.

Reste encore un espoir pour que le RN aux manettes et le pays s’en sortent : la « Melonisation » du pouvoir !

Ils reviennent sur toutes leurs mesures aussi populaires que coûteuses, restent libéraux et n’augmentent pas la charge fiscale (particuliers comme entreprises).

Ils ne conservent que les mesures les plus attendues par la majorité des citoyens, dont ceux qui n’ont pas voté RN (comme moi) : l’affirmation de laïcité dans notre république (exit les pratiques culturelles trop éloignées des nôtres, qui de surcroit cherchent à s’imposer), le rétablissement de l’ordre public et du respect de ceux qui en ont la charge, un système judiciaire plus efficace, moins tolérant face à la petite délinquance et aux incivilités ordinaires, sans les lunettes bisounours qu’il porte depuis les années 70-85 (sur la lancée de l’école de la « défense sociale nouvelle »). De mon point de vue (et de bien d’autres), la sécurité se traite en deux temps : l’urgence avec la mise à l’écart, la punition et le caractère exemplaire qu'elle doit avoir (largement remisé avec les bisounours) et le temps long qui s’occupe des sources du problème (éduction, structures sociales, politique de quartier, … et bien sûr une économie en bonne santé, apte à créer de l’emploi et aider ceux qui sont pris au piège de la misère).

Nombre de votants pour le RN seront déçus (mais toujours « convaincus »), mais les économistes seront rassurés. C’est pour l’instant ce qui explique le calme relatif des marchés financiers (un peu nerveux, mais pas encore affolés).

Mme MELONI (extrême droite) a jeté à la poubelle toutes ses principales promesses de campagne une fois élue à la tête de l’Italie, … et n’a pas pour autant perdu de voix aux dernières élections (je crois même qu’elle en a gagnées).

Avant elle il y eu Mr TSIPRAS, premier ministre Grecque (gauche radicale cette fois-ci), qui pour sortir de la crise de la dette de son pays (2010-2015) n’eut d’autre choix que se plier aux exigences de l’UE et du FMI en abandonnant toutes ses promesses électorales. Pour les Grecques, ce fût la chute du pouvoir d’achat et des coupes franches dans les retraites, tout le contraire de ce qu’attendaient ceux qui l’avaient porté au pouvoir. Aujourd’hui, le pays s’en remet à peine.

Voilà pour l’aspect purement économique.

En reste un autre qui n’est pas à négliger : la réaction de la rue, celle d’une extrême déçue face à une autre !

A une époque où débattre d’opinions opposées n’est qu’un souvenir, où les minorités n’acceptent plus le choix de la majorité, où violence et passion remplacent logique et argumentation. Tout ceci sans compter les actions en sous-mains de certains pays qui partout dans le monde combattent la démocratie (ennemi juré des dictatures, qu’elles soient idéologiques ou religieuses) et savent comment attiser le désordre.

Les manifestations violentes et destructrices ont un coût que nous finissons toujours par payer, par de la dette et des impôts, ce qui nous ramène inévitablement à l’économie (on y revient toujours, quel que soit la manière dont on aborde la politique).

Alors Dimanche, entre deux fronts (national et populaire), faite bien votre choix. Aucun choix (ou non choix), aussi infime soit-il, ne reste sans conséquence.



@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

13 juin 2024

Argent magique

Il n’y a pas d’économie viable sans argent et les mécanismes qui le font circuler, tout comme nous ne pourrions vivre sans système sanguin. De nos jours dans un monde globalisé (que ça plaise ou non, c’est ainsi), ces mécanismes de circulation sont internationaux et aucun pays ne peut financer ses projets économiques et sociaux sans emprunter sur les marchés financiers, … également internationaux.

Plus ces marchés ont confiance, moins la dette est couteuse (comparativement aux autres emprunteurs et dans un contexte économique mondial) et mieux se porte l’économie de l’emprunteur, ce qui ne fait qu’accroitre la confiance et ainsi de suite (cercle vertueux).

Rajoutez-y la force et la garantie de l’Union Européenne, sa monnaie unique et ses propres mécanismes de financement, et vous n’obtiendrait peut-être « l’argent magique » dont pourrait avoir besoin ses membres pour financer leurs programmes économiques et sociaux.

L'argent magique c’est quoi et pourquoi ?

