07 décembre 2011

Triomphe de l’obscurantisme en Egypte


L'une des plus mauvaises nouvelles de la semaine, c'est sans doute celle-ci :

Je croyais ce peuple dont la majorité a moins de 30 ans, plus tourné vers Facebook et Twitter.
Et bien non, c'est encore l'obscurantisme qui domine !

Les sombres années de l'inquisition en occident, n'auront donc pas été utiles à prévenir le reste du monde des dangers de la religion au pouvoir, l'Afghanistan n'ayant peut-être pas été une exception et l'émancipation du peuple Iranien plus éloignée que prévue.

La cause ? Bien évidemment, encore et toujours, une déficience dans la distribution et l'accès à la connaissance.



@+
Jack 

04 décembre 2011

Retour au moyen-âge


L'inquisition nous l'avons connue en Europe il y a environ 600 ans. Certains peuples dans le monde en vivent en ce moment une variante.
La toute puissance des religieux dans le système politique de l'époque ne s'est pas affirmée du jour au lendemain, mais sur plusieurs décennies et de façon très sournoise.

Alors restons vigilants  et faisons clairement savoir, comme l'écrasante majorité des Européens, que nous souhaitons vivre dans le cadre d'institutions politiques totalement laïques, que nous rejetons toutes idéologies et personnes qui souhaiteraient le contraire. Ajoutons qu'à force de nous gaver avec leurs revendications, les signes ostentatoires de leurs croyances et leurs indignations à la moindre plaisanterie à ce sujet, nous allons finir par faire une véritable indigestion de l'islam, avec le risque de glisser, nous aussi dans l'intolérance en rejetant en bloc tous les croyants musulmans, même les plus modérés.

Attention, il n'est bien sûr par question de faire l'amalgame entre origines culturelles et prosélytisme religieux. C'est bien ce dernier que je critique, et non le multiculturalisme que j'approuve sans aucune réserve.

En France :
Ne vous fiez pas au tout début pour juger du type de message, passez les 20 premières secondes. C'est du reportage, des extraits de débats, des intellectuels et des religieux qui s'expriment, ... et c'est effectivement inquiétant (à regarder et écouter jusqu'à la fin, ... et surtout la fin)
Mais aussi :
"...la France c'est notre terre à nous... " : Shariah 4 Belgium et Forsane Alizza

En Angleterre : Royaume-Uni, charia, école, dhimmisation, homophobie, antisémitisme, crise de civilisation
Un extrait du JT qui date de 2010 mais qui en dit long sur les « écoles islamiques ».


@+
Jack 
... et dire qu'il y a encore de nos jours des gens qui meurent ou qui souffrent à cause d'un bouquin « sacrément con », écrit par on ne sait qui, mais fort bien exploité par des « sacrés menteurs » dont l'objectif est toujours le même : prendre le pouvoir et asservir le plus grand nombre.

01 décembre 2011

Euro crise et scénario du pire


L'argent est beaucoup plus virtuel, immatériel, que la majorité des gens le croient. Ce n'est pas autre chose que de la confiance et de l'espoir, et l'argent « se fait ou se défait » au gré du niveau de ces aspirations humaines. Même à titre personnel, celui qui n'a pas d'argent mais est gonflé à bloc, emprunte et entreprend, pour finir par rembourser et avoir de l'argent. Et bien sûr, s'il entreprend mal ou déprime, dans cet ordre ou dans l'autre (puisque l'un engendre l'autre), il ne peut plus rembourser, encore moins emprunter plus qu'il ne l'a déjà fait, et donc entreprendre quoique ce soit, ni même espérer « se refaire ». Quant à son moral, c'est limite suicide. A l'échelle nationale, c'est la même chose.

Confiance et espoir, c'est tout ce qui faut pour aller de l'avant et faire tourner une économie, l'ensemble s'autoalimentant. Actuellement, c'est très exactement le mécanisme inverse qui est en route (et il s'est enclenché en Juillet 2007). Le suicide, d'une nation ou d'une civilisation, ce sera l'écoute des discours extrémistes du style « faut tout casser pour repartir sur des bases saines ».

Derrière la crise des subprimes, il y avait la crise de l'immobilier US. Derrière celle-ci il y avait l'endettement des ménages Américains, et derrière, l'endettement du monde occidental, et derrière, la montée du prix des matières premières en raison des besoins de la Chine, et derrière, la démographie mondiale avec le problème du partage des richesses et des ressources, et derrière ... ? ... Et après ?

Toujours est-il que ces derniers mois « éprouvants » ont fini par avoir raison de mon optimisme. La franche détérioration des marchés financiers ne date pas de quelques semaines, mais s'aggrave chaque jour depuis début Juillet (quelques sursauts comme aujourd'hui, pour mieux replonger dans les jours suivants). Entre lourdeur décisionnelle Européenne, bataille politique aux USA et élections majeures en 2012 (France, Allemagne, Russie, USA), l'incertitude va dominer pour un bout de temps encore, et ce dans le meilleur des pronostics (le pire étant le chaos).

En 2010 il était impensable de lâcher un pays Européen et ce n'est pas faute à Sarko de l'avoir martelé début 2011. En Septembre, je crois que les principaux décideurs Européens auraient souhaité que la Grèce ne réponde pas aux conditions qui lui étaient imposées ... pour trouver la bonne excuse de la lâcher, de sortir la pomme pourrie du panier avant qu'elle ne contamine les autres. Pas de bol, elle a dit amen à tout et on lui a filé le fric Mardi.
Encore en Juin, il n'était pas pensable d'abandonner l'euro (ce qui pourrait entrainer la décomposition de la zone économique et politique européenne, et là ce serait gravissime à tous points de vue). Aujourd'hui, certains économistes et politiques pensent que ce serait la meilleure solution, alors que ceux qui font tourner l'argent dans le monde, parient sur le fait que l'éclatement de cette zone euro est inéluctable, tout du moins partiellement (zone euro réduite à quelques pays économiquement proches, 4 à 6 au plus).

Pour ma part, je n'y crois pas trop (à l'éclatement total en tout cas, une réduction de la zone me paraissant néanmoins possible) ... mais tout comme je ne croyais pas trop que certains poids lourds du CAC ne pouvaient pas aller au dessous de leurs plus bas historiques « absolu » (depuis qu'ils cotent).

Si « la crise de la dette », qui ne s'arrête pas à l'Europe et qui est peut-être « une crise d'autre chose », persiste, nous allons vers des horizons sombres et orageux, avec dans les pays occidentaux, des mouvements sociaux de plus en plus importants qui ne feront que détruire plus qu'ils ne le sont, les fondamentaux économiques. Les pays arabes n'ont pas le monopole des perturbations sociaux-politiques et celles-ci ne sont d'ailleurs pas dues au hasard, tout dans le monde étant interconnecté. Dans ce type de contexte (et là, ce n'est que de l'histoire), les nationalismes se réveilleront, les dictateurs émergeront là où il était impensable qu'ils réapparaissent, ceux qui viennent de tomber seront remplacés (sans doute par des extrémistes religieux), les pays se fermeront et les grands équilibres mondiaux basculeront. La possibilité que les grandes puissances rentrent en conflit, sera alors vraiment envisageable.

Mais comme depuis Juin j'aurais tendance à faire le contraire de ce qu'il faut dans mes opérations boursières, et donc à penser à l'envers, il y a peut-être une chance pour que je sois plus pessimiste que de raison (je suis contaminé par l'ambiance). Tout rentrerait-il dans l'ordre dans quelques mois ?

Comment ? Et bien je crois que la seule solution de se sortir de cette histoire de dettes nationales et éviter de tomber dans un gouffre aux confins insondables, c'est l'inflation. C'est « LA » méthode « classique et infaillible », que seul un État (ou groupe étatiques) peut mettre en œuvre pour éponger ses dettes et repartir de l'avant. Le dindon de la farce, c'est bien sûr le petit épargnant (avec les plus démunis). Il ne serait pas impensable que les grands décideurs politiques et leurs conseils mijotent déjà le coup et que les atermoiements actuels ne soient qu'une façon de préparer les opinions publiques.


@+
Jack 

Vos économies sont-elles en péril ?


