Je ne m’étendrai pas sur ses trois principaux bienfaits tout aussi évidents qu’un peu trop facilement oubliés, que les antieuropéens passent sous silence comme s’ils auraient été acquis sans l’Union Européenne :
- La paix en Europe.
L’Ukraine n’en fait pas partie et je vous laisse imaginer sur quels autres pays la Russie de Poutine porterait aujourd’hui son regard sans elle, la désunion des pays européens n’étant pas sans conséquence sur l’entente au sein de l’OTAN. Sans l’UE ce traité serait 100% sous le contrôle américain et dans ces conditions une guerre conventionnelle (non nucléaire) en Europe ne serait pas improbable, certes avec leur participation mais loin de chez eux, ce qui économiquement pourrait même leur être profitable (mésentente en Europe et vente d’armes, c’est tout bénef pour l’économie américaine).
- L’union économique (marché unique).
Qui pourrait imaginer un pays européen pouvoir discuter seul d’échanges économiques d’égal à égal face à la Chine ou Les USA ? Là aussi, l’implosion de la zone Euro serait profitable à ces deux pays qui font d’ailleurs tout pour nous désunir (à coup de tentatives de dévoiement des États de l’union et de désinformation de leurs citoyens).
- La monnaie unique.
Sans elle, les pays Européens continueraient à se faire la guerre des monnaies. Rappelez-vous ce fameux « serpent monétaire » qui tentait de contenir plutôt mal que bien des écarts trop importants entre nos monnaies, une situation provisoire qui n’aurait pas tenue dans le temps. Or l’arme de guerre d’une monnaie n’est autre que sa dévaluation, et sa contrepartie n’est autre que l’inflation. Sans l’Euro, il y a fort à parier que suite à la crise sanitaire que nous venons de vivre, elle serait déjà galopante (rien à voir avec le petit sursaut actuel de 3 à 4%).
Ces trois axes d’intérêt ne sont pas les seuls comme la communauté Européenne nous le rappelle dans cet article :
Principales réalisations et avantages concrets de l’Union européenne
Voyez aussi ses liens dont « Actions par domaine » et les « briefings sur les politiques de l’Union européenne en détail ».
Si au-delà de cette page vous faites une recherche avec les mots clés « qu’est-ce que l’Europe nous apporte » vous trouverez une pléthore d’articles plus ou moins orientés, plus ou moins agréables et faciles à lire, plus ou moins synthétiques. Entre textes trop abscons (l’Europe reste un sujet complexe dans le détail) ou au contraire vraiment trop simpliste (prenant les lecteurs pour des enfants de 7 ans), je n’ai pas trouvé la synthèse qui me convient.
Mais voici mon point de vue, forcément économique et financier, mon domaine de compétences, tant il me parait évident et trop peu rappelé que notre niveau de vie est très étroitement lié à la santé économique du pays dans lequel nous vivons. En fait, j’inverse la problématique : que nous serait-il arrivé, à nous les Français, si l’Union Européenne n’avait pas été présente dans les deux dernières crises que nous venons de traverser ?
Sans l’Europe, la France n’aurait pas « passé » la crise financière de 2007-2008 sans gros dégâts économiques et sociaux (l’un n’allant pas sans l’autre). C’est l’union économique et financière, autrement dit l’aide des forts aux faibles, qui nous a permis de passer ce cap difficile, tout comme les autres pays dits « du sud » (soutien des banques via la BCE et le Mécanisme Européen de Stabilité).
