Dans les conflits internationaux le dilemme est souvent
celui du respect du droit international (ne pas s’ingérer dans les
affaires intérieures d’un pays) et des valeurs morales (laisser un
peuple se faire massacrer), l’un n’allant malheureusement pas forcément de pair
avec l’autre, comme la théorie juridique le voudrait.
Mon cœur balance pour les valeurs morales, mais j’admets
que cela ne puisse pas régler le problème, voire même l’aggraver.
L’histoire a déjà démontré que vouloir libérer un peuple d’une dictature,
pouvait au contraire amener à empirer la situation pour ce peuple, soit en
resserrant la dictature ou en la remplaçant, soit mener leur pays au chaos.
En ce sens je comprends la position du premier ministre
Espagnol (et certains autres dirigeants Européens) : ne pas se
mêler du conflit Iran-Usa-Israel.
La réponse n’est donc pas simple et seule l’histoire pourra
dire qui à postériori « avait » raison.
Il y a néanmoins une raison qui me parait à elle seule
parfaitement justifier l’intervention militaire (US + Israël) : tenter
d’anéantir les capacités de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire.
Non seulement parce que les dirigeants actuels sont
dangereux (tous les idéologues le sont, les religieux plus que tous), mais
aussi pour ne plus laisser un pays, quel que soit-il, se doter d’une telle arme.
On est déjà assez nombreux à l’avoir et il ne faut pas
prendre le risque d’une prolifération en ce domaine. Si l’Iran se dote, tous
les pays du golf se doteront (et on les comprend).
Ce n’est pas très juste (*) et le risque de la
disparition de toute vie sur terre n’est pas pour autant écarté avec les seuls
pays déjà dotés, mais ce n’est qu’un « risque ». Laisser la
prolifération s’opérer, transformerait ce risque en certitude et à court
terme.
(*) « pourquoi nous et pas eux » :
j’ai des arguments et pourrait faire (ferais ?) trois pages sur le sujet.
Mais ce n’est pas le thème de ce post.
Conflit Russo-Ukrainien :
Pour ce qui me concerne, je m’en tiens à
l’essentiel : l’origine de ce conflit. C’est la Russie qui a militairement
attaquée l’Ukraine !
Et là, le droit international rejoint les valeurs morales.
La Russie n’était menacée ni par l’Ukraine ni par l’un
des pays de l’OTAN (organisation purement défensive pour rappel, même si on
peut lui reprocher la « bavure » du bombardement de Belgrade pour
mettre fin à l’agression de la Serbie dans les Balkans).
Les raisons invoquées par la Russie pour justifier son
« opération spéciale » (en fait, une invasion pure et simple) sont
toutes mauvaises et mensongères (pure propagande) : d’abord les
Ukrainiens martyrisés par un Gvt néo-nazi (sous prétexte d’un petit corpuscule
d’extrême droite comme il y en a dans toutes les démocraties), ensuite
préventivement contre une probable agression de l’OTAN (pas le moindre signe ou
début de vérité à cela).
La véritable raison, si on écarte celle de la volonté
d’un seul homme, d’un parfait mégalomane (pour ne pas dire psychologiquement
gravement instable), est la peur du régime, à savoir toute la
cleptocratie autour de Poutine, d’un courant démocratique à ses frontières.
La crainte qu’il puisse un jour se réinfuser en Russie,
comme cela avait commencé avec Gorbatchev, avant que Poutine n’y mette un
terme. La démocratie est effectivement un danger mortel pour toute dictature.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle après l’Ukraine (si on ne
les arrête pas), ce sera le tour des pays Baltes.
Hors arguments directement tirés de la propagande du
Kremlin (et donc sans valeur), j’en entends quelques’ uns qui méritent
discussion :
La corruption en Ukraine : bien sûr qu’il y en a
(comme dans tous les pays), mais le pays essaie de s’en débarrasser et c’est
tout à son honneur. C’est aussi l’une des raisons majeures pour laquelle le
peuple a voulu et veut plus que jamais se détacher de l’influence Russe.