En ces temps d'incertitude on cherche, non plus à se rassurer, mais à comprendre ce qu'il se passe pour mieux appréhender ce qui risque vraiment de se passer dans un avenir plus ou moins proche.
Vous sachant riches à millions et très inquiets sur le devenir de votre magot caché, un petit tour de la situation devrait vous intéresser.

Comme nous tous, je survole beaucoup d'information, plus que je n'ai le temps de vraiment en lire et encore moins d'en retenir. Pour palier à cela, je conserve les articles qui me paraissent intéressants, en prévision d'y revenir plus tard de façon plus approfondie.

En matière économique il y a certains mécanismes intemporels auxquels ont ne croit plus quand on nous les rappelle (« mais non, aujourd'hui les choses sont différentes ») et qui pourtant reprennent tout leur sens quand ils se vérifient à nouveau ... généralement quand il est trop tard !

Cela dit en passant, rares sont les analystes qui ont vu le vent venir (outre leur partialité, leur manque de recul est certain). Quant aux institutions nationales ou internationales (banques centrales, FMI, INSEE, OCDE, ...), elles approchent à peu-près la vérité, ... quand on marche déjà dedans !

Entre les gourous de la finance qui n'ont aucun intérêt à miner leur terrain de chasse et les autorités administratives indépendantes qui ne font qu'interpréter des données statistiques trop récentes, il nous reste les économistes universitaires. Ils ne sont pas directement intéressés à capter vos économies comme les premiers et n'ont pas le nez dans le guidon comme les seconds. De ce fait, ils sont assez souvent dans le vrai, et ont surtout une vision plus large et historique des phénomènes économiques. Bon d'accord, comme tout le monde ils ont leurs opinions, leurs idéaux et ne sont pas forcément objectifs. Personne ne l'est totalement. Tout ceci n'empêche pas certaines démonstrations difficilement contestables.

Il en est ainsi de cette analyse macroéconomique faite en Janvier 2010 ... qui annonçait ce qui nous arrive en ce moment :
Crise : Scénario pour 2010, par Jean Claude Werrebrouck
L'article étant assez long, je ne vous livre que le début, le milieu et la fin (si vous voulez comprendre le pourquoi, les mécanismes qui mènent à cela, faudra tout lire) :
«  Trop d'épargne pour certains, pas assez de revenus pour d'autres ; une situation de surproduction généralisée face à une demande insuffisante, qui ne pouvait être soutenue que par l'empilement des dettes. L'éclatement de la bulle de crédit a créé une situation intenable : la liquidation de la dette privée est inévitable mais loin d'être achevée. ... A moyen terme, il sera inévitable de procéder à un rebalancement des échanges économiques et à une répudiation de la dette. »
.../...
«... le mode de la répudiation de la dette sera la question centrale des années 2010 et 2011. Et pour comprendre ce qui pourrait advenir, il est fondamental d'effectuer un bref retour historique sur le fonctionnement des Etats. Considérons comme acquis la fondation historique de ces derniers sur la violence. L'Etat repose historiquement sur la monopolisation de l'extériorité, qui caractérise tout groupe humain, par des acteurs soucieux d'utiliser le levier correspondant à des fins privées. ... L'irruption de l'Etat de droit devait modifier largement les moyens d'action de ceux qui devaient devenir des entrepreneurs politiques sur des marchés démocratiques. C'est qu'en démocratie, les marchés politiques sont instables, ce qui signifie qu'en théorie tous les groupes constitutifs de la société peuvent être amenés à utiliser la contrainte publique à des fins privées. La démocratie permet, à tour de rôle, aux moutons de devenir eux-mêmes des loups et inversement. Ce qui signifie par conséquent une main moins lourde de la part de ceux qui désirent utiliser la contrainte publique à leur avantage. La gestion de la dette publique devra donc être revue et corrigée : moins de violence affichée et recours caché aux forces du marché pour la répudiation. »
.../...
« C'est à partir de ces lignes de force essentielles que pourront se comprendre les phénomènes qui vont accompagner la trajectoire de la crise : puissance de la croissance, ou hélas, plus probablement de la dépression, importance du chômage, niveau d'agitation des marchés politiques, niveau d'agitation des instances médiatiques chargées de l'interprétation du déroulé des évènements, rapports de forces autour des tables de négociation internationales. »

Ce qui est intéressant dans cet article, outre les relations historiques entre pouvoir et dette publique, c'est la date à laquelle il a été écrit. En Janvier 2010 il décrivait des mécanismes qui s'amorçaient au 1er trimestre 2011 (inquiétudes sur la dette Grecque et sur la stabilité de la zone Euro, prémisses d'une guerre des monnaies) pour éclater publiquement depuis Juillet dernier : désaccords entre États sur les mesures à prendre et perte de confiance sur la capacité des États à faire face à leurs déficits. Une dette sur laquelle chaque État, en Europe comme aux USA, les partis politiques se déchirent, ... beaucoup plus pour des « raisons électorales » que pour de véritables « raisons économiques », et c'est bien cela le plus inquiétant !

Et la suite ?

Si on suit le raisonnement de l'auteur, les gesticulations politiques internationales actuelles paraissant lui donner raison, le casse-tête des dirigeants sur le « comment relancer l'économie pour rembourser la dette ? » va vite faire la place au « comment se débarrasser de la dette sans croissance économique ? ».
Sans croissance, il n'y a bien sûr qu'une seule solution : la dévaluer, ce qui revient à berner les prêteurs, les épargnants de la planète dont vous et moi faisons partie (au travers des banques, assurances, fonds de pension et de retraite ou toute autre institutionnel collecteur de cette épargne). C'est ce qu'entend l'auteur quand il parle de « répudiation », la dévaluation d'une créance étant la forme moderne de son effacement.

Les États ne décidant plus seuls, la dévaluation de leur monnaie est plus compliquée. Par ailleurs, pour que cela marche, il faut bien sûr que la monnaie de remboursement soit celle de l'emprunt. En raison de la mondialisation et de l'actuelle complexité des mécanismes, l'exercice va donc être difficile pour les pays endettés et leurs moyens pour dévaluer leur dette ne s'arrêteront pas à une simple dévaluation monétaire, mais on sent bien que ce sera l'objectif.

Voilà le remède. Mais au fait, quelles sont les véritables causes de la crise de la dette ?

Dire que ce sont les conséquences d'une débauche de la consommation à crédit et de la spéculation, n'est pas totalement faux, mais n'est pas vraiment exact. Pour tout dire, c'est une explication très simpliste et réductrice. L'un et l'autre ne sont qu'une partie de l'explication, et à mon avis, la partie émergée de l'iceberg. C'est un peu expliquer le trou de la sécu par les abus de votre voisin.

Prenons par exemple la dette Américaine. On entend (trop) souvent qu'elle a été créée par la boulimie des Américains à consommer à crédit, faute de redistribution des richesses par les salaires. C'est oublier le raz de marée des exportations chinoises (bas salaires = bas coûts) sur l'économie occidentale, affaiblissant les marges des entreprises (par effet concurrentiel), ce qui mena au gel des salaires et au chômage, et donc à la baisse de la consommation interne qu'il a bien fallu compenser par l'endettement pour maintenir les entreprises occidentales à flot (ne pas le faire aurait créé encore plus de chômage, donc moins de consommation, cercle vicieux qui aurait mit l'économie totalement et irrémédiablement en panne). Donc, incriminer les politiques est également une critique facile pour expliquer la crise. « Aurait pu mieux faire », d'accord, mais c'est tout.

En quelle devise la Chine est-elle payée en retour de ses exportations « dévastatrices pour l'économie occidentale » ? ... En dollars.
Que fait la Chine de ces dollars ? ... Elle achète des bons du trésor Américain (elle ne « redistribue » que très peu).
Et quelle est l'une des conséquences de ces achats massifs ? ... La hausse de la dette Américaine (en partie seulement bien sûr, mais en partie quand même, ce qui fait depuis longtemps dire aux économistes que la Chine finance l'Amérique).

N'allez pas croire que j'insinue que la Chine est responsable de quoi que ce soit. Elle a tout comme nous, droit à la croissance et à l'accès aux mêmes richesses, d'autant qu'elle commence seulement à en profiter alors que nous nous y vautrons depuis cinquante ans. Expliquer des mécanismes économiques et les problèmes qu'ils soulèvent, n'implique pas qu'il y ait des responsables, mais simplement qu'il soit nécessaire de trouver les meilleurs solutions pour que ces mécanismes ne se grippent pas.