Sans l’Europe notre dette nationale et son taux de financement se seraient envolés, alors que notre production se serait fortement affaiblie. Le premier effet ressenti à notre niveau aurait été le gel de nos avoirs bancaires et peut-être la perte sèche de nos économies placées dans les banques les plus fragiles qui auraient fait faillite. Par suite nous aurions subi tous les effets d’une récession économique, voire d’une dépression (c’est la même chose, en bien plus grave et bien plus long). Pour les entreprises, celles qui auraient survécu à la crise, les taux d’emprunt auraient été à l’image de ceux du pays, très élevés. Les pays qui sont dans cette situation sont quasiment condamnés à utiliser leurs hypothétiques gains de productivité pour ne financer que le coût de leur dette, autrement dit les seuls intérêts. Sans financement de son économie (investissements d’État et privés), celle-ci décline et la dette ne fait qu’augmenter. C’est le cercle vicieux dans lequel se retrouve tout emprunteur trop endetté (particulier, entreprise ou pays). Plus il est endetté, moins il trouve de prêteurs, ce qui fait monter ses taux d’emprunt par le simple jeu de l’offre et de la demande. Ce faisant, sa dette augmente mécaniquement par la simple accumulation des intérêts dus et son avenir s’assombri d’année en année faute de perspectives.
Nombreux sont les pays « solitaires » dans le monde qui se trouve dans cette situation, durable et inextricable, notamment ceux qui ont peu de richesses pétrolières ou minières comme la France. N’allez surtout pas croire que les taux proches de zéro en Europe sont mondiaux et le fait du hasard. Seuls l’UE (via la BCE) et les USA (via la FED) ont mis en place les politiques monétaires adéquates pour y arriver. Pour l’UE ce mécanisme n’a pu fonctionner qu’avec la confiance des marchés financiers mondiaux en l’économie Européenne dans son ensemble, non pas pays par pays.
Dans une économie mondialisée (qu’on le veuille ou non, que ce soit bien ou mal, c’est ainsi et il faut faire avec) aucun pays ne peut se suffire à lui-même, économiquement comme financièrement (les deux faces d’une même pièce). Il ne peut se passer d’importer et d’emprunter. Cela dit, l’Europe nous protège des effets les plus délétères de cette mondialisation (positions dominantes, déloyauté économique ou fiscale, dangerosité des produits vendus, …). La concurrence entre pays Européens n’empêche pas l’entraide de ceux dont l’économie est en retard ou en difficulté. Tous échangeant entre eux, aucun n’a intérêt d’avoir un partenaire commercial défaillant.
Quant aux effets de la récente crise sanitaire, sans l’Europe et le mécanisme d’aide financière qu’elle a mis en place (programme de rachats massifs d’obligations d’États à taux quasi-nul), nous serions maintenant très mal-en-point avec là aussi des effets directs et concrets sur nous tous, dans notre vie de tous les jours : charge fiscale démesurée pour les mieux lotis d’entre-nous et brutal coup d’arrêt aux aides sociales pour les plus démunis. Rigueur budgétaire et pression des marchés financiers obligent (rappelez-vous ce qu’a enduré la Grèce avant d’être sauvée … par l’UE). Pour l’ensemble de la population, ce serait chômage (avec ses conséquences sociales et sécuritaires), système de santé défaillant, gel plus ou moins partiel des retraites, effondrement des services publics (dont la sécurité) et sans doute corruption à tous les niveaux (c’est ce qui se passe dans tous les pays pauvres ou en grave difficulté économique, sans la moindre exception dans le monde).
Ceux qui vous disent que nous nous en serions sorti seul, sans l’aide Européenne, vous racontent des fadaises, à dessein politique ou par méconnaissance. Pour rappel, les deux principaux atouts économiques de la France que sont l’aéronautique et le tourisme, ont été les plus impactés par la pandémie.
Cette crise ajoutée à la précédente, toujours sans l’Europe, nous aurions pu nous comparer à l’Argentine, un pays en quasi-faillite depuis les années 50 et à qui presque plus personne ne prête. Comme dans tous les pays dont l’économie s’effondre, les premiers services à trinquer sont les services publics et sociaux, la santé et l’éducation, autrement dit les principaux moyens de permettre à une population d’espérer. Or sans espérance en son avenir, aucun pays ne se relève !
