30 octobre 2013

Concurrence fiscale

Ne confondons pas « injustice fiscale » et « fiscalité incohérente ».

J’irais même beaucoup plus loin : plutôt que de demander aux gens d’être bons et honnêtes (sans contrepartie, si ce n’est la promesse du paradis), mieux vaut faire en sorte qu’ils aient tout intérêt à l’être.

La fiscalité est objective par essence. Il n’y a aucune subjectivité dans son application, elle n’a pas à faire appel aux bons sentiments et aux nationalismes primaires. Seuls ceux qui ne paient pas d’impôts ou ne peuvent rien faire pour y échapper évoquent de tels « devoirs » (ne soyons pas hypocrite).

Une fiscalité « intelligente » doit être mesurée : ne pas démotiver au gain, et au mieux l’encourager. Mais surtout, elle doit rester « concurrentielle » : pas plus forte qu’un pays de même niveau de vie. L’évasion fiscale n’est pas une spécificité Française, mais une conséquence logique que tout pays connaît quand la pression fiscale dépasse celle de ses voisins (à cadre de vie égal).

Je ne reproche pas aux personnes fortunées d’aller s’installer en Suisse ou demander la nationalité Russe ou Belge s’ils y trouvent leur intérêt (fiscalité moins pesante et cadre de vie comparativement acceptable pour eux). Par contre, je reproche au gouvernement d’inciter ces personnes à le faire (indirectement, par une fiscalité mal branlée).

Et ce gouvernement qui décidément n’a pas tout compris et semble si mal conseillé, persiste dans sa bévue en décourageant maintenant la petite épargne à se constituer.

Or l’épargne est le carburant et l’assurance d’un pays. Le carburant pour faire tourner son économie et l’assurance pour parer aux coups durs (récessions mondiales, catastrophes naturelles, …). J’avais d’ailleurs fait un billet sur le rôle de l’épargne en cas de catastrophe.

Moins un pays a d’épargne, plus il est fragile et économiquement instable.

 

PS : je me dois d’apporter une information complémentaire à mon billet précédent (dont celui-ci est un peu la suite) : la “petite” marche arrière du gouvernement sur la loi que les députés avaient votée récemment

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20131027trib000792642/taxation-de-l-epargne-bercy-recule-sauf-sur-l-assurance-vie.html

Comme quoi, je n’ai pas été le seul à trouver incohérente cette taxation de l’épargne (de mon point de vue, elle l’est toujours, même si maintenant un tout petit moins, juste à un poil prés).

29 octobre 2013

Fondamentalisme religieux : les sources du mal

Les gouvernements arabo-musulmans seraient-ils l'héritage du colonialisme européen ? L'Afrique et le proche orient seraient-ils encore sous l'emprise de lobbies économiques et financiers occidentaux qui maintiendraient leurs marionnettes au pouvoir pour mieux piller leurs ressources ?

C'est évident ! … Et pire encore. Il est probable qu'en sous-mains et toujours pour des raisons économiques, nos États occidentaux exacerberaient toutes formes de fanatismes idéologiques pour mieux manipuler les dirigeants et les peuples dont ils exploitent les richesses naturelles.

Le simple citoyen que nous sommes doit-il se taire et laisser faire au prétexte que ces mécanismes lui échappent, mais encore et surtout, parce qu’il n’en est pas la victime immédiate mais au contraire le bénéficiaire final ?

Voilà bien la racine du mal : les déséquilibres et les injustices dans le partage des richesses de notre planète. De là naissent la colère et l’incompréhension, qui habilement exploitées,  mènent aux guerres.

Alors que faire à notre niveau ? Chercher à comprendre puis dénoncer dés que nous le pouvons, ce qui ne nous parait pas moralement acceptable, non pas simplement au nom de la morale et de la justice, mais plus largement pour inciter nos gouvernants à prendre des décisions qui aillent dans le bon sens, pour le bien de tous, et non pour servir les intérêts court-termistes de quelques ’uns.

Dans des nations démocratiques, où le peuple a la possibilité de choisir ses dirigeants, l'opinion est entendue et respectée, même si elle est un peu manipulée. Nombre de gouvernements sont tombés en raison de leurs excès ou de leur absence d'intervention sur les pratiques que l'opinion publique dénonçait.

L'exploitation des richesses et la manipulation des dirigeants de pays pauvres (en structures sociales et démocratiques, plus qu'en richesses de sol) est le fait de tous les pays qui le peuvent financièrement et techniquement (la Chine ne se gène pas). Il faut le dénoncer même si il sera toujours très compliqué de l'empêcher (voire de le prouver). 

Que pouvons-nous y faire, à notre niveau de simple citoyen si ce n’est en votant, en parlant, en manifestant ou en communiquant sous toutes formes et à tous niveaux possibles pour que le plus grand nombre ait, si ce n’est la meilleure information (on fait avec ce que l’on a), tout au moins la meilleure analyse critique de celle qui nous parvient ?

Voilà pour les sources, les origines du mal. Qu’en est-il de son développement actuel ?

Le fondamentalisme religieux qui n’est qu’un instrument de pouvoir, de manipulation des peuples, comme il l’a toujours été, en Europe comme ailleurs, depuis que la civilisation existe, atteignant son paroxysme de l’absurdité intellectuelle pendant l’inquisition avec le catholicisme et aujourd’hui avec l’islam. Il puise ses sources dans la pauvreté matérielle et morale de populations exploitées, avec l’apparence de la seule réponse à l'iniquité du monde des humains. Or l’extrémisme, comme la haine, s’auto-entretiennent, avec un risque de racisme et de montée de l'anti-islamisme.

