10 décembre 2010

WikiLeaks ... parlons-en


Non seulement parce qu'il fait la une,
ici,
et là,

Mais surtout parce que la survie de ce genre d'initiatives est à surveiller. Un peu comme un "test" de nos démocraties. 
Si le test échoue, cela voudra dire que nous ne sommes pas encore totalement sortis de la féodalité.

Leurs créateurs méritent des encouragements car ils prennent des risques pour défendre nos droits, à l'image de Julian ASSANGE qui n'a pas fini d'avoir des ennuis pour oser mettre en pratique le principe de transparence de nos sociétés dites « modernes » :

Pour l'heure, ce principe fondamental est assez bien respecté en Europe. La censure ou le boycottage sont faibles, ou du moins très indirects (merci "les grands journaux" qui maintiennent notre droit à l'information). Pour exemple, ces liens renvoyant toujours aux fuites : 

Certes, les fuites « d'État » ne vont pas durer, il y a un petit côté « people » (pour ceux que cela branche) et la pratique n'est pas sans danger pour les personnes citées ou la diplomatie (qui s'en remettra très vite, si ce n'est pas déjà fait). Mais à mon sens, c'est mieux que l'excès inverse (absence d'infos) qui est beaucoup plus dangereux et « criminel » (pour reprendre le terme employé par quelques culs-bénits Américains, côté républicains bien sûr), car touchant beaucoup plus de personnes sur la planète. Et comme nous vivons dans un monde d'excès, j'opte pour celui qui profite aux majorités.

De plus, l'objectif de ce site n'est pas de ne divulguer que des notes de services d'ambassades (évènement le plus récent), mais tout ce qui nous est caché (voir l'historique de Wikipedia) ... et cela dérange pas mal dans les hautes sphères ... ce qui semble sonner comme un gage de crédibilité pour ce site à qui on fait toutes les misères.


Qu'est-ce exactement WikiLeaks (pour ceux qui découvrent ce sujet de polémique) :

Tout de même mieux que VOICI, non ?

Décriés ou adulés, n'en reste pas moins qu'à mon avis, Wikileaks et leurs contributeurs servent la cause démocratique, de ceux qui souhaitent vivre dans un monde ouvert et libre, et c'est ce qui importe. Quoique pouvant avoir une influence sur le devenir de leur mouvement, l'objectif des dirigeants, purement financier ou réellement idéologique, me parait secondaire. Que mère Thérésa ait œuvré pour sa place au paradis, pour la reconnaissance ou d'autres motifs très intimes, l'important fût qu'elle aida beaucoup de gens. Que les volontaires s'engagent dans des actions humanitaires ou idéologique pour la gloriole, l'argent ou l'aventure, ils aident et c'est ce qui compte.

Par ailleurs, le tôlé soulevé par les responsables américains parait être à la mesure de leurs inquiétudes : que les gens sachent !
... L'essentiel, n'est-ce pas cette épée de Damoclès sur les détenteurs du pouvoir ?

C'est le principe qui me plait et l'invention de génie reste Internet. Grace à ce mode de communication, l'idée de démocratie pourrait prendre du sens.
Et dés qu'il s'agit de faire la chasse aux menteurs, aux hypocrites et aux cachotiers de notre monde, j'approuve ! Vivre dans un monde où nul n'est à l'abri de manipuler les autres sans courir le risque d'un méchant retour de bâton.

La véracité des publications ? Je crois qu'il se contente de publier ce qu'il trouve, sans l'interpréter. Cela reste notre rôle, « nous, membres libres des peuples de la planète », comme celui des journalistes de tous bords. Quant à la guerre de l'information, qui consiste essentiellement à tuer la bonne en la bombardant de mauvaises, il y a longtemps qu'elle a commencé et elle n'est pas prête de s'arrêter. D'où l'intérêt d'aguerrir toujours plus notre esprit critique, de titiller celui des autres et d'apprendre aux enfants de forger le leur.

