En attendant que Hollande accepte les conditions posées par Merkel (plus d'intégration Européenne, moins de souveraineté, avant une éventuelle mutualisation des dettes, cela me semble très logique), en attendant que Bachar se fasse pendre haut et court (les dictateurs ont décidément du mal à apprendre des autres), il y a une autre crise toujours active et prête à déborder sur le reste du monde : le conflit israélo-palestinien.
C'est un peu par hasard que j'ai découvert ce débat entre deux musulmans modérés, l’un antisioniste et l’autre plutôt islamophobe (en fait, un réformateur de l'islam, radicalement opposé à l'islamisation de la politique *). Deux avis opposés exprimés simplement et crument, mais sans haine et honnêtement me semble-t-il, surtout sans dogmatisme religieux pour venir pourrir la discussion.
Cela dit en passant, quand les interlocuteurs sont passionnés, rien ne vaut un minuteur (de jeu d'échec, d'où le titre de la vidéo) pour un échange de points de vue intéressant.
Cela dit en passant, quand les interlocuteurs sont passionnés, rien ne vaut un minuteur (de jeu d'échec, d'où le titre de la vidéo) pour un échange de points de vue intéressant.
Echec et mat Ahmed Moualek Pascal Hilout
J'ai eu l'impression d'écouter un débat entre deux personnes de bonne volonté analysant le problème sous deux angles différents :
- l'une émotionnellement, trainant pas mal de stéréotypes et beaucoup de frustrations, plaçant la fierté au dessus de tout, estimant que le roseau n'a pas à plier,
- l'autre analytiquement, en fonction de l'histoire et des réalités d'aujourd'hui, estimant qu'il serait temps de s'adapter, d'arrêter d'éduquer les enfants dans la haine.
N'est-ce pas un bon résumé de ce qu'en pense les uns et les autres, pros et antis Israël ?
(*) Interview exclusive de Mohamed Pascal Hilout sur le blog drzz
Par Yann le 2 juin 2008
Ce conflit n'en finit plus de soulever les passions et les haines dans le monde entier, avec tout son cortège de violence, de frustrations et d'incompréhension. Pourtant l'intelligence ne manque pas chez les modérés, tant côté Palestinien qu'Israélien. Le problème est d'arriver à écarter les extrémistes des deux bords pour enfin les laisser se parler et s'entendre.
Certes il n'aurait pas fallu écouter les rabbins pour orienter le choix de l'implantation d'Israël. En un lieu si chargé d'histoire, de haine et de symboles religieux que Jérusalem, c'était bien la pire des erreurs à commettre. Il est également vrai que les palestiniens n'avaient pas à "payer" le sentiment de culpabilité des Européens (quoique si l'on analyse l'histoire, ils avaient clairement choisi leur camp, et ce n'était pas celui des combattants du nazisme). Disons qu'ils n'avaient pas à "payer seuls".
Mais à aujourd'hui, cela fait plus de soixante ans qu'Israël existe, soit environ trois générations. Quelque soit l'erreur initiale, elle n'est plus réparable et il est effectivement temps de laisser l'histoire derrière, d'envisager l'avenir plus intelligemment. En clair de s'adapter et d'accepter à nouveau une cohabitation qui avait pourtant bien réussie pendant plusieurs siècles.
Moualek a tort de comparer la résistance Française face à l'occupation Allemande. Elle n'a duré que cinq ans. Si le conflit avait duré plus, nous l'aurions perdu et parlerions maintenant Allemand (ou du moins, ce serait notre deuxième langue), que cela nous plaise ou non. Nous nous serions adaptés, comme les Gaulois l'ont fait (hors le village d'Astérix) face aux Romains. Point barre.
Alors Hilout a raison de dire qu'il est stupide de continuer à apprendre aux enfants à jeter des pierres contre des missiles high-tech, et qu'il serait bien plus judicieux de chercher à faire alliance avec le plus fort, ce qui n'implique nullement une soumission (entre deux extrêmes, il y a toujours un juste milieu). Le peuple palestinien aurait tout à y gagner, au contraire d'une petite poignée de leaders fanatiques, politiques et religieux qui au fond, n'ont d'intérêt que pour le pouvoir.
Sans rentrer dans le détail, c'est l'éternel rengaine de toute dispute : qui a commencé et qui ne veut pas faire la paix ?
Et on en finit plus de savoir si la plus grande responsabilité est du côté de celui qui porté le premier coup, de celui qui y a riposté, de celui qui n'a de cesse que d'avoir sa revanche sans se préoccuper des conséquences de l'échec de ses tentatives. Et on n'en finit plus de se battre pour l'honneur, la terre et les croyances religieuses, sans trop savoir ce qui, maintenant, importe le plus pour les populations concernées. Et à force de vouloir venger les générations précédentes, on en oublie l'essentiel : préparer les suivantes à s'entendre.
Bien sûr qu'au-delà des frustrations, il y a des intérêts vitaux bien plus concrets comme le partage des ressources (dont l'eau). Mais je pense que les Israéliens seraient prêts à les partager s'ils se sentaient plus en sécurité. Ce peuple a, dans son ensemble et tout comme ses voisins, réellement envie de vivre enfin en paix (une majorité laïque et bien pensante, est contre les implantations abusives et l'absurdité du découpage des frontières actuelles). On peut comprendre que sous la constante menace extérieure des pays voisins, il lui faille des garanties. On peut également comprendre que devant ces incertitudes, ce sont les positions politiques dures qui gagnent les élections.
La communauté internationale reconnaît qu’Israël doit faire des concessions territoriales, mais admet parallèlement que celles-ci doivent être accompagnées d’une garantie de sécurité, solide et pérenne.
On y arrivera quand toutes les dictatures environnantes seront tombées et que les peuples Arables seront enfin stabilisés dans la démocratie, quand d'un côté comme de l'autre les religieux seront "hors jeu".
Alors les belligérants pourront-ils, quoiqu'il leur en coûte émotionnellement, regarder l'avenir de façon réaliste et pragmatique. Une terre et des ressources à partager équitablement, une reconnaissance mutuelle des États et des frontières (à redessiner un peu, il est vrai).Si les uns font l'effort de faire taire leurs haines et leurs frustrations, les autres feront taire leurs peurs. Pour y arriver, il faut commencer par faire taire les minorités intégristes, côté Palestinien, comme Israélien. A partir de là, la négociation sera possible et le conflit aura de grandes chances de se solutionner. Il y a quelques années, on y était presque. Les fanatiques sont depuis « repassés » par là.
@+
Jack