Comment évitons-nous encore et pour l'heure, un « crédit crunch » ? ... Grâce à la Chine (plus précisément, grâce aux pays émergents, qui consomment quand même de plus en plus, mais surtout et pour l'instant, réinvestissent leurs excédents commerciaux chez nous).

Si la meilleure image du monde de la finance est celle d'un serpent qui se mort la queue, cela ne veut pas dire que les solutions aux problèmes financiers soient simples. Tout est imbriqué et surtout aucune décision ne peut être centralisée, chaque intervenant ayant des intérêts souvent contradictoires avec les autres. Le problème étant complexe, la solution l'est tout autant et les remèdes simplistes de certains politiques ne sont que tromperie. La pire d'entre elles serait certainement de fermer les frontières (souvent entendu). C'est l'une de celles qui fut adoptée pour contrer les conséquences de la crise de 1929 et qui a menée là où on sait. L'Occident a tout autant besoin d'exporter sa production que l'Asie. Sans compter un risque de brouille pouvant déboucher sur un conflit qui ne serait plus limité à l'économie (je vous laisse imaginer).

Alors comment les États Européens vont-ils s'y prendre pour « répudier » leurs dettes ?
Et si les Chinois réévaluaient leur monnaie (le Yuan), ce qui mécaniquement dévaluerait l'euro et le dollar ? Et si les Américains dévaluaient la leur, ce qui mécaniquement réévaluerait l'euro (donc à l'inverse de l'effet recherché) ? Mais au fait, pourquoi, et surtout comment, ne pas dévaluer l'Euro ?

Pour l'heure, la question reste entière mais la réponse sera trouvée par un biais plus ou moins indirect. Ce qui me semble sûr, c'est que les consommateurs ou les épargnants que nous sommes, vont souffrir !
A quelle sauce allons-nous être mangés et surtout, pendant combien de temps allons-nous cuire ? Les cuisiniers vont-ils s'entendre ou vont-ils au contraire se jeter les casseroles à la figure, éparpillant les ingrédients au sol et mettant le feu à la cuisine mondiale ?

Il y a un moment ou même les plus optimistes (comme moi) doivent arrêter de rêver pour réellement regarder la déplaisante réalité en face. Pour des raisons liées aux déséquilibres dans le partage des ressources et des richesses mondiales, j'envisageais bien de grandes difficultés à surmonter, mais pas avant 2020-2030. Il semble que les évènements se précipitent. Même pas le temps de souffler !

Ce tour d'horizon fait, revenant à l'objet du message : Vos économies sont-elles en péril ?
Si vous avez suivi, la réponse est bien évidemment et sans ambiguïté : oui !
Pas pour tout de suite ... mais pour bientôt.

Alors où et comment protéger votre épargne, avant qu'elle ne se fasse laminer par l'inflation ? Comme je l'ai déjà écrit, je n'en vois aucune dans l'immobilier (appréhension fiscale), ni dans les métaux précieux (trop tard + risque de manipe) et encore moins dans les obligations « d'État » (inflation, dévaluation sous des formes multiples), les fameux placements garantis en Euros (en plus ou moins bonne place dans presque tous les contrats d'assurances vie). Ce sont d'ailleurs ces placements qui seront les premiers touchés. Pour sûr que le capital sera intégralement remboursé, mais en quelle monnaie ? ... Et si c'est encore en Euros, qu'elle en sera sa véritable valeur économique au jour du remboursement ?

Que reste-t-il, en dehors des placements de connaisseurs comme l'art ou certaines matières premières (haut risque) ?
Le marché des actions, toujours à mon point de vue. Tout le problème étant le choix des bonnes valeurs, de celles qui « passeront la crise », toujours dans une optique de « protection du capital » et non de « production du capital » (recherche de PV immédiates).  

Cette analyse (également faite en Janvier 2010) pourrait vous aider à cette sélection :
2010 Reprise de la crise - Par Simone Wapler, le 15 janvier 2010 ... elle aussi, il me semble, avait vu juste !
Extraits :
« Nous estimons donc que 2010 devra être à placer sous le régime de la préservation de capital plutôt que de la recherche de plus-values. ... La croissance de la consommation tous azimuts a vécu. Les entreprises qui proposent des biens ou services permettant de réaliser des économies ont de beaux jours devant elles. Privilégiez les biens et services aux entreprises plutôt que les sociétés qui dépendent de la clientèle des particuliers. ... Certaines entreprises sont capables d'imposer leur prix. Ce sont celles qui ont un savoir-faire précieux, qui imposent un nouveau modèle astucieux. ... Une crise comme celle que nous vivons est une crise de destruction créatrice, selon le modèle de Schumpeter, qui laissera un boulevard aux casseurs de règles. »

Cette économiste met en avant le modèle économique de Schumpeter (succession de cycles économiques destructeurs-créateurs de croissance, très étroitement liés à l'innovation).
Extraits :  
« En conséquence, la croissance est un processus permanent de création, de destruction et de restructuration des activités économiques. La "destruction créatrice" est donc la caractéristique du système capitaliste qui résulte du caractère discontinu ... Le cœur de l'innovation repose sur la R&D, qui n'est pas toujours immédiatement rentable, ce qui peut justifier un soutien public, sachant que le niveau technologique d'un pays influence son niveau de vie et sa place dans le concert des nations. Les efforts de R&D et d'innovation sont les premières victimes du ralentissement conjoncturel; avec la baisse des profits et la montée des incertitudes, les entreprises sont tentées de réaliser d'abord des économies sur les dépenses en R&D et en innovation, dont la rentabilité est le plus souvent lointaine et incertaine. Une intervention des pouvoirs publics à contre-cycle peut aider à lutter contre cet effet pervers. »

Pas facile de trouver une société de taille importante (capable de traverser les tempêtes boursières), ne dépendant pas directement de la consommation, innovante sur un marché à fort potentiel présumé, au bilan solide et une trésorerie saine (surtout que ce poste est éphémère), avec un endettement raisonnable (très relatif) et des actifs suffisamment conséquents (là c'est plus facile à déterminer) pour lui permettre de trouver les liquidités nécessaires à maintenir son marché et tenir dans la durée.
Mais il y en a !

Ayant pour principe de ne pas conseiller ou déconseiller telle ou telle valeur, vous ne ferez pas l'économie d'un petit travail de recherche et d'analyse de ces quelques entreprises qui ont toutes les chances de se sortir gagnantes de la profonde crise dans laquelle nous nous enfonçons chaque jour un peu plus. 

Moi qui est toujours vivement critiqué les « cassandres », je crois aujourd'hui et pour une fois, que nous avons tout de même beaucoup de raisons d'être pessimistes ... à court terme, sachant que j'hésite entre l'échelle d'un bilan comptable (moins d'un an) et l'échelle d'un cycle économique (5 à 50 ans, suivant le cycle).
Rassurez-vous quand même pour le court terme : ayant été trop souvent optimiste dans le passé, il y a fort à parier que je sois cette fois-ci encore, pessimiste à tort.

A long terme je ne perds cependant pas espoir. A l'échelle géologique, je suis même très optimiste.


@+
Jack

Le maelstrom des crises

L’argent est beaucoup plus virtuel, immatériel, que la majorité des gens le croient. Ce n’est pas autre chose que de la confiance et de l’espoir, et l’argent « se fait ou se défait » au gré du niveau de ces aspirations humaines.

Même à titre personnel, celui qui n’a pas d’argent mais est gonflé à bloc, emprunte et entreprend, pour finir par rembourser et avoir de l’argent. Et bien sûr, s’il entreprend mal ou déprime, dans cet ordre ou dans l’autre (puisque l’un engendre l’autre), il ne peut plus rembourser, encore moins emprunter plus qu’il ne l’a déjà fait, et donc entreprendre quoique ce soit, ni même espérer « se refaire ». Quant à son moral, c’est limite suicide. A l’échelle nationale, c’est la même chose.

Confiance et espoir, c’est tout ce qui faut pour aller de l’avant et faire tourner une économie, l’ensemble s’autoalimentant. Actuellement, c’est très exactement le mécanisme inverse qui est en route (et il s’est enclenché en Juillet 2007). Le suicide, d’une nation ou d’une civilisation, ce sera l’écoute des discours extrémistes du style « faut tout casser pour repartir sur des bases saines ».

