Si « patrons tous pourris » n’est pas l’un de leur dogme, je ne m’y connais pas en dogmes. C’est pourtant la première raison, si ce n’est la seule, qui fait que je sois athée (à ne pas confondre avec agnostique) et me méfie des religions, quelles qu’elles soient.
Il y a des « pourris » dans tous les groupes, toutes les cultures, toutes les classes sociales, de toutes les couleurs et de toutes les nationalités. Celui qui bourlingue un peu à travers le monde et s’intéresse de prés aux gens (plus qu’aux monuments), discute avec eux, même et d’autant plus s’ils ne sont pas issus des mêmes « couches sociales » (à ce titre, l’armée des conscrits était une très bonne école d’apprentissage et de communication), de la même culture et nationalités, le savent très bien.
Malheureusement, tant que l’on n’aura pas trouvé un vaccin contre la connerie, la jalousie, la frime, la haine de celui qui est différent ou pense différemment, on ne se débarrassera pas de ces êtres mal intentionnés (quelque soit le milieu).
Quoiqu’il en soit, personne n’a la recette pour une société parfaite et pouvoir en discuter librement, démontre au moins qu’il y a bien pire que la notre.
SYNDICATS :
Pour la petite histoire, j’ai été conseiller prud’homal pendant plus de 15 ans. C’est un tribunal paritaire. En tant que représentant « employeur » j’étais donc régulièrement en contact avec les représentants « salariés » (membres actifs et catapultés par les différents syndicats, dont la CGT et FO). Nous arrivions toujours à trouver le bon compromis pour nous mettre d’accord sur la finalité, celle de rendre un jugement (dans toutes les instances auxquelles j’ai participé, les « partages » nécessitant l’intervention d’un juge départiteur ont été très rares). Il nous arrivait plus souvent qu’on pourrait le croire, d’être immédiatement d’accord (sans avoir à en discuter longtemps) et j’ai un très bon souvenir, sur le plan moral et humain de ces personnes. Pas sûr que j’aurais pu discuter avec elles librement dans l’une de leur manif.
Il m’arrive souvent de penser que ce n’est pas les idées qui séparent les hommes, mais leur engagement vis-à-vis d’un groupe, de leur appartenance à tel ou tel organisme, telle ou telle confrérie, raison pour laquelle je ne ferais jamais parti de l’une d’elle. Pour prendre un exemple extrême, je pense (l’idée n’est pas de moi) que certaines exactions commises en 39-45 par les membres nazis, n’ont très souvent tenues qu’à un simple serment.
Citation pour l’occasion :
"Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un." (Charles Mackay)
Je trouve important de rester libre penseur, honnête dans ses idées, non pas qu’envers les autres mais encore et surtout envers soi-même.
Pour bien comprendre un système social et savoir dans quelle mesure il est réformable, il faut s’analyser soi-même ainsi que notre façon personnelle de participer à ce système. Si on le fait sans la moindre hypocrisie, on s’aperçoit que nous sommes tous, à notre niveau, dans une logique de défense de nos propres intérêts. Pourquoi donc le reprocher à ceux qui ont plus ?
Il est dans la nature humaine de défendre ses intérêts, seul ou en se regroupant, des pauvres comme des riches.
LOBBYING :
Définition (Wikipédia) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lobby
« Un lobby (ou un groupe d'intérêt, un groupe de pression ou encore groupe d'influence, plus traditionnellement un intriguant ou un réseau d'intrigues) désigne un réseau de personnes créé pour promouvoir et défendre les intérêts privés d'un groupe donné en exerçant des pressions ou influences sur des personnes ou institutions publiques détentrices de pouvoir. Pour ce faire, il exerce une activité, le lobbying, qui consiste « à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement l'élaboration, l'application ou l'interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics »1. Ainsi, le rôle d'un lobby est « d'infléchir une norme, d'en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes » ... ».
Ce n’est donc pas réservé aux groupes industriels ou financiers. Les syndicats en sont. D’une manière ou d’une autre et sous différentes appellations, les lobbys ont toujours existés.
INÉGALITÉS :
On ne peut nier que nous sommes dans un système inégalitaire. J’ai déjà écrit par ailleurs que plus notre civilisation est inégalitaire, plus elle s’approche de son autodestruction.