C’est de « l’argent pas cher » qui tombe quand on en a vraiment besoin, mais pas à n’importe quel moment ni pour n’importe quelle cause, et surtout pas pour tout le monde !

En cas d’évènement grave, exogène à la nation, telle qu’une crise financière mondiale majeure (systémique), sanitaire ou la guerre, je ne dis pas. Il s’agit de périodes exceptionnelles. Mais créer de la dette en l’absence de choc externe, simplement pour répondre à un accroissement de dépenses sociales, qui ne sont pas des dépenses structurelles (avec « retour sur investissement »), c’est irresponsable.

La « recette miracle » des « Q.E. » ou « Quantitative Easing » : c’est la forme moderne de la « planche à billets » qui entraine les mêmes effets : boost économique dans un premier temps, avec dans un deuxième temps un risque majeur de dévaluation monétaire et d’inflation galopante (les deux étant liés, et les « temps » pouvant se décompter en mois ou en années).

Schématiquement, on inonde les circuits financiers de liquidités (du crédit quasi-gratuit émis par la banque centrale, au lieu de billets, ce qui revient strictement au même), ce qui a pour effet de faire baisser les taux d’intérêts (expliquant les taux quasi-nuls de ces dernières années) et relancer les économies (expliquant que tant en Europe qu’en Amérique du Nord, elles n’ont pas sombré après les deux dernières grandes crises systémiques, celle des Subprimes de 2007/2008 et celle du Covid de 2020).

Pour l’instant, je dis bien pour l’instant (car en économie la réaction à l’action est le plus souvent « à retardement »), les liquidités abondent toujours (ce qui explique le maintien des indices boursiers) et nous sommes encore protégés de la dévaluation, en Europe grâce à l’euro (solidarité économique/monétaire), et aux USA grâce à leur puissance, plus militaire qu’économique cela dit en passant. On pourrait dire que l’euro et le dollar américain s’épaulent l’un l’autre. … Mais pour combien de temps encore ?

Ceux qui parlent « d’effacement de la dette Européenne » sans conséquence économique, sont de fieffés menteurs. Pour faire de la dette il faut des prêteurs et avant eux, de la confiance. Cette dernière ne s’acquiert qu’avec le respect des engagements (volonté de rembourser selon les termes convenus) et une économie pérenne et prospère (garantie de rembourser). C’est une règle économique et financière de base, immuable et incontournable, car l’argent n’est autre que de la confiance !

La « dette Européenne » (des institutions bancaires des pays membres, et en arrière-plan de leurs économies) n’est pas qu’une simple écriture comptable dans le grand livre de la BCE. C’est un prêt (de l’Europe aux banques nationales) à très long terme, mais à terme quand même et qui devra être soldé un jour (même si le « terme » n’est pas encore déterminé ou reportable). Les grands argentiers du monde entier regardent avec acuité la manière dont les européens contre-passeront cette écriture (remboursement ou effacement ?).

Un « effacement » signifierait « légèreté européenne » (« voilà ce que font les pays européens de leurs dettes ») et au final une grave perte de confiance en l’Union Européenne et ses membres, avec des répercussions négatives incalculables, en premier lieu sur la valorisation de l’euro par rapport aux autres monnaies (dévalorisation monétaire = inflation = chute du pouvoir d’achat avec au bout du chemin, dégradation de l’économie et du niveau de vie pour tous, à commencer par les plus démunis avec la hausse du chômage et l’assèchement des budgets sociaux).

Sans confiance, pas de prêt (à taux économiquement viable) et encore moins « d’argent magique » ! « On ne prête qu’aux riches », c’est presque ça. A l’échelle d’un pays, « on ne prête qu’à ceux qui sont déjà riches ou ont une réelle capacité de le devenir ». C’est une dure réalité qui ne date pas d’hier et à laquelle aucun pays n’échappe (seul un individu peut éventuellement y échapper, … à condition que son pays soit en capacité de l’aider, autrement dit, qu’il soit déjà riche).

Certains pays hors Europe arrivent encore à emprunter avec un « capital confiance » dégradé, mais au prix fort : celui du risque encore accepté par quelques prêteurs avides de rendement, qui font le pari de pouvoir récupérer leur mise avant les autres, juste avant que le pays ne fasse défaut (comme en bourse, « prendre le train en marche et en sauter avant qu’il ne déraille »).