Derrière la crise des “subprimes”, il y avait la crise de l’immobilier US. Derrière celle-ci il y avait l’endettement des ménages Américains, et derrière, l’endettement du monde occidental, et derrière, la montée du prix des matières premières en raison des besoins de la Chine, et derrière, la démographie mondiale avec le problème du partage des richesses et des ressources, et derrière  ... ? ... Et après ?

Entre lourdeur décisionnelle Européenne, bataille politique aux USA et élections majeures en 2012 (France, Allemagne, Russie, USA), l’incertitude va dominer pour un bout de temps encore, et ce dans le meilleur des pronostics (le pire étant le chaos).

En 2010 il était impensable de lâcher un pays Européen et ce n’est pas faute à Sarko de l’avoir martelé début 2011. En Septembre, je crois que les principaux décideurs Européens auraient souhaité que la Grèce ne réponde pas aux conditions qui lui étaient imposées ... pour trouver la bonne excuse de la lâcher, de sortir la pomme pourrie du panier avant qu’elle ne contamine les autres. Pas de bol, elle a dit amen à tout et on lui a filé le fric Mardi.

Encore en Juin, il n’était pas pensable d’abandonner l’euro (ce qui pourrait entrainer la décomposition de la zone économique et politique européenne, et là ce serait gravissime à tous points de vue). Aujourd’hui, certains économistes et politiques pensent que ce serait la meilleure solution, alors que ceux qui font tourner l’argent dans le monde, parient sur le fait que l’éclatement de cette zone euro est inéluctable, tout du moins partiellement (zone euro réduite à quelques pays économiquement proches, 4 à 6 au plus).

Pour ma part, je n’y crois pas trop (à l’éclatement total en tout cas, une réduction de la zone me paraissant néanmoins possible)  ... mais tout comme je ne croyais pas trop que certains poids lourds du CAC ne pouvaient pas aller au dessous de leurs plus bas historiques « absolu » (depuis qu’ils cotent).

Si « la crise de la dette » (qui ne s’arrête pas à l’Europe et qui est peut-être « une crise d’autre chose ») persiste, nous allons vers des horizons sombres et orageux, avec dans les pays occidentaux, des mouvements sociaux de plus en plus importants (qui ne feront que détruire plus qu’ils ne le sont, les fondamentaux économiques). Les pays arabes n’ont pas le monopole des perturbations sociaux-politiques et celles-ci ne sont d’ailleurs pas dues au hasard, tout dans le monde étant interconnecté. Dans ce type de contexte (et là, ce n’est que de l’histoire), les nationalismes se réveilleront, les dictateurs émergeront là où il était impensable qu’ils réapparaissent, ceux qui viennent de tomber seront remplacés (sans doute par des extrémistes religieux), les pays se fermeront et les grands équilibres mondiaux basculeront. La possibilité que les grandes puissances rentrent en conflit, sera alors vraiment envisageable.  

Mais comme depuis Juin j’aurais tendance à faire le contraire de ce qu’il faut, et donc à penser à l’envers, il y a peut-être une chance pour que je sois plus pessimiste que de raison (je suis contaminé par l’ambiance). Tout rentrerait-il dans l’ordre dans quelques mois ?

Comment ?

Et bien je crois que la seule solution de se sortir de cette histoire de dettes nationales et éviter de tomber dans un gouffre aux confins insondables, c’est l’inflation. C’est « LA » méthode « classique et infaillible », que seul un État (ou groupe étatiques) peut mettre en œuvre pour éponger ses dettes et repartir de l’avant. 

Le dindon de la farce, c’est bien sûr le petit épargnant (avec les plus démunis). Il ne serait pas impensable que les grands décideurs politiques et leurs conseils mijotent déjà le coup et que les atermoiements actuels ne soient qu’une façon de préparer les opinions publiques.

Au final, les citoyens ou plus exactement les “unités économiques” que nous sommes, perdrons tout ou partie de notre épargne quoiqu’il arrive, de part l’aggravation de la crise (ce sera alors plutôt “tout”) ou de part sa résolution par l’inflation (ce qui à défaut de meilleure solution sera sans doute la moins pire).  

20 novembre 2011

Les dictatures ne manquent pas d'humour

Sur l’entrée du camp d’Auschwitz, il était inscrit "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre").
Les nazis qui ont pondu cette inscription ne manquaient pas d'humour (noir)
 
Les islamistes fondamentalistes non plus. Ils appellent leurs écoles coraniques (madrassas) "université" et leurs élèves "étudiants".

Une seule matière : la religion, à savoir l'une des rares élucubrations de la pensée humaine qui n'a que la peur et la frustration comme fondement.

Un seul bouquin : le coran, qui comme la bible n'énonce que des faits historiques plus ou moins vérifiés, ne démontre à aucun moment ce qu'il qualifie de "vérités", ne parle que de foi puisque que justement il ne peut s'appuyer sur aucune référence digne de l'être.

Un seul objectif : abrutir un enfant, non pas pour son bien mais plus pragmatiquement pour mieux asservir l'adulte qu'il deviendra.
 
En fait, une université pour apprendre l'antithèse de la connaissance : l'obscurantisme.

Si il y a de cela quelques cinq cent ans, c'est bien le monde musulman qui a inventé "l'université" (au vrai sens du terme : pluridisciplinaire et dans une démarche véritablement scientifique), on ne peut que constater que leurs religieux ont depuis, bien fait régresser leur société.



@+
Jack  











20 octobre 2011

Banques Européennes et rémunérations de leurs dirigeants


Que le monde de la finance ne soit pas moral, vous le saviez, ... mais à quel point ?

Banques européennes : La rémunération totale des dirigeants de grandes banques a progressé de 12,5% en 2010, selon AlphaValue, alors que le secteur bancaire a perdu 11,5 % de sa valeur en Bourse.
Petit calcul vite fait, un banquier Anglais se palpe environ 480.000 € par mois en moyenne (11.7 Millions d'euros pour l'année 2010 au PDG de Barclays, dit l'article). En Espagne ils arriveraient en 3ème position avec une moyenne de 308 K€/mensuel, plus que l'année dernière, alors que leur pays au bord de la faillite, se porte plus mal.
Remarquez comme « nos banquiers à nous » sont sages : un peu moins de 72 K€ par mois.
... Une misère par rapport à la rémunération moyenne d'un banquier New Yorkais (non évoquée dans l'article, mais que je vous laisse imaginer tenu compte du salaire de Robert Diamond, DG de Barclays).

On comprend mieux pourquoi ce sont les banques Européennes, Allemandes en tête, qui rechignent le plus sur les plans d'aide à la Grèce. C'est bien leurs salaires qu'ils veulent sauver, pas l'Europe. Mais qu'ils n'aient crainte, nous allons bientôt remettre la main à la poche pour les renflouer, ces banques qui ont déjà « mangé » les aides de 2008/2009.

Ils font courir à leurs clients, investisseurs particuliers et institutionnels, États compris, des risques souvent phénoménaux auxquels ils ne participent jamais à titre personnel (financièrement s'entend), si ce n'est en tant que citoyen comme nous tous. Ils utilisent votre argent, votre épargne ou celle qu'ont collectée pour vous vos caisses de retraites, pour faire plonger un pays au travers des intérêts de sa dette ou de la valeur de sa monnaie. Ils peuvent décider du jour au lendemain de bloquer l'argent en circulation, paralysant l'économie avec les effets dévastateurs que l'on connaît (ce n'est pas la crise des subprimes qui a mis l'économie réelle en panne, mais bien l'assèchement du crédit).
J'allais oublier : de temps en temps pour faire bonne figure, ils dénoncent et chargent l'un de leur sous-fifre de leurs vilaines spéculations.

Et ce n'est pas Oliver B. ou Marine L. qui y changeront quelque chose. Une prise de conscience à l'échelle planétaire, ... peut-être. En tout cas, la révision en profondeur du système bancaire ne peut s'envisager qu'à l'échelle Européenne, au minimum. Raison de plus pour préserver et améliorer cette union !

