30 avril 2017

Choisissez votre programme : Marine la ruine, ou Macron à fond

Pour ce qui concerne les programmes, sûr qu’avec Marine les petits revenus (hors ceux issus des placements) y trouvent leur compte (retraites, fiscalité, successions, prestations, …).

En fait, les « petits inactifs » seraient gagnants avec le programme FN (sur le papier), alors que les actifs le seraient avec Macron (baisse cotisations, incitations à l’emploi tant pour les chômeurs que pour les employeurs avec la révision de la législation du travail).

Quant aux petits épargnants que Marine peine à essayer de rassurer, il ne faut pas être grand économiste pour comprendre que ce sera catastrophique pour eux si Marine est élue, d’abord et immédiatement par réaction des marchés financiers (les taux d’intérêt comme les cours de bourse obéissent à des mécanismes plus psychologiques que réels, basés sur des projections économiques futures), ensuite par répercussion du chaos économique qui s’en suivrait (déjà expliqué messages précédents).

Si on schématise,

  • L’une promet d’abord de distribuer de l’argent et on verra ensuite comment et où on le trouve,
  • L’autre promet d’abord de faire de l’argent et on verra ensuite comment on le redistribue.

Macron ne fait pas autant de promesses que l’électorat centriste aurait souhaité (majorité des Français à mon avis). C’est un peu la raison pour laquelle certains disent que son programme manque de précision. Il annonce surtout des mesures pour favoriser l’économie et ses acteurs (salariés et capitaux). Au bout du compte, quand une économie va bien, tout le monde y gagne, … y compris nous les « petits », actifs ou inactifs.

Marine ne fait que promettre sans rien derrière. Elle veut redistribuer aux petits revenus des richesses qui n’existent pas encore, sans dire précisément comment elle financera son programme coûteux, si ce n’est par une sortie de l’euro qui permettrait de dévaluer notre monnaie (et améliorer nos exportations, ce qui est évidemment faux pour des raisons déjà dites) et du protectionnisme économique (le contraire de ce qu’il faut faire dans le monde actuel). De telles mesures n’auront que des effets néfastes dans un monde économique qui est capitalistique et mondialisé, qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou non.

Dans un tel environnement, la seule stratégie économique viable, est l’adaptation. C’est la vision Macron.

Mon avis est que cette sortie de l’euro ne génèrera que de l’inflation (perte de pouvoir d’achat, hausse dette d’Etat, taux d’intérêts, fuite capitaux et savoir-faire).

Mais depuis son alliance avec ce faux-cul de Dupont-Aignan (qui cherche à sauver ses dettes de campagne et son avenir politique, quitte à se déshonorer), Marine dit maintenant que la sortie de l’euro n’est plus un « préalable » … alors que c’était son argument central et principal pour financer son programme comme elle n’a cessé de le marteler depuis le début de la campagne, soit depuis plusieurs mois. Et tout d’un coup, à moins de 7 jour de l’élection, elle met cette sortie au placard ?

C’est bien la preuve qu’elle raconte n’importe quoi, que son programme n’a aucune assise économique, qu’elle est prête à promettre tout et son contraire dans le seul et unique but d’arriver au pouvoir.

Au bout du compte, les petits revenus ne verront pas la couleur des mesures alléchantes promises, soit parce qu’elles ne pourront pas être mises en œuvre faute de moyens, soit parce qu’elles seront anéanties par l’inflation et la destruction d’emplois.

Le programme du FN ne redistribuera que de la pauvreté !

Quitte à me répéter, je maintiens que la politique et l’économie sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut pas analyser l’un sans évaluer l’autre.

Si l’économie va mal, ce sont toujours et invariablement les petits revenus qui trinquent en premier. La bourse et l’épargne sont le reflet de la santé économique d’un pays. Plus exactement, un reflet précurseur car essentiellement fait de confiance et d’espoirs, qui présage ou non de l’avenir économique. Si la bourse se porte bien, tout le monde en profite. Dans le cas contraire, les hauts revenus se barrent et les petits restent sur le carreau, seuls à payer l’addition.