Le taux d’intérêt est tellement élevé (inversement proportionnel à la confiance), que la plus grosse dépense du pays est le paiement des intérêts de la dette, effaçant toute possibilité d’atteindre l’équilibre budgétaire, avec des habitants pris au piège comme le pays lui-même, dans le cercle vicieux de l’endettement et de l’appauvrissement continus (inflation galopante, dévaluation continue de la monnaie, économie exsangue, services publics quasi-absents, corruption et inégalités sociales croissantes, en économie tout étant étroitement lié). Au final, le pays est littéralement « esclave de sa dette » (comme peuvent l’être les particuliers surendettés, accros aux micro-crédits, ayant épuisé toutes procédures possibles d'effacement).

Les contraintes budgétaires Européennes tant critiquées par les partis extrémistes, nous empêchent bien heureusement d’en arriver là. Comme la ceinture de sécurité, la contrainte est une protection (pour celui qui la porte et pour les autres qui auraient à payer les conséquences de l’imprudence).

A l’inverse il y a le contre-exemple des USA. Ce pays ne cesse de creuser sa dette … et s’en fout royalement ! … … A juste titre, puisqu’au lieu de le plomber économiquement, cela lui réussit plutôt bien … pour l’instant. C’est un cas unique, non reproductible ailleurs. Seuls les USA peuvent se le permettre, et ce pour trois raisons que je développe dans ce billet : USA et le roi dollar.

L’Europe et ses membres sont encore loin de cette situation d’exception, et ne peuvent donc creuser leur dette comme ils le souhaiteraient, à moindre coût, sans confiance et sans contreparties économiques.

Croyez-vous sincèrement que les taux auxquels la France emprunte jusqu’à présent (ce qui pourrait ne pas durer) auraient été accordés sans la garantie de l’Europe (gendarme de l’orthodoxie budgétaire) et de l’euro (stabilité monétaire assurée par l’ensemble des économies de l’union) ?

N’étant plus étonné de l’énormité de certains mensonges de politiciens en mal de popularité, comme ceux qui tentent de justifier les bienfaits d’une sortie de l’Europe et pire, celle de l’euro, je reste stupéfait qu’il y ait encore quelques naïfs prêts à croire de telles âneries (moins de 1% des votants, heureusement). Il y a néanmoins en France un réel déficit de culture économique. Là est l’une des sources du « malaise » et celui-ci ne sera pas guérit d’ici le 30 Juin !

La sortie de l’Europe, c’est la sortie de l’Euro, et celle-ci implique une dévaluation monétaire immédiate ! … Je vous laisse imaginer les conséquences, pour le pays et votre vie de tous les jours.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

10 juin 2024

Et PAF ! … Vous l'avez voulu, vous l'aurez !

Qui pourrait maintenant encore reprocher à notre président de ne pas être un démocrate ?

« Ce que je fais ne vous plait pas ? … Alors décidez vous-mêmes ! ».

La dissolution est prévue par notre constitution et c’est sa prérogative. Rien à redire … si ce n’est quand même qu’il fait un pari risqué, que ce n’est peut-être pas le meilleur moment et que le planning est serré. Mais avouons que nous ne sommes jamais contents, que quoi que nos décideurs décident, nous trouvons toujours des raisons de le leur reprocher.

Sur le fond il faut reconnaître que la France, avec l’Europe, suit le courant nationaliste qui parcourt et secoue toutes les démocraties du monde. Certains pays Européens avaient déjà franchi le pas et d’autres y vont tout droit. Les USA semblent également sur ce chemin dangereux et en France nous ne sommes pas très éloignés du « Trumpisme » : un tiers des électeurs déroutés voulant renverser la table et les deux autres tiers regardant, effarés, toute cette agitation de mauvais augure sans trop se bouger ou trop divisés pour y mettre un terme (électoralement parlant, bien sûr). Dans ces conditions, mal barrées sont nos démocraties.

Chez nous, les électeurs modérés (de droite, de gauche et du centre) sont hésitants, peu convaincus et tout aussi divisés qu’est fragmentée la classe politique modérée qui les représentent. Ce manque d’unité d’en haut explique le manque de conviction d’en bas, et au final cette regrettable « démobilisation du juste milieu », là où se trouve généralement le bon sens.

