24 décembre 2021

Société Tweeter

Dans notre société actuelle où le manque de temps est le symptôme le plus apparent de ses dérives, moins en moins nombreuses sont les personnes arrivant à lire plus de dix lignes de texte pour s’informer. Pas étonnant que Tweeter et autres réseaux sociaux du genre sont les vecteurs d’information favoris d’une grande majorité de citoyens (vrai manque de temps, paresse, recherche de facilité, papillonnage et superficialité, les ressorts sont variés).

Mais sans le moindre développement, la moindre explication (raisonnement logique ou références vérifiables), comment avoir une information correcte, fiable ?

Un avis politique, économique et même philosophique, ne peut se passer d’un minimum de développement pour se justifier, à la différence de la pure littérature où la forme importe plus que le contenu.

En fait nous sommes entrés dans une société de l’immédiateté qui fait que rares sont les personnes qui ont une bonne connaissance des problèmes. Beaucoup croient le contraire, suite à la lecture de quelques tweets ou de raisonnements à l’emporte-pièce entendus dans une interview, alors qu’en réalité leur information sur une problématique donnée est parcellaire et leur compréhension biaisée. Et si elles sont dans le juste, c’est plus par hasard que par effort d’avoir cherché à comprendre en recoupant l’information disponible le plus objectivement possible.

Autrement dit, nous sommes dans une société de plus en plus complexe que les gens comprennent de moins en moins bien, non pas faute d’intelligence, ni même d’instruction, … mais faute « d’écoute ».

À partir de là, inutile d’expliquer aux électeurs ce qui est complexe, si ce n’est en simplifiant et en caricaturant au point de les tromper.

Et voilà pourquoi les populistes un peu partout dans le monde ont le vent en poupe (Les Zemmour, Trump, Salvini, Bolsonaro, Johnson et autres menteurs patentés).

Pas étonnant que les « sachants » et les élites (économistes, sociologues, scientifiques, …) soient les plus stigmatisés par les plus radicaux d’entre-nous, les moins bien informés le plus souvent (radicalité et désinformation allant généralement de pair).

Vous vous rappelez cette époque, avant internet, où l’on pensait que toute la stupidité collective était due à un manque d’accès à l’information ? … Bon, ben c’était pas ça !” (dixit un inconnu).

Je crois que nos démocraties commencent à peine à rentrer dans une tempête dont personne ne mesure encore l’ampleur et de laquelle rien ne dit qu’elles y survivront (de tous les systèmes politiques, la démocratie est le plus fragile).


@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.