30 avril 2017

Choisissez votre programme : Marine la ruine, ou Macron à fond

Pour ce qui concerne les programmes, sûr qu’avec Marine les petits revenus (hors ceux issus des placements) y trouvent leur compte (retraites, fiscalité, successions, prestations, …).

En fait, les « petits inactifs » seraient gagnants avec le programme FN (sur le papier), alors que les actifs le seraient avec Macron (baisse cotisations, incitations à l’emploi tant pour les chômeurs que pour les employeurs avec la révision de la législation du travail).

Quant aux petits épargnants que Marine peine à essayer de rassurer, il ne faut pas être grand économiste pour comprendre que ce sera catastrophique pour eux si Marine est élue, d’abord et immédiatement par réaction des marchés financiers (les taux d’intérêt comme les cours de bourse obéissent à des mécanismes plus psychologiques que réels, basés sur des projections économiques futures), ensuite par répercussion du chaos économique qui s’en suivrait (déjà expliqué messages précédents).

Si on schématise,

  • L’une promet d’abord de distribuer de l’argent et on verra ensuite comment et où on le trouve,
  • L’autre promet d’abord de faire de l’argent et on verra ensuite comment on le redistribue.

Macron ne fait pas autant de promesses que l’électorat centriste aurait souhaité (majorité des Français à mon avis). C’est un peu la raison pour laquelle certains disent que son programme manque de précision. Il annonce surtout des mesures pour favoriser l’économie et ses acteurs (salariés et capitaux). Au bout du compte, quand une économie va bien, tout le monde y gagne, … y compris nous les « petits », actifs ou inactifs.

Marine ne fait que promettre sans rien derrière. Elle veut redistribuer aux petits revenus des richesses qui n’existent pas encore, sans dire précisément comment elle financera son programme coûteux, si ce n’est par une sortie de l’euro qui permettrait de dévaluer notre monnaie (et améliorer nos exportations, ce qui est évidemment faux pour des raisons déjà dites) et du protectionnisme économique (le contraire de ce qu’il faut faire dans le monde actuel). De telles mesures n’auront que des effets néfastes dans un monde économique qui est capitalistique et mondialisé, qu’on le veuille ou non, que cela plaise ou non.

Dans un tel environnement, la seule stratégie économique viable, est l’adaptation. C’est la vision Macron.

Mon avis est que cette sortie de l’euro ne génèrera que de l’inflation (perte de pouvoir d’achat, hausse dette d’Etat, taux d’intérêts, fuite capitaux et savoir-faire).

Mais depuis son alliance avec ce faux-cul de Dupont-Aignan (qui cherche à sauver ses dettes de campagne et son avenir politique, quitte à se déshonorer), Marine dit maintenant que la sortie de l’euro n’est plus un « préalable » … alors que c’était son argument central et principal pour financer son programme comme elle n’a cessé de le marteler depuis le début de la campagne, soit depuis plusieurs mois. Et tout d’un coup, à moins de 7 jour de l’élection, elle met cette sortie au placard ?

C’est bien la preuve qu’elle raconte n’importe quoi, que son programme n’a aucune assise économique, qu’elle est prête à promettre tout et son contraire dans le seul et unique but d’arriver au pouvoir.

Au bout du compte, les petits revenus ne verront pas la couleur des mesures alléchantes promises, soit parce qu’elles ne pourront pas être mises en œuvre faute de moyens, soit parce qu’elles seront anéanties par l’inflation et la destruction d’emplois.

Le programme du FN ne redistribuera que de la pauvreté !

Quitte à me répéter, je maintiens que la politique et l’économie sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut pas analyser l’un sans évaluer l’autre.

Si l’économie va mal, ce sont toujours et invariablement les petits revenus qui trinquent en premier. La bourse et l’épargne sont le reflet de la santé économique d’un pays. Plus exactement, un reflet précurseur car essentiellement fait de confiance et d’espoirs, qui présage ou non de l’avenir économique. Si la bourse se porte bien, tout le monde en profite. Dans le cas contraire, les hauts revenus se barrent et les petits restent sur le carreau, seuls à payer l’addition.

Je ne fais pas un rapprochement avec le Venezuela par hasard. Certes ce pays se classe dans la catégorie des pays émergents, mais il est l’exemple type de promesses électorales catastrophiques pour le petit peuple.

Sur la base d’une richesse essentiellement pétrolière, Ugo Chavez a promis et entamé sa redistribution vers les plus démunis, sans prévoir un risque de baisse des cours, ni une orientation équilibrée de l’économie (diversification), en se fâchant de surcroit avec son seul appui dans la région, les USA (un peu comme si nous décidions de nous passer de l’appui de l’Europe).