Je ne fais pas un rapprochement avec le Venezuela par hasard. Certes ce pays se classe dans la catégorie des pays émergents, mais il est l’exemple type de promesses électorales catastrophiques pour le petit peuple.

Sur la base d’une richesse essentiellement pétrolière, Ugo Chavez a promis et entamé sa redistribution vers les plus démunis, sans prévoir un risque de baisse des cours, ni une orientation équilibrée de l’économie (diversification), en se fâchant de surcroit avec son seul appui dans la région, les USA (un peu comme si nous décidions de nous passer de l’appui de l’Europe).

Résultat : inflation galopante, magasins vides, plus de travail, des gens dans la rue et des dizaines de morts par jour !

Tous les candidats font des promesses. A nous de faire la distinction entre celles qui sont crédibles et celles qui ne le sont pas.

Trump a embobiné son électorat qui commence déjà à s’en rendre compte. Côté Tsipas, c’est fait : le peuple trinque déjà bien plus qu’avant son arrivée au pouvoir. Les politiques les plus convaincants pour pousser les électeurs Britanniques à sortir de l’Europe, … se sont carapatés le lendemain du résultat, laissant ceux qui ont eu la naïveté de les croire dans une belle merde « à venir » (encore un mensonge de Marine qui dit que la sortie ne leur a pas posé de problème … alors qu’ils ne sortiront que dans deux ans).

Allons-nous tout aussi naïvement succomber aux sirènes de « notre populiste à nous » ?

Marine ne fait qu’adapter son discours aux frustrations sociales et sécuritaires. Elle dit ce que les déçus des élections passées (du Hollandisme comme du Sarkozisme) et qui viennent de sentir passer la crise économique de 2007-2008, aimeraient bien entendre. Mais ce que l’on souhaite et ce qui est possible, sont deux choses très différentes. Croire le contraire c’est l’assurance d’être encore plus déçu et frustré. 

Même les mesures protectionnistes du travail que les immigrés « prendraient » aux Français, sont économiquement mauvaises et argumentées à partir d’une réalité faussée. Nous avons besoin des immigrés pour les emplois que les Français ne veulent pas prendre (nombreux secteurs où l’offre d’emploi n’est pas satisfaite). Le seul point où je suis d’accord, c’est celui des « travailleurs détachés » (disparité de coût en raison d’une différence de charges sociales). Mais comme Fillon, Macron en convient et une solution sera trouvée.

Quant à promettre plus de sécurité en rétablissant les frontières, c’est également un leurre. Les auteurs des précédents attentats étaient déjà sur le territoire, outre d’être le plus souvent Français. Et s’ils devaient y entrer, il y aura toujours assez d’espace entre deux poste-frontières. Par ailleurs, que vont faire les pays voisins si on bloque les migrants à nos frontières ? Ouvrir des camps de réfugiés ? Ou plus probablement les laisser forcer tous les points de passage non surveillés ? 

Mais plus grave (ou en +), en dehors de ces aspects économiques et sécuritaires, essentiels et primordiaux de mon point de vue, il y a aussi « l’idéologie » de base du FN, profonde. Derrière son nouveau maquillage, rien n’a changé. N’oublions pas que dans l’ombre de Marine, il y a toujours les anciens du GUD (dont son compagnon actuel), un mouvement néonazi des années 70-80.

Les fuites sur les petites phrases (xénophobes, négationnistes, haineuses) qu’ils échangent entre eux sur les réseaux sociaux en disent long sur leur état d’esprit, à l’image de la dernière « sortie » de JM Le Pen au sujet du policier tué dans la dernière fusillade à Paris (il n’a rien eu de mieux à dire qu’il était homosexuel). Toutes ces fuites que les conseillers en communication du parti n’arrivent pas à contenir, donnent « le ton ». Elles sont le reflet de la vraie nature de ce mouvement, de ce qu’il veut. Et ce qu’il veut n’est certainement pas ce qu’il cherche à faire croire !

