15 mai 2012

D'une crise à l'autre


En attendant que Hollande accepte les conditions posées par Merkel (plus d'intégration Européenne, moins de souveraineté, avant une éventuelle mutualisation des dettes, cela me semble très logique), en attendant que Bachar se fasse pendre haut et court (les dictateurs ont décidément du mal à apprendre des autres), il y a une autre crise toujours active et prête à déborder sur le reste du monde : le conflit israélo-palestinien

C'est un peu par hasard que j'ai découvert ce débat entre deux musulmans modérés, l’un antisioniste et l’autre plutôt islamophobe (en fait, un réformateur de l'islam, radicalement opposé à l'islamisation de la politique *). Deux avis opposés exprimés simplement et crument, mais sans haine et honnêtement me semble-t-il, surtout sans dogmatisme religieux pour venir pourrir la discussion. 

Cela dit en passant, quand les interlocuteurs sont passionnés, rien ne vaut un minuteur (de jeu d'échec, d'où le titre de la vidéo) pour un échange de points de vue intéressant.

Echec et mat Ahmed Moualek Pascal Hilout


J'ai eu l'impression d'écouter un débat entre deux personnes de bonne volonté analysant le problème sous deux angles différents :
-  l'une émotionnellement, trainant pas mal de stéréotypes et beaucoup de frustrations, plaçant la fierté au dessus de tout, estimant que le roseau n'a pas à plier,
-  l'autre analytiquement, en fonction de l'histoire et des réalités d'aujourd'hui, estimant qu'il serait temps de s'adapter, d'arrêter d'éduquer les enfants dans la haine.
N'est-ce pas un bon résumé de ce qu'en pense les uns et les autres, pros et antis Israël ?
 
    (*) Interview exclusive de Mohamed Pascal Hilout sur le blog drzz
    Par Yann le 2 juin 2008

    Ce conflit n'en finit plus de soulever les passions et les haines dans le monde entier, avec tout son cortège de violence, de frustrations et d'incompréhension. Pourtant l'intelligence ne manque pas chez les modérés, tant côté Palestinien qu'Israélien. Le problème est d'arriver à écarter les extrémistes des deux bords pour enfin les laisser se parler et s'entendre.  
    Certes il n'aurait pas fallu écouter les rabbins pour orienter le choix de l'implantation d'Israël. En un lieu si chargé d'histoire, de haine et de symboles religieux que Jérusalem, c'était bien la pire des erreurs à commettre. Il est également vrai que les palestiniens n'avaient pas à "payer" le sentiment de culpabilité des Européens (quoique si l'on analyse l'histoire, ils avaient clairement choisi leur camp, et ce n'était pas celui des combattants du nazisme). Disons qu'ils n'avaient pas à "payer seuls". 

    Mais à aujourd'hui, cela fait plus de soixante ans qu'Israël existe, soit environ trois générations. Quelque soit l'erreur initiale, elle n'est plus réparable et il est effectivement temps de laisser l'histoire derrière, d'envisager l'avenir plus intelligemment. En clair de s'adapter et d'accepter à nouveau une cohabitation qui avait pourtant bien réussie pendant plusieurs siècles. 

    Moualek a tort de comparer la résistance Française face à l'occupation Allemande. Elle n'a duré que cinq ans. Si le conflit avait duré plus, nous l'aurions perdu et parlerions maintenant Allemand (ou du moins, ce serait notre deuxième langue), que cela nous plaise ou non. Nous nous serions adaptés, comme les Gaulois l'ont fait (hors le village d'Astérix) face aux Romains. Point barre.
    Alors Hilout a raison de dire qu'il est stupide de continuer à apprendre aux enfants à jeter des pierres contre des missiles high-tech, et qu'il serait bien plus judicieux de chercher à faire alliance avec le plus fort, ce qui n'implique nullement une soumission (entre deux extrêmes, il y a toujours un juste milieu). Le peuple palestinien aurait tout à y gagner, au contraire d'une petite poignée de leaders fanatiques, politiques et religieux qui au fond, n'ont d'intérêt que pour le pouvoir. 

    Sans rentrer dans le détail, c'est l'éternel rengaine de toute dispute : qui a commencé et qui ne veut pas faire la paix ?
    Et on en finit plus de savoir si la plus grande responsabilité est du côté de celui qui porté le premier coup, de celui qui y a riposté, de celui qui n'a de cesse que d'avoir sa revanche sans se préoccuper des conséquences de l'échec de ses tentatives. Et on n'en finit plus de se battre pour l'honneur, la terre et les croyances religieuses, sans trop savoir ce qui, maintenant, importe le plus pour les populations concernées. Et à force de vouloir venger les générations précédentes, on en oublie l'essentiel : préparer les suivantes à s'entendre. 