Ne reste alors que les plus motivés à s’exprimer, dans la rue et dans les urnes, ceux qui se retrouvent et se rassurent autour d’idées simples, habilement prônées par des démagogues promettant une réponse à chacune de leurs inquiétudes. Pour l’heure et prioritairement, la sécurité et le pouvoir d’achat.

Or ces choix extrêmes, de droite comme de gauche, se traduiront inévitablement, mécaniquement, par un repli du pays sur lui-même avec des conséquences économiques désastreuses et une perte de confiance accrue sur les marchés financiers dont aucun pays ne peut se passer. Nous n’allons pas attendre longtemps pour réentendre parler de la note de crédit Française, de la dette et de son coût (les marchés financiers ne nous feront pas de cadeau, ce n’est ni leur genre, ni leur rôle). Les attentes sécuritaires seront déçues et le pouvoir d’achat ne s’améliorera pas, … bien au contraire.

Au plan Européen les extrêmes droites nationalistes restent minoritaires et sont divisées (il y a les « pros » et les « antis » Europe). Elles pourraient même faire avancer certaines décisions qui patinent, notamment en matière de contrôle et de régulation de l’immigration (problèmes qui ne pourront être réglés que dans le cadre de l’UE). Par contre, si elles deviennent majoritaires au le plan national, c’est une toute autre histoire.

Nos prochaines législatives reflèteront’ elles ce vote européen ou seront’ elles plus représentatives de la volonté générale ? J’ai bien peur que les votants aux extrêmes soient encore plus motivés et les modérés encore plus indécis et divisés.

Alors l’idée de fond que certains analystes prêtent à notre président, inavouée mais logique à y réfléchir, pourrait bien avoir un côté salvateur (en cherchant bien, on trouve toujours du positif dans le négatif) : permettre au RN d’accéder au pouvoir, de se frotter aux réalités et au bout du compte, de démontrer son incompétence en matière économique avant les présidentielles de 2027, … avant que ça ne nous coûte plus cher.

Par la même occasion ils feront la démonstration que leurs principales promesses sont irréalisables, soit parce que face aux réalités elles sont impossibles à mettre en œuvre (réalités juridiques, diplomatiques, économiques), soit parce qu’elles ne sont raisonnablement pas finançables (sauf à conduire le pays sur le chemin du défaut de paiement). Comme disait Pasqua, « les promesses n’engageant que ceux qui y croient ».

Ils trouveront bien sûr tout un tas de raisons pour dire qu’ils ont été empêchés (par le président, par l’Europe, par les marchés financiers, par le climat, … par la prochaine pandémie et en espérant que ce ne soit pas par la guerre), mais au final, les électeurs comprendront peut-être, dernières preuves à l’appui (les rappels historiques et exemples récents n’y suffisant malheureusement pas) que le nationalisme ne peut mener qu’à l’appauvrissement, … sans pour autant offrir une meilleure sécurité (sur tous les plans). Nous pourrons alors espérer être débarrassé de l’extrême droite pour quelques décennies.

Quant à la raison « officielle », plus raisonnable, celle de remotiver et rassembler les « les électeurs centristes » (proches de l’ADN Macroniste) pour qu’ils s’opposent au RN, et pire encore à LFI, je n’y crois pas trop. D’abord parce ce que ces centristes sont trop divisés, ensuite parce que c’est la personnalité même de Macron qui est rejetée par ces électeurs déçus, déroutés, plus que Renaissance et ses alliés.

Entre « front national » et « front populaire », ne reste-t ’il pas quelques raisons d’espérer mieux ? Ne perdons pas de vue que les scores des européennes ne représentent que l’expression de la moitié des électeurs inscrits. L’autre moitié se réveillera-t ’elle à temps ?

Quoiqu’il en soit, je suis quand même de ceux qui pensent que le président tente un coup de poker à haut risque (il fait tapis … avec notre argent quand même !). Je présume que rien ne se passera comme chacun tente de le prévoir, si ce n’est que d’une manière ou d’une autre, … ça va être pendant trois ans au moins, … le « chaos politique » ! Il était déjà bien entamé et n’aurait pas tardé à éclater de toute façon, me direz-vous. Vraisemblablement avant la fin de l’année (sur une dispute sur le vote du budget 2025 par exemple).

