09 novembre 2016

Trump Tromperie

Le plus inquiétant dans cette élection surprise, est la forte majorité de gens prêts à voter pour n’importe qui, au simple prétexte qu’ils ne croient plus en personne, sauf en ceux qui leur promettent les miracles qu’ils attendent.

C’est un vote de protestation … et d’ignorance.

Ayant suivi ces élections toute la nuit, je me suis couché déçu, avec le moral à zéro (vers 7 H 30 quand les dés étaient jetés) … et me suis levé en me demandant si je n’avais pas fait un cauchemar, avec le même moral qu’un lendemain de cuite.

Mais assez surpris aujourd’hui de voir que les marchés financiers se sont vite rattrapés (après un affolement de courte durée dans la nuit).

Explications (à en croire les analystes et c’est assez logique) :

Les marchés financiers comptent sur le congrès (majoritairement républicain) qui saura calmer ses ardeurs (verbales jusqu’ici) et sur une équipe de conseillers raisonnables qui l’encadrera de près (quoiqu’il n’a pas l’air d’être du genre à faire ce qu’on lui dit).

Schématiquement, les marchés pensent qu’il a totalement bluffé son électorat et qu’il ne mettra pas en œuvre ce qu’il a promis. Le discours qu’il aurait fait dès son élection, n’aurait rien eu à voir avec ceux de sa campagne. Un peu comme un clown qui après son spectacle redevient un homme sérieux et responsable dès qu’il retourne dans sa loge.

En fait, les marchés « attendent de voir » ce que le canard va réellement faire. Surtout s’il va ou non chambouler les relations politiques et commerciales internationales.

En tout état de cause, d’une manière ou d’une autre, les premiers bananés vont être ceux qui ont voté pour lui, la classe moyenne, ouvriers-employés rejetant « l’establishment », … et les abrutis de la « suprématie blanche » :

  • Soit parce qu’il leur a menti, qu’il ne mettra pas en œuvre ce qu’il a promis, cela s’avérant soit impossible (économiquement et juridiquement), soit barré par le congrès, à moins que ses conseillers arrivent à le convaincre de reculer, de le ramener à la raison,
  • Soit parce qu’ils seront justement les premiers à souffrir des conséquences de mauvais choix économiques et politiques.

Exactement comme pour le BREXIT : ceux qui ont voulu sortir de l’Europe commencent déjà à payer les conséquences de leur choix, alors même que la GB n’est pas encore sortie (ne serait-ce qu’en raison de la chute de leur monnaie qui fait monter les prix à la consommation … sans que les salaires suivent). Ce sera de pire en pire pour eux, l’Europe n’ayant pas trop l’intention de leur faire de cadeau (ne serait-ce que pour dissuader d’autres pays éventuellement candidat à une sortie de l’Europe). 

D’ailleurs dans sa campagne, Trump a promis « un Brexit puissance 10 », sous-entendant la surprise, et il a réussi son coup, … mais sans avertir que les conséquences seraient également portées à la puissance 10.

Cela reste tout de même inquiétant ! N’oublions pas que la 2ème guerre mondiale a été déclenchée sous l’impulsion de « populistes », à savoir par de futurs dictateurs venus au pouvoir démocratiquement, non pas par la force mais par les urnes en promettant ce que le peuple voulait entendre. Mussolini, et Hitler bien sûr.

Trump pourrait en être la version moderne, modèle XXI° siècle façon US. Voici les grandes lignes de son programme :

  • Stigmatisation de certains étrangers (mexicains, musulmans)
  • Lancement de grands travaux d’infrastructure (autoroutes, voies ferrées, …) financés par de la dette (déjà monumentale)
  • Protectionnisme économique (taxation produits importés, comme cela a été fait lors de la crise de 29 dans tous les pays occidentaux)

En gros, un programme très similaire que celui que le parti Nazi avait promis pour arriver au pouvoir en 1933 ! Il l’a réalisé … et on a vu à quoi cela a mené.

