22 décembre 2018

Prélèvement à la source : simplification ?

Encore une nouveauté fiscale « … présentée par le gouvernement comme une source de simplification de la vie du contribuable … »

C’est en fait une nouvelle usine à gaz fiscale bien Française, ajoutant du compliqué au compliqué !

Un journaliste spécialisé le soulève assez bien (et simplement) :


Prélèvement à la source : voici les pièges cachés …

https://www.boursorama.com/videos/actualites/prelevement-a-la-source-voici-les-pieges-caches-qui-vous-attendent-le-mois-prochain-c4f2d3d53a6656482f30b7d0e9171a0d


Au passage, l’interviewé rappelle aussi (dès le début) que seulement 10% des foyers payent 60% de l’impôt sur le revenu.

… Pendant que nos gilets jaunes (remarque perso) manifestent toujours pour encore plus de salaires, encore plus de services publics, … tout en demandant aux autres de payer encore plus d’impôts, qu’eux, dans leur grande majorité … ne payent pas.


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

13 décembre 2018

ISF & symbolisme

En brandissant cet impôt comme symbole de l’injustice fiscale, les gilets jaunes démontrent qu’ils ne sont pas au fait des questions fiscales et économiques. Lors d’un débat télévisé (A2 au soir de l’allocution Macron), un représentant des gilets jaunes disait qu’il trouvait méprisant qu’on puisse leur répondre qu’il ne comprenait rien. Mais non, ce n’est pas du mépris, … juste une désolante vérité !

S’ils continuent à se concentrer sur leur nombril, ils finiront par n’avoir plus que ça à contester entre eux, quand l’économie et les capitaux qui vont avec auront fuit le pays.

Comme écrit précédemment, je comprends les difficultés de ceux qui sont aux minimas sociaux et donc les raisons de la colère. J’observe tous les jours au travers de mon activité, les immenses et intolérables disparités de revenus que la valeur travail et individuelle n’expliquent pas (je reviens assez souvent et sous différents angles sur ce thème).

La véritable injustice n’est pas “fiscale” mais “sociale” (et c’est très loin d’être comparable). Celle qui est aujourd’hui dénoncée en France, quoique sans commune mesure avec celle que l’on peut constater dans le reste du monde, est bien réelle, j’en conviens.

Néanmoins, une revendication ne peut avoir une chance d’aboutir que si elle reste dans le champ du raisonnable et du possible

Les concessions faites Lundi me paraissent répondre à ces attentes raisonnables et économiquement réalistes. Les mesures sont exceptionnelles et importantes. Mais voilà, pour une grande partie des “révoltés”, elles ne sont pas suffisantes. A les écouter, ce serait “plusde revenus et “plusde services (dans un pays reconnu pour avoir, entre autres, la meilleure protection sociale au monde), tout en payant “moins” d’impôts et taxes (qui financent lesdits services) ! Est-ce bien raisonnable ?

Et toujours la même rengaine : “ce n’est pas à moi de payer l’impôt, mais celui qui gagne plus que moi”. … “Justice fiscale” !

Rappelons quand même que la grande majorité des manifestants n’est pas assujettie à l’impôt sur le revenu. Les plus matraqués à ce niveau ne sont pas descendus dans la rue, même si nombre d’entre-eux dont je fais partie, ont approuvé ce soulèvement populaire contre la misère, tant qu’il se manifestait pacifiquement.

Parler “d’injustice fiscale” me parait donc très discutable. L’impôt sur le revenu est payé par moins de 50% des foyers fiscaux. De mémoire et sous réserve de réactualisation, 80% de la charge fiscale totale (couvrant le coût d’infrastructures et de services qui profitent à tous) est supportée par moins de 30% de la population.

Quant à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, il me parait non seulement “confiscatoire”, mais encore et surtout économiquement contre-productif.

Nous sommes le seul pays développé au monde à avoir maintenu aussi longtemps un tel impôt, et au surplus, il n’a pas complètement été supprimé.

L’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière qui remplace l’ISF) en représente encore une grosse partie, si ce n’est la plus importante. Et ce d’autant que dans le détail, il s’est aggravé du fait de l’élargissement de l’assiette et de la disparition d’un grand nombre de dégrèvements et d’exonérations qui existaient dans le cadre de l’ISF (déduction intérêts emprunts, prise en compte nue-propriété, inclusion de tous les types de société et non plus que les SCI, …). Du fait de l’extension des biens et valeurs taxées (comme les parts de SCPI et OPCI), l’IFI touche presqu’autant de contribuables qu’avant, sans parler de la hausse de l’immobilier.

Depuis son instauration (IGF en 1982, supprimé en 1987 puis revenu en 1989 sous le nom d’ISF), la majorité des grandes fortunes ont depuis longtemps fuit le pays ou caché leurs avoirs dans des montages juridiques complexes. On voit leurs villas et leurs yachts, mais si on regarde de plus près, il s’agit de sociétés ou de propriétaires étrangers non-résidents. Cet impôt vise surtout la petite bourgeoisie (1.3 Mls en matière immobilière, c’est vite atteint) qui n’est pas assez riche pour s’expatrier ou se payer des montages fiscaux disproportionnés et coûteux.

Il aurait rapporté 5 Mds environ (sur un budget de 300 Mds) et a sans doute fait perdre à l’économie française cent fois plus de capitaux. Or tout le monde sait qu’aucune économie développée ne peut se passer de capitaux.

Alors vouloir à nouveau y inclure les revenus mobiliers, c’est faire fuir à nouveau les capitaux qui commençaient à se réinjecter dans l’économie nationale. Une aberration économique aussi simple à comprendre que difficile à faire entendre.