La première conséquence de cette instabilité politique (avec la possible remise en cause de certaines réformes économiquement nécessaires dont celle des retraites si une majorité NUPES ou RN se dessine), sera à n’en pas douter une nouvelle dégradation de la note de crédit de la France, qui cette fois-ci sera suivie d’une hausse de notre taux d’emprunt sur les marchés financiers (qui d’inférieur, pourrait passer à supérieur de celui de l’Italie). Ce n’est pas la voie du redressement de nos finances publiques, sachant de surcroit que les rentrées fiscales vont se réduire avec le ralentissement économique qui ne manquera pas de suivre (les entreprises pour qui « instabilité politique » signifie « insécurité fiscale et sociale », vont geler ou retarder leurs investissements, avec des conséquences quasi-immédiates sur les emplois et les revenus tous azimuts).

Mais ne soyons pas alarmistes. Il y a toujours pire !

Scénario : Les nationalistes au pouvoir se débrouillent pour « casser notre démocratie » et finissent par s’octroyer les pleins pouvoirs (Allemagne d’avant-guerre, Russie d’aujourd’hui, Inde de demain, les exemples ne manquent pas et ne manqueront pas).

Pour en arriver là il faudra la déconfiture préalable de l’Europe (qui à ce jour nous protège encore des dictatures nationales). Ceci dit en passant, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi, au regard de l’importance et du nombre de protections qu’elle nous offre (économique, consommation, santé, libertés, militaires bientôt), cette Union Européenne est tant critiquée. Sans doute faut-il y voir un manque d’information et de pédagogie, trop de désinformation aussi (les grandes puissances concurrentes ont tout intérêt à l’affaiblir, voire à la désintégrer).

Mais je ne connais rien, absolument rien qui soit définitivement garanti. D’autant qu’il est bien plus facile de détruire un système démocratique que de le construire.

Dans ce cas, pour oser dire et surtout écrire ce que je pense, il me faudra m’attendre à ce que l’on vienne frapper à ma porte pour m’embarquer en « camp de redressement idéologique » !

HEPAD, Goulag ou camp de concentration, à la différence du club Med, rares sont ceux qui y vont volontairement.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

09 juin 2024

USA et le roi dollar

Un pays trop endetté est un pays qui s’affaiblit et se vassalise au profit de ses préteurs.

Mais il y en a un, un seul à ce jour, qui échappe à cette règle : les USA !

Ce pays ne cesse de creuser sa dette … et s’en fout royalement !

… A juste titre, puisqu’au lieu de le plomber économiquement, cela lui réussit plutôt bien … pour l’instant. C’est un cas unique, non reproductible ailleurs. Seuls les USA peuvent se le permettre.

Trois raisons à cela :

  1. Depuis un siècle maintenant, leur monnaie (l’USD) sert aux principales transactions internationales (à commencer par le pétrole), ce qui la qualifie pour être une « valeur refuge », d’une part en raison des réserves que les pays non US doivent faire pour commercer, même entre pays non américains, et d’autre part en raison de la stabilité que cette situation de fait lui confère.
  1. Les USA utilisent cette « hégémonie monétaire » pour faire pression sur les pays ou les entreprises qui leur déplaisent, quand, où et comme ils veulent (sanctions sur les transactions en dollars). Parmi d’autres, c’est l’une des raisons pour laquelle une grande partie du monde les déteste (personne n’aime celui qui le contraint).
  1. Leur puissance militaire dans le monde, qui outre de les mettre à l’abri d’attaque directe, leur permet de s’imposer à tous les niveaux : stratégiquement et économiquement, et par voie de conséquence, monétairement (protection contre la dévaluation). Sans compter que cette puissance militaire est productive (1er vendeur d’armes au monde, elle rapporte plus qu’elle ne coûte).

Ce qui au bout du compte ne fait pas trois, mais deux raisons : le dollar et l’armée !

Mais rien ne dure. Si aucun pays n’égale encore leur puissance militaire et monétaire, tous commencent à chercher les moyens de sortir de cette emprise : en s’armant et en commerçant de plus en plus dans une autre monnaie que le dollar (Europe et Chine pour ne parler que des grandes puissances concurrentes, pour l’instant en capacité de pouvoir y arriver dans un avenir plus ou moins proche).