Et dire qu'il y a des gens qui en sont encore à jalouser leur voisin parce qu'il gagne quelques petits milliers d'euros de plus qu'eux. Tout juste la cotisation chômage de ces grands seigneurs de la finance. Et oui, ce sont des salariés, avec toute la protection qui va avec ce statut, ne courant que le risque de se faire licencier en cas de mauvaise gestion ... de « votre » argent.



@+
Jack 

15 octobre 2011

11 Septembre et théorie du complot


Petite lecture intéressante pour couper court à toutes les sornettes qui circulent sur ce sujet ... et sur bien d'autres :
Ce dossier (réalisé par Nico de Hoaxbuster) explique les raisons de l'essor de ces théories (moteurs financiers et psycho). Avec la crise et la psychose environnante, elles vont de plus en plus faire recette !  

Il y a  longtemps, j'avais déjà abordé en ce sens à la suite d'un film cherchant à faire croire que « l'attentat » était « programmé de l'intérieur ». Il s'agissait d'une vidéo (le lien n'est plus valide) juxtaposant l'effondrement des tours et celui de divers immeubles sous démolition explosive contrôlée. Les images et les commentaires étaient bien « travaillés » pour convaincre. En fait, cette technique de persuasion est toujours la même :
  • on commence par vous présenter comme une « évidente vérité connue de tous », un truc dont vous n'avez pas ou peu entendu parler, parfaitement faux ou qu'absolument rien ne prouve (dans la vidéo, ce sont des images choisies d'une étonnante ressemblance, établissant comme indiscutable un même lien de cause à effet).
  • puis sur ce mensonge ou cette fausse représentation de la réalité, on bâtit toute une argumentation logique et vérifiable, occupant l'essentiel du discours
  • au résultat, les auditeurs ayant zappé la contre-vérité initiale sans laquelle toute l'argumentation n'aurait aucun sens, ne peuvent qu'adhérer.
Utilisée consciemment, cela relève du sophisme. Dans le cas contraire, il s’agit de paranoïa.

On pourrait rajouter quelques arguments à l'encontre de cette théorie débile (ou pour débiles) :
  • expliquant pourquoi elles se sont écroulées aussi verticalement : la technique de construction, la violence et la situation de l'incendie (partie supérieure). A partir d'une certaine hauteur, un building est, pour une question de rapport poids/hauteur, essentiellement constitué de métal (70-80%). Dans le cas des tours, la partie centrale était en béton armé et les planchers formés de dalles à poutres d'acier « accrochées » autour de ce centre par des équerres métalliques (elles ont d'ailleurs été mises en cause dans l'enquête). La cohérence du tout était maintenue par des bardages extérieurs également en métal.
    Quand l'incendie des étages supérieurs a finit de faire fondre ce qui tenait ces planchers, ceux-ci ont littéralement « glissé » le long du centre (sur les images, on distingue bien le centre s'écroulant en dernier, entrainé par le reste). Pour les étages inférieurs (là où le métal n'était pas soumis à la chaleur), c'est le poids des empilements successifs de planchers qui a fait son œuvre. Si la collision avait eu lieu dans la partie basse de l'immeuble, celui-ci se serait sans doute effondré (ou pas) différemment. Cela dit en passant, qu'est-ce qui a pu entretenir un incendie aussi long et intense, si ce n'est du kérosène ?
  • ne donnant aucune crédibilité à un minage préalable : quand on a une idée de la préparation nécessaire et surtout de l'impressionnante quantité de cordon détonnant et de fils électriques pour contrôler la démolition d'un bâtiment par explosifs, on voit mal comment un dispositif aussi complexe et encombrant, aurait pu passer inaperçu (je pense même qu'il aurait fallu enlever les cloisons et le mobilier pour laisser la place à l'enchevêtrement de cordons et de câbles que l'on voit dans les reportages relatant cette technique de démolition).

  • trop d'intervenants et de complicités nécessaires : un complot de cette envergure visant à se mettre d'accord avec les kamikazes (leur identité et leur projet n'est pas remis en cause) et impliquant un grand nombre de techniciens et d'ingénieurs, ne pourrait longtemps rester secret.

  • Quand aux motivations, j'ai beaucoup de mal à les percevoir. Un peu de fric en bourse et une excuse pour faire une guerre ? Les dirigeants américains ont (et avaient) des moyens bien plus simples et moins risqués pour y parvenir.
    Tuer ses concitoyens pour justifier une action ? ... Va pour le moyen-âge ou un pays qui n'en est pas encore sorti. Illogique en occident et débile pour des américains, même tordus, quand on connait la vigueur de leur nationalisme (des fous ils en ont, mais réunir une équipe de personnalités dirigeantes, d'ingénieurs et autres intervenants fous, c'est plus difficile).

Ben Laden ne serait pas mort ? ... Au simple prétexte que le public n'a pas assisté à son enterrement (alors même qu'un cercueil fermé ne prouve pas qu'il y ait quelqu'un dedans). Je comprends que les Américains aient préféré éviter toute manifestation publique ou pèlerinage (comme le dit l'article) autour de sa dépouille, en la balançant vite fait par-dessus bord. Une messe en son honneur a néanmoins été dite : « à la une, à la deux, ... et à la trois ! »
Maintenant je ne dis pas qu'il faille gober tout cru les discours « officiels », loin de là. Mais ne passons pas d'un excès à l'autre. Une thèse officielle n'est pas systématiquement fausse et aucune information ne doit être acceptée sans avoir été recoupée par d'autres sources, non sans un peu de bon sens et de raison gardée.


@+
Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

01 septembre 2011

Vendez vos obligations d'État, achetez des actions ?


Pour les actions, je ne suis pas à 100% sûr. Mais pour les obligations d'État, le placement (dit « en Euros ») de faible rapport mais considéré comme « sûr », je serais assez convaincu. C'est le placement préféré des Français et c'est sur celui-là, en dehors de l'or et de l'immobilier, que tout le monde se jette en période d'incertitude économique.

Pour rappel, si vous n'avez que des contrats d'assurance vie ou des portefeuilles sous gestion, les obligations en Euros y ont forcément une place, plus ou moins conséquente (de 20 à 100%) suivant le type de contrat. Vous savez, ceux aux noms évocateurs sur le type de risque : « dynamique », « équilibré », « tranquillité ». Entendez par là, « dynamite », « panier percé » ou « fuyant ».

Non pas que vous risquez de ne pas vous faire rembourser, mais que ce le soit en « monnaie de singe » ... ce qu'ont régulièrement fait tous les États au cours de leur histoire, la palme revenant bien sûr aux USA (surtout depuis que le dollar est « monnaie de référence »), et ce que semblerait préparer l'Europe, si elle y arrive. ... Et c'est tout de même, et tant pis pour les prêteurs, ce que je lui souhaite, ce que je nous souhaite !
Car le contraire (implosion de l'Euro et explosion de l'Europe) serait encore bien pire, si ce n'est carrément catastrophique (à mon avis).

Bon, pas de panique quand même, ce n'est pas pour demain ! ... seulement à partir d'après demain.

Un article intéressant :
« Le faux nez et les moustaches de l'eurobond » (par Bruno Bertez, ancien directeur de la "Tribune de l'économie", ancêtre de la Tribune, lancé en 1985)
Extrait :
« Dans le cas des eurobonds, il est clair que l'on n'en comprend la portée qu'en replaçant le dispositif dans une stratégie. Or, cette stratégie est soigneusement cachée.
Ce ne sont pas les malheureux partis de gauche, syndicats et autres, qui vont se charger de décortiquer ces dispositifs, ils sont inflationnistes dans l'âme et plus il y a de possibilités de laxisme, plus ils sont satisfaits. Quant à la droite, elle est toujours contente de délocaliser la souveraineté française, pensant que cela met le pays et surtout ses intérêts, à l'abri de dérives sociales difficilement contrôlables autrement. 
Derrière l'économie, la finance et la monnaie, il y a toujours de la politique.»

Je suis assez d'accord sur le principe des mécanismes souhaités et leur finalité à terme (forme de dévaluation de la monnaie unique), mais absolument pas sur le résultat négatif décrit par l'auteur (reculer pour mieux sauter, bombe à retardement). Dans le passé, à leur manière mais sur ce principe, les USA se sont assez bien sortis des grandes crises économiques. Autrement dit, même si je n'en achèterai pas, je suis pour les euro-bonds (obligations émises et garanties par l'euro-zone pour mutualiser la dette des pays européens, ce que préconisent la majorité des économistes, des États Européens et même les USA, ... mais pas le parti d'Angela Merkel).