La taxation moyenne des valeurs financières en Europe tourne autour de 25%. Avec la FlatTax nous en sommes à 30%. C’est déjà « limite ». Aller plus loin ou rajouter de la taxe sur de la taxe, serait économiquement très dommageable. La concurrence fiscale entre pays existe et la négliger, c’est priver son économie de carburant.

La critique est d’autant plus facile et acerbe envers ceux qui tirent leurs revenus de la bourse, que cet environnement est méconnu. Peu de différence est faite entre un grand groupe financier qui risque l’épargne des autres (clients, déposants) et le petit particulier qui risque la sienne. Totalement ignorée est l’immuable règle que le gain est toujours proportionnel au risque (en bourse comme ailleurs). Le bon sens voudrait que la taxation des gains soit inversement proportionnelle aux risques pris. Malheureusement, en France, fiscalité et bon sens ne font que rarement bon ménage.

Les tenants d’un retour à l’ISF par ré-inclusion des produits financiers, ont une vision étroite et erronée de l’intérêt de chacun. Si une partie de la population ne voit et ne se concentre que sur le sien, sans considération de celui des autres, c’est la fracture sociale assurée (dans un sens comme dans l’autre).

Un particulier qui achète des titres en bourse, risque non pas une partie de son placement, mais 100%. Quant aux placements dits “garantis en capital” (fonds en euros), ils ne rapportent rien et sont même à la limite du déficit tenu compte des frais de gestion du teneur de compte. Rajoutez-y l’ISF, et voilà que le placement subit une véritable perte. Qui voudra donc investir, à partir de la France, dans un produit financier où la perte en capital est quasi-certaine ?

En fait, il n’existe aucun placement sans risque, quel que soit le cadre du placement, mais seulement un rapport proportionnel risque/gain. Alors quand ce particulier qui prend seul le risque de tout perdre, voit se pointer le fisc (qui n’a pris aucun risque) dès le moindre gain, toute personne sensée comprendra qu’il n’acceptera l’impôt que jusqu’à un certain point.

S’il n’est pas possible de déplacer ses propriétés immobilières à l’étranger, y gérer ses avoirs financiers peut se faire à partir de n’importe où dans le monde. Suffit de changer de domicile fiscal. Est-ce difficile à comprendre ?

Si échapper à l’IFI n’est pas facile, cela reste néanmoins faisable avec un peu plus de temps. Une propriété immobilière peut se vendre. Donc là aussi, si les contribuables propriétaires sont trop taxés, ce pourrait être la grande braderie dans l’immobilier. Et dans ce cas, que se passera-t-il ? Les prix s’écrouleront et tous les métiers liés à l’immobilier avec. Qui en souffrira ? L’emploi ! … Et tout ce qui va avec !

Gagnant les gilets jaunes ? Je ne crois pas.

Et puis s’il est si facile de gagner de l’argent en bourse, pourquoi ceux qui en critiquent tant la pratique ne s’y mettent pas ? On peut trouver des produits à effet de levier 100 (pour 500 € on peut en gagner 50.000 !). Nul besoin d’être fortuné pour « spéculer » en bourse. Alors pourquoi ceux qui la décrient n’y placent pas quelques économies puisque c’est '”si facile d’y gagner de l’argent” ?

Par méconnaissance (donc pas si facile quand même) ? Mais quand on n’y connait rien, pourquoi en parler, critiquer ce que l’on ne comprend pas ?

Par étique (la spéculation étant quelque chose d’abominable) ? Hypocrisie ou encore, méconnaissance ! Toute activité économique humaine relève de la spéculation (essayer de prévoir pour gagner plus). Un commerçant ou un petit entrepreneur spécule (mieux acheter pour mieux vendre). Même un particulier quelque peu avisé dans son investissement immobilier, spécule. Doit-on le lui reprocher ? Aucun gilet jaune n’a-t-il fait d’opération d’achat/vente (immobilière ou non) et aucun n’a-t-il cherché à faire une bonne opération ?

La spéculation est le moteur de l’économie. C’est avec elle que l’on devient inventif, créatif, que la concurrence existe et que la plupart des acteurs font du mieux qu’ils peuvent. Elle ne devient néfaste que lorsqu’elle devient incontrôléehors limite »), dérégulée, non encadrée par des règles, par des autorités supérieures, étatiques et financières (nationales et internationales). Comme dans presque tous les domaines, ce n’est pas la pratique qui est dangereuse, mais son abus.

Or cette spéculation débridée n’est pas du ressort du particulier, du contribuable soumis ou non à l’ISF, mais d’investisseurs institutionnels (banques, fonds de pension). Ce sont eux qu’ils faudrait encadrer et taxer. Mais comment faire quand cette activité est non seulement indispensable à l’économie, mais encore sans frontière ?

Ce sont bien ces institutions financières qui ont été à l’origine de la crise de 2007/2008 (dite des « subprimes »). Qui a payé l’addition ?Les Étatscrise de la dette » en Europe) et donc leurs peuples (hausse des impôts, du chômage et baisse des aides sociales).

Est-ce juste et normal ? Non !

Mais que faire ? Aucun Etat n’a et ne peut avoir, à lui seul, la solution. Aucun pays, ni même un petit groupe, ne peut agir efficacement sur ce phénomène. La solution ne se trouvera que sur une entente internationale, unanime, de tous les pays développés, avec maintenant les émergents (Inde, Chine, Russie) dont il faut tenir compte. Ce n’est pas pour demain.