Ha les journalistes ! Effectivement, il y a beaucoup à dire à leur sujet mais ils sont un « mal nécessaire aux démocraties ». Pas de « démocratie » sans presse libre, et dans l'ensemble, chez nous (monde industrialisé), je crois qu'elle l'est. Bien sûr, comme dans toutes professions il y a les véreux et les sérieux, les plus ou moins libres et les soumis, les bons papiers et les torchons. A nous de faire la différence, par bon sens et par recoupements.
Il ne peut y avoir de libertés sans presse libre et celle-ci ne peut donc être contrôlée pour quelque raison que ce soit, même la meilleure. Si on peut savoir où commence un contrôle, nul ne peut prédire où il s'arrêtera. Sans Voici, il n'y aurait pas le Canard et sans l'Uma il n'y aurait pas le Figaro, l'Express ou LeMonde (et vice et versa). J'irais jusqu'à penser que tous les médias, justement parce qu'ils sont variés et contradictoires, mêlant donc le vrai avec le faux, sont les derniers garants de nos libertés (avec Internet, bien sûr). Tout est dans « que ça se sache ». Ce n'est pas le procès des journalistes qu'il faut faire, mais celui des lecteurs.

Je mets généralement « démocratie » entre guillemets car j'entends souvent dire que dans les faits, « elle n'existe pas ». Le terme « Démocratie » ne doit pas être pris au premier degré de sa définition (pouvoir par le peuple, ou désigné par lui), mais comme une aspiration. Un but à atteindre, même si ce ne sera jamais le cas, puisqu'au surplus de ne pas être souhaitable, « tout le pouvoir au peuple » est impossible (pour gouverner, il faut bien une concentration des pouvoirs). Quant au libre choix du peuple à désigner le pouvoir, c'est un fantasme qui en restera toujours un, puisqu'en la matière nos choix sont généralement très limités et de toute façon toujours influencés (nous n'aurions rien d'humain dans le cas contraire).
En fait, même si la « démocratie » reste un rêve d'idéaliste, elle se traduit au moins dans la réalité par une volonté de suivre une direction vers laquelle il faut toujours essayer de tendre, car à son opposée il y a la dictature, l'oppression (et là on ne rêve plus, rien n'est impossible et le but peut être rapidement atteint).
« La démocratie est le pire des systèmes, ... à l'exception de ceux que l'on a déjà essayés » (Winston Churchill)

Pour être plus réaliste, je crois qu'une « démocratie » se caractérise, non pas par le libre choix d'un peuple à mettre un pouvoir en place, mais par sa possibilité de le faire tomber rapidement sans pour autant faire une révolution, sans effusion de sang. Les détenteurs du pouvoir n'y viennent pas pour leurs compétences, mais en partent du fait de leurs erreurs. C'est le principe de l'essai-sanction. Pour ce faire, en plus du multipartisme et de la libre expression, il faut que le peuple « sache » ce qui se passe. Pas nécessairement « tout », mais le plus possible.

Quant au « test démocratique » que la survivance de « Wiki Fuites » pouvait constituer, au vu des derniers évènements j'ai bien l'impression que c'est mal barré. Après tout, sur 6000 ans de civilisation « l'expérience démocratique » ne représente que quelques 300 ans. Retour vers les dictatures ?
Si la majorité des gens continue de ne focaliser leur intérêt que sur le "people", le foot ou les quelques miettes que leur jettent les grands argentiers de ce monde, je crois que nous en prendrons le chemin, l'histoire ne ferait alors que se répéter (comme disait je ne sais plus qui, « elle bégaie »). Mais je suis d'un naturel optimiste et pense quand même que si « a masse est con », les gens dans leur grande majorité, ne le sont pas.
« Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un » (Charles Mackay)

Que pouvons-nous faire à notre niveau, si ce n'est aller au casse-pipe en abandonnant tout pour des convictions ?
Échanger, parler, faire courir les idées ... c'est déjà pas mal. Inutile de crier qu'il faut tout changer si trop peu de monde l'approuve ou de gesticuler tout seul. Aucun grand défenseur des libertés, ni aucun meneur de révolution, quelque soit l'époque ou le pays, n'a pu lancer un mouvement sans l'assentiment d'un grand nombre d''individus, pourtant et par définition « individuels » dans leurs intérêts, comme nous le sommes tous.

Faire circuler les idées, pousser le plus grand nombre à réfléchir, répandre le savoir. Je crois que c'est ainsi que les progrès sociaux se font, petit à petit. Des petits pas sûrs ne valent-ils pas mieux que des grandes enjambées instables ?



@+
Jack           ... + d'infos + d'esprit critique = + de liberté