18 décembre 2009

Messagerie et pièces jointes

Évident pour certains, oublié ou inconnu pour d'autres, un petit rappel en la matière ne fera pas de mal ... pour notre sécurité à tous, la votre comme celle de tous vos correspondants.

- se méfier des messages en provenance de personnes inconnues ... surtout s'ils sont en langue étrangère

- NE JAMAIS OUVRIR UNE PIECE JOINTE SANS SAVOIR CE QUE L'ON OUVRE et plus particulièrement ne jamais ouvrir un fichier "exécutable" joint, c'est à dire ayant une des "extensions" (les 3, parfois 4, dernières lettres après le point) suivantes :

.exe (programme)

.bat (fichier "batch" : fichier comportant des instructions exécutables)

.com (programme à exécution automatique)

.scr (économiseur d'écran, qui est un programme)

.zip (fichier compressé pouvant comporter un programme à exécution automatique)

.rar (idem)

Exemple : ouvrez-vite.com

Ceci pour les principales extensions "d'exécutables" , mais il y en a d'autres, des centaines même !

donc : "je ne connais pas le type, je n'ouvre pas !"

De nombreux sites (pour les curieux) donnent la correspondance des extensions. Par exemple :

- http://www.arobase.org/ecole/attach-extensions.htm

- http://www.commentcamarche.net/systemes/format.php3

 

Attention, certains fichiers peuvent avoir plusieurs extensions, justement pour "contourner cette précaution" : on ne voit pas le nom en entier (pour cause de messagerie ou de PC mal configurés), on croit que l'extension est ".txt", sans risque ... et bingo ! ... Pour le virus !

... Car nous étions encore dans le corps du "nom" du fichier, son "extension" véritable étant à la fin. C'est la dernière qui compte

Exemple : jesuisunvirus.txt.jpg.pps.exe

Petite explication : tout système informatique utilise les 3 dernières lettres après le dernier point pour savoir ce qu'il doit faire.

Soit il exécute directement le programme (".exe" ou ".com" par exp), soit "il appelle" un logiciel installé pour ouvrir le fichier.

Exemple : un fichier texte par exemple, comportant l'extension ".txt", va appeler le programme "notepad.exe" (qui n’est autre que le "bloc-note" ouvrant le fichier texte).

Parfois, après avoir appelé un programme interne ("propre") pour s'ouvrir, le fichier "sale" va s'exécuter ... dans la foulée. Tout dépend quel programme du PC est sollicité.

Le bloc-notes "visualise" ce que contient le fichier (généralement les ".txt" mais il peut en visualiser d'autres), toujours sous forme de texte sans jamais procéder à une exécution de ce qu'il peut contenir.

Un fichier ".bat" au contraire, qui est pourtant un fichier texte, ne va pas appeler le bloc-note mais une commande "MS-DOS" (ancien langage de base toujours présent sur nos PC) qui elle, va exécuter les instructions présentes dans le fichier, même sous forme de texte. 

Le cas des fichiers compressés également appelés "archives" (".zip" ou ".rar") : ces fichiers incluent généralement plusieurs autres fichiers, dont certains peuvent justement être des programmes.

Impossible de le savoir sans ouvrir l'archive, mais quand on le fait, c'est trop tard : le programme qu'il peut contenir, si c'est un virus "malin", va s'exécuter automatiquement.

Pas de risque connu pour les photos, diaporamas et fichiers texte (extensions ".jpg" ".gif" ".bmp" ".pps" ".txt")

Exemple : photo.jpg

Il est à ce jour impossible "d'insérer du code" (lignes d'instruction d'un programme) dans une photo (plus exactement, on peut y cacher de telles instructions, mais elles ne peuvent pas s'exécuter car elles restent sous forme de texte que le programme ouvrant la photo, ne pourra pas exécuter).

Pour l'instant, les films (".avi" ".wmv" ".mpeg"), qui ne sont que des successions de photos, ne sont pas des vecteurs de virus.