Deux qualificatifs me viennent à l’esprit pour cerner au mieux le FN = fourberie et perfidie.

Définitions Larousse : « hypocrisie, fausseté » et « Qui est funeste, dangereux, sous des apparences favorables » (exactement ça).

Et quand Macron dit « Les gens du FN sont habitués à ne pas régler les problèmes, mais à les exploiter … », je suis bien d’accord avec lui.  Source (visite sur site Whirlpool) :

http://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/macron-aux-ouvriers-de-whirlpool-mme-le-pen-elue-cette-entreprise-fermera-697725.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170427

Pour conclure :

Il est évident que lorsque nous votons, nous choisissons selon ce qui nous arrange personnellement (redistribution, fiscalité), mais je crois qu’il faut aussi le faire pour le pays, par conviction de ce qui est bien pour lui, au-delà de notre condition personnelle.  

Et au-delà de tout cela, Macron n’incarnerait t’il pas le changement attendu ? Un nouveau venu et jeune de surcroit. Pour les Canadiens (le jeune et dynamique Justin Trudeau), leur choix leur a réussi. Macron serait le plus jeune président de notre république. Certains disent même qu’il pourrait bien être le futur « Kennedy Français ».

Danger FN (aspect économique)

Programmes des candidats :

Dans ses mesures sociales et économiques, le programme Le Pen n’est pas très éloigné de celui de Mélenchon. La grande différence est la sortie de l’Europe (que n’envisage pas Mélenchon), et à mon avis ce qui les sous-tend : utopie côté Mélenchon, hypocrisie et xénophobie côté Le Pen.

Maintenant tout n’est pas à jeter dans le programme FN, comme l’accroissement de moyens et de fermeté côté justice (tolérance zéro pour les petits délits, suppression remises de peines automatiques, places prison, effectifs police, …) et affirmation de notre laïcité (chasse aux extrémistes religieux, interdiction d’expression des salafistes, …). Mais on retrouve ces propositions chez Macron, certes formulées beaucoup plus timidement. Comme il va devoir « composer » avec le camp des Républicains, certaines orientations claires de Fillon sur ces aspects, seront à mon avis reprises. S’il veut ramasser des voix, c’est d’ailleurs sur ce thème que Macron devrait insister dans la semaine qui arrive (plutôt que d’en chercher chez les Mélenchonistes). 

Et il y a aussi quelques « conneries » dans celui de Macron, comme un service national d’un mois (coûtera très cher pour pas grand-chose).

Donc, il y a de bonnes et mauvaises propositions dans tous les programmes, … et parmi ces propositions, celle qui fait que l’ensemble tient ou pas. Pour ma part, le point central est l’Europe. D’ailleurs, je me sens plus Européen que Français. Il y a tellement de bonnes idées chez nos partenaires, alors que certaines des nôtres, très Françaises, sont dépassées ou étriquées. En ce sens, je partage la vision large et résolument européenne de Macron.

Marchés financiers :

La bourse n’est pas le reflet de ce qu’est l’économie maintenant, mais de ce que les intervenants (investisseurs comme spéculateurs) croient qu’elle sera demain. Les marchés anticipent toujours avec une tendance à l’exagération, dans le l’optimisme comme dans le pessimisme. Or une sortie de l’euro avec en toile de fond une prochaine implosion de l’Union Européenne, ne sera pas catastrophique que pour les épargnants, mais pour toute l’économie européenne dans son ensemble. Ce sera un tsunami sur les marchés financiers mondiaux et pour nous, une explosion de notre dette et de ses intérêts !

Nous sommes dans une économie mondialisée, et que ça plaise ou non, nous devons nous y adapté. Nous ne pourrons pas en sortir sans en payer le prix. Nous sommes dans un monde capitalistique, et que ça plaise ou non, il faut bien faire avec, sauf à choisir un système du type ex-URSS ou Cubain (on a vu le résultat).