J’espère me tromper et m’apercevoir, comme les marchés l’espèrent, qu’il ne s’agit que d’un commercial qui a bien vendu sa soupe pour arriver au pouvoir et qui reste suffisamment intelligent (parait qu’il l’est) pour écouter ses conseillers en admettant qu’il n’y comprend rien : « A moi le pouvoir et l’étiquette, à vous de bosser ».

Sur le plan de la politique internationale, je pronostique quand même :

  • réchauffement avec la Russie avec la levée des sanctions, voire même un rapprochement ensuite : je trouve que c’est positif (à force d’asphyxier ce pays, on le pousse à plus de nationalisme ce qui pourrait le faire redevenir vraiment dangereux pour l’équilibre mondial),
  • coup de froid avec la Chine : c’est le plus inquiétant, pour l’économie et pour la paix mondiale,
  • brouille avec les « faux amis » que sont les pétromonarchies arabes comme l’Arabie Saoudite : dangereux mais inéluctable à terme, tenu compte du double jeu de ces dynasties dans le problème du terrorisme international. Par contre, plus inquiétant serait le remise en question des accords sur le nucléaire avec l’Iran. 

Autre inquiétude, pour la France cette fois-ci : répétition de ce genre de scénario aux présidentielle de Mai 2017, Marine LEPEN accédant au pouvoir (une cata sur le plan économique).

Croisons les doigts !

25 août 2016

Fortunés philanthropes et anomalies de redistribution

Ces riches personnes qui s’engagent à redistribuer la plus grande partie de leur fortune à des œuvres philanthropiques.

The Giving Pledge is a commitment by the world's wealthiest individuals and families to dedicate the majority of their wealth to philanthropy.

http://givingpledge.org/

A ceux qui diront « ils le peuvent et c’est la moindre des choses », ...

... je répondrai « qu’il s’agit d’un acte purement volontaire, que rien ne les y oblige et que parmi toutes les grandes fortunes dans le monde, ils restent une toute minorité à le faire ». J’en ai compté 155 dans ce tableau (cliquez sur une case, et vous aurez la photo).

Donc, bravo !

Et toujours mon petit calcul favori sur les anomalies dans la redistribution des richesses produites par notre civilisation :

A la grosse louche, on peut estimer qu’une personne (ou un ménage) gagne annuellement 10% de la valeur de son patrimoine (quelque soit sa forme, immobilier, actions, ...).

Le patrimoine de Bill Gates, redevenu l’homme le plus riche du monde, est évalué à 90 Milliards de dollars US.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/fortune-que-fait-bill-gates-de-tout-son-argent-593854.html

Son revenu annuel peut donc être estimé à 9 Mds USD/an, soit environ 8 Mds d’euros (cours 1.13). Revenu annuel que semble d’ailleurs confirmer l’article qui parle de $ 6.2 Mds gagnés depuis le début de l’année, soit 9.3 Mds USD sur l’année (6.2/8*12).

Ce qui nous donne (1/360) ... 22 millions d’euros par jour !

Le salaire moyen d’un Bangladeshi est de ... 2 €/jour (70$/1.13/30).

http://www.journaldunet.com/business/salaire/bangladesh/pays-bgd

... et encore il s’agit d’un « salaire doublé » grâce à un accord avec les producteurs de textile du pays suite à des manifestations, car avant 2014 c’était 1 €/jour (29 €/mois).

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/13/bangladesh-accord-sur-un-salaire-mensuel-minimum-de-68-dollars-pour-les-ouvriers-du-textile_3513356_3216.html

Si comme nos parents nous l’on apprit on ne gagne que ce que l’on mérite (ou le salaire est proportionnel à l’effort), cela voudrait dire que sur la planète Terre, un être humain est 10 millions de fois plus méritant qu’un autre (en fait, que d’au moins 2 milliards d’autres être humains) !