Il y a un an ou deux aux USA, une pétition de milliardaires avaient demandée à l’État de les imposer plus lourdement. Cette pétition affirmait qu’il n’était pas normal qu’ils soient aussi riches et que d’autres aussi pauvres. Je reviens assez souvent sur le sujet (intolérables écarts dans la redistribution des richesses, sur le plan moral bien sûr, mais aussi extrêmement dangereux pour l’équilibre mondial).
Mais le problème ne se résoudra pas parce que quelques’uns se dépouilleront (et certains le font réellement) pour aider les plus démunis. Les choses n’iront pas mieux, si ce n’est que très localement et éphémèrement. C’est le système en son entier, son mode de fonctionnement qu’il faut changer ! Mais comment ?
Je passe ma journée à m’intéresser aux transactions financières et l’économie qui les sous-tendent, à lire des théories et des propositions de solutions pour résoudre telle ou telle crise, et pas que celle de notre pays. Une fois écartées les plus farfelues, toutes les théories sérieuses sont plus contradictoires que complémentaires, et pourtant elles sont toutes logiques et tiennent la route. Le seul problème, c’est le détail et notamment la nature humaine par essence imprévisible, qui fera qu’on ne pourra jamais affirmer qu’une solution marchera mieux qu’une autre. Or l’imprévisibilité de la nature humaine est justement toute sa richesse.
SOLUTION ?
Il y a de nombreuses années (années 70), alors que j’étais étudiant et que mes idées étaient beaucoup plus libérales que maintenant (n’étant pas dans la vie active, je n’avais pas conscience de l’ampleur des excès et déséquilibre d’une économie non régulée), j’avais discuté avec un autre étudiant qui lui était très à gauche, engagé même (parti trotskiste, il me semble).
Il était intelligent, non agressif et savait écouter comme je l’écoutais. On essayait vraiment de comprendre nos points de vue respectifs. Nous étions tous les deux de bonne volonté et avions comme idéaux l’équilibre social et le bonheur de l’humanité. Nous souhaitions le même résultat ... mais n’avions pas les mêmes recettes pour y arriver. Je ne croyais pas plus aux chances de réussite des siennes que lui des miennes. La discussion a durée une bonne dizaine d’heures (du couché au levé du soleil).
Nous n’avions donc trouvé aucune solution, mais avions au moins compris que ce n’est pas parce que quelqu’un a des idées diamétralement opposées aux nôtres, que c’est un enfoiré, que l’entente est impossible, que ce que l’on croit juste est inébranlable. La vérité est toujours relative, fonction de circonstances, du lieu et du moment. Personne ne la détient.
La solution émergera, petit à petit au fur et à mesure de la transmission du savoir et de la connaissance, quand enfin une certaine sécurité et que le minimum vital sera assuré pour tous, que l’argent ne sera plus la valeur première et essentielle. Alors sans doute, l’humanité aura une chance de trouver son équilibre.
Je ne vois pas d’autre alternative. Même la tyrannie du partage obligatoire et du bonheur imposé, n’en est pas une (l’histoire l’a maintes fois démontré). Les révolutions n’arrangent rien. Elles rebattent les cartes un temps, détruisent plus qu’elles ne construisent, libèrent les plus bas instincts sur le moment et fond souffrir beaucoup de gens pour finalement retourner vers les mêmes travers, les mêmes déséquilibres. Une fois la tempête passée, les mécanismes de l’exploitation de l’homme par l’homme reprennent leur place, avec des décideurs différents, ... et des haines en plus.
Qu’il soit économique ou purement social (quoique l’un n’aille jamais sans l’autre), il n’y a pas et il n’y aura jamais un système idéal pour l’humanité, seulement des équilibres acceptables.
En fait, je crois aux vertus d’une économie libérale à condition qu’elle soit encadrée. Aux entrepreneurs de s’occuper des profits (produire des richesses) et à l’État (ou d’autres systèmes parallèles) de contrôler la manière dont ils sont produits et redistribués.
Ne pas oublier que dans « libéral » il y a le mot « libre ». Conscient que la liberté n’est jamais totale, et même plus, qu’elle ne peut exister sans règles la restreignant (l’encadrant).
Une chose est certaine : il faudra du temps pour changer la nature humaine, et s’il y a bien une façon de faire que je n’approuverai jamais, c’est d’essayer de la formater.
@+
Jack