    Bien sûr qu'au-delà des frustrations, il y a des intérêts vitaux bien plus concrets comme le partage des ressources (dont l'eau). Mais je pense que les Israéliens seraient prêts à les partager s'ils se sentaient plus en sécurité. Ce peuple a, dans son ensemble et tout comme ses voisins, réellement envie de vivre enfin en paix (une majorité laïque et bien pensante, est contre les implantations abusives et l'absurdité du découpage des frontières actuelles). On peut comprendre que sous la constante menace extérieure des pays voisins, il lui faille des garanties. On peut également comprendre que devant ces incertitudes, ce sont les positions politiques dures qui gagnent les élections.

    La communauté internationale reconnaît qu’Israël doit faire des concessions territoriales, mais admet parallèlement que celles-ci doivent être accompagnées d’une garantie de sécurité, solide et pérenne. 

    On y arrivera quand toutes les dictatures environnantes seront tombées et que les peuples Arables seront enfin stabilisés dans la démocratie, quand d'un côté comme de l'autre les religieux seront "hors jeu".
    Alors les belligérants pourront-ils, quoiqu'il leur en coûte émotionnellement, regarder l'avenir de façon réaliste et pragmatique. Une terre et des ressources à partager équitablement, une reconnaissance mutuelle des États et des frontières (à redessiner un peu, il est vrai).

    Si les uns font l'effort de faire taire leurs haines et leurs frustrations, les autres feront taire leurs peurs. Pour y arriver, il faut commencer par faire taire les minorités intégristes, côté Palestinien, comme Israélien. A partir de là, la négociation sera possible et le conflit aura de grandes chances de se solutionner. Il y a quelques années, on y était presque. Les fanatiques sont depuis « repassés » par là.





    @+
    Jack  

    13 mai 2012

    De droite à gauche (présidentielles)

    A ceux qui s’étonnent que j’ai pu voter "à gauche" (le traitre, le faux-frère), comme à ceux qui me cataloguaient comme un indécrottable "suppôt de la droite libérale capitaliste" : OUI j'ai voté Hollande ... Et même pas mal ! ... Pas encore en tout cas.
    Comme quoi, mes opinions ne sont pas scellées dans le marbre.

    Chacun a ses petits principes, ses petites "règles de conduite". L’une des miennes : ne jamais prêter serment à une personne, une organisation ou à une institution, plutôt qu'à une idée ou à un concept. Le jour où je prendrai la carte d’un parti, ce sera celle d'en rire.

    A la différence d'un grand nombre de personnes nées dans les années 25 à 40, surtout par ici (au soleil), je ne suis pas un traumatisé du "front populaire", du communisme à la Staline ou à la Mao (dés qu’on leur parle "socialistes", faut qu'ils voient "rouge vif"). Les choses ont beaucoup évoluées depuis l’époque de Marchais. La droite s’est fortement "gauchisée" et la gauche "droitisée", devenue beaucoup plus réaliste.

    Je ne fais pas non plus partie des inconditionnels, qui quelque soient les propositions ou les changements économiques et politiques environnants, voteront toujours à droite ou à gauche, quoiqu'il arrive, car ils ne votent pas pour des idées, mais pour une étiquette. Pour eux, on ne peut rien. Difficile de faire changer d'avis un automate.

    Sauf à perdre la boule, je ne voterai jamais aux extrêmes (parce que je ne suis pas un "extrémiste"), ni même pour "protester" (ce n'est pas anodin, mais au contraire très dangereux pour la démocratie).
    Mes opinions ont toujours été plutôt au centre, là ou s'expriment les idées et les propositions modérées. « Centre droit » il est vrai, mais cette fois-ci je n'ai pas trop hésité à "passer de l'autre côté" ("de la force" ... qui gouverne notre démocratie). Pas par conviction idéologique profonde (pour peu que j'en ai en matière politique), mais pas par hasard non plus, ni émotionnellement. Ni même par dépit ("les déçus' du Sakozysme, même si à l'évidence j'en suis un).

    Et vous ? Avez-vous analysé précisément, objectivement, les raisons qui vous ont poussées à faire tel out tel choix ?
     