Mais comme toujours, je confirme et souligne qu’il ne faut pas en vouloir à ces personnes (*), mais incriminer un système qui permet de telles disparités.

(*) à leur place, si nous restons honnêtes avec nous-mêmes, nous ne cracherions pas sur ces fortunes amassées plus par opportunité que par mérite, ... ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en ait pas.

... et après ça on s’étonne que notre monde craque de partout !

09 juin 2016

La bourse ou la vie

Investir en bourse tient plus de la logique du poker (jeu de dupes ou la psychologie règne en maître) que de celle de l’économie réelle.

Cela ne veut pas dire qu’on ne peut y gagner sa vie (sans être trop gourmand).

NE PAS ESPÉRER TIRER UN REVENU EN BOURSE SANS :
- de solides connaissances ... et un minimum d’expérience (au début, on ne gagne que par chance)
- une stratégie (en fait plusieurs)
- la conscience que le jeu est pipé d’avance et que l’objectif n’est pas de devenir riche, mais de ramasser discrètement quelques miettes laissées par les grosses mains (justement pour appâter les naïfs)..
- ne surtout pas se frotter au très court terme qui la cour des grands : banques et leurs armées de traders experts (moyens humains et financiers conséquents), robots de trading à haute fréquence et algorithmes sophistiqués (ingénierie mathématique associée à des équipements informatiques dernier cri, ... totalement hors de portée d’un particulier). C'est le cas du "DayTrading". En fait il faut rester « à sa place », celle des « petits » ... et donc « jouer petit »
- surveiller constamment ses lignes et se tenir informé au jour le jour
- un moral d’acier pour se prémunir des sur-réactions face à l’information journalière (ne jamais paniquer, quelque soit la nouvelle)
- les décisions doivent être guidées par le calcul et la réflexion, non par les émotions (la croyance que l'intuition n'est pas du domaine du hasard, sera ici payée au prix fort)
- une bonne connaissance de notre principal ennemi : soi-même !
 
C’est d’ailleurs une « bonne école » d’auto-analyse et de maîtrise personnelle ... mais qui pourrait s’avérer beaucoup plus coûteuse qu’un psy !

Sans cela et si on veut y aller quand même (à l’heure actuelle, c’est sans conteste le meilleur rendement), ne pas dépasser dix lignes en portefeuille, de valeurs « solides » (ne pas sortir du compartiment A, voire même du CAC 40), achetées en période de baisse (perte de confiance comme actuellement), en vue de les conserver quelques années (5 ans environ; 3 au moins) sans pour autant hésiter à les vendre en cas de très forte hausse, tout en restant conscient d’un risque de perte et surtout sans trop espérer doubler sa mise à terme.

Les travers les plus ruineux en bourse sont « la frime » (croire pouvoir faire mieux que les autres) et les illusions.
Quant aux personnes à l’égo surdimensionné qui ne manqueront pas d'utiliser les effets de levier proposés aux "gourmands", leur parcours est tout tracé : argent dans un premier temps avec un peu de chance, ... et surendettement au final (au travers des forums boursiers, on devine pas mal de drames financiers entrainant des familles entières à la ruine).

A bon entendeur !
 
@+
Jack  … « bourso-cyberdépendant »

08 juin 2016

Ne soyez pas dupe (société de consommation et ses excès)

Le marché, c'est le vol

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-marche-c-est-le-vol-576757.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20160607
Par Robert Jules  |  07/06/2016
Dans « Marchés de dupes » (1), les prix Nobel d'économie Robert Shiller et George Akerlof montrent, exemples à l'appui, que la logique à l'œuvre dans les marchés, loin d'être efficiente, relève d'abord d'une « économie du mensonge et de la manipulation »
Extraits :
... la logique à l'œuvre dans les marchés, loin d'être efficiente, relève d'abord d'une « économie du mensonge et de la manipulation ».
Tout est organisé pour pousser à la consommation, quitte à tricher.
... faire « la différence entre ce que les individus veulent vraiment  (ce qui est bon pour eux) et ce qu'ils croient vouloir ...
... Le marketing, un des secteurs qui, dans les entreprises, captent une bonne part des investissements, ne fait que cela : « changer l'attention des individus » ...
Comment remédier à cette asymétrie où le consommateur se fait duper ? Selon eux, il faut imposer des règles puisque le marché ne peut pas s'auto-réguler ...
 