Quoiqu'il en soit, Euro-bons ou pas, que les États Européens s'entendent ou pas pour résoudre leurs problèmes de dette, l'euro devrait souffrir d'une manière ou d'une autre ... et les placements obligataires en ladite monnaie, de même.

Et les autres placements ?
  • Or et autres métaux précieux ... cela me semble déjà trop haut, donc trop tard
  • Immobilier ... trop tard, c'est assez clair, mais surtout terrain de chasse privilégier du fisc (qu'il s'agisse de remplir les caisses nationales ou locales).
  • œuvres d'art : faut vraiment s'y connaître
  • et quoi d'autre ?

  
@+
Jack
bourso-cyber dépendant

14 août 2011

Dette publique : un peu d'histoire


La Rome utilisait déjà la dette publique de façon ponctuelle.
Elle fut érigée en « système » étendu à toute l'Europe commerçante, dés le moyen-âge.

Comme on peut s'en douter, la dette publique fut l'une des origines des guerres et celles-ci l'augmentèrent systématiquement dans de très fortes proportions. Mais aucun État ne peut, si ce n'est fonctionner, en tout cas prospérer sans elle. Elle semble incontournable et permanente.

Le lien le plus étroit entretenu avec la dette, est bien évidemment l'économie : celle-ci pouvant tout autant la creuser, qu'être relancée par elle.
En dehors de ne tout simplement pas la payer (et déclencher une guerre avec le ou les pays prêteurs comme ce fût parfois le cas), la dette ne peut être diminuée que par l'impôt et l'inflation « maîtrisée », et dans les deux cas, une économie en croissance est la condition sine qua non de réussite.
Y-a-t'il une limite à la croissance ? Personnellement je pense que non, tout comme l'avancée démographique et technologique.

Le long passé de la dette publique
paru dans l'édition du 14.08.11
par Gérard Béaur (directeur de recherches au CNRS et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS))

Un article (non technique) qui vous fera « revivre » certaines grandes étapes de l'histoire de notre civilisation.

@+
Jack 

09 août 2011

Crise de la dette et cycles sociaux-économiques


La « crise de la dette » est celle des pays occidentaux, opulents, celle de tous les excès du capitalisme et de la consommation. Est-ce donc l'heure de l'addition ? La fin de notre civilisation, l'Armageddon de la bible et décembre 2012 du calendrier Incas ?

Mais non, seulement une question de cycles. Ils peuvent durer trois ou quatre ans, comme dix ou trente ans, périodes malheureusement ponctuées de révolutions ou de guerres, car tout se tient. Il y a les temps où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et puis ces derniers atteignant le stade où ils n'ont plus rien à perdre (donc « tout à gagner »), les mécanismes sociaux-économiques craquent et c'est la révolution (quand l'injustice sociale devient insupportable) ou la guerre (quand les intérêts internationaux se heurtent trop violemment). Ce sont les temps de la « redistribution forcée ». Tout excès porte en lui le germe de l'excès inverse. Économiquement, sociologiquement et politiquement par voie de conséquences, c'est une logique implacable.

Cela s'est déjà passé plusieurs fois dans notre propre civilisation (de la Rome en passant par la révolution), comme dans celle des autres continents, à plus ou moins grande échelle. En fait, ces cycles sont quasi-immuables dans l'histoire des civilisations. Ces « retournements » (ou virages) ne sont par contre pas une fatalité si ils sont compris et anticipés à temps par les gouvernants du moment, qu'ils soient rois ou députés. Par des mesures adéquates et fortes, ces derniers peuvent éviter ces ruptures, et au pire les retarder pour quelques décennies, s'il était écrit que l'humanité serait condamnée à perpétuellement aller d'un excès à l'autre.  

A l'heure actuelle, les gouvernements occidentaux endettés (pratiquement tous) sont coincés dans la logique suivante :
  • ils doivent se désendetter et faute de ressources supplémentaires, ne peuvent plus relancer l'économie par des grands travaux pour relayer la consommation en panne,
  • si l'économie ne peut être relancée (d'une manière ou d'une autre), rien en ce monde ne pouvant rester statique, elle se détériorera de plus en plus, inévitablement,
  • or une économie décroissante n'a d'autre effet que d'appauvrir un pays et d'aggraver sa dette publique, jusqu'au moment où les intérêts de sa dette sont supérieurs aux profits de sa croissance, que l'endettement devient de plus en plus couteux, et qu'au final, il ne puisse même plus emprunter (à ce stade, le pays n'a plus aucune chance de se relever).
Ce n'est pas plus compliqué que cela. Ce qui l'est en revanche, c'est de se mettre d'accord « politiquement » pour stopper cet enchainement dangereux.

Sans mesures radicales, s'instaurera un cercle vicieux dans lequel la dette des États augmentera, avec une inflation non compensée par la croissance, le tout accompagné d'une grogne sociale grandissante et des conflits internationaux en extension. L'économie mondiale ralentira jusqu'à son point de rupture : une guerre ... mondiale (n'ayons pas peur des mots). Quand une crise économique mondiale fait rage, les frontières se ferment, des dictateurs apparaissent et l'irrationalité commande.   

La solution ?

Relancer l'économie par de la dette, tout en l'équilibrant par la seule ressource encore disponible : l'impôt !

Ben ça alors ! Personne n'y avait donc pensé ? Bien sûr que oui, mais voilà : personne ne veut !
... D'autant qu'il faut éviter de ne le faire que « localement » (ou risque de fuite des capitaux).

  • outre-Atlantique, c'est ce que ne veulent pas les républicains. Relevons au passage que ce sont eux qui viennent d'affoler un marché financier qui n'en avait vraiment pas besoin (la perte du triple A par l'agence S&P est une conséquence des tergiversassions sur le relèvement du déficit), au plus mauvais moment, alors que l'économie commençait à peine de repartir (à croire que c'était fait exprès).
      
  • en Europe, c'est ce que ne veulent pas les politiques « sensés » (de droite ou de gauche), car l'argent se barrerait ailleurs (et « le fric, c'est bien ce qui fait tourner la machine »).  
Mais à y réfléchir, puisque maintenant ce sont tous les États occidentaux qui en ont besoin, ne serait-ce pas le moment propice pour qu'ils se mettent d'accord sur le principe d'augmenter les impôts des plus nantis et de continuer à faire la chasse aux paradis fiscaux ?
Où pourrait bien « s'échapper » les capitaux dont ils ont tant besoin ? En Inde ou en Chine (faudra avoir envie d'y aller) ? Et encore, il y va de leur intérêt de faire de même, non seulement parce qu'ils ont aussi un peuple à calmer mais également parce que la stabilité économique du monde occidental est celle du monde tout court.

Finalement, qu'une crise de la dette se déclenche simultanément des deux côté de l'Atlantique n'est peut-être pas si mal. A mon avis, une bonne opportunité pour oser ce qu'aucun politique raisonnable et responsable n'aurait osé jusqu'à présent.
« C'est, la lutte ... fin... ». Allons donc !
Entre « l'économie planifiée » et le « laisser faire, laisser aller », il y a de la marge. Entre Bush et Marx, il y a tout un monde, ... et des bonnes idées (noter que je n'ai pas cité Staline, car là, il n'y avait peut-être pas trop de différences).

Mais qui imposer encore plus qu'il ne l'est déjà ?
  • pas celui qui n'a rien, bien sûr,
  • pas moi ... et pas toi (quoique ?) ! ... Mais plus certainement « l'autre », celui qui gagne plus que toi et moi ! ... Non ?
Plus sérieusement, ce sont toujours les revenus « moyens » qui en paient le plus, et ceci pour deux raisons :
  • ils ont encore quelque chose à perdre (ne descendront pas dans la rue) et donc encore un peu de marge pour en payer,
  • ils n'ont pas les moyens juridiques et financiers pour y échapper, par la défiscalisation ou en se barrant là où on n'en paye pas !
Mais à ce jour, je crois bien qu'ils ne sont pas loin de la « limite fiscale max ». En tout cas, je ne sais pas pour vous, mais de mon côté « y a plus grand-chose à gratter ! ».