Pour l’instant, tous les pays du monde sont accros à l’argent, Etats (financement de leur déficit) comme entreprises (investissements). Nous ne pouvons nous passer de nos dealers qui vont “”, “quand” et “comme” ils veulent : les grands fonds de pension et entreprises financières (OPCVM) dont les banques sont les principaux intermédiaires (mais pas toujours, ces “argentiers” agissants aussi “hors marché”). L’argent dont ils disposent provient de l’épargne “tous azimuts”. Nationale, internationale, institutions publiques (retraites), privée (assurances), entreprises (liquidités des grandes entreprises qui peuvent se chiffrer en Milliards et qui ne restent jamais “au repos”), particuliers au travers de leurs placements, dans les OPCVM précités ou ceux que la banque fait avec leurs dépôts (peut-être, sans que vous le sachiez, une partie de votre argent déposée sur votre compte courant).

Ces dealers sont organisés, puissants et fiscalement insaisissables (outre que lorsqu’on les chatouille un peu trop, ils mettent la clef sous la porte avec quelques milliards de perte, irrécupérables). Pire encore, ces grands groupes financiers font encore de l’argent quand le monde va mal. Pour eux, la misère peut être source de revenus. C’est bien à ce niveau que se situe l’aspect le plus immoral et abjecte du pouvoir de l’argent. On peut poursuivre et emprisonner une personne, mais pas un “mécanisme”. 

Si cela devait se reproduire, que le système bancaire venait à nouveau à vaciller (avec Trump, nous en prenons à nouveau la direction), le même mécanisme se reproduira : les banques seront à nouveau secourues par les États, la récession économique reviendra, le contribuable un peu argenté sera à nouveau mis à contribution (les plus riches s’étant mis à l’abri, si ce n’est dans des paradis fiscaux, dans des pays peu fiscalisés), le chômage réaugmentera avec son lot de misère, la redistribution sera à nouveau mise à mal (baisse aides sociales, retraites, et peut-être même le système de santé qui a résisté à la crise précédente).

Les gilets jaunes pourront redescendre dans la rue, rien n’y fera. Ils pourront mener leur révolution jusqu’au bout et « dégager » qui ils voudront, l’économie ne s’en relèvera pas pour autant et les caisses continueront à se vider (cercle vicieux d’un déficit public croissant, rien que par la charge des intérêts de sa dette). Tout ce qu’ils pourront faire, c’est aggraver encore un peu plus une situation nationale précaire et perdre toute chance d’un relèvement économique avant quelques générations.

Certains pays qui se sont trop enfoncés dans la dette publique, ne se relèvent toujours pas d’une déconfiture économique datant de plus de 70 ans. C’est le cas de l’Argentine qui enchaine crise sur crise depuis 1945. Ce qui est notable, c’est la raison initiale de l’endettement de ce pays (régime péroniste de 1946 à 1955) : l’augmentation massive de l’aide et de la protection sociale, financée par de la dette publique et non par l’économie (un déficit public duquel aucun des gouvernements qui suivirent celui de Juan Péron, ne put se sortir).

On dirait que le Français se croie à l’abri de ce qui se passe dans les pays lointains en totale déconfiture, bien à l’abri qu’ils sont d’une Europe, au contraire que ce que croie un nombre grandissant d’eurosceptiques. Certains la conspuent, manipulés qu’ils sont par les populistes à le recherche de pouvoir, alors qu’elle les protège.

Si l’EU implose un jour, ce qui n’est malheureusement plus impossible depuis la montée des populismes un peu partout en Europe, on pourra en reparler … Mais il sera trop tard pour réparer les dégâts et c’est en vain que l’on pourra rechercher les responsables. Tous dirons « je ne voulais pas » ou « on m’a fait croire que … ». L’Allemagne du siècle dernier fût un bon exemple d’aveuglement populaire. Aujourd’hui, sous un autre angle, c’est le Brexit.

Des mécanismes différents dans le détail mais globalement similaires, avec toujours l’économie en toile de fond et des bonimenteurs au devant de la scène.

« Les hommes deviennent fous en masse, mais retrouvent la raison un par un » (Charles MACKAY).


@+

Jack

09 décembre 2018

gilets jaunes

Une protestation de masse qui a plus à voir avec la révolution de 1789 qu’avec Mai 68. Un mécontentement populaire profond qui couvait depuis longtemps et au minimum depuis la récession 2007-2008. Les autres peuples européens sont descendus dans la rue pour contester les réformes nécessaires suite à la « crise de la dette » des pays européens de 2011/2012 (faisant suite à la « crise bancaire » 2007/2008). Nous pas trop, mais ce n’était que pour mieux exploser maintenant.

Je comprends les raisons du mouvement : exaspérations de tous ceux, de plus en plus nombreux, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, et décisions maladroites d’un gouvernement sans opposition qui au nom des réformes (que j’approuve globalement) laisse sur le bas côté les plus démunis (baisse des aides sociales, gel des petites retraites, promesses fiscales retardées ou dénaturées). Ce gouvernement a aussi sa part de responsabilité dans la l’aggravation de cette colère (manque d’anticipation, premières réponses inappropriées).

Néanmoins je déplore la dérive qu’il a pris. Issu des réseaux sociaux, il en a finalement pris leur côté le plus sombre : un défouloir émotionnel où ne finit par ne circuler que la haine, relayée par une petite minorité aussi active que violente, inculte et stupide. Les gens de bonne volonté, la majorité, est écrasée, dépassée par cette minorité qui veut se faire passer pour le plus grand nombre.