Je ne suis pas anti-américain, bien au contraire. Je ne souhaite pas l’écroulement économique de ce pays d’autant plus qu’il nous entrainerait dans sa chute, mais cela n’empêche pas de rester lucide. Les bons rois sont rares et tous finissent par être déchus.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

13 février 2024

Pourquoi il est important d'aller voter …

Principal objectif : sauver notre démocratie en ne la laissant pas aux mains des extrémistes de tous bords qui n’en veulent pas et manipulent ceux qui ne la comprennent plus (tous les déçus et les idéalistes qui croient vraiment que tout casser et refaire serait la solution aux problèmes de notre société).

Illustration (publication The Conversation) :

Pourquoi tant d’Américains croient-ils que la présidentielle a été volée à Donald Trump en 2020 ?

Extrait : … ce mensonge n’est pas l’expression démocratique et populiste d’un anti-élitisme de la base. Il est alimenté par des organisations nationales puissantes … l’une des organisations conservatrices les plus puissantes et influentes, dont l’un des buts est d’utiliser le doute et la peur de la fraude électorale comme prétexte pour supprimer des électeurs sur les listes. L’un de ses fondateurs, Paul Weyrich, déclarait en 1980 : « Je ne veux pas que tout le monde vote. En fait, notre influence sur les élections augmente franchement au fur et à mesure que le nombre de votants diminue.

Il faut ajouter à cela une stratégie médiatique de désinformation utilisée par Trump et ses alliés, parfaitement résumée par Steve Bannon, l’ancien dirigeant de Breitbart News et ancien conseiller de Donald Trump : « Flood the zone with shit » – littéralement, « inonder la zone de merde ». Il s’agit tout simplement de submerger la presse et le public avec tant de fausses informations et de désinformation que distinguer le vrai du faux devient cognitivement éprouvant, voire impossible.»

Ce qui se passe aux USA, n'est jamais loin de l'Europe. Pour tout dire, avec l’inondation de fakes news sur les réseaux sociaux, en grande partie orchestrée par la Russie, on est déjà dans ce scénario, celui d’une abstention toujours plus grande de la part des électeurs encore en capacité de raisonner mais découragés, au bénéfice de ceux qui n’agissent plus que par passion et colère.

Nous la majorité des modérés, par opposition aux minorités extrémistes, cela fait longtemps que nous ne votons plus vraiment pour le meilleur, mais plutôt pour le moins pire !

Et il est important de continuer à le faire.

Alors plus que jamais, en ces temps incertains, ne boudons pas notre plus noble droit d’expression politique, car à défaut, avec les voix des minoritaires, ce seront les plus radicaux, les plus déraisonnés, qui prendront le pouvoir et liquideront notre démocratie

Nombreux sont les exemples historiques qui le démontrent, le dernier en date étant celui de l’Argentine.

Il y a fort à parier que c’est ce qui pourrait malheureusement se passer aux USA en cette fin d’année. Cela ne sera pas sans effet sur le reste du monde, à commencer par l’Europe.

Quant à nous et dans l’immédiat, qui n’avons pas encore un Trump ou un Milei aux portes du pouvoir, quel est finalement l’enjeu de cette élection Européenne ? Son avenir bien évidemment. Une Europe plus forte, plus unie qui s’améliore et avance, … ou le contraire ?

Que veulent « nos extrêmes Franco-françaises bien à nous » ? De mon point de vue, je pense qu’au final, le LFI vise le chaos tous azimuts (en agressant quasi-systématiquement nos élites et nos institutions, en invitant le radicalisme islamique dans ses rangs) et le RN la déconstruction Européenne de l’intérieur (ils n’affichent plus leur antieuropéanisme, mais leurs propositions visent à torpiller les fondements mêmes de l’Union).

L’Europe est encore loin d’être parfaite et nombreux sont ses aspects à revoir, à corriger et surtout à « adapter » à notre époque qui n’est plus celle qui l’a vu naître. Oui, la régulation et le contrôle de l’immigration fait partie de ces adaptations urgentes (qui ne peut être pensée qu’à l’échelle Européenne, et non pas nationale, de façon individuelle et forcément sous un prisme égoïste et étroit, donc de façon désordonnée et au final, contreproductive).

Mais l’un de ses fondements, souvent vu comme un défaut, est la contrainte ! Sans elle, il n’y a pas d’Union Européenne. Simplement quelques traités qu’on peut défaire à tous moments … et qui se déferont à la première mésentente (comme tous les traités internationaux d’ailleurs).