La crise financière (débutée mi-2007), a eu l'avantage (inconvénient pour certains) de mettre en exergue la rapidité avec laquelle se font certaines fortunes familiales, la hauteur de certains salaires et avantages financiers dont l'homme de la rue n'avait même pas conscience. S'il n'est pas question d'en vouloir à ceux qui en profitent (nous en ferions tout autant), on peut tout de même s'interroger sur un système qui permet de telles anomalies dans la distribution des richesses qui sont dégagées, il n'est pas inutile de le rappeler, par une économique à laquelle chacun participe. Il est tout à fait normal que nous soyons « rémunérés » proportionnellement à notre « participation » dans cette économie, à ce « bien commun ». Mais n'y a-t-il pas quelques exagérations dans les proportions ?

Comme vous l'aurez compris, mon raisonnement ne s'arrête pas aux frontières de la France, ni même de l'Europe. Il est également très éloigné du petit débat typiquement Français consistant à jalouser les petits écarts de salaire dans une même classe sociale ou à ne montrer du doigt que les abus des plus démunis qui essaient simplement de s'en sortir comme ils le peuvent (c'est l'image du « bon peuple » qui se dispute les quelques miettes que les grands de ce monde lui ont lancées pour le calmer, à défaut de s'en distraire).

Même aux USA, les plus riches ont fait une pétition pour être plus imposés !

Ne pas le faire, chez eux comme chez nous (en Europe), aggravera la situation de tous et déstabilisera complètement « notre monde », d'autant plus que la majorité des plus démunis ont maintenant pris pleinement conscience de l'ampleur des écarts qui séparent les hommes et que de surcroit, ils considèrent les plus riches comme responsables de la crise actuelle, ... à tort. C'est le système qui est à incriminer et éventuellement ceux qui le maintiennent, pas ceux qui en bénéficient (hors personnalités au pouvoir).

Et si pour une fois ce ne serait pas les plus pauvres qui feraient les frais des crises économiques ?

... et après on me traitera de vilain capitaliste !
    
    
@+
Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

10 juillet 2011

Ne vous laissez pas berner par les e-documents et la soi-disante sauvegarde de l'environnement


Les commerçants, dont les banques, vous proposent de plus en plus de remplacer les envois postaux par des documents en ligne. Le message est souvent le suivant : « finis les papiers, relevés et avis, ... nous contribuons à la sauvegarde de l'environnement en limitant la consommation de papier ! ».

Ben voyons !
Pour eux, l'économie est certaine : un timbre et le papier (sans compter l'encre et la plieuse, machine ou humaine).
Pour vous c'est le contraire, et l'environnement ne va rien y gagner, peut-être même y perdre.

Pour l'environnement, l'argument n'est qu'une hypocrisie commerciale de plus !
D'autant qu'ils continuent quand même de vous ensevelir de « pub papier » pour vous fourguer leurs produits et services supplémentaires. Le principe est d'investir pour vous vendre de nouvelles prestations et d'économiser sur celles que vous avez déjà achetées.

Économie de papier : si vous êtres prudent et ordonné, vous sortirez le document sur votre imprimante, au format papier donc (aucun arbre ne sera épargné), ne serait-ce que pour pointer vos opérations, pour finir par le classer dans vos « archives papier » (au cas où). Laisser ce document sur votre PC vous expose bien sûr à le perdre définitivement. De plus, nul n'étant éternel, une trace visible et matérialisée sera nécessaire pour informer vos ayants droits en cas d'accident de la vie.

Quant à laisser le soin de bonne conservation du document chez votre fournisseur ou banquier, un litige avec lui n'étant jamais exclu, c'est un peu demander à son adversaire lors d'un procès, qu'il vous fournisse les preuves que vous comptez produire contre lui.
Par ailleurs, un commerçant est toujours susceptible de disparaître (avec ses archives numériques), de se faire racheter (sans réel suivi informatique avec perte de documents numériques détaillés ... ce qui m'est déjà arrivé avec un broker), et tout comme nous, il n'est pas à l'abri d'un problème informatique entrainant la perte définitive des documents.
L'idéal, c'est de conserver ses documents importants sous les deux formes : numérique et papier (si les incendies sont moins fréquents que les crashes informatiques, le risque zéro n'existe nul part).

Mais au final, à quoi sert un document ?

A « prouver » bien sûr !
A un tiers ou face à celui qui le fournit (histoire de lui rafraichir la mémoire) dans le cadre d'un litige, en vue de sa résolution amiable ou contentieuse, ou lors des transmissions patrimoniales. La véritable et ultime destination d'un document est presque toujours « judiciaire », généralement dans un avenir lointain. Je parle bien sûr des documents importants (conventions, accords ou déclarations, actes, états financiers, certaines factures, ...).

Ce qui nous amène au problème de « la preuve juridique » constituée par un e-document.
On vous affirmera qu'ils ont la même valeur juridique que leur « original papier ». C'est vrai et faux en même temps. Même si c'est effectivement le cas, je vais vous démontrer que c'est loin d'être aussi simple. Mais encore et surtout, que cette affirmation entretient chez la majorité des utilisateurs non juristes, une confusion sur la forme exacte du « document juridiquement valide, à valeur de preuve et opposable aux tiers ».
  • c'est vrai (depuis 2001 il me semble) pour le « e-document original », à savoir un simple fichier électronique, si et seulement si le rédacteur (généralement votre prestataire) a respecté la « procédure de certification » légale en matière de dématérialisation des documents. Cette procédure est relativement complexe et lourde (horodatage, certification, chiffrement, archivage sécurisé à vocation probatoire, tiers archiveur de confiance, ...). En gros et sur le principe (je ne suis pas expert dans la certification électronique), l'objectif est qu'en cas de contestation, le prestataire (ou une expertise) puisse non seulement retrouver et produire le fichier (archivage), mais également démontrer qu'il s'agit bien de celui d'origine (chiffrement et horodatage certifié), qu'il n'a pas été modifié ou dénaturé depuis sa création et qu'au surplus un tiers agréé se porte garant de son originalité.
    La certification est à l'initiative de celui qui produit le e-document et affirme qu'il a la même valeur juridique qu'un original papier. De par cette déclaration il est sensé avoir mis en place et respecté la procédure légale. ... A priori du moins. ... En principe. ... Et si ce n'était pas le cas ? Et si la procédure n'était pas validée ou que ce qui est certifiable aujourd'hui ne le soit plus demain (pour cause de virus par exemple ou de remise en cause de la fiabilité de la procédure de certification utilisée), comme par hasard le jour où vous en aurez le plus besoin ou lors du procès qui se déroulera dans quelques années ? Le problème risque bien de s'avérer complexe, en tout cas bien plus compliqué qu'une « preuve papier », et ce d'autant plus qu'ils s'agit encore de mécanismes récents, peu rodés et évolutifs, tant sur le plan technique que juridique. 

  • c'est faux en ce qui concerne l'impression papier que vous aurez faite de ce e-document, et tout aussi faux pour sa copie électronique (le fichier que vous aurez sauvegardé par exemple) dont l'authenticité ou la représentation fidèle à l'original ne pourront jamais être garanties. Là est la confusion. Comme vous l'aurez compris, c'est le document sous sa forme électronique initiale, chez le prestataire, qui peut avoir une valeur juridique (sous réserve de la procédure de certification), mais en aucun cas « sa reproduction papier » (ou électronique) comme la formule employée vous incitera à le croire. 
Démonstration :

Un document original, souvent avec un logo en couleur (à défaut de signature originale), se distingue aisément d'une copie en raison de nombreux indices facilement décelables (encre, tampon, pliures d'envoi ou autres traces). C'est une preuve reconnue par les tribunaux jusqu'à démonstration éventuelle du contraire, à savoir une expertise. La charge « du contraire » et de l'avance des frais qui vont avec (expertise), à savoir la démonstration qu'il ne s'agit pas d'un original ou d'un faux, sera à celui qui le conteste. Dans un procès, la dénonciation d'un original est très rare.