On passe alors de la revendication légitime à la vindicte populaire incontrôlée, à la rage de ceux qui ont peu, attisée par la manipulation des extrêmes, partis politiques comme syndicats qui cherchent une revanche à leurs dernières débâcles ou tout simplement à foutre le système parterre (mouvements anarchistes, néonazis ou Trotskistes). Cette rage se dirige d’abord contre ceux qui ont trop, puis contre ceux qui ont plus, et enfin contre tous ceux qui n’ont juste qu’un peu plus que les enragés. Inquiétant !

Toute exagération porte en elle-même la germes de l’exagération inverse. Faute de juste redistribution des richesses produites, ceux qui la détiennent ne la gardent pas longtemps. La révolte éclate quand les plus démunis n’ont plus grand-chose à perdre. La table est alors renversée et tout le monde y perd car la richesse produite n’est pas partagée comme elle aurait dû l’être, mais perdue pour tout le monde. La production ralentit et les richesses diminuent, la baisse de croissance creuse les déficits et il y a toujours moins à redistribuer. Ceux qui avaient peu, ont encore moins (faute de budget), tout comme ceux qui avaient un peu plus (gaspillage), alors que ceux qui ont beaucoup plus, … se barrent !

Aussi cynique et injuste soit-il, c’est toujours le même mécanisme. Dernier exemple récent en date et près de chez nous, en Europe : la Grèce (les hauts revenus sont partis avec l’épargne et les plus pauvres sont restés sur le carreau avec les dettes nationales).

Maintenant, tout dépend des déclarations du Gvt et surtout du Président en début de semaine.

Quoiqu’il en soit, il y a de fortes chances que la croissance qui repartait va être cassée, car outre que le président ne devrait avoir d’autre choix que de faire une importante promesse de redistribution imprévue dans le projet de budget (remise en cause du déficit limité à 3%) pour arrêter la casse (matérielle et financière significative si on prend en considération les pertes accumulées des entreprises paralysées en période de Noël), le doute sur la stabilité politique de la France semble acté par les observateurs internationaux. Une perte de confiance qui se répercutera sur les marchés financiers et donc sur l’investissement étranger en France. La revendication lancinante des contestataires pour un retour à l’ISF ne fait qu’aggraver cette défiance.

Autre inquiétude : que ce mouvement populaire s’étende à toute l’Europe.

Ben oui, quand le français n’est pas content il grogne un peu mais sans plus (quelques grèves par ci par là). Quand il n’est vraiment pas content, il fait la révolution !


@+

Jack

01 novembre 2018

Enjeux Européens

Ha notre président ! On l’apprécie ou on le déteste. Élu pour ses promesses ou pour éviter le pire ? Fin stratège ou embrouilleur de première ?
Il baisse dans les sondages, s’impopularise dans toutes les classes sociales en raison des conséquences de ses réformes (et certes de quelques bourdes par ailleurs, beaucoup plus coûteuses politiquement qu’économiquement).

Mais dans les grandes lignes, ces réformes faites et à faire, sont tout aussi impopulaires qu’indispensables pour nous maintenir économiquement « à flot » face à la concurrence internationale à laquelle nous ne pourrons pas nous soustraire. Ne pas comprendre que notre économie nationale et européenne sont étroitement imbriquées et en concurrence avec celles du reste du monde, dont certaines égalent ou dépassent celle de l’Europe, que nous le voulions ou non, c’est ne rien comprendre en économie (ou vouloir manipuler un auditoire à d’autres fins que l’intérêt de ceux qui écoutent).

Dans une économie mondialisée, seule « l’union fait la force ». Son contraire, le repli nationaliste, pourrait amener, si ce n’est à la catastrophe, certainement à l’asservissement par les grandes puissances économiques comme le dit très justement Macron. Cela me parait évident.
Réfléchissez ’y.

« Macron dramatise les enjeux européens »
Reuters 01/11/2018
https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/macron-dramatise-les-enjeux-europeens-329e858f8df4979d3d90de350f2a6ed3
Extraits :
« Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l'Europe de l'après-Première Guerre mondiale à la crise de 1929.
…/…
L'Europe est face à un risque : celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d'être bousculée par des puissances extérieures. Et donc de perdre sa souveraineté. C'est-à-dire d'avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements, d'avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les États peuvent prendre. »

On le retrouve ici :
« Emmanuel Macron met en garde contre un retour à l’Europe des années 1930 »
https://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2018/11/01/emmanuel-macron-met-en-garde-contre-un-retour-a-l-europe-des-annees-1930_5377406_5008430.html

Je ne vois pas en quoi il « dramatise ». Il énonce au contraire très exactement ce qui est en train de se passer et ce qui pourrait suivre si nous n’en prenons pas conscience, nous les peuples d’Europe.

On peut lui reprocher beaucoup de choses, mais pas sa vision économique, globale et réaliste, du monde actuel.
Dans le détail on peut discuter les choix de notre gouvernement (je désapprouve moi aussi certaines décisions, suis largement déçu de l’écart entre certaines promesses et leur mise en application, ai la sensation de m’être fait un peu « roulé dans la farine », notamment sur le plan fiscal), mais globalement et avec un peu de hauteur, en regardant l’intérêt national et non que celui de ma petite pomme, je reste d’accord, globalement avec l’idée générale, et totalement sur la vision « mondialiste » de notre président.

J’ajoute que les erreurs du Gvt Trump qui coupe économiquement et moralement son pays du reste du monde, ainsi que les tensions commerciales entre la Chine et les USA, auraient été une occasion historique de consolider l’Europe (au lieu de la diviser) et partant de là, de mettre l’Euro en concurrence avec le dollar en tant que monnaie internationale de référence. Cette dernière étape n’est bien sûr pas envisageable tant que planera un doute sur la solidité de l’Union et la pérennité de sa monnaie unique.
Mais en plus de manquer à cette formidable opportunité qui ne se représentera pas de sitôt, une mésentente Européenne sera bien évidemment très préjudiciable pour toutes les économies nationales qui composent l’Union. Pas besoin d’avoir un master en économie pour le comprendre. Quant à une déconfiture de l’UE, ce serait une catastrophe dont les conséquences dépasseraient de loin les aspects purement économiques.