Les fichiers d'extension ".txt" sont absolument sans risque (sous réserve bien sûr qu'il s'agisse de la véritable extension) puisqu'ils s'ouvrent comme expliqué plus haut (si l'on a pas changé ses réglages par défaut) avec un programme qui ne fait que visualiser ce qu'ils contiennent, sans possibilité d'exécution,

... alors que les fichiers en HTML (extension ".html" ou ".htm") peuvent être piégés. En fait, il s'agit de fichiers "texte" comportant des instructions "interprétables" et "exécutables" par le PC.

Ce format est celui des pages web, ce qui explique qu'en visitant certains sites ... on peut attraper la vérole, même quand le site n’est pas porno (un site sérieux mais dont la sécurité est défaillante, mal protégé, peut être infecté et infecter à son tour ses visiteurs).

Mais tous ces virus et autres bestioles qui traînent sur le web (comme dans la nature) ont une utilité (ce n'est pas "l'écosystème" mais "l'infosystème") : accroître notre vigilance et notre esprit critique !

29 novembre 2009

Oppression contre les fumeurs

Interdits des lieux publics même s'ils sont en plein air (comme les quais de gare), de lieux où les non-fumeurs ne vont généralement pas (comme les tabacs), les fumeurs sont une nouvelle catégorie sociale à abattre.

Les non-fumeurs n'ont pas protégé « leurs espaces » mais se sont approprié « tous les espaces ».

Le « génocide des libertés individuelles » est en marche. « L'arme de destruction massive » : faux prétextes et mauvaise foi.

L'interdiction de fumer dans la rue, on en parle. L'interdiction de fumer chez soi, c'est pour bientôt.

Une new qui donne le ton :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/11/28/fumer-tue-votre-garantie-apple_1273630_651865.html

Extraits :

" ... deux plaintes provenant d'utilisateurs de Mac qui se sont vus refuser des réparations pour cause de "contamination" à la nicotine de leur ordinateur. Les machines étaient bien sous garantie, mais celle-ci s'est révélée inopérante lorsque les clients se sont tournés vers le service après-vente d'Apple."

"Apple n'a pas donné beaucoup de détails sur les conséquence de l'exposition des ordinateurs à la fumée – et a refusé de répondre aux questions de The Consumerist. La firme s'est contentée d'apprendre aux utilisateurs concernés que la nicotine se trouvait sur la liste des substances dangereuses de l'Occupational Safety and Health Administration (OSHA) et qu'elle ne pouvait donc demander l'intervention d'un technicien sur un ordinateur exposé à cette substance."

  

Si vous avez bien compris, le problème n'est pas que la nicotine a endommagé des composants du PC (la fumée n'a d'autres effets que d'encrasser les ventilos à long terme), mais que les techniciens risqueraient leur santé à toucher des composants qui ont été exposés à la nicotine.

C'est bien une démonstration de mauvaise foi (trouver un moyen d'échapper à l'obligation contractuelle de garantie). Bon d'accord, cela se passe aux US, mais les aberrations américaines ne tardent généralement pas à arriver chez nous.

Quand des non-fumeurs dénoncent le danger pour leur santé que représentent les fumeurs en tous lieux (de plein air, comme ceux qu'ils ne sont pas obligés de fréquenter et encore moins d'y séjourner), n'est-ce pas de la mauvaise foi ? Parler du coût collectif des cancers causés par le tabac (n'étant de surcroît pas prouvé qu'il en soit une cause unique et isolée, mais seulement une cause additionnelle), sans parler des économies de retraites et des taxes (60%) engendrées par la collectivité sur la vente de tabac, n'est-ce pas de la mauvaise foi ? Trouver à redire sur ce que chacun décide de faire pour sa propre santé, tout en se réclamant d'une société démocratique, n'est-ce pas de la mauvaise fois ? Dire qu'un produit est toxique pour la santé publique tout en continuant à autoriser sa vente, n'est-ce pas de la mauvaise foi ?

Idée simple et efficace pour prochaine dictature (politique-fiction) : rouvrir des camps d'extermination, mais cette fois-ci pour fumeurs. On en profitera pour y envoyer les chômeurs, les SDF et tous ceux qui sont socialement coûteux ou dérangeants, comme toutes les personnes hors « pensée unique » (je serais donc du voyage). On laissera évidemment se poursuivre la vente libre de tabac pour mieux piéger les fumeurs et on continuera à laisser croire à la liberté d'expression pour coincer les contestataires au régime. Imaginez un peu les économies de sécu, de retraites, de chômage, de coûts indirects des grèves, voire même des procès ou des débats publics. Un monde de rêve, bien aseptisé, pour tous les non-ceci-cela.  