Les traités Européens ont la particularité d’être de véritables contrats, fortement engageants, imbriqués les uns aux autres, mêlant avantages et obligations. S’en départir coûte très cher, immédiatement (perte des aides financières en cours et remboursement de celles perçues d’avance) et sur le long terme (appui économique, droits de douane, confiance des marchés financiers, …). Voyez les conséquences économiques du Brexit et ce qu’en pensent maintenant la majorité des Britanniques (passés de « Brexit » à « Bregret »).

Autre aspect vu comme un défaut : la pluralité des avis et la lenteur des prises de décisions qui s’ensuivent (conséquence des débats nécessaires). Mais le compromis n’est-il pas le fondement même des démocraties ?

Plusieurs avis c’est plusieurs cerveaux pour se pencher sur la résolution de problèmes communs, et donc la meilleure probabilité de trouver les solutions les plus intelligentes (au prix d’un peu de lourdeur procédurale et administrative). Par ailleurs, de par sa pluralité de décideurs (élus comme nommés), la vision Européenne est forcément de long terme. Elle va bien au-delà des mandats électoraux donnés dans chacun des pays membres (généralement 4 à 5 ans et rarement en même temps).

Plusieurs avis c’est aussi des intérêts divergents, évidemment (quelques ’uns dans un ensemble d’intérêts communs plus grands, sans lesquels l’Europe ne se serait jamais construite), avec en contrepartie l’addition de plusieurs économies et donc au final un poids économique qui compte face aux géants que sont les USA et la Chine.

Pour une fois, si mon message est plus « politique » que d’habitude c’est que l’enjeu me parait grave. Je n’invite pas à voter pour tel ou tel candidat (pas de prosélytisme de ma part), mais seulement à faire barrage aux extrêmes. Entre les deux, le choix reste large. … Et si votre choix va malheureusement, imprudemment, vers l’une de ces extrêmes, alors je vous invite à bien approfondir la question, le programme et surtout l’intention profonde qui s’y cache, avec tout ce qu’elle impliquera pour notre futur et celui de vos descendants.

Ne perdez pas de vue non plus que la guerre est à nos portes et que notre meilleure défense (en plus de l’OTAN) est la cohésion Européenne (volonté et moyens, tant militaires qu’économiques, l’un et l’autre étant indissociables). Au début du conflit Russo-Ukrainien, si j’étais partisan de l’aide militaire à l’Ukraine pour sa défense (fourniture d’armes seulement) au nom du droit international, de la justice et de la démocratie, je ne pensais pas que l’intention de Poutine (qui finalement est le seul à décider) était d’aller plus loin que l’Ukraine. Je pense maintenant le contraire et ce pour une raison simple : c’est la guerre qui le maintien au pouvoir ! Il y est d’ailleurs venu en déclenchant celle de Tchétchénie. Constatez le changement de son discours qui de « l’opération militaire spéciale » pour aller défendre les pauvres russophones Ukrainiens martyrisés par des néonazis, il est passé à l’agression pure et simple de la Russie par l’OTAN (il n’est plus l’agresseur, mais l’agressé). Ce mégalomane ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Même si un traité est signé, ce sera pour lui une pause lui permettant de reconstituer son armée et remettre le couvert trois ou quatre ans plus tard. Alors plus que jamais, ne baissons pas la garde et restons unis !

Si la démocratie est fragile, l’Union Européenne l’est encore plus. N’oublions pas qu’en plus d’être une puissance économique avec une place géopolitique majeure dans le monde, incontournable condition à nous assurer richesse et protection (l’un n’allant pas sans l’autre), c’est aussi le premier rempart des atteintes aux libertés individuelles et droits essentiels de tous les citoyens des pays qui la composent. Si le gouvernement d’un de ses membres s’écarte un peu trop du chemin de la démocratie, les autres sont là pour l’y ramener.

Voter est une chance. Ne la gâchons pas, gardant notamment à l’esprit que :

  • Sur plus de 6000 ans de civilisation la démocratie n’a fait que quelques courtes apparitions sur la planète et n’existe, pour ce qui nous concerne, que depuis un peu plus de 200 ans seulement,
  • Sur un peu moins de 200 états dans le monde, il n’y a plus qu’une trentaine de vraies démocraties. Nombreuses sont en danger et l’une d’elle, la plus grande, est en train de vaciller. … C’est l’Inde !


C’est DIMANCHE 9 … et il n’y a qu’un seul tour !

« Si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s’occupera de vous » (JFK).



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Jack

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