Dans ce pays, par contre, la corruption est érigée en véritable système d’Etat,
comme c’était le cas dans l’ex-URSS, régime que l’Ukraine a subi pendant 70 ans
(ils savent mieux que quiconque de quoi il retourne).
Il y a des Ukrainiens prorusses : en démocratie, le
100% n’existe pas ! Ce score n’est approché que dans les dictatures
voulant se donner une apparence démocratique en organisant des simulacres
électoraux. Le cas le plus emblématique est bien sûr celui de la Corée du
Nord où le dirigeant suprême est également « élu par le peuple ».
Ce fût d’ailleurs le cas dernièrement et Kim
Jong-un a été élu à l’unanimité (malheur à celui ou celle qui aurait voté
contre). Faut dire qu’il était le seul à se présenter. Quant au taux de
participation, ce fût 99.9% (aucune démocratie n’atteint un tel score).
Blague à part (ce qui est le cas des référendum ou élections
truquées, de mascarade), ce qui compte, c’est la volonté d’un peuple
(majorité s’entend), sur le principe du « droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes ».
Après l’éclatement de l’URSS, il y a eu en 1991 des référendums
en Ukraine pour ou contre l’indépendance (sous contrôle international) dans
les différentes régions (oblasts). Toutes ont voté pour l’indépendance à plus
de 80% (92% pour et taux de participation à 84%).
Même les oblasts du Donetsk et du Donbass à majorité
soi-disant prorusse (selon la propagande) a voté pour l’indépendance à plus de 80% !
Seule la Crimée a répondu pour à 56%. C’est donc moins que les autres, mais une
majorité quand même. L’explication est que la Crimée avait déjà été fortement
« russifiée » (déplacement de la population locale, Ukrainienne, au
profit de Russes venus de la Russie profonde, encouragés et aidés par le Gvt
Russe comme le font généralement tous les envahisseurs).
Toujours est-il qu’avant la guerre, 80 à 90% des
Ukrainiens, pourtant à forte proportion russophone (à ne pas confondre avec
« russophile ») voulaient couper les ponts avec la Russie, ne
plus rien avoir à faire avec son régime autocratique et corrompu, ni revoir les
marionnettes qu’il mettait au pouvoir à Kiev. Maintenant, en raison de
l’invasion, mais aussi des exactions et bombardements ciblés sur les civils
(politique délibérée de la terreur), c’est au moins 97% des Ukrainiens (pour
ne pas dire 100%, incluant ceux qui n’approuve pas le Gvt de Zelensky) qui
détestent la Russie ! … Russophones compris !
Quoiqu’il en soit, quels que soient les défauts et
imperfections du Gvt au pouvoir en Ukraine (aucun Etat n’est parfait et 100%
d’approbation d’un Gvt n’existe pas), n’en reste pas moins que l’Ukraine a
été agressée par son voisin, … doté de l’arme nucléaire … et membre
permanent de l’ONU de surcroit ! C’était impensable avant que cela
n’arrive. Aucune excuse pour les dirigeants Russes qui ont initié cette
infamie. J’espère qu’ils en paieront un jour le prix (sans trop y croire,
malheureusement).
J’ai beaucoup de compassion pour ces Ukrainiens qui se
prennent des missiles et des drones sur la tête depuis 4 ans … et toujours à ce
jour, malgré qu’actuellement l’attention soit portée sur un autre endroit
du monde.
Ils résistent et ce n’est pas que de la volonté de leur gouvernement.
Hors exceptions, ils ne sont pas forcés et contraints d’aller sur le front
(quoi qu’en dise la propagande Russe). Dans son ensemble, la population est au
contraire dans l’état d’esprit « plutôt mort qu’esclave » et
« vu ce qu’ils nous ont fait, nous ne leur pardonneront jamais ».
