26 octobre 2013

Epargner pour sa retraite … ou pour l’Etat ?

Après la chasse aux hauts revenus, voici celle de l’épargne, tous azimuts, incluant la « petite épargne ». A force, il ne va plus rester grand monde en France pour payer !

Notez « le coup bas » : vote discret et à effet rétroactif !

PEA, PEL, assurance-vie: quand l'État rompt le contrat de confiance avec les épargnants

Le Point le 25/10/2013

http://www.boursorama.com/actualites/pea-pel-assurance-vie-quand-l-tat-rompt-le-contrat-de-confiance-avec-les-epargnants-a3a3c685f964e14f9065da9a677e4e53

Extrait :

« Le gouvernement va chercher l'argent là où il est : dans la poche des épargnants. Mercredi, les députés ont approuvé l'augmentation rétroactive des prélèvements sociaux ... Où comment augmenter les prélèvements sans monter les taux. 15,5 % pour tous les gains. »

 

Je fais partie des déçus du Sarkosisme principalement à cause des entourloupes fiscales, mais ne me voici pas mieux servi sur ce plan (si je ne m’attendais pas à moins de fiscalité, j’espérais plus de transparence et surtout plus de logique ... c’est raté !). Dans les bureaux, ce doit être les mêmes experts qui concoctent les propositions fiscales, toujours plus sournoises les unes que les autres.

Sûr que lorsque que l’on lit que le CAE, le Conseil d’Analyse Économique auprès du premier ministre, écrit  dans un rapport : « les économistes s'accordent pour considérer que parmi tous les revenus du capital, les revenus fonciers devraient être les plus lourdement imposés : la majeure partie de ces revenus est de la rente (la rente foncière) qui peut être taxée sans effet négatif sur l'économie.»

Source : Encadrement des loyers : la Fnaim épingle les "élucubrations" de conseillers d'Ayrault - AFP le 25/10/2013 (http://www.boursorama.com/actualites/encadrement-des-loyers-la-fnaim-epingle-les-elucubrations-de-conseillers-d-ayrault-e5ff5d43e118d5b392ef05de1aa9b122)

 

... l’investissement immobilier sans effet négatif sur l’économie ? Voilà bien une ânerie que ne dirait même pas un étudiant de première année en économie. « Les économistes s’accordent pour considérer ... », mais où le CAE est-il allé chercher ceux-là ?

Outre qu’un impôt de trop est de la consommation en moins, le principal moteur de l’économie après la consommation, est justement l’immobilier (habitation, investissement locatif, entretien). « Quand le bâtiment va, tout va », mais si notre gouvernement s’entoure de conseillers de ce niveau, on peut comprendre pourquoi rien ne va plus. Inquiétant !

En France, nous avons une spécialité : une fiscalité bien tordue ! ... Même les spécialistes ne sont pas certains de s’y retrouver. ... Mais rassurez-vous c’est voulu ! Objectif : que le contribuable lambda n’y comprenne rien (« paye et tais-toi »), voire même qu’il croie que la charge fiscale n’augmente pas ou très peu (Sarko arrivait même à faire croire qu’elle diminuait), alors qu’au contraire elle augmente fortement.

Discours officiel de campagne : pas d’augmentation des impôts ... « sur le revenu » (comme si ce n’était que le seul impôt).

La réalité : hausse des prélèvements sociaux (pour rappel, le passage à 15.50% c’est sous Sarko), baisse de la participation de l’État aux collectivités qui se traduit mécaniquement par une hausse des impôts locaux, suppression des exonérations (comme celle liée à la durée de détention sur l’immobilier, encore Sarko), baisse des plafonnements ou des réductions fiscales habituelles (qui ne sont autre que des hausses fiscales déguisées), ... et j’en passe, car la liste de la fiscalité non immédiatement « visible » est longue !

Mais oui mais c’est bien sûr : « travailler plus pour gagner payer plus » !

Et je ne parle pas de la fiscalité en hausse continue sur les placements à risque (actions mais aussi l’assurance vie qui contrairement à une croyance répandue, est aussi un placement risqué). Le risque de perte en capital (pouvant être total sur actions) n’est pas pris en compte. Quand l’épargne aura définitivement déserté la bourse (française) et que les entreprises devront chercher ailleurs les capitaux dont elles ont besoin, nos gouvernants finiront peut-être par comprendre.

Pas étonnant que les capitaux fuient le pays, pas étonnant que les entreprises « suivent ».

Dans une économie mondialisée, tout le monde a compris la mise en concurrence des biens et services. Il serait temps que nos dirigeants (et ceux qui les conseillent) comprennent qu’il en est de même pour la fiscalité.