Outre qu’elle n’aura jamais de majorité pour appliquer ses mesures sociales et fiscales, l’abandon de l’euro (et de l’Europe), plongera inévitablement le pays dans le chaos économique (mes messages précédents).

Même si finalement, elle ne le fait pas dans l’immédiat comme elle l’avait pourtant martelé avant son mariage récent avec l’autre enfoiré (« dans les 6 mois de mon élection » avait-elle dit), le simple fait de l’annoncer, fera fuir les capitaux.

Loi travail (dite aussi "loi El Khomri") :

L’un et l’autre veulent abroger la « loi travail » (loi El Khomri), alors que l’emploi et toute l’économie qui va avec sont depuis longtemps bridés par un code du travail d’une autre époque et une emprise trop politisée des syndicats, particulièrement la CGT qui sous couvert de la défense des travailleurs, ne vise que le pouvoir (n’oublions pas qu’elle est une émanation du front de gauche d’après-guerre, d’idéologie Marxisme).

Même les socialistes « réalistes » (comme Valls) ont compris que ce code devait être revu et corrigé pour s’adapter à l’économie d’aujourd’hui (je crois qu’il n’existe pas un seul pays au monde où les employeurs sont à ce point privés de marges de manœuvre dans la gestion de leurs effectifs).

Macron veut aller beaucoup plus loin et rapidement sur ce toilettage de notre législation du travail (c’est surtout là qu’il parle d’ordonnances). Ce n’est qu’à ce prix que le chômage diminuera. Par rapport à nos voisins européens, notre code du travail est notre principal frein.

Certes Macron ne va pas se faire des copains chez les CGeTistes (toujours prêts à casser l’outil de travail), mais comme ils sont de moins en moins nombreux (les salariés commençant enfin à comprendre où est leur véritable intérêt : celui de l’entreprise), sa réforme devrait passer, ce qui sera très bénéfique pour notre économie et donc pour tout le monde

En revenant sur la loi El Khomri, Marine entravera à nouveau la flexibilité de l’emploi nécessaire à nos entreprises, en ne révisant pas l’ISF et en n’allégeant pas la fiscalité des revenus placés à risque, elle continuera à appauvrir notre pays avec un hémorragie continue des capitaux nécessaires à son économie, en revenant à la retraite à 60 ans (alors que la grande majorité des pays européens sont à 65-67 ans), en fustigeant la banque et le capital pourtant nécessaires à toutes économies, elle ne fera que ruiner le pays.

21 avril 2017

Europe entre obscurité et lumière (un dernier mot avant de voter)

Côté « lumières » :

Le programme antieuropéen de Marine Le Pen dénoncé par 25 Nobel d’économie

Dans une tribune au « Monde », des lauréats du célèbre prix, dont Joseph Stiglitz et Jean Tirole, se prononcent en faveur de l’Europe.

LE MONDE | 18.04.2017

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/18/25-nobel-d-economie-denoncent-les-programmes-anti-europeens_5112711_3232.html

Côté « obscur » :

L’Europe, cette entité peu facile à comprendre car politiquement et économiquement complexe, mal expliquée de surcroît, est le coupable idéal. On peut l’accuser de tous les maux sans la moindre démonstration approfondie. Quelques croyances populaires suffisent (nationalisme, xénophobie et racisme, ça marche à tous les coups avec les gens de peu de culture).

Il n’y a pas que Marine qui utilise la « technique du bouc émissaire ». Tous les « populistes » antieuropéens, en France comme chez nos partenaires, l’utilisent (généralement tous les partis extrémistes, de droite comme de gauche).

C’est la technique d’hier et d’aujourd’hui, de tous ceux qui cherchent le pouvoir en s’appuyant sur des mensonges.