    Voici les miennes.

    Une petite revue de détail qui aura peut-être l'intérêt de faire le point sur les promesses que j'ai comprises de la part du nouvel élu :

    La raison principale est bien sûr, comme je l'ai déjà expliqué dans mon billet précédent, que François ait été le seul à avoir osé parler de relance économique en pleine crise de la dette (seule solution pour arriver à la rembourser un jour et avant qu'elle ne se creuse encore plus), qu’il n’était pas question que je vote pour Nicolas qui n'avait que cette "règle d'or" à la c.. à proposer (vaine promesse qui ne convaincra que les crédules, certainement pas les marchés financiers et les économistes), mais surtout pour les raisons expliquées dans un autre billet publié en Février (l'insécurité fiscale qu'il a instaurée).
    J'ai aussi voté "pour l'homme". Alors qu’il ne m’inspirait pas spécialement, il m’est apparu particulièrement intelligent dans cette campagne et surtout beaucoup plus posé que "l’autre bluffeur", qui de "dynamique", ... est passé à carrément "agité". Et dire qu’il ne s’est pas gêné de refaire, une fois de plus, des promesses(*) de baisses fiscales comme dans sa précédente campagne de 2007 ! Le croire une première fois c’est se faire berner, mais le croire une seconde fois c’est être couillon.
    (*) sur le fait que la crise soit entre temps passée par là, je me suis là aussi déjà expliqué : on invente de nouveaux impôts mais on ne remet pas en cause ses promesses fiscales, ni la fiscalité de l'épargne de long terme, ce qui sape la confiance et risque de la décourager.
     
    Il n’a pas fait de véritable alliance avec EvaPasJolie (quelques petites promesses peu engageantes, tout au plus). Je ne suis pas anti-écologie, mais franchement contre les gens bornés qui sont dans l'exagération. "On affaiblit toujours ce que l’on exagère" (JF Laharpe). Aucune alliance non plus avec MelanCon (en plus de concepts dépassés, comme de la haine dans ses propos, voire un petit air de dictateur, ... non ?).

    Au contraire de ce que Nicolas a vainement et honteusement essayé de nous faire avaler, il n’y a pas dans le plan de François (et il l’a on ne peut plus clairement confirmé dans le débat) d’abandon de notre indépendance énergétique nucléaire (1 seule vieille centrale, qui effectivement risquerait ne nous coûter plus cher en remise en état et la seule sur une zone sismique à risque (certes faible, mais non négligeable quand même).

    Quant à envisager l'abandon du nucléaire un jour, cela tombe sous le sens. Le nucléaire n'est pas une source énergique pérenne (le minerai d'uranium est une ressource limitée et le problème des déchets n'est pas vraiment résolu), mais "d'attente" de mieux, comme le sera sans doute la fusion nucléaire (un peu d'H2O, et surtout de H comme carburant de départ, zéro pollution, zéro déchet). Les recherches en cours devraient à mon avis donner des résultats exploitables dans 25 ou 30 ans, soit l'échéance annoncée pour l'abandon. Par ailleurs, il ne s'agit que "d'envisager", ce qui veut dire "si on peut le faire", à savoir si la nouvelle source énergétique de remplacement est au point et opérationnelle. Quoiqu'il en soit et réélections obligent, on reverra la question dans cinq ans.

    L'immigration ! Ha le sujet "sensible" que voilà. Le projet socialiste ne prévoit pas une immigration massive comme on a aussi essayé de le faire croire à droite. François nous a affirmé qu'il ne changerait rien, c’est tout. Il a également promis (c'est du moins ce que j'ai entendu dans le débat), qu’il ne régulariserait pas les "irréguliers".

    Le vote des étrangers non européens (pour eux, c'est déjà le cas, comme chez nos voisins) aux élections locales : c'est là le seul point que je n'approuve pas (pour les raisons évoquées par Nicolas, et clairement exposée dans le débat). Je tiens aux principes républicains et laïcs qui fondent notre nation, et même l'Europe. Je ne souhaiterais pas prendre le moindre risque à ce qu'une petite minorité très active et agissante s'empare de certains conseils municipaux, notamment autour des banlieues à forte population musulmane (je n’ai rien contre elle, mais beaucoup contre tous ceux qui veulent mêler politique et religion, comme les prêcheurs de cette confession). Mais François nous a bien fait comprendre qu'il ne passerait pas la mesure en force, se doutant bien que la majorité des français y est opposée (il a même parlé de référendum sur la question). Je n'ai pas d'inquiétude sur ce point : la proposition ne passera pas.  