 
En tant que libéral “non ultra”, approuvant le système économique actuel dans son principe mais pas sans limites et garde-fous, je suis totalement d’accord avec cette vision (de deux prix Nobel d’économie ... s’il vous plait !).

Je n’en vois pas de meilleur, mais reconnais qu’il est temps de le remettre sur la bonne voie et de fermement l’encadrer, le réguler, avant qu’il ne déraille complètement, peut-être définitivement, pour la dernière fois (fin démocratie, retour aux systèmes féodaux, et pourquoi pas à terme, fin de notre civilisation).

Tout comme moi, ces auteurs sont très critiques sur les dérives actuelles de notre économie de marché, sans pour autant le rejeter :
« Qu'on ne s'y trompe pas : nous admirons le système du libre marché ; nous espérons simplement aider les gens à mieux y trouver leur place. Or le système économique est pavé de mensonges et il n'est plus possible de l'ignorer », avertissent-ils.
 
En fin d’article vous constaterez que cette vision de l’économie soulève néanmoins quelques critiques, ... et la réflexion « type » que l’on entend souvent en matière de choix économiques :
« Finalement, on retrouve le dilemme où nous devons choisir entre un Etat paternaliste, qui dit à l'individu ce qui est bien pour lui, et une liberté individuelle, où être trompé est moins important que suivre son désir. »
 
La sempiternelle réflexion à l’emporte-pièce du « tout blanc ou tout noir », sans nuance.

 
Pour ma part je pense justement que les équilibres sont dans les nuances (c’est presqu’un pléonasme).

 
@+
Jack  

29 mai 2016

Euro 2016 : pour ceux qui détestent le foot


Euro 2016 : guide de survie pour ceux qui détestent le foot




 
J’ai noté :
- FIN 10 Juillet !
- ne pas aller en Russie en 2018

Pour ceux ou celles coincés dans les familles intégristes du foot, c’est un mois de cris bestiaux, de discussions stériles, de films et reportages intéressants ratés.
Sincèrement, je compatis.
... Et si la France se qualifie, ce sera concert de klaxons en prime !
 
Petit avantage quand même (comme quoi, jamais rien n’est totalement négatif) : moins de monde dans les restaus, pubs et boites de nuit.
... Et tout comme les soirs de foot en semaine, les gazelles étant généralement moins férues de ce sport que les bœufs, c’est un moment privilégié de drague pour les chasseurs de jupons.
 
... Un mois de chasse adultérine !
(je vais me faire maudire)
 
 
@+
Jack  

27 mai 2016

Loi travail et blocage du pays

Une vision que je partage entièrement :

Blocage de la France : le refus de réforme pourrait mener à ''une crise à la grecque'' (Marc Touati)
Boursorama le 27/05/2016
http://www.boursorama.com/actualites/blocage-de-la-france-le-refus-de-reforme-pourrait-mener-a-une-crise-a-la-grecque-marc-touati-c07251fb54f3c475428a193b54de6ba5
Extraits :
«  Alors que la « loi travail » n’est qu’une réformette du marché du travail français (très loin de la refonte structurelle dont a besoin ce dernier)
... les Français refusent encore de moderniser leur économie....
.... une petite frange de la population peut paralyser (le) pays comme pour le simple motif qu'il ne faut pas toucher à ses petits avantages
... nos voisins européens, qui ont tous fait énormément d'efforts et de sacrifices depuis 2008, ne nous comprennent plus et ne sont plus prêts à accepter les dérives françaises. »