Avez-vous remarqué que lorsque Marine est interrogée de façon précise sur la manière dont elle fera face à certaines conséquences économiques et financières d’une sortie de la zone euro, elle élude la question par une phrase du genre « c’est faux (sans démontrer le moins du monde en quoi), mais nous n’allons pas ennuyer les auditeurs avec ces questions complexes qui nous éloignent des raisons fondamentales » ? Et là, elle repart sur ses poncifs de campagne, simplistes, avec quelques clichés populaires pour seuls arguments.

Je suis sûr que certaines personnes ne voulant pas une sortie de l’euro, sont néanmoins prêtes à voter Marine Le Pen (le plus souvent par dépit vis-à-vis de la sphère politique, sans se douter avec quoi « elles jouent »), tout en croyant que cela n’aura pas lieu en raison du référendum annoncé et qu’à ce moment la réponse sera négative (pas de sortie).

C’est oublier deux choses :

  • La forme de la question : répondre par « oui » ou par « non » à une question bien tournée, donne généralement la réponse attendue par ceux qui l’ont formulée,
  • Elle a dit qu’elle démissionnera si la réponse est négative : après tant d’année à la poursuite du pouvoir, qui peut penser un instant que le FN lâchera l’affaire une fois atteint son but ultime ? On peut donc s’attendre à une habile manipulation pour ce référendum ou plus simplement, sa contestation ou le non-respect de son résultat.

Autre sujet complexe présenté de façon simpliste : l’immigration et ses liens avec le terrorisme.

Pour exemple, petite démonstration du Monde sur les contre-vérités de Marine (ici, au sujet de l’immigration) :

Immigration et terrorisme : Marine Le Pen multiplie les intox

LE MONDE | 18.04.2017

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/18/immigration-et-terrorisme-marine-le-pen-multiplie-les-intox_5113168_4355770.html

La candidate du Front national attaque la dernière ligne droite de sa campagne en multipliant les contre-vérités. Démonstration.

P’tit dicton pour la circonstance :

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » (certains disent que cette petite phrase est de Pasqua, d’autres qu’elle serait de Chirac, mais il semble que ces derniers n’aient fait que reprendre une citation beaucoup plus ancienne, … Grèce antique ?).

20 avril 2017

Cette Europe tant décriée

C’est vrai qu’elle présente de nombreux défauts, notamment dus à sa lourdeur de fonctionnement, à ses règles décisionnelles en perpétuel conflit entre égoïsmes nationaux et solidarité européenne (tous veulent le beurre et l’argent du beurre).

Mais ces inconvénients importants (largement perfectibles), ne doivent pas occulter ses immenses avantages.

Outre d’être un rempart contre la guerre en Europe (origine de la création de l’UE) … ou contre elle (le projet d’une défense commune va certainement remplacer d’ici 5 à 10 ans le seul que nous ayons pour l’instant : l’OTAN), et bien sûr sa force de négociation économique face aux géants Chinois et Américain, qu’a fait et que fait l’Europe ?

  • Elle a sauvé ses pays membres d’une véritable dépression, qui à la différence d’une « récession » (5 à 7 ans) peut durer plus de 20 ans. En fait, une récession économique mal comprise et donc non maîtrisée, se transforme en dépression. La crise financière de 2007-2008 (cause récession) n’avait rien à envier à celle de 1929 dans ses sources, ses mécanismes et ses conséquences (dépression … puis guerre).

C’est bien la crise US des « subprimes » de l’été 2007 (symbole de la dérégulation des marchés financiers) qui a déclenché la crise Européenne de la dette de 2008 à 2012 (schématiquement, la dette cumulée des banques et la baisse de la consommation avec celle du crédit, ont été compensés par de la dette d’Etat dans la grande majorité des pays Européens).