    Aucune des autres propositions socialistes ne m’inquiète. Maintenant, surtout en politique, personne n'est à l'abri de se faire berner plusieurs fois de suite. Cela m'est arrivé il y a cinq ans, cela peut m'arriver cette fois-ci. Si c'est le cas, j'aurais au moins la satisfaction que ce ne soit pas avec le même menteur.
     
    Par contre, dans les propositions UMP, à part quelques conneries pour rassurer le retraité moyen qui n’a pas suivi le fil de l’histoire et une reprise des idées du FN (agiter et exagérer les vielles peurs, une technique ancestrale de persuasion pour rallier les foules inquiètes), il n’y avait pratiquement rien !

    Ce qui fait également peur aux français "viscéralement anti-gauche" (en plus de leurs mauvais souvenirs), c’est la fiscalité. A moins de se situer dans la tranche des 75% (je ne pense pas que beaucoup d'entre vous y soient), ce qui ne touchera que les très hauts revenus et ils ne représentent pas grand monde (au contraire de la recette fiscale), leur imposition n’augmentera pas plus qu’elle n’aurait augmentée avec "l’autre" (même en tenant compte de la crise). J’ose même avancer qu’avec Nicolas elle aurait été plus forte pour les revenus moyens (historiquement les plus touchés, quelque soit la tendance au pouvoir) en raison du transfert de charge État-Régions (il n’y a pas que l’impôt sur le revenu, la fiscalité immobilière étant déjà très forte).

    La deuxième banalité, c’est "la fuite des capitaux" (dont un pays a évidemment besoin). Ce qui a changé et change très rapidement dans le monde (le bon côté de la crise), c’est que la charge fiscale de tous les pays occidentaux augmente (Amérique du Nord incluse) et que parallèlement, pour cause, ils commencent à se mettre d'accord pour faire la chasse aux paradis fiscaux. Dans un proche avenir, où vont bien pouvoir aller ces capitaux ?
    En Chine ? Au Pakistan ? En Arabie Saoudite ou mieux, en Syrie ?

    Quant à la peur de "l’assistanat" qui effraye tant nos retraités qui ont travaillé dur toute leur vie, dans une société de plein emploi qui appartient maintenant au passé (dans tous les pays industrialisés), rien ne changera. Même un gouvernement très à droite est obligé de "redistribuer", non pas par "charité" ou bonté d'âme, mais par pure logique de paix sociale (risques de troubles) et économique (cycle "production-revenus-consommation"). Là c’est plus long à expliquer (voir mon post sur "le revenu de base").

    Par ailleurs, au-delà des grandes idées, chacun vote aussi en fonction de ses "intérêts personnels", chacun voit midi à son horloge : ne tirant mes revenus que de la bourse (quoique bien insignifiants en ce moment), j’ai tout intérêt à ce que mes PV (prochaines ... j’espère), soit intégrées au barème de l’IR (revenus du capital intégrés au revenus du travail). Actuellement c’est du 40% à partir du 1er euro, sans aucune possibilité de déduction ("habitation" ou autres réductions d’impôts habituellement possibles sur les revenus du travail, pensions et autre) et cela aurait augmenté avec Nicolas. Ce dernier prévoyait un alourdissement de la fiscalité des revenus de valeurs mobilières sans changement de catégorie d'imposition fiscale, en plus d'une taxe sur les transactions (en fait, le retour de "l'impôt bourse"), qu'il souhaitait instaurer en France, avant que l'Europe ne le décide à son échelle, … juste pour "donner l'exemple" ... motif économiquement aberrant. Au niveau d'un seul pays, une telle taxe sur des flux financiers qui par nature ne connaissent pas les frontières, aurait été catastrophique. Voilà bien un risque réel et immédiat de fuite de capitaux !

    Maintenant, on jugera sur pièce, que ce soit l’un ou l’autre ne changera pas grand-chose, la France étant maintenant « liée » avec l’Europe et c’est bien ça qui me plait. Je suis beaucoup plus Européen que Français, et je le revendique haut et fort !
     
    D'ailleurs, au lendemain de l'élection, Lundi 7, les marchés n’ont baissé qu'en raison du résultat électoral de la Grèce (et cela continue), confirmant que c'est bien plus la politique Européenne qui est surveillée dans le monde que le choix des français entre centre-droite et centre-gauche (un résultat FN aurait bien sûr impacté les marchés très significativement, très négativement, pour ne pas dire catastrophiquement).