Le gouvernement Macron donne la priorité à l’économie, un domaine souvent nébuleux et mal compris par la majorité des électeurs, ce qui explique le mécontentement général. Et pourtant, tout passe par elle.
Cela ne veut absolument pas dire qu’il faille ignorer la condition humaine pour ne laisser place qu’au profit, l’économie ne se réduisant pas qu’à cela. C’est tout un ensemble de mécanismes productifs et sociaux, apte à créer de la richesse en vue de sa répartition la plus juste possible, non pas que par pur humanisme, mais aussi par logique. Créer des richesses qui ne profitent qu’à certains privilégiés ne dure qu’un temps et amène inévitablement à la destruction de l’économie qui les crée.

Dans une démocratie, un système économique digne de ce nom se doit d’être stable et prospère, capable de redistribuer les richesses qu’il produit avec équité. Il doit être au service de l’homme, avoir pour objectif d’améliorer sa condition. Dans le cas contraire, ce n’est plus de l’économie mais du vol et cela ne dure qu’un temps, celui des dictatures. Ce type d’organisation ne produit pas de nouvelles richesses, mais épuise celles précédemment créées.

Toujours est-il qu’il ne peut y avoir de progrès sociaux sans création préalable de richesse.
Les populistes veulent faire croire que l’on peut mettre « la charrue avant les bœufs » (redistribuer des richesses futures et hypothétiques) et ceux qui les suivent, qui les croient, pourraient bien avec leur vote, entrainer tout le monde dans l’abîme, … comme cela est déjà arrivé en Europe (entre-deux guerres), comme cela arrive encore dans nombre de pays (Venezuela pour dernier exemple des dégâts que peut faire un populiste porté au pouvoir, et peut-être, le Brésil dans quatre ou cinq ans).

Définition(s) « populiste, populisme » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_(politique)

Pour ma part : homme et mouvement dont le discours politique se borne à instrumentaliser le mécontentement populaire (dont la peur) et à promettre ce que les électeurs espèrent, sans vraiment se soucier de savoir si leur programme est viable, quand bien même ils en aient un (« on promet et on verra après »), l’objectif premier étant le pouvoir et non les intérêts du peuple.

Les promesses et le programme économique de l’Allemagne nazie ont fait illusion les premières années (1933-1939). Plein emploi à coups de grands projets d’infrastructures. Ce n’était qu’un rêve de courte durée, car financé par de colossaux emprunts internationaux, largement supérieurs à la capacité de remboursement du pays. Quand il a fallu se réveiller, que les robinets de la finance internationale furent coupés faute de confiance, … ce fût la guerre (initiée non pas par les créanciers, mais par un débiteur aux abois, Hitler, sous couvert de bien d’autres prétextes fallacieux).

De mon point de vue, Macron ne dramatise pas quand il évoque les années 30 et en pointillé, leurs conséquences. Toutes les guerres, depuis l’antiquité, éclatent pour des raisons économiques (qu’un peuple soit économiquement asphyxié ou qu’il convoite les richesses d’un autre, derrière les paroles et les idéologies, il est toujours question d’économie).


Ayant vécu en direct et « de l’intérieur » la crise financière mondiale de 2007/2008, je puis vous assurer que le pire a vraiment été évité grâce aux leçons du passé, celles tirées de la crise de 1929 (protectionnisme économique et ses conséquences désastreuses). Pour rappel, cette dernière a aussi démarré aux USA et s’est propagée dans le reste du monde. Tout comme celle des « subprimes » (empilement d’emprunts pourris), la cause principale était une spéculation boursière outrancière dans un monde beaucoup trop endetté (le scandale des subprimes n’a été que le détonateur au milieu d’une montagne de crédits qui ne demandait qu’à exploser).

Assurément, sans l’intervention des principales banques centrales mondiales (BCE en Europe et FED aux USA) sous l’impulsion des dirigeants et de leurs conseillers du moment (la fameuse « intelligentsia » que les populistes stigmatisent), la crise de 2007 aurait été pire que celle de 29, l’économie mondiale étant encore plus imbriquée que dans le passé et les montages financiers foireux bien plus importants.

L’économie ne peut se passer de la finance et celle-ci de la spéculation, le tout dans un contexte toujours plus mondialisé. C’est un assemblage instable qu’il faut manier avec précaution. Qu’il plaise ou non, il est là et nul ne peut en séparer les éléments, ni parfaitement maîtriser leurs intrications. On ne peut qu’essayer de le réguler, ce qui est le rôle des États, et dans une économie mondialisée autant espérer qu’ils s’entendent sur la meilleure façon de le faire.

Quand la mécanique s’emballe, en raison d’une incompréhension de ses rouages ou d’un manque de maîtrise, c’est la panique sur les marchés financiers, puis la crise économique, le chômage, et enfin, invariablement, la montée des populismes toujours très friands d’endettement pour essayer de tenir leurs promesses. Au lieu de s’entendre, les États se fâchent et se replient sur eux-mêmes tout en s’endettant encore plus. De l’emballement, l’économie passe au déraillement, avec pour résultat, si ce n’est la guerre (civile ou inter-nations), l’appauvrissement de tout le monde, les plus démunis buvant toujours la tasse en premier.
C’est un cercle vicieux qui se répètera tant qu’il ne sera pas compris.