Or une petite révision de notre histoire nous rappellera si besoin était, que le Krach boursier d’Octobre 1929 aux USA (également conséquence d’une dérégulation des marchés financiers), est à l’origine d’une brutale asphyxie de l’économie allemande qui se relevait tout juste de son hyperinflation des années 20 (conséquence de la guerre 14-18 et du traité de Versailles), grâce à des emprunts majoritairement contractés auprès de banques américaines. Celles-ci, au bord de la faillite, ont exigé le remboursement immédiat de leurs prêts, ce que l’Allemagne leur refusa bien sûr, d’autant qu’elle ne pouvait y satisfaire, ce qui entraina son « défaut » sur les marchés internationaux (plus possible d’emprunter à qui que ce soit). La conséquence fût une aggravation des conditions de vie de la population et corrélativement, une montée encore plus radicale du populisme (et comme toujours avec des nationalistes au pouvoir, la guerre au bout du chemin).

  • Elle a maintenu et même amélioré notre niveau de vie depuis qu’elle existe, bien au contraire de ce qu’en disent ceux et celles qui visent bien autre chose que les aspirations de ceux qui les écoutent, oubliant un peu trop facilement ses bienfaits économiques et sociaux entre les années 60 et 80, son protectionnisme contre les excès de la mondialisation depuis.
  • Elle nous protège tous les jours, nous consommateurs (et encore une fois, au contraire de ce que disent les anti-européens mal informés ou mal intentionnés), des excès d’un capitalisme international débridé grâce à une multitude de règlements et directives s’imposant aux pays membres comme aux importateurs hors UE (obligations d’information et batteries de contrôle sur les produits vendus ou importés dans l’UE, tant au titre de la qualité que des prix).

Cette protection est bien sûr encore insuffisante et largement perfectible, mais dans un marché mondialisé (qu’on le veuille ou non, il faut faire avec), seule une communauté de pays peut l’assurer. Un pays seul ne peut se protéger qu’à son échelle, dans les limites de son marché intérieur et de celle de sa dissuasion sur les marchés internationaux, c’est-à-dire de façon très limitée et peu efficace.

Par ailleurs, la commission Européenne surveille, interdit et sanctionne les ententes et les abus de position dominante, tout comme elle autorise ou non les fusions d’entreprises. Contrairement à ce que disent les nationalistes-souverainistes, elle est la seule force pouvant s’opposer à celles du grand capitalisme mondial toujours plus avide de concentrations pour mieux maîtriser les prix face aux consommateurs. Un pays isolé ne peut plus le faire. Pire, un pays qui se referme sur lui-même est condamné à l’asphyxie.

Qui peut être assez naïf pour croire le discours de Marine qui promet une meilleure compétitivité de nos produits à l’export par la dévaluation ? Qui peut croire un instant que les pays concurrents vont rester les bras croisés sans dévaluer leur propre monnaie (ce qui inclura nos voisins, car si la France sort de la zone euro, l’Euro disparaît avec l’Europe) ?

Qui peut croire qu’une taxation des produits importés n’entrainerait pas une taxation sur nos exportations (par rétorsion) ? Qui peut croire que la majorité des produits finis que nous exportons ne sont pas eux-mêmes constitués d’une multitude de composants importés ?

Mais encore et surtout, une sortie de l’euro ne nous exonèrera de payer nos dettes et leurs intérêts libellés en euros (environ 2000 milliards d’euros il me semble), auxquelles s’ajoutent celles des grandes entreprises Françaises. Comme nous seront alors incapables de les honorer, nous ferons ce que l’on appelle « défaut » (c’est une forme de faillite d’Etat), à l’image de la Grèce encore maintenue sous « respiration artificielle » grâce à l’Europe, et notamment la BCE.

Quant à imposer nos conditions de remboursement aux créanciers comme le prône mensongèrement Marine Le Pen, il n’y a là aussi, qu’à se pencher sur les promesses de Tsipas avant d’être élu et ce qu’il a obtenu après (très exactement le contraire : un durcissement drastique des conditions d’emprunt).

Les grandes agences internationales de notation (dont Standard & Poor’s) ont déjà annoncé que si la France sortait de l’Euro, elle serait de facto considérée comme faisant « défaut ».