 

Côté tabagisme, ce qui m'empoisonne le plus, c'est « l'activisme » des non-fumeurs envers les fumeurs.

En ce domaine comme dans d'autres, les faux prétextes et la mauvaise foi sont le plus toxique dans les relations humaines.

  

Pour me calmer, je vais m'en griller une !

Double raison qui me permette encore de le faire : mon PC n'est plus sous garantie et surtout, ce n'est pas un Mac ! 

  

  

@+

Jack 

Il est beaucoup moins dangereux d'utiliser son intelligence pour des conneries, que sa connerie pour des trucs intelligents.

20 novembre 2009

Voile, burqa, la France en plein débat

Je suis tombé sur ce débat (par hasard, non pas que je sois UMP ... aucune attache politique) :
http://la-burqa-en-debat.fr/votre-avis.html?page=15
Faites-y un tour, on peut s'y exprimer.

Dans un pays laïque, France comme tout autre pays d'Europe, on peut et doit pouvoir s'exprimer, dire ce que l'on pense, même si cela déplaît.
 
Quand à faire tout ce que l'on veut ?
Pas ceci quand même :
Exemple tenue vestimentaire pour braquage de banque.
J'ai lu quelque part qu'il y aurait eu un précédent (non vérifié).

Personnellement, je suis contre ! ... le vol ... et le voile.
Dans les lieux publics s'entend (se voler ou se voiler soi-même et chez soi n'a rien de répréhensible).
 
Alors ?
Sourate 24 à 33 du Coran : Et dit aux croyantes ....
ou Art. 311-3 à 311-10 du code pénal : le voile (pardon) vol est puni de ...

Bon, je déconne (pas pour les articles du CP). On peut se voiler sans voler, mais il est totalement interdit de voler voilé.

Il me semblait qu'en dehors d'un carnaval (exception coutumière), il n'était pas autorisé de circuler masqué sur la voie publique. Je n'ai pas retrouvé le texte et ai bien peur que le code pénal ne l'interdise pas (expressément du moins). Demain, je vais me promener cagoulé devant le commissariat, histoire de vérifier en pratique.
 
Ha la "religion" ! ... C'est plus une source d'embrouille que de paix sociale.

Pour les amateurs de dictons, je viens d'en découvrir un nouveau : "L'expérience est la somme de toutes les conneries qu'il ne faut plus refaire" (Eric Tabarly).
Hors sujet ? Pas tant que cela : faites une petite révision de l'histoire du catholicisme dans les 2.000 dernières années en Europe.

Je précise (ou rappelle) à toutes fins utiles, que je n'ai absolument rien contre les musulmans (ni contre aucune autre religion) et ne fais pas plus l'amalgame avec les orientaux, tout comme je ne crois pas plus qu'un occidental est forcément chrétien, mais suis opposé à tout prosélytisme, quelque soit la religion, considérant qu’il s’agit d’une déviance menant quasi-inévitablement au fanatisme, donc à l'oppression. 

Toujours est-il, et ce débat le prouve une fois de plus, que la religion est source de discorde. Elle a très exactement un résultat pratique diamétralement opposé à l’objectif théorique qu’elle était sensée avoir.

Une croyance est, et doit rester une affaire personnelle. Quant à en parler publiquement, le sujet doit rester sur un terrain purement philosophique.

Je ne suis pas un “nationaliste”, mais un Européen très attaché aux valeurs laïques. Que chacun pratique le culte qu'il veut, chez lui ou en des lieux appropriés, mais pas ostentatoirement et publiquement, forme de provocation à la laïcité, contraire au choix de la majorité des citoyens Européens.

Quant à ma méfiance sur les religions ... voir le dicton ci-dessus.
 


@+

Jack 

19 novembre 2009

Milliardaires Indiens à la peine !