Mais à chacun son avis et tout le monde peut avoir tort. Le problème étant qu’en démocratie, ceux qui font les mauvais choix le font payer à tout le monde … et souvent pour longtemps.




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Jack  









































16 mars 2018

Vilains actionnaires

Olivier Besancenot. Je l’aime bien. Intelligent et humaniste certainement, paraissant sincère et “bonne tête” comme on dit. J’ai souvent entendu des raisonnements sensés de sa part, en dehors de ses avis exagérés (même s’il a raison d’en dénoncer d’autres) et son idéologie utopiste (monde de bisounours, inadaptée au genre humain).

Mais hier soir lors de "L'Émission politique" sur la 2 quand il fustigeait “les actionnaires”, avait-il bien réfléchi au rôle de l’actionnaire dans l’économie ?
Sa petite phrase (relevée “mot pour mot” dans l’émission précitée du Jeudi 15 Mars 2018) qui m’a fait bondir :
les actionnaires, c’est les parasites de l’économie”.

Croit-il vraiment ce qu’il a dit, ou manque-t-il à ce point de notions économiques élémentaires, du minimum nécessaire à savoir avant d’aborder n’importe quel sujet sociétal et politique, étroitement liés à l’économie ?

En disant cela, comment peut-il être crédible, se poser en donneur de leçon en matière de redistribution des richesses, qui effectivement pose un vrai problème (je m’en explique d’ailleurs souvent sur ce blog) ?

A quoi sert l’actionnaire et peut-on s’en passer ?
  • à financer l’économie ! A part les enfants en bas-âge, tout le monde sait qu’un système économique ne peut se développer, et même se maintenir, sans financement. Acteurs économiques et financiers sont étroitement liés, comme les deux faces d’une même pièce.
  • quand il participe à une introduction en bourse ou une augmentation de capital, il “achète” une partie de l’entreprise (sans quoi celle-ci devrait intégralement se financer par l’emprunt, plus coûteux et parfois plus restrictif). En échange, l’actionnaire a droit et c’est logique, à une fraction des bénéfices de ladite entreprise … si celle-ci en dégage. Contester le fait qu’il puisse par la suite revendre son action, qui n’est autre qu’un titre financier, une valeur mobilière comme pourrait l’être son véhicule, serait contester la propriété. Sachant que cette revente n’est pas systématiquement accompagnée d’une plus-value. Loin de là. En fait, on devrait plutôt appelé une action “valeur à risque financier”.
  • toute “entreprise” est un pari et donc un risque sur l’avenir. Sans cela, point d'évolution, point de progrès, ... qu’il soit d’ordre purement technologique ou social (qui en est la conséquence). Et qui n’avance pas recule.
  • les acteurs financiers dont les acteurs économiques dépendent, font également un pari sur l’avenir. Le rendement de leur placement est intrinsèquement lié au rendement de l’économie. A l’excès, il y a bien sûr la “spéculation”, les acteurs économiques pouvant parier sur tout et dans tous les sens, notamment sur les pertes économiques (pour les actionnaires, c’est la vente à découvert). C’est effectivement moins moral et acceptable. Mais comment encourager la prise de risque “morale” tout en interdisant la spéculation “immorale” ? C’est ce que l’on appel la régulation, mais celle-ci se heurte a de très nombreuses difficultés, à commencer par l’absence de frontière des marchés financiers et l’absence de volonté commune des Etats industriels, notamment lorsqu’ils sont en compétition.    
  • vouloir supprimer l’actionnariat, c’est vouloir supprimer la prise de risque économique, et au final une grande partie, si ce n’est la principale, de ce qui la finance. Vouloir le faire dans un pays sans tenir compte de ce qui se fait ailleurs, c’est tout simplement courir à la perte pure et simple de l’économie nationale et de ses forces vives. Il y avait des pays dans lesquels l’actionnariat a été supprimé : l’URSS (l’ex-Russie). Il en reste encore un où l’économie de marché, du capital, n’existe officiellement pas : la Corée du Nord.
Que risque et que paie l’actionnaire ?

Il risque son capital puisqu’en participant à l’aventure de l’entreprise, il est son dernier créancier, celui qui perdra tout si l’affaire capote. N’est-ce pas normal que ce risque soit rémunéré ?

Quant à sa participation au pot commun fiscal, il est doublement imposé :
  • normalement l’actionnaire a droit aux bénéfices (juste contre-partie du capital qu’il risque dans l’affaire). Mais en fait il n’en touche qu’une partie, celle qui restera après déduction de “l’impôt société” (actuellement, 33.3% des bénéfices). Et encore de cette partie “nette d’impôts”, ne sera "distribuée” que celle que les dirigeants (conseil d’administration, directoire) proposeront en assemblée générale.
  • ensuite cette “partie de bénéfice” sera imposée à l’actionnaire dans le cadre de son imposition personnelle sur ses revenus mobiliers.
Autrement dit, lorsque les médias parlent de 93 Milliards de bénéfices réalisés par les entreprises du CAC40 en 2017, il serait instructif de donner la part d’impôt société qu’elles payent et ce que paieront ensuite les actionnaires du fait de ces bénéfices, distribués ou non. Tout ceci sans parler des charges sociales et autres impôts payés par ces entreprises.
Faut-il donc souhaiter qu’elles ne génèrent pas de bénéfices, … ou qu’elles ne les fassent pas en France ?

Au final, c’est actuellement 63% d’imposition sur son capital placé … à 100% de risque de perte, rappelons-le. Quel “détracteurs du capital” serait prêt à prendre ce risque pour ce résultat ?

Mais que voudraient tous ceux qui fustigent les bénéfices de nos entreprises ? Qu’elles en fassent moins et donc qu’elles soient moins rentables ?