Une photocopie n'a jamais été une preuve. Tout au plus un « commencement de preuve », ce qui est tout différent. En cas de contestation, ce n'est plus à celui qui conteste le document de prouver le faux, mais à celui qui le produit de démontrer que la copie est bien l'exact reflet de l'original, ... tout simplement en produisant ce dernier. Nul besoin d'expertise puisqu'aucune démonstration d'original ne peut être faite à partir d'une photocopie. Quant aux « sorties imprimantes », les logiciels de traitement actuels permettant toutes les prouesses, les falsifications les plus subtiles sont possibles. Tous ces modes de reproduction de l'original sont donc sujets à suspicion. Si la copie (ou sortie imprimée, maintenant de qualité identique) est contestée et que l'original ne peut être produit, la pièce est tout simplement écartée (elle est ignorée du juge, écartée du procès, comme si elle n'avait jamais existée).

S'agissant de documents numériques dés leur origine, aucun original papier ne pourra être produit en confirmation puisqu'il n'y en a jamais eu. Restera alors « l'original électronique », à condition que la « procédure de certification » évoquée ci-avant ait été effectivement mise en place (pas trop de soucis avec les banques, Françaises en tous cas). Si le document imprimé que vous produisez est contesté, il faudra donc se rapprocher de votre prestataire ou du tiers archiveur (si vous le connaissez) pour démontrer la correspondance avec le document électronique original, ce dernier devant être accompagné des preuves de certification (horodatage, respect procédure, tiers certificateur, ...). Cette démonstration sera donc à votre charge (et non à celle de celui qui conteste votre copie).
Si cette démonstration s'avère impossible (prestataire disparu, tiers archiveur inconnu, procédure de certification absente ou non valide, ...), pensez-vous que votre « reproduction imprimée » devra alors être retenue et que sa contestation devra être rejetée ? Pas du tout !
Bon d'accord, votre prestataire vous ayant affirmé que le e-document avait la même valeur qu'un document « papier », les tribunaux vous prêteront une meilleure oreille, mais ce n'est pas pour autant qu'un juge pourra modifier les règles élémentaires de la preuve et de la procédure qui l'entoure. Or comme la photocopie, toute reproduction issue de l'électronique étant falsifiable, aucune d'elle ne peut être retenue comme preuve. Et « la preuve », c'est « la pierre angulaire » de tous procès.

Si vous transformez la copie numérique en un document d'une autre nature (comme par exemple, passer d'une image à un document texte au moyen de l'OCR, ou en rajoutant des couleurs pour faire « plus vrai »), vous vous éloignez encore plus du « commencement de preuve », car vous vous serez tout simplement livré à une manipulation de l'original, fût-il numérique. Il n'y a plus « photo », mais « transformation » de l'original de la part de celui qui le produit.
Le juge pourrait soupçonner que lors de cette transformation, celui qui produit le résultat final ait cédé à la tentation de faire quelques petites modifications au passage. A ce stade, un juge sérieux et compétent, devrait (il n'y a pas d'obligation légale, ni même déontologique à ce titre) prendre l'initiative de demander à l'adversaire s'il reconnaît le document et l'exactitude des informations transcrites (alors que pour une copie, l'initiative du rejet appartient à celui qui le souhaite, toujours suivant les règles habituelles et usuelles de procédure). Je pense même que certains juges doivent tout simplement écarter d'office ce type de documents « manipulés ».   
Pire encore : vouloir faire passer une copie ou un document soigneusement « travaillé » pour un original (que vous n'auriez plus ou jamais eu), vouloir sciemment le faire croire à un tribunal, ne serait autre chose qu'un délit de « faux et usage de faux ». Et ce, même si aucune modification n'aurait été apportée par rapport à l'original, la tromperie étant constituée par le fait d'avoir voulu faire croire à un original qui n'en était pas un.  

Pour aller plus loin dans l'hypocrisie « commerciale » des e-documents : votre fournisseur ou banquier sait pertinemment qu'il y a de fortes chances que vous ne preniez pas la précaution de conserver une trace tangible du document (vous le laisserez en ligne ou comme tous les particuliers peu au fait de la nécessité des sauvegardes, vous finirez par le perdre). Pour lui, c'est un avantage juridique énorme contre vous en cas de litige, même si son idée première reste l'économie d'un envoi papier. Pour peu que ce document soit encore consultable et récupérable en ligne (délai légal d'archivage non dépassé, autorisation d'accès au site toujours valide), la constitution de votre dossier juridique va être plus difficile. N'en ayant pas la trace physique, il vous faudra vous souvenir que tel ou tel document a existé, et savoir où le retrouver (sur quel support ou serveur le rechercher).
Si tous les clients laissent leurs e-document importants en l'état, sans les imprimer, on épargnera effectivement quelques arbres ... mais aussi de nombreuses procédures au plus grand bénéfice des commerçants.
Rappelez-vous le clown de votre enfance (Zavatta, non ?) : « pas de papier ? ... va te laver les pieds ! »

Maintenant, posez-vous une autre question : pourquoi à l'occasion de certaines opérations requérant votre accord explicite, votre fournisseur ou votre banque ne se contentent qu'exceptionnellement d'une confirmation par messagerie ou par fax, mais vous demandent le plus souvent un écrit bien matérialisé, signé en original de votre main sous forme papier (envoyé ou remis) ?
Quant aux opérations en ligne » (virements, trading, paiements, ...), totalement « dématérialisées », c'est au prix de conditions générales draconiennes et très bien étudiées que vous avez acceptées avec votre prestataire, qui outre les procédures de sécurité d'accès à votre espace, renversent la charge de la preuve en cas de contestation. Ce sera à vous prouver la faute du prestataire ou de l'un de ses intermédiaires (en plus d'établir votre bonne foi, en démontrant que l'opération numérique effectuée ne répondait pas à votre demande, sans que vous y soyez pour quelque chose). Un délai de contestation très court joue également contre vous. Pour une opération en ligne, ce délai commence à courir le jour où vous l'avez initiée.
Pour le e-document, s'il y a un délai (en principe, oui), la réponse est moins simple. Nous sommes là dans la logique des avis par courrier. Juridiquement, le délai doit courir à partir du moment où vous en avez pris connaissance, ou plus précisément, à partir du moment où vous aviez incontestablement l'occasion de le faire (pour exemple, un refus de lettre recommandée équivaut à une réception, ce qui n'est pas le cas d'un courrier « non réclamé »). Mais qu'en est-il pour la prise de connaissance du e-document ? Êtes-vous sensé en avoir pris connaissance à partir du moment où vous vous êtes rendu sur votre espace, où vous l'avez ouvert en ligne, où vous l'avez téléchargé, ou à partir du moment où votre intermédiaire vous a averti par messagerie qu'il était à disposition en ligne ?

Comme vous le constatez, le e-document pose pas mal de problèmes nouveaux purement juridiques, qui sont depuis longtemps résolus et tranchés pour le document papier.
Retenez quand même que si vous ne conservez aucune trace « papier » et que le e-document ne soit plus accessible (formatage de votre disque entre-temps, absence de sauvegarde, clôture d'accès au site, mauvaise volonté ou impossibilité du fournisseur ou de la banque pour en délivrer copie, faillite du prestataire ou même du tiers archiveur, et je ne sais quel autre impondérable), le problème sera définitivement résolu : vous n'aurez aucune preuve à produire pour faire valoir vos droits. Juste « votre parole », ... parole, ... paroles, ...

Le e-document vous complique la vie, n'épargne pas nos arbres, enrichie les vendeurs d'imprimantes et de cartouches d'encre, produits qui au final, polluent encore un peu plus l'environnement. Pensez-vous que l'on sauve quelques arbres du côté de l'imprimeur du prestataire, qui du coup et théoriquement, devrait avoir moins de papier à imprimer ? Ben non, car ses rotatives sont maintenant occupées à sortir la pub supplémentaire qui sera bientôt dans votre boite aux lettres.

Personnellement je ne lâche pas le morceau : je demande toujours l'envoi sous format papier et fait bien attention lorsque j'accepte un contrat, de ne pas approuver par inadvertance l'envoi exclusivement en ligne (comme la petite case cochée par défaut). Si vous voulez garder toutes vos chances dans la défense de vos droits, ne succombez pas aux sirènes de la dématérialisation.

Quelques rares prestataires font maintenant payer un supplément pour l'envoi papier. Si nous nous laissons faire en acceptant le principe des échanges exclusivement numériques, ils finiront par tous s'y mettre et nous n'aurons alors même plus le choix.


@+
Jack