Bien sûr il y a des déserteurs, comme c’est le cas dans
toutes les guerres. Bien sûr qu’aller se battre et risquer de mourir sur le
front n’attire personne, mais la volonté générale reste de continuer à se
battre pour préserver la nation et ses valeurs, pour préserver leur liberté et
leurs espoirs de démocratie.
Assurément, ils perdront tout cela si ils perdent cette
guerre, capitule (comme le veut Poutine). S’en suivra déportations et
déplacements de populations, dans un objectif de russification. C’est ce qui
s’est passé sur les 15 années qui ont suivi la fin de la 2ème guerre
mondiale, dans tous les pays libérés de l’occupation Allemande puis annexés par
l’URSS. Les Ukrainiens s’en souviennent et en ont parfaitement conscience.
Ils n’ont pas non plus oublié l’Holodomor
(sous Staline entre 1928 & 1930).
Pour l’instant les Ukrainiens souffrent et voudraient en
finir, mais pas à n’importe quel prix. Je les comprends et suis même assez
admiratif envers ce peuple « pro-européen », né de la « révolution
Maïdan ».
J’irai même jusqu’à penser que les Ukrainiens ont
beaucoup plus conscience que nous les Français, de la valeur et de l’importance
de ce qu’est une démocratie (même avec toutes ses imperfections). En France
comme un peu partout en Europe, la démocratie, régime fragile par essence,
est considérée comme un acquis définitif. Rien n’est plus faux ! Pire,
nombre d’électeurs commencent à plus ou moins la remettre en question (bien
aidés par l’influence Américaine des Banon et consorts, de Trump et ses maîtres
à penser). C’est grave et inquiétant.
Voilà donc mon point de vue sur le sujet. Ma conviction
est que le droit et la morale vont à l’Ukraine et qu’elle mérite d’être aidée
comme nous l’avons été dans notre résistance à l’Allemagne nazie. Bien
sûr cette aide (civile et militaire) reste contrainte à nos propres moyens
(s’entend « Européens »). Nous ne pouvons bien évidemment pas
gravement nous démunir nos capacités économiques et militaires, ni déclencher
une guerre thermo nucléaire globale avec la Russie. C’est là aussi, un sérieux
dilemme.
Mes opinions et l’idée que je me fais de « la
vérité » est le consensus de ceux qui sont censés savoir : les
journalistes (les vrais, les pros qui contrôlent leurs sources et vont sur
le terrain), les experts (militaires, chercheurs d’instituts divers,
historiens, ONG), en un mot « les sachants ». Tous ne sont pas
totalement objectifs (personne ne l’est) et certains d’entre eux se trompent,
quand ils ne mentent pas délibérément (intox). A ce titre, je me méfie et
écarte par principe tous les « politiques » (même si j’approuve leurs
idées). Un politique de parfaite bonne foi, ça
n’existe pas.
Sans parler du raz de marée d’absurdités qui circulent sur
les réseaux sociaux, trop de gens se font une idée de ce conflit sans aller
au bout de l’information, ou ne s’en tenant qu’à tel ou tel témoignage qui
leur parait crédible simplement parce qu’il l’on entendu d’un proche de
confiance.
Pour ma part, j’ai pour principe de ne pas m’informer par
les réseaux sociaux et ne faire confiance qu’aux médias reconnus pour leur
sérieux et leur professionnalisme. Pas « un » média, mais
« plusieurs », et de préférence d’obédience différentes pour ainsi
croiser l’information.
Je me méfie également de l’information en direct, réactive.
Je préfère attendre le lendemain, voire quelques jours, que les faits soient
confirmés et analysés par les experts de la question.
Je ne suis pas expert et comme la majorité d’entre-nous, les
« spectateurs du monde qui nous entoure », ne vais pas par moi-même
« contrôler les faits sur le terrain », sans compter qu’on pourrait
m’embrouiller.
Si je crois que la terre est ronde sans pourtant être
allé dans l’espace pour le vérifier, c’est que le consensus affirme que c’est
le cas. Les « hors consensus » sont ceux qui croient qu’elle est
plate (tout de même 7% de la population dans les pays dits développés, … et pas
que dans des milieux sous-éduqués, de mémoire et de ce que j’ai pu lire à ce
sujet).