Ha ben oui, que les salariés en touchent une partie sans risque, au détriment de l’actionnaire qui les prend.“Prend le risque que je n’oserai pas prendre (pour raison morale bien sûr) et si ça marche, donne-moi en une partie (tant pis pour toi dans le cas contraire)”.

C’est toujours le cliché de celui qui prône le partage à condition qu’il n’ait rien à partager, qui fustige l’échec d’une prise de risque qu’il n’aurait jamais tenté, qui attend tout des autres sans rien donner de lui-même, qui ne voit les fautes et les erreurs que chez autrui, qui a la critique facile mais reste avare de solutions. 

Et puisque je suis dans les clichés, arrêtons avec celui de “l’actionnaire s’enrichit sur sa chaise longue. Nous ne sommes plus dans les années 1900. Gagner en bourse sans perdre ses économies (cas de 90% des traders particuliers, aussi appelés “petites mains”), réclame énormément de travail. Les gains sont loin d’être assurés, alors que le stress est tout le temps au rendez-vous. Quant au petits “boursicoteurs” comme ils doit y en avoir dans votre entourage, ceux qui placent quelques économies sur du long terme, demandez-leur si c’est réellement rentable.

Ce qui est sûr, c’est que pour un particulier (ou “petite main”), le risque de perte est supérieur aux chances de gains. Seuls ceux qui ne savent pas ce qu’est la prise de risque croient le contraire, tout comme ils croient, derrière la pseudo sécurité de leur emploi, que seul leur patron s’enrichit à leurs dépends.

Reste le cas des “opérateurs institutionnels” (“les grosses mains”), telles que les banques, hedges funds et autres fonds spéculatifs maniant des capitaux très importants, pariant sur tous les marchés financiers, des plus traditionnels aux plus exotiques, et le plus souvent avec de l’argent qui ne leur appartient pas (dont une partie du votre). Ils ont été à l’origine de la crise de l’été 2007 (2008 dans l’esprit du public) dite des “subprimes”, une récession qui a faillit se transformer en dépression pire que celle de 1929 (principal déclencheur de la 2ème guerre mondiale, ne l’oublions pas).

Les gouvernements Européens et US (par le biais de leurs banques centrales respectives) ont ressui à sauver le monde de la catastrophe en apprenant de l’histoire, en ne reproduisant pas les erreurs commises dans les années 30 (État se repliant sur eux-mêmes par l’instauration de mesures de protectionnistes, comme Trump les souhaite aujourd’hui, exactement ce qu’il ne faut pas faire).
Cela, le grand public n’en a pas vraiment conscience.

Par manque de culture économique, les “eurosceptiques” voient l’Europe comme une source de problème alors que c’est au contraire une protection, prêchent la désunions, alors que dans une économie mondialisée c’est exactement le contraire qu’il faut faire (s’unir).

Alors oui, le monde de la finance prend des risques inconsidérés et joue avec l’équilibre de notre civilisation. Oui il est nécessaire et urgent de le réguler et cela ne peut se faire que si tous les pays du monde s’entendent sur des règles communes. Sans cela, les capitaux n’ayant pas de frontières, aucun contrôle n’est possible. C’est bien ce que les États tentent de faire, du mieux qu’ils peuvent (arrêtons avec les théories du complot) et personne n’a la solution miracle. Les utopistes ont bien des solutions ... utopistes.

Oui le monde est injuste et les inégalités sociales dans le monde se creusent. Avec une accélération démographique mondiale qui ne semble pas faiblir, les richesses se concentrent toujours plus dans quelques pays (dont le notre), et dans ces pays, aux mains de quelques privilégies (ce n’est pas à eux qu’il faut en vouloir, mais à un système qui le permet). Alors oui, il est urgent de faire quelque chose et tout le monde y réfléchi encore, mais hors les populistes vendeurs de rêves, personne n’a encore trouvé la recette qui marche.

J’ai depuis longtemps dénoncé un système qui permet une si inéquitable redistribution des richesses économiques.  Pire encore, j’estime que nous atteignons actuellement les limites du supportable, autant moralement et humainement, que purement économiques, limites au-delà tout le système peut s’écrouler. J’y reviens d’ailleurs assez souvent. Je ne suis heureusement pas le seul à le penser, ce qui permet d’espérer que de bonnes idées pour y remédier vont bientôt émerger, que les choses changeront avant que nos sociétés implosent, que nos démocraties disparaissent.
Mais saurons-nous vivre un jour dans une société où le moteur qui fait tourner l’économie qui la maintient, ne sera pas menée par la cupidité ?

Les critiques sur ce qui ne va pas sont légions. Mais les propositions de solutions qui tiennent compte de tous les paramètres à considérer pour qu’elle soient viables, sont beaucoup plus rares. Tous les populistes argumentent leurs programmes sur la critique, jamais sur des propositions viables. Le plus inquiétant est qu’il y a des gens “qui suivent”.

Quant à ceux qui s’insurgent contre la mondialisation, c’est un peu comme les babas cools des années 70 qui pensaient qu’il suffisait de penser “peace and love” et “tout le monde il est beau et gentil”, pour que notre monde devienne subitement celui des bisounours.

Certes la Corée du Nord, à en croire ses propres médias, y est arrivé. Elle a effectivement son propre “système économique” et se fiche (en apparence du moins) de ce que font les autres. C’est un pays sans chômage, où tous les gens sont parfaitement heureux. Personne ne spécule et chacun aide son prochain. C’est le pays des bisounours. Pourquoi les détracteurs du capital et du libre marché ne vont-ils pas y vivre ?

