25 janvier 2017

Nos sociétés en danger (fake news)

Il n’y a pas que le terrorisme et l’obscurantisme religieux qui menacent.

Il y a ce qui est à la base du terrorisme et de l’obscurantisme, ses graines : les contre-vérités (avec l’ignorance comme terreau). Et à en croire les dernières élections importantes dans nos démocraties occidentales, ces graines ne seraient pas semées que par les salafistes ou pour servir une cause religieuse.

Le mensonge et la manipulation ne datent pas d’hier me direz-vous, mais c’est sans compter le désespoir engendré par les crises économiques majeures (comme la dernière de 2007) et l’ère du numérique avec son raz de marée d’information dans lequel se noie la bonne. 

"Fake news" vs "fact checking" : la post-vérité, ou la raison du plus fou

Par Charles Hadji  |  30/12/2016

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/fake-news-vs-fact-checking-la-post-verite-ou-la-raison-du-plus-fou-627538.html

Extrait :

« À l'ère de la « post-vérité », les affabulations semblent avoir plus de poids dans les esprits que la réalité. …

Les fables sont plus appréciées que les faits. Un bon « bobard » vaut mieux que l'austère, ou dérangeante, vérité.

Sommes-nous victimes, ou complices ? »

Un article intéressant sur ce qui est en train de se passer dans nos démocraties.

Ne manquez pas de lire et de répondre par vous-même à la question : « Sommes-nous victimes, ou complices ? »

Ce faisant, penchez-vous sur ce qu’est « le biais de confirmation » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

C’est un travers dangereux auquel nous n’échappons pas si nous n’en avons pas conscience. Je le connais depuis que j’opère en bourse. Il est à l'affût chaque fois que nous avons un choix à faire, quel que soit-il. Il nous amène souvent à faire le mauvais, celui qui ne tient pas assez compte des réalités du moment. Il est donc à l’œuvre quand nous votons. En fait nous ne nous affranchissons jamais totalement de ce biais, notre raisonnement n’étant jamais parfaitement objectif et complètement informé, mais plus nous sommes sous son emprise, plus nos choix sont déconnectés de la réalité et plus ceux-ci nous amènent droit dans le mur.

Mais en matière électorale, y-aurait-il aussi un mécanisme psychologique qui fait que lorsque nos dirigeants déçoivent, nous serions prêts à croire les nouveaux candidats, même s’ils racontent n’importe quoi ?

Comme si les électeurs n’étaient plus en capacité de faire la distinction entre rêve (utopies) et réalité (économique). Ce qu’ils oublient, c’est qu’il y a toujours un prix à payer. En matière financière, la sanction d’un mauvais choix est immédiate. En politique, le couperet tombe généralement à retardement et il ne « punit » pas que ceux qui ont fait le choix inadéquat.

Quand le peuple se trompe en élisant un beau parleur promettant un avenir meilleur, les premiers à payer les pots cassés sont toujours les plus démunis et les classes sociales les plus fragiles, à savoir celles qui y ont cru. Ensuite, tout le monde casque (sauf la minorité des plus riches qui aura toujours les moyens de se prémunir ou de quitter le pays).

Si l’exemple extrême de l’Allemagne de 1933 ne suffisait pas (ou paraitrait trop « éloigné »), il y a ceux plus récents du Venezuela (Hugo Chavez qui sur de belles promesses, a mis son pays pourtant riche en pétrole, complètement à sac) et de la Grèce (Alexis Tsipras qui promettant un assouplissement des conditions imposées par les créanciers du pays, n’a obtenu qu’un résultat diamétralement opposé). Le problème principal étant que les populistes au pouvoir font des dégâts sur de longues périodes, bien au-delà de la durée de leur mandat (quand ce n’est pas sur plusieurs générations).

Je pense que les Anglais vont d’ici 2 à 3 ans, payer cher les conséquences de leur choix, en fait celui de la majorité des votants qui en gros ne représentait que 25% seulement des électeurs inscrits (inconvénient majeur d’une démocratie sans obligation de vote). Les Turcs commencent à régler l’addition du choix qu’ils ont fait il y aura bientôt 3 ans (Août 2014). Quant au choix des Américains, j’ose espérer que ce ne sera pas au monde entier de trinquer.

Et en France ? Allons-nous aussi faire le mauvais choix sous le charme de belles et prometteuses paroles (en provenance de la gauche-gauche ou de la droite-droite) ? Allons-nous voter de façon émotionnelle (pour ce dont nous rêvons ou contre ce qui nous fait peur) ou de façon rationnelle (pour ce qui est socialement possible et économiquement viable) ?

Il est temps d’augmenter luminosité dans nos cerveaux (et pour certains électeurs, de commencer par allumer la lumière) et plus que jamais d’aiguiser notre esprit critique.

Dans la lignée de l’article précédent, un article qui annonce la vision du monde selon Trump :

"Alternative Facts" ou la version des faits selon l'administration Trump

Par Jean-Christophe Catalon  |  23/01/2017

http://www.latribune.fr/economie/international/alternative-facts-ou-la-version-des-faits-selon-l-administration-trump-632502.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170124

Conclusion de l’article :

« … si la Maison-Blanche s'écharpe avec les médias et conteste des faits aussi légers que la taille de la foule ou l'état de la météo, que se passera-t-il lorsqu'il sera question de politique étrangère, ou d'évaluation de la politique économique ? »

Tous ces signaux sont assez inquiétants, ne trouvez-vous pas ?