Résultat : inflation galopante, magasins vides, plus de travail, des gens dans la rue et des dizaines de morts par jour !

Tous les candidats font des promesses. A nous de faire la distinction entre celles qui sont crédibles et celles qui ne le sont pas.

Trump a embobiné son électorat qui commence déjà à s’en rendre compte. Côté Tsipas, c’est fait : le peuple trinque déjà bien plus qu’avant son arrivée au pouvoir. Les politiques les plus convaincants pour pousser les électeurs Britanniques à sortir de l’Europe, … se sont carapatés le lendemain du résultat, laissant ceux qui ont eu la naïveté de les croire dans une belle merde « à venir » (encore un mensonge de Marine qui dit que la sortie ne leur a pas posé de problème … alors qu’ils ne sortiront que dans deux ans).

Allons-nous tout aussi naïvement succomber aux sirènes de « notre populiste à nous » ?

Marine ne fait qu’adapter son discours aux frustrations sociales et sécuritaires. Elle dit ce que les déçus des élections passées (du Hollandisme comme du Sarkozisme) et qui viennent de sentir passer la crise économique de 2007-2008, aimeraient bien entendre. Mais ce que l’on souhaite et ce qui est possible, sont deux choses très différentes. Croire le contraire c’est l’assurance d’être encore plus déçu et frustré. 

Même les mesures protectionnistes du travail que les immigrés « prendraient » aux Français, sont économiquement mauvaises et argumentées à partir d’une réalité faussée. Nous avons besoin des immigrés pour les emplois que les Français ne veulent pas prendre (nombreux secteurs où l’offre d’emploi n’est pas satisfaite). Le seul point où je suis d’accord, c’est celui des « travailleurs détachés » (disparité de coût en raison d’une différence de charges sociales). Mais comme Fillon, Macron en convient et une solution sera trouvée.

Quant à promettre plus de sécurité en rétablissant les frontières, c’est également un leurre. Les auteurs des précédents attentats étaient déjà sur le territoire, outre d’être le plus souvent Français. Et s’ils devaient y entrer, il y aura toujours assez d’espace entre deux poste-frontières. Par ailleurs, que vont faire les pays voisins si on bloque les migrants à nos frontières ? Ouvrir des camps de réfugiés ? Ou plus probablement les laisser forcer tous les points de passage non surveillés ? 

Mais plus grave (ou en +), en dehors de ces aspects économiques et sécuritaires, essentiels et primordiaux de mon point de vue, il y a aussi « l’idéologie » de base du FN, profonde. Derrière son nouveau maquillage, rien n’a changé. N’oublions pas que dans l’ombre de Marine, il y a toujours les anciens du GUD (dont son compagnon actuel), un mouvement néonazi des années 70-80.

Les fuites sur les petites phrases (xénophobes, négationnistes, haineuses) qu’ils échangent entre eux sur les réseaux sociaux en disent long sur leur état d’esprit, à l’image de la dernière « sortie » de JM Le Pen au sujet du policier tué dans la dernière fusillade à Paris (il n’a rien eu de mieux à dire qu’il était homosexuel). Toutes ces fuites que les conseillers en communication du parti n’arrivent pas à contenir, donnent « le ton ». Elles sont le reflet de la vraie nature de ce mouvement, de ce qu’il veut. Et ce qu’il veut n’est certainement pas ce qu’il cherche à faire croire !

Deux qualificatifs me viennent à l’esprit pour cerner au mieux le FN = fourberie et perfidie.

Définitions Larousse : « hypocrisie, fausseté » et « Qui est funeste, dangereux, sous des apparences favorables » (exactement ça).

Et quand Macron dit « Les gens du FN sont habitués à ne pas régler les problèmes, mais à les exploiter … », je suis bien d’accord avec lui.  Source (visite sur site Whirlpool) :

http://www.latribune.fr/economie/presidentielle-2017/macron-aux-ouvriers-de-whirlpool-mme-le-pen-elue-cette-entreprise-fermera-697725.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20170427

Pour conclure :

Il est évident que lorsque nous votons, nous choisissons selon ce qui nous arrange personnellement (redistribution, fiscalité), mais je crois qu’il faut aussi le faire pour le pays, par conviction de ce qui est bien pour lui, au-delà de notre condition personnelle.  

Et au-delà de tout cela, Macron n’incarnerait t’il pas le changement attendu ? Un nouveau venu et jeune de surcroit. Pour les Canadiens (le jeune et dynamique Justin Trudeau), leur choix leur a réussi. Macron serait le plus jeune président de notre république. Certains disent même qu’il pourrait bien être le futur « Kennedy Français ».