Je suis content de m’être trompé dans mon analyse précédente.
Mais j’étais très loin d’imaginer que Tsipas puisse accepter un accord qui aille bien au-delà de celui proposé par les créanciers le 26 Juin et rejeté par le peuple Grec, avec des mesures fiscales et sociales supplémentaires, des contraintes alourdies assorties de mesures de surveillance, le tout accompagné de prises de garanties sur les actifs Grecs qui n’étaient pas aux menus précédents.
Impensable il y a 24 heures, mais tant mieux pour tout le monde (jamais je n’aurais osé y croire).
Si les Grecs se retrouvent dans une situation d’austérité aggravée, contre leur volonté, ils évitent la faillite économique et la misère pour des décennies. En ce sens, je suis donc content pour eux.
L’avantage dissuasif d’une sortie de la zone euro est conservé (idem qu’un Grexit selon mon analyse précédente). Si le gouvernement Grec actuel a fini par accepter des conditions aussi draconiennes pour rester dans l’euro-zone, c’est qu’il a pleinement mesuré les conséquences dramatiques de sa sortie. De plus, le peu de sérieux et les mensonges d’un parti populiste porté au pouvoir, sont mis à jour. Avis aux autres citoyens européens tentés par l’aventure !
En fait, un tel accord conserve les avantages d’un Grexit (renforcement zone euro et cohésion européenne), sans les inconvénients (Grecs plongés dans la misère et le chaos politique) et les risques (si je les minimisais, je ne les écartais pas).
Si l’accord tient, la zone euro confirme son irréversible, l’Europe évite le risque de déchirement et le monde entier la période d’incertitude sur les marchés financiers qui aurait immanquablement suivi un Grexit, pour une période temporaire de mon point de vue. Mais ne sait-on jamais tant il est vrai que la faillite de la banque Lehman Brothers (banque d’affaire de taille moyenne), qui logiquement ne devait être qu’anecdotique dans la crise des subprimes, a eu un effet psychologique dévastateur (les USA « lâchent » une banque !) qui a marqué le coup d’envoi d’une grave crise financière mondiale qui avait les allures de celle de 1929. C’est cela qui, à mon avis, inquiétait le plus les dirigeants Européens. Je suis donc content que ce risque (qui n’est pas certitude) soit pour l’instant écarté (ou repoussé).
Reste à savoir si cet accord va devenir définitif et surtout tenir, avec en toile de fond, l’entente européenne et la pérennité de l’euro. Toute la question est maintenant de savoir si le peuple Grec va accepter des conditions et une austérité pires que celles qu’il avait refusées. J’écrivais que quelque soit l’accord, si accord il y a, il ne serait pas viable, que les Grecs le remettraient en cause aux prochaines élections. Que cette énième remise en cause du énième plan de relance, finirait en plus d’un Grexit, par pourrir plus profondément les relations entre les instances européennes.
J’espère donc me tromper une deuxième fois, souhaitant que cet accord tienne dans le temps, ... pour l’Europe.
Si Mercredi, le parlement Grec vote les conditions et garanties imposées (l’accord du parlement est une condition supplémentaire des créanciers pour palier à la perte de confiance en Tsipas), le peuple va ruer dans les brancards ... ou se résigner.
A y réfléchir, si la majorité nécessaire du parti Syriza avec l’appui des partis d’opposition (droite et centre-droite) votent les conditions de l’accord, je ne vois pas vers qui les Grecs pourraient se tourner. Un nouveau venu, plus extrémiste et plus bonimenteur que Tsipas ? ... Qui, comme lui, finirait par ravaler ses promesses ?
Les Grecs sont donc coincés, l’Europe réconciliée et les marchés financiers rassurés ... pour l’instant.
Mais j’espère très sincèrement que cela durera et suis au final ravi de m’être trompé ... pour les Grecs et pour nous (vu l’accord, certains avantages que je voyais dans un Grexit, sont tout de même réunis).
Reste à ce que nos dirigeants européens s’activent maintenant à consolider les structures de l’union, mettent en place les garde-fous nécessaires à éviter ce genre de crise, et in-fine, aillent plus loin dans l’intégration et la supranationalité de l’Europe.
@+
Jack ... pro-européen convaincu !