    Il est fortement probable qu’aux législatives je retourne à droite. Non pas pour faire plaisir aux Sarkoziens convaincus, mais parce que j’aime les "contre-pouvoirs" et qu’il est certain qu’il ne faut pas laisser la bride sur le cou à celui qui va se mettre en place.
    Tout va dépendre des choix dans la composition du gouvernement ... et bien sûr des "figures locales" qui se présenteront.

     
    @+
    Jack 
    Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

    11 mai 2012

    Creuser un peu plus la dette, pour mieux la rembourser


    François HOLLANDE a été le premier leader Européen à avoir osé parler de relance en pleine crise de la dette. Grossir un peu plus une dette pour la mieux la rembourser, c'est ce qu'il faut faire. Économiquement, rien de choquant, rien de contradictoire, que ce soit au niveau d'une nation, d'une entreprise ou d'un individu (une entreprise en difficulté ne pourrait pas s'en sortir sans investir dans son outil de travail, un commerçant sans renouveler son stock, un individu sans prendre sa voiture ou un billet de transport, pour aller vendre ou se vendre). Rien de plus logique donc.

    C’est en en tout cas ce que je n’ai cessé d’écrire depuis que l’on parle de déficit public (cela à commencé aux USA) et de ralentissement économique (si vous lisez mes posts). Arrêtons de focaliser sur l'endettement, car sans programme de relance, l'économie ne peut que ralentir, suivant le principe “qui n'avance pas, recule”, rien en ce monde n'étant statique. L'économie ralentissant, les recettes fiscales diminueront car l'impôt a bien évidemment ses limites (d'autant qu'il est tiré de revenus eux-mêmes tirés de l'économie). Alors, tout aussi automatiquement qu'implacablement, la dette augmentera encore !

    Si le poids de la fiscalité a ses limites, ce n'est pas le cas de la dette. Donc, la seule solution est de relancer “la machinerie économique”. Pour ce faire, il faut investir en elle, quitte à s'endetter encore un peu. Le meilleur exemple d'une relance réussie que j'ai en tête, est le Canada. En très bonne santé économique aujourd'hui, alors qu'il était au bord de la faillite il y a quelques décennies. Les pays Européens étant totalement imbriqués économiquement, cette relance ne peut bien sûr s'envisager qu'à ce niveau.

    La solution “complémentaire” bien connue des économistes (tous les pays y ont eu recours dans l'histoire et y recourront à nouveau, plus ou moins hypocritement), à utiliser dans un deuxième temps pour rembourser la dette, de préférence quand l'économie sera relevée, c'est l'inflation. On emprunte aujourd'hui et on rembourse demain ... en monnaie de singe (j'exagère volontairement pour “l'image”). C'est la forme classique de “répudiation des dettes” que seul un État, et maintenant groupe d'États, peut se permettre (j'en parlais plus longuement dans un billet précédent). Mais qui cela gênera-t-il vraiment, demain, si l'économie est remise sur pieds ?

    Bien sûr, il ne faut pas se rater (relance foireuse). L'exercice est dangereux, mais ne rien tenter l'est encore plus. Pour réussir, cette inflation doit être “volontariste” et doit bien évidemment s'accompagner d'une reprise économique effective. Sinon, c'est “l'inflation galopante”, non maîtrisée, le plongeon dans les abysses que bien des pays d'Afrique connaissent ou ont connu, certains y étant englués depuis plusieurs générations (mais ils ont d'autres soucis, moins de moyens ... et là n'est pas le sujet).

    Comment croyez-vous que les amerloques s'y prennent pour relancer leur économie ? Ils ont injecté des masses phénoménales d'argent frais dans l'économie sous forme d'endettement massif, en partie caché dans un subtil jeu d'écritures de comptabilité publique. Comment rembourseront-ils ? En monnaie dévaluée par l'inflation, c'est couru d'avance et ce sera visible dans dix ou quinze ans (grosso modo, la durée d'une obligation d'État “moyenne gamme”). A ce moment là, leur économie tournera sans doute à plein régime. Pour l'instant, le DJ et le Nasdaq sont revenus à des niveaux d'avant crise et leur économie est réellement repartie, alors que la notre est en train de caler.