Je me fais donc une idée, comme tout le monde, de l’info
qui circule autour de moi et ne donne du crédit qu’au « consensus »,
c’est-à-dire à ce que dit et pense la majorité des « sachants » qui
vont dans le même sens, dont les retours d’infos se recoupent et ce
d’autant plus s’ils sont « concurrents » (commercialement ou
idéologiquement).
Et si le « consensus des sachants » se trompe
(toujours possible, bien sûr) ? … Alors je me trompe ! … Et si l’histoire le
démontre (c’est toujours elle qui au bout du compte, a raison), … alors je
ferai amende honorable. Mais je préfère prendre ce risque, plutôt que celui de
me faire embrouiller au premier ragot venu et croire à toutes les sornettes qui
circulent.
Bien sûr, si ce « consensus » représente la
quasi-unanimité, sans ou très peu d'avis contraires, d'autant plus si le
sujet n'est pas spécifiquement scientifique, méfiance ! C'est ce qui se
passe dans les dictatures où l'information est contrôlée. Même dans ce cas,
comme en Russie, certaines informations contradictoires circulent pour donner
l'illusion d'un environnement médiatique libre. Ces infos, savamment distillées
par des médias apparemment libres, sont tout aussi contrôlées.
Là intervient la logique et l'esprit critique !
L'analyse et le recoupement d'une information doit évidemment se faire avec raison.
Une information manipulée, dirigée, trafiquée, peut se détecter. Ce n'est
certes pas toujours facile et nous pouvons tous nous faire berner. Avec les
réseaux sociaux toujours plus métastasés de fakes, une IA toujours plus
performante, l'exercice va être toujours plus difficile.
L'aspect positif c'est que tel un muscle, « l'esprit
critique ça se travaille » ! Plus il y aura matière à ce qu’il s'exerce,
plus il sera performant. C'est en tout cas la seule véritable arme personnelle
que nous avons pour ne pas être victime de la désinformation.
Ah oui, et au fait : je ne crois pas une seule seconde
en une info manipulée et co-dirigée par une petite poignée d’hommes
« gouvernant le monde » (la théorie du complot mondial).
J’ai un autre principe : ne jamais me faire une
opinion à partir de l’expérience personnelle de mon interlocuteur, fusse-t ’il
indéniablement de bonne foi. Encore moins d’une expérience rapportée par
tel ou tel « soi-disant » témoin (« l’homme qui a vu l’homme,
qui a vu l’homme qui a vu l’ours »). J’écoute et attend confirmation
ultérieure. Ce n’est qu’une expérience pami d’autres et comme toutes les
expériences personnelles elles sont chargées d’émotion, de ressenti, de
subjectivité. Bref, elles n’ont rien d’objectif.
Comme le font trop souvent les gens, un cas particulier ne
doit pas se transformer en généralité. Une vision d’un point ou sous un
angle particulier, ne donnera jamais une vision d’ensemble correcte. C’est
plutôt la démarche intellectuelle inverse qu’il faudrait avoir : partir du
général vers le particulier.
Pour conclure au sujet de « l’information qui nous
parvient » et grâce à laquelle nous nous faisons une idée du monde dans
lequel nous vivons :
Nous sommes bien sûr tous plus ou moins influencés, mais le
pire ennemi de la vérité est le « biais de confirmation » :
ne croire, ne rechercher et ne retenir que l’info qui va dans le sens que l’on
est déjà, préalablement prêt à croire.
C’est d’ailleurs l’une des raisons majeures de l’intox par
les réseaux sociaux et ses algorithmes qui agrègent et dirigent l’info dans le
sens de ce l’internaute regarde.
Les gens qui n’ont pas conscience de ce biais ne croient
plus ce qu’ils voient, mais voient ce qu’ils sont prêts à croire.
Jack