Pour ma part, je pense que la majorité des opposants à cette loi (qui n'est effectivement qu'une "réformette") ne l'ont pas lue ou pas comprise. Si elle change quelques règles à l'avantage des employeurs pour leur donner un peu plus de flexibilité dans leur organisation, ce n'est pas sans importantes contreparties aux salariés. Excepté la CGT et FO, les autres grands syndicats l'ont parfaitement compris et ne souhaitent pas sa remise en cause (justement pour ne pas perdre les avantages négociés au bénéfice des salariés), ... loi qui rappelons-le, a été préalablement discutée avec tous les syndicats, la majorité d’entre eux l’ayant acceptée.

Par ailleurs, il faut se rendre à l'évidence : notre code du travail n'est plus adapté à l'environnement économique actuel (maintenant parfaitement et totalement mondialisé). Tous les pays européens qui nous entourent l'ont compris et ont déjà réformé leur droit du travail, réellement et profondément, pas aussi superficiellement que la France essaye de le faire. On ne peut être économiquement compétitif et créer des emplois, sans libérer le carcan de règles qui pèse sur les employeurs (aménagements du temps de travail et flexibilité de l'emploi).

Un employeur n'embauche pas par charité, mais pour faire tourner la boutique. Il ne débauche pas par sadisme, mais pour continuer à faire tourner la boutique. Quant à l'intérêt de "l'employeur", il est aussi dans celui de ses salariés, car l'ambiance et la motivation sont également au cœur de la rentabilité et la réussite, non plus de "son entreprise", mais de "l'entreprise". Seules la CGT et FO n'ont pas encore compris que nous ne sommes plus XIX° siècle, au temps des mines et de l’exploitation du salarié décrite dans le roman de Zola (Germinal).

A l'heure actuelle et en France, les employeurs qui ne peuvent délocaliser refusent tout simplement des commandes en raison d'un manque de flexibilité dans l'organisation du travail. L'emploi est sclérosé, justement en raison de sa protection excessive (c'est le même mécanisme des lois protectrices du locataire qui de par leurs excès, ont finit par assécher le marché de la location et ainsi rendu l'accès au logement si difficile).   

En croyant que cette loi donne tous pouvoirs aux employeurs, remet en cause 70 ans de progrès sociaux dans l'univers du travail, les syndiqués de base et leur cortège de mécontents en tous genres (lycéens, casseurs) se font manipuler par des chefs de files syndicalistes qui n'ont que des visées purement politiques (pouvoir et reconnaissance, ... quand ce n'est pas avantages purement financiers, directs et indirects).

La véritable motivation des manifestants n'est pas cette loi (qui n'est qu'un prétexte), mais leur déception d'un parti socialiste qui en raison de forces économiques extérieures, ne peut pas faire de social. Un gouvernement responsable doit être réaliste et pragmatique, traiter les urgences économiques avant de faire les réformes sociales attendues, ... que l’économie nationale ne permet pas. Le pays seul ne peut pas grand-chose dans une économie concurrentielle mondialisée. Se replier sur lui-même serait catastrophique ... et dans toutes déconfitures économiques, les premiers à trinquer sont justement les salariés. Le véritable problème de fond est la mésentente des socialistes entre eux (ce qui explique l'exercice de l’article 49.3 de la constitution) et l'approche des élections, la droite profitant bien sûr de ces désaccords pour les amplifier.

Toujours est-il que le blocage du pays va effectivement coûter cher au pays, et au final, aux travailleurs. Ils manifestent pour l'emploi et font en réalité, tout pour le perdre. Le droit de grève en France, pourtant bien règlementé, est largement outrepassé. Des employeurs séquestrés en passant par les chemises arrachées, aux destructions et blocages de sites industriels (qui eux, ne font pourtant pas grève), nous atteignons des excès qui s'ils ne sont pas sanctionnés, mèneront inévitablement à d'autres excès (implacable logique du balancier) : un sentiment généralisé d'instabilité et d'insécurité qui déroule le tapis rouge au front national. A tout vouloir et à tout contester, on fini par tout perdre.
Au contraire de ce qu'ils veulent faire croire, la CGT et FO ne sont plus représentatifs des salariés. Le crédo de ces syndicats : immobilisme dans l'adaptation et la modernisation du monde du travail ... ou "tout casser".