    Ils font “tourner la planche à billets” d'une façon plus ou moins déguisée, profitant que leur monnaie est encore une référence mondiale (ce qui explique qu'elle ne dévalue pas ... encore).
    C'est une solution à laquelle rechignent certains dirigeants Européens, plus pour des raisons “populistes” que par peur de louper la manœuvre, ... et c'est ce qui nous enterrent, fait plonger la bourse et m'agace (en plus de “me coûter”) chaque jour un peu plus !
    Je pense qu'ils y viendront ... aux “euros-bonds”, la future “planche à billets européenne”, sous cette forme ou sous une autre. Le plus vite sera le mieux et ainsi les marchés se calmeront vraiment, avant que “la baraque Européenne” s'écroule.

    Certes, l'euro complique un peu les choses, mais il a d'autres avantages, comme par exemple celui de devenir prochainement et si on s'en sort, une monnaie mondiale de référence au même titre que le dollar. Certes il y a des Grecques qui souhaiteraient bien s'en débarrasser pour enfin dévaluer leur monnaie, pour mieux exporter (quoi ? du tourisme ?) et faire fondre leurs dettes ... locales. Car tout le problème est là : leur dette est en euros et en dollars, remboursable dans ces monnaies. Or dévaluation et dette ne font bon ménage que dans une même monnaie. Leur sortie de l'euro et le retour à la drachme (suivie d'une dévaluation de 60-70%), plongerait le pays dans le chaos et pourrait le faire retourner à l'époque des colonels. Trop de Grecques manquent de culture économique de base pour le comprendre, trop de politiques Grecques leur ont menti et leur mentent encore, les seuls disant enfin la vérité n'étant maintenant plus crédibles.

    La France a aussi ses politicien(e)s “eurosceptiques”, mais heureusement en moins grand nombre. Sans doute parce que nous sommes moins désespérés que les Grecques, nos citoyens n'ayant pas une meilleure culture économique qu'eux. Certains français font la relation “euro-crise”, pour déduire naïvement que se débarrasser de l'euro résoudra la crise. Ils se trompent aussi lourdement que les Grecques qui croient que leur sortie de l'Euro-groupe résoudra leurs problèmes (l'erreur était sans doute d'y être rentré en trafiquant les chiffres, mais c'est maintenant trop tard pour la réparer).

    La crise mondiale qui sévit est à rechercher du coté de l'extraordinaire et rapide développement des pays “émergents” (Chine et Inde), donc de leurs besoins gigantesques en matière première et en énergie, de leurs bas salaires, des exagérations d'une consommation à crédit de notre côté (Europe et surtout USA) et des dérives de la finance mondiale. Ce n'est pas l'un ou l'autre de ces acteurs ou de ces facteurs qui est responsable, mais leur conjonction. L'euro n'y est pour pas grand-chose dans l'histoire, si ce n'est qu'il rend moins réactif les décideurs européens (les pays ne peuvent pas dévaluer leur monnaie individuellement, et pour le faire collectivement, il faut s'entendre).

    Ha le Sarko avec son obsession de cette quasi-inutile “règle d'or” et rien d'autre à proposer. On peut s'engager par écrit, jurer devant la bible et même se tatouer sur le front “je ne m'endetterai plus”, mais si les choses vont mal, on cherchera à nouveau à emprunter et on contournera “la règle”. “J'voulais pas, mais j'peux pas faire autrement” ou alors, “ha oui, mais là c’est pas pareil”. Donc la “règle d'or” (si chère aux protocolaires Allemands) ne rime à rien si ce n'est qu'à essayer de rassurer “les marchés”. Mais comme ceux-ci sont très réalistes, l'effet fut nul, est nul et sera nul. Seul l'homme de la rue pourrait être bluffé (une annonce “populiste” de plus !).

    Tournons la page et souhaitons bonne vie à Nicolas, qui j'espère pour lui, doit savourer en famille des vacances méritées (oui, quand même). Ce n'est pas parce que je l'ai désavoué, plus “économiquement et fiscalement” que “politiquement”, que je ne reconnais pas qu'il ait fait des efforts (vains) et donné de sa personne.

    Souhaitons à François, et surtout à nous-mêmes, que les décideurs européens fassent un bon accueil à ses propositions, du soutien et des compétences de l'équipe qui l'entourera, car elle va avoir beaucoup de travail et de nombreux défis à relever. Personnellement, j'ose y croire.

    Souhaitons talent, clairvoyance et créativité aux économistes qui conseillent nos dirigeants, souhaitons-nous à tous, que ça marche !

    @+
    Jack