Qui voudra bien nous prêter sur les marchés internationaux après cela ? Or il n’existe pas un seul pays développé au monde qui puisse se passer de l’emprunt international. Penchez-vous sur les pays qui, hors protection Européenne, connaissent ou ont connu ce genre d’aventure : Venezuela, Zimbabwe, Argentine (elle s’en sort, mais a trainé son discrédit sur la place internationale pendant plus de 30 ans), … pour ne citer qu’eux.

Ce serait une grave erreur que de croire que nous, « la France », ne risquions pas de connaître le même sort si nous décidions de sortir de la zone euro. Et dans ce genre de faillite nationale, ce ne sont jamais les plus riches qui payent les pots cassés !

A contrario, dans une Europe solidaire et consolidée, l’Euro pourra s’imposer devant le Dollar d’ici 10 ans comme monnaie-étalon internationale, et ça c’est un atout considérable pour nos économies, et donc pour notre pouvoir d’achat et notre niveau de vie.

La monnaie unique n’est pas une source de problème (comme les populistes s’égosillent à le crier car simple à faire croire), mais bien au contraire une protection. C’est certes plus compliqué à expliquer.

Avant elle, c’était la « guerre des monnaies » en Europe. Pour y mettre fin et ainsi éviter la déconfiture des économies, il avait été mis en place le « serpent monétaire » (rappelez-vous), une sorte d’ajustement forcé pour stopper la dégringolade en cascade des monnaies nationales et avec elles, celles des économies.

Ceux qui pensent que nous vivions mieux du temps du Franc ont une mémoire sélective et oublient surtout qu’une crise internationale majeure est passée par là. Si nous n’avions pas eu l’euro et le soutien de la BCE de 2008 à 2012, notre Franc aurait dévalué de plus de 20%, notre pouvoir d’achat avec, sans compter la faillite de quelques ’unes de nos grandes banques nationales (comme celles de nos voisins) qui nous auraient probablement mené au chaos économique et social.

Le plus gros défaut de l’Union Européenne, outre sa complexité (mais en démocratie, plus on est nombreux, plus c’est compliqué d’entendre et de satisfaire tout le monde), c’est d’être mal expliquée !

Espérons que le Brexit et les discours anti-européens de ces derniers mois fassent que l’UE se ressaisisse en simplifiant ses règles de fonctionnement et de vote, en prenant rapidement des positions claires et fortes en matière d’harmonisation sociale et fiscale (en réglant notamment l’aberration de disparité de coût des travailleurs détachés), mais également en s’attelant à expliquer aux peuples qui la composent, de façon hautement pédagogique, le pourquoi et le comment de l’Union Européenne (car il est vrai qu’en raison de son montage et ses imbrications tant politiques qu’économiques, l’Europe n’est pas quelque chose de simple à expliquer).

… Alors n’oublions pas d’aller voter et incitons notre entourage à le faire, du moment que ce n’est pas pour tourner le dos à l’euro et à l’Europe. Cette élection est importante, … historique. Ne loupez pas l’occasion d’y participer.

Quelles que soient nos convictions, nos aspirations, réfléchissons par nous-mêmes et non au travers de ceux et celles qui disent détenir la vérité (pour ma part, je ne dis pas la détenir mais propose mon point de vue en vous invitant à vous forger le vôtre).

Pour ce qui est de la question Européenne, quelles que soient notre condition et nos aspirations sociales, nous aurons tous à perdre d’une déconfiture de l’Union Européenne, et tout à gagner de sa consolidation.

Deux citations à avoir à l’esprit avant de voter :

Pour ne pas suivre aveuglément un mouvement (quel que soit-il) :

« Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un. » (Charles Mackay).

Le problème dans une démocratie, c’est que si la foule se trompe, lorsque la raison est retrouvée, c’est souvent trop tard.

Pour se prononcer en notre âme et conscience :

« Ne crois rien des maîtres ou des prêtres, mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie, satisfera ta raison et tendra vers ton bien et celui des autres êtres vivants, cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie ». SIDDHARTA GAUTAMA dit « Bouddha » (l’éveillé)