En fait et pour revenir à cette loi, ce qui ne plait pas à la CGT et à FO, c'est son article 2 (essentiel) qui inverse la prédominance des accords de branche et d'entreprise. Il ne fait pourtant que mettre la discussion là où elle doit être : au centre des entreprises, entreprise par entreprise, ... et non aux mains des seuls syndicats (qui discutent les accords de branche). Il est faux de dire qu’en réduisant le dialogue à l’entreprise, l’employeur seul en profitera et qu’il pourra appliquer les pressions qu’il voudra. D’abord parce que les instances représentatives du personnel et syndicales au sein de l’entreprise restent très présentes (et leur puissance va de paire avec la taille de l’entreprise), ensuite parce que des accords négociés, collants aux réalités de l’entreprise et de son microcosme économique, seront toujours plus bénéfiques aux salariés. Dans une entreprise moderne, l’employeur n’est qu’un chef d’orchestre (sans la bonne volonté des musiciens, rien de bon ne peut se faire ... et la musique finit rapidement par s’arrêter).

Ce dont ont peur ces deux syndicats, c'est de perdre leur influence déjà fortement entamée, non pas vis à vis des entreprises, mais auprès des salariés. Ceux qui ont déserté ces syndicats extrémistes et obtus, ont compris depuis longtemps que l'on ne peut améliorer l'emploi, les salaires et les conditions de travail, sans préalablement améliorer l'économie et les conditions de compétitivité dans un milieu international.

C’est du moins mon avis et comme la chemise arrachée, comme la mise à sac des centres villes, comme l’attaque de cette voiture de policiers (qui mérite la qualification de tentative d’homicide volontaire avec acte de barbarie), il y a des excès qui méritent la plus grande fermeté. Si à la mollesse du gouvernement s’ajoute celle de notre institution judiciaire sous prétexte de paix sociale, un signal fort que la loi va dorénavant se faire dans la rue, sera alors envoyé et nous projettera droit vers le chaos. ... Et juste avant, à une présidentielle bleue marine (qui par une sortie de l’Europe, ne fera que nous y précipiter) !

Faut arrêter avec les transferts de responsabilité : « si on arrache la chemise et moleste quelques cadres de l’entreprise, c’est parce qu’elle a avait usé de violence salariales envers nous », « si on casse tout c’est à cause du gouvernement qui ne nous écoute pas ». Bientôt, ce sera « si on tue, c’est de la faute de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous ».
Le même discours que les terroristes qui rejettent la responsabilité de leurs crimes sur ceux qui ne partagent pas leurs convictions, des violeurs qui incriminent la tenue aguichante de leur victime, des psychopathes de tous bords que la société n’a pas su comprendre (j’ai même entendu « qui ne m’a pas arrêté avant »).

Je ne veux pas ressembler au vieux râleur qui s’insurge sur tout, mais franchement, ne trouvez-vous pas que les militants CGT et FO dépassent largement les bornes du droit de grève et de la contestation ?
Qu’à force, le risque de perdre ce qui nous reste de démocratie nous pend au nez ?


@+
Jack  

09 mai 2016

Panama papers

Les Panama Papers publiés sur le Web
https://www.letemps.ch/economie/2016/05/09/panama-papers-publies-web
Le consortium de journalistes met à disposition des internautes une partie de sa base de données lundi soir.

... Déjà le cas sur Wikipédia :
Liste des personnes citées dans les Panama Papers
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_personnes_cit%C3%A9es_dans_les_Panama_Papers


Remarquez notamment la majorité de dirigeants et dignitaires parmi les pays les plus pauvres au monde. Honte à ceux qui se roulent dans l’argent public qu’ils ont, par le mensonge ou par la force, pillé à leurs peuples.