Sérieusement ! Que peut-il advenir d’un pays refermé sur lui-même ? Une harmonisation économique, fiscale et sociale, et donc politique de tous les pays industriels est-elle possible ?
Déjà que l’entente est difficile au sein d’un même pays, l’imaginer sur la planète entière relève de la plus folle des utopies. Dans 10.000 ans, pourquoi pas ? Pour l’heure, il s’agit de compromis et c’est déjà pas si mal.

La mondialisation, qu’elle plaise ou non, est un fait, une résultante économique, et non le résultat d’une volonté politique commune.
Alors autant s’y adapter en essayant de le réguler par l’entente entre Etats, face à des puissances économiques qui elles, ne nous ont pas attendu pour s’entendre.

Finalement, 
  • peut-on supprimé la recherche d’intérêts personnels et égoïstes, sans décourager la prise de risque ?  
  • ... et sans prise de risque, la société peut-elle évoluer et prospérer ? 
  • quant à la justice et les progrès sociaux, peuvent-ils exister sans prospérité ?

Questions simples et raisonnements logiques de base que le “camarade Besancenot” a oublié ou fait semblant de ne méconnaître.

12 février 2018

Musclez votre esprit critique

La carte des « fake news » sur Facebook par « Le Monde » :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2018/02/01/comment-les-fausses-informations-circulent-sur-facebook_5250516_4355770.html

Plus instructif que les fausses informations elles-mêmes, sont leurs sources (détail sur clic d’une fausse nouvelle, à la dernière page de l’infographie) et les motivations (idéologiques, purement financières, …) assez bien synthétisées par Le Monde, de ceux qui les fabriquent et les diffusent.
Profitez-en pour supprimer de vos marques pages, s’ils s’y trouvent, ces sites à la crédibilité douteuse.

Quant à vos « amis sociaux » qui se font les relais de la désinformation, signalez-leur qu’ils se font avoir (et zappez-les s’ils insistent).

Petite phrase de Michel Audiard pour la circonstance :
« La bêtise insiste toujours, c'est à ça qu'on la reconnaît ! »


@+
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Jack  






29 janvier 2018

Réseaux sociaux : vers un monde vraiment mer...

…dique !

En clair, moins d’information crédible (médias reconnus pour la qualité et la fiabilité de leur information) contre plus d’échanges de rumeurs et de « fake news », le tout assorti du grand déballage d’infos personnelles tous azimuts (voyeurisme et atteintes à la vie privée), … et toujours, de plus en plus de pub !


Changement d’algorithme sur Facebook : moins de « médias », plus de pub

Par Tom Felle | 28/01/2018

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/changement-d-algorithme-sur-facebook-moins-de-medias-plus-de-pub-766225.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20180129

Extraits :

Discours « officiel » :

« Nous souhaitons rapprocher les gens - que ce soit de leur famille ou de leurs amis, ou les rassembler autour de moments importants dans le monde - nous voulons aider à faire en sorte que le temps passé sur Facebook soit bien utilisé », a-t-il déclaré (Zuckerberg) dans un message sur le site Facebook.

« Vous aider …, bien utiliser votre temps …, votre famille … ». Quel enfoiré d’hypocrite !

Traduction (toujours de l’auteur de l’article précité) :

« Chers amis, ce n'est pas nous, c'est vous. Le problème vient de vous. Vous avez cessé de partager tous les détails intimes de votre vie et nous ne pouvons plus vous monétiser comme nous le souhaitons. C'est pourquoi nous avons décidé de changer notre mode de relation. Nous voulons vous convaincre de partager plus, afin de vous montrer plus de publicités. »

Conclusion de l’article :

Pire encore, les controverses et les débats importants - ce qui fait toute la saveur et tout l'intérêt de la diversité médiatique - pourraient bien disparaître à jamais dans le nouveau monde que nous concoctent les médias sociaux.


« la diversité » et la liberté de la presse : c’est la meilleure, si ce n’est la seule, garantie de la démocratie.

Méfiant depuis son apparition, bien content de ne pas m’être intéressé plus que de raison à ce monde « piégeux » des réseaux sociaux (j’en suis toujours à la bonne vieille messagerie et à mon blog).


@+

Jack

22 janvier 2018

Les aristos, les aristocrates ...

… On les pendra !


Les 1% les plus fortunés ont accaparé 82% des richesses créées l'an dernier
La Tribune - Par Delphine Cuny - 22/01/2018

https://www.latribune.fr/economie/les-1-les-plus-fortunes-ont-accapare-82-des-richesses-creees-l-an-dernier-765516.html#xtor=EPR-2-[morning-briefing]-20180122

Extrait :

« Ces chiffres vertigineux démontrent que le boom des milliardaires n'est pas le signe d'une économie florissante, mais d'abord le symptôme d'un système économique défaillant qui enferme les plus vulnérables dans la pauvreté et porte aussi atteinte à la prospérité économique de toutes et tous, comme le reconnaissent de plus en plus d'institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) ou l'OCDE  … ».




On dirait bien que notre société (mondialisée cette fois-ci), a reproduit les inégalités d’avant 1789.

… À moins que rien n’ait vraiment changé … Si ce n’est ceux qui en profitent. Les révolutionnaires auraient-ils donc coupé les têtes de la minorité la plus riche, simplement pour redistribuer leurs richesses à une autre minorité ?

@+













 Jack  



Blague à part, ce sont les mécanismes qui permettent les inégalités qu’il faut dénoncer et essayer de corriger, pas ceux qui en profitent, car dans ce cas, la nature humaine étant ce qu'elle est, nous ne ferions que redistribuer la richesse d'une minorité à une autre.