Les solutions ? Combattre la misère, les dogmes dont sont tissées les religions, la corruption. Tout cela ne peut se faire que collectivement, avec patience et opiniâtreté sur le long terme. Mais encore faut-il « commencer » à le faire !

Nos outils : la pression populaire dans les pays démocratiques pour que leurs gouvernements imposent des règles éthiques aux grands lobbies économiques de la planète, incitant à la démocratisation des pays qu'ils exploitent. Pour qu’ils mettent en place des mécanismes permettant l’accès gratuit, facilité, subventionné, à la connaissance pour tous. Pour que des règles internationales soient clairement édictées et surtout appliquées en vue de reconnaître à chaque enfant, dés sa naissance et où qu’il soit, un droit intangible à l’enseignement et au bien sûr, l’un n’allant pas sans l’autre, le droit au minimum vital (aucune tête ne peut se remplir si le ventre est vide).

Pour l'instant et dans l'urgence, c'est la dénonciation de toutes formes d'extrémisme.

 

@+

Jack 

Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'ils le font par conviction religieuse.” Citation Blaise Pascal.

26 octobre 2013

Epargner pour sa retraite … ou pour l’Etat ?

Après la chasse aux hauts revenus, voici celle de l’épargne, tous azimuts, incluant la « petite épargne ». A force, il ne va plus rester grand monde en France pour payer !

Notez « le coup bas » : vote discret et à effet rétroactif !

PEA, PEL, assurance-vie: quand l'État rompt le contrat de confiance avec les épargnants

Le Point le 25/10/2013

http://www.boursorama.com/actualites/pea-pel-assurance-vie-quand-l-tat-rompt-le-contrat-de-confiance-avec-les-epargnants-a3a3c685f964e14f9065da9a677e4e53

Extrait :

« Le gouvernement va chercher l'argent là où il est : dans la poche des épargnants. Mercredi, les députés ont approuvé l'augmentation rétroactive des prélèvements sociaux ... Où comment augmenter les prélèvements sans monter les taux. 15,5 % pour tous les gains. »

 

Je fais partie des déçus du Sarkosisme principalement à cause des entourloupes fiscales, mais ne me voici pas mieux servi sur ce plan (si je ne m’attendais pas à moins de fiscalité, j’espérais plus de transparence et surtout plus de logique ... c’est raté !). Dans les bureaux, ce doit être les mêmes experts qui concoctent les propositions fiscales, toujours plus sournoises les unes que les autres.

Sûr que lorsque que l’on lit que le CAE, le Conseil d’Analyse Économique auprès du premier ministre, écrit  dans un rapport : « les économistes s'accordent pour considérer que parmi tous les revenus du capital, les revenus fonciers devraient être les plus lourdement imposés : la majeure partie de ces revenus est de la rente (la rente foncière) qui peut être taxée sans effet négatif sur l'économie.»

Source : Encadrement des loyers : la Fnaim épingle les "élucubrations" de conseillers d'Ayrault - AFP le 25/10/2013 (http://www.boursorama.com/actualites/encadrement-des-loyers-la-fnaim-epingle-les-elucubrations-de-conseillers-d-ayrault-e5ff5d43e118d5b392ef05de1aa9b122)

 

... l’investissement immobilier sans effet négatif sur l’économie ? Voilà bien une ânerie que ne dirait même pas un étudiant de première année en économie. « Les économistes s’accordent pour considérer ... », mais où le CAE est-il allé chercher ceux-là ?

Outre qu’un impôt de trop est de la consommation en moins, le principal moteur de l’économie après la consommation, est justement l’immobilier (habitation, investissement locatif, entretien). « Quand le bâtiment va, tout va », mais si notre gouvernement s’entoure de conseillers de ce niveau, on peut comprendre pourquoi rien ne va plus. Inquiétant !

En France, nous avons une spécialité : une fiscalité bien tordue ! ... Même les spécialistes ne sont pas certains de s’y retrouver. ... Mais rassurez-vous c’est voulu ! Objectif : que le contribuable lambda n’y comprenne rien (« paye et tais-toi »), voire même qu’il croie que la charge fiscale n’augmente pas ou très peu (Sarko arrivait même à faire croire qu’elle diminuait), alors qu’au contraire elle augmente fortement.

Discours officiel de campagne : pas d’augmentation des impôts ... « sur le revenu » (comme si ce n’était que le seul impôt).

La réalité : hausse des prélèvements sociaux (pour rappel, le passage à 15.50% c’est sous Sarko), baisse de la participation de l’État aux collectivités qui se traduit mécaniquement par une hausse des impôts locaux, suppression des exonérations (comme celle liée à la durée de détention sur l’immobilier, encore Sarko), baisse des plafonnements ou des réductions fiscales habituelles (qui ne sont autre que des hausses fiscales déguisées), ... et j’en passe, car la liste de la fiscalité non immédiatement « visible » est longue !

Mais oui mais c’est bien sûr : « travailler plus pour gagner payer plus » !

Et je ne parle pas de la fiscalité en hausse continue sur les placements à risque (actions mais aussi l’assurance vie qui contrairement à une croyance répandue, est aussi un placement risqué). Le risque de perte en capital (pouvant être total sur actions) n’est pas pris en compte. Quand l’épargne aura définitivement déserté la bourse (française) et que les entreprises devront chercher ailleurs les capitaux dont elles ont besoin, nos gouvernants finiront peut-être par comprendre.

Pas étonnant que les capitaux fuient le pays, pas étonnant que les entreprises « suivent ».

Dans une économie mondialisée, tout le monde a compris la mise en concurrence des biens et services. Il serait temps que nos dirigeants (et ceux qui les conseillent) comprennent qu’il en est de même pour la fiscalité.