Dans nos sociétés dites démocratiques (système imparfait et fragile que nous devons néanmoins préserver avec force, à défaut d’en avoir trouvé un meilleur), honte à ceux qui trahissent la confiance des électeurs et jettent ainsi l’opprobre sur toute la classe politique.

Nous ne sommes pas dans le cadre de la jalousie ou de la dénonciation mesquine de ceux qui ont plus que nous, mais bien dans le vol d’envergure, à grande échelle, à l’image des crimes contre l’humanité commis pendant les conflits armés.

J’approuve donc totalement l’initiative de ce consortium de journalistes, comme celles d’Assange (WikiLeaks) et d’Edward Sonwden. Certains détestent ces lanceurs d’alertes, d’autres les adulent. Pour moi, ces hommes qui acceptent de pourrir leur vie quotidienne au nom de leurs idéaux, sont les héros des temps modernes.

Certains disent qu’ils mettent nos démocraties en danger, je pense au contraire qu’ils les sauvent, que leurs actions sont le commencement d’une épuration des classes dirigeantes, que le fait de dénoncer les élus pourris, permet au contraire de relever ceux qui sont méritants, avant de glisser vers une défiance généralisée, sans discernement, ce qui est le début de la fin d’une démocratie.

L'objectif principal du procès de Nuremberg était un message : faire savoir que les crimes contre l'humanité ne resteront plus jamais impunis, qu’ils sont imprescriptibles, que leurs auteurs ou commanditaires, même s'ils échappent un temps à la justice des hommes, ne pourront plus jamais dormir tranquille jusqu’à la fin de leurs jours.

Le message des lanceurs d'alerte est que les tromperies à la confiance publique finiront toujours, tôt ou tard, par être connues.

Il y aura toujours des imprudents, des maladroits, des inconscients pour nous voler ou nous mentir, mais certainement pas dans les proportions que nos civilisations connaissent depuis qu'elles existent.

Le monde change et le plus extraordinaire de changements qui est en train de s'opérer, est celui de la transmission de l'information et de la connaissance. Au sens large comme au sens plus restreint, comme celui de savoir ce qui se passe dans les couloirs du pouvoir, même si c’est avec retard.

Quant aux dictateurs, ils sont jugés par les pays démocratiques avec qui ils traitent, commercialement et militairement. L'influence des peuples sur leurs dirigeants élus, aura indirectement mais réellement, une influence sur les dirigeants auto-proclamés.



@+
Jack  
 

02 février 2016

La créativité au service de l'arnaque

Obsolescence programmée (appareils high-tech, électroménager), mise à jour logicielle payante suite à précédentes mises à jour gratuites (mais « plombées »), jus de fruits à 95% pure arnaque, ...

Volkswagen n'est pas seul : des innovations toxiques dans tous les secteurs

Par Paul Levy  |  01/02/2016

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/volkswagen-n-est-pas-seul-des-innovations-toxiques-dans-tous-les-secteurs-547471.html

Comme le soulève cet article, « l’affaire VW » n’est qu’un exemple parmi bien d’autres pièges que vous tend l’association du génie (malsain) de l’informatique et du marketing.

Ne pouvant nous passer d’acheter et dans l’impossibilité de savoir ce qui se cache effectivement derrière, le simple fait d’en être conscient, de le faire savoir et de le critiquer, peut faire évoluer cette problématique dans le bon sens ... comme le conclut l’auteur de cet article :

« Comme l'affaire Volkswagen le montre, ces tactiques à court terme - du moins celles dont on entend parler - sont de fausses économies. L'innovation, elle, est toujours gagnante sur le long terme à condition qu'elle soit responsable, liée à un bénéfice consommateur réel de la clientèle, et qu'elle génère de la confiance. »