Tout au contraire, les citoyens Européens ont toutes les raisons d’espérer. Citons par exemple le récent grand plan de soutien et de relance économique Européenne (750 Milliards de dons et de prêts à taux quasi-nul alloués proportionnellement aux difficultés de chaque pays de l’Union) qui va permettre aux pays membres de sortir plus fort de la crise sanitaire et envisager l’avenir avec plus de sérénité (fonds prioritairement alloués aux infrastructures, à la santé, à la recherche et aux innovations, à l’économie décarbonée).
Dans ma petite recherche rapide j’ai bien sûr trouvé quelques articles dénonçant et grossissant les inconvénients de l’UE. Certes il n’existe jamais d’avantages sans petits inconvénients (pas de gain sans un minimum à concéder). Tout le jeu des anti-Européens est de faire passer ce qui est mineur pour majeur et vice-versa. À vous de comparer et de juger.
J’ai aussi trouvé certains articles qui ne sont qu’un florilège de mensonges et de contre-vérités. La première et la plus flagrante est le lien entre Euro et inflation (bien au contraire, c’est la monnaie unique qui nous protège d’une inflation incontrôlée). J’ai aussi lu que l’Europe faciliterait la concentration des monopoles économiques amenant à la hausse des prix par entrave à la libre concurrence (alors que c’est très exactement le contraire qui est voulu dans les traités et qui se passe dans la réalité depuis que l’UE existe).
Pas besoin d’être expert en économie pour débusquer ces argumentaires fallacieux et totalement illogiques (sans doute élaborés par quelques fabricants de fakes news depuis l’autre côté de la planète, aussi bons en informatique que mauvais en économie).
Ceux qui ne voient pas ou ne veulent pas voir ce que l’Europe nous apporte, à nous citoyens Européens :
- Les Antieuropéens : des personnes en déficience de connaissances, manipulées via des puissances qui ont tout intérêt à voir l’Europe exploser (ce qui pourrait déjà être une première preuve de son efficience).
- Les eurosceptiques : des impatients qui s’agacent de ses réelles imperfections et notamment de sa lenteur à décider (en cause, lourdeurs des procédures et règle de l’unanimité dans les décisions) l’Europe comme ceux qui la rêvent n’étant pas encore terminée.
Ne perdons pas de vue que l’Europe est toujours en construction. La première pierre n’a été posée qu’en 1957 (traité de Rome). Combien de temps a-t-il fallut pour « construire » les USA (union Nord-Sud définitive) ? Réponse : environ 100 ans (du début de la guerre d'indépendance des États-Unis en 1775, au départ des dernières troupes fédérales du Sud en 1877).
Nous venons tout juste de passer les 50 ans (1957-2017) et ce dans un monde toujours plus complexe et concurrentiel, sans oublier le petit coup d’arrêt de 2005 (rejet du projet de constitution Européenne). Alors restons confiant et croyons ’y encore et toujours ! Avec l’harmonisation fiscale et sociale (toujours en ligne de mire), on pourra enfin dire que le chantier est en voie de s’achever.
Parmi les bienfaits de l’Union Européenne j’en vois un autre qui est rarement cité (du moins pas directement dans ma recherche rapide) : l’union des savoirs et des intelligences Européennes dans lesquelles nous n’avons que du bon à puiser. Nos « arts de vivre » sont très proches et nos différences culturelles ne sont pas tellement plus éloignées que celles des années 50 entre la Bretagne et la Provence, quand elles ne trouvent pas leurs causes essentielles dans des environnements climatiques différents.
Je pense sincèrement que nous avons tout à gagner à être Europhile, … et tout à perdre à nous recroqueviller sur nous-même, dans notre petit espace hexagonal bercé par de mesquines et orgueilleuses croyances franco-françaises, à la merci d’un monde financier prédateur qui ne ferait qu’une bouchée de notre économie.
N’est-ce pas une bêtise que de se croire plus fort seul que groupé ?
Jack
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.