Inde : le nombre de milliardaires remonte mais leur fortune a subi la crise

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=cbb191a9b85e3f4c039fa5a6bc2f81d4

Extraits :

“Le nombre de milliardaires indiens a quasiment doublé en un an, notamment grâce au rebond de la Bourse après une année 2008 catastrophique, mais leurs fortunes n'atteignent cependant pas encore leur niveau d'avant la crise.

...

En 2007, les quarante plus riches Indiens cumulaient un patrimoine de 351 milliards de dollars, contre 229 milliards cette année.

... Leur fortune globale est estimée à 276 milliards de dollars, soit près du quart du Produit intérieur brut (PIB) indien.

...

L'Inde compte aussi entre 455 millions et 620 millions de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar ou 1,35 dollar par jour, selon les statistiques de la Banque mondiale ou de la Banque asiatique de développement.”

 

Encore une info biaisée !

On compare “fortune” et “dépense journalière”, ce qui n'est pas la même chose ! 

On évoque la fortune personnelle de ces quelques dizaines de milliardaires indiens, sans préciser lesquels d'entre-eux ne dépensent pas plus d' 1.35 $ par jour.

… Et on ne précise pas plus la fortune personnelle de chacun des 620 millions d'indiens, parmi ceux qui atteignent un tel niveau de dépense journalière.

N'est-ce pas scandaleux ?

 

@+

Jack

02 novembre 2009

Répartition des richesses et mécanismes

Ou comment, à partir de fondements sains, a pu se pervertir un système économique.

Certains d'entre-vous trouveront cet article un peu hard, mais il explique très bien le monde dans lequel nous vivons, pourquoi certains sont et resteront (si rien ne change) riches ou pauvres, pourquoi les mécanismes économiques actuels creuseront inévitablement l'écart (avec les conflits sociaux qui vont avec), et au bout du compte (j'extrapole), pourquoi nos sociétés (j'entends à un niveau planétaire) iront à leur perte.

Si les pouvoirs en place (politiques et économiques, généralement liés), persistent à maintenir ces graves distorsions inégalitaires, si ceux qui les mettent en place, les maintiennent ou les acceptent tels quels (nous ! ... les consommateurs) sans prendre conscience qu'il est temps de réviser les mécanismes sociaux-économiques dans lesquels nous baignons actuellement (avec complaisance, par force ou par méconnaissance) pour revenir à des fondements plus sains, alors ces mécanismes dont le degré de perversion approche du point de non retour, broieront tout le monde pour finir dans une explosion de tout "le système" à moyen terme (ou implosion, ce qui fera tout aussi mal .. et à tout le monde, riches ou pauvres).

N'allais pas croire que je vois "un complot" de qui que ce soit, mais plutôt des mécanismes que personne ne maîtrise totalement qui se sont mis en place progressivement (comme l'explique d'ailleurs très bien cet article) avec la révolution industrielle et plus particulièrement dans la deuxième moitié du XX° siècle, entretenus pas ceux qui détiennent le capital (et donc le pouvoir) et passivement accepté, plus par naïveté que par volonté, par tous les autres (ceux qui mettent les pouvoirs en place, par le biais politique ou par celui de la consommation), c'est à dire nous tous.

Bref, je trouve cet article très réaliste et "la critique" pleine de bon sens (ne prenez pas peur aux premières lignes et poussez la lecture, vous verrez que c'est simple à comprendre).

Vivant de mon capital (quoique restant très éloigné, à mon grand regret avoué, du "cercle des grands capitaux"), je n'ai aucun intérêt à le relever ! ... et pourtant (idéalisme et honnêteté intellectuelle oblige).

De plus je ne suis, comme vous, qu'un pauvre consommateur berné (pas totalement, je crois) par tout un tas d'illusions que notre "société de consommation" et ceux qui ont les moyens de le faire entretiennent religieusement, bien impuissant à manipuler ou changer quoique ce soit dans ces mécanismes sociaux-économiques.

 

http://contreinfo.info/prnart.php3?id_article=2867

Extraits :

Que l’humanité dans son ensemble soit devenue plus riche n’implique pas nécessairement une augmentation du bien-être de l’ensemble de la population.

L’accroissement de la richesse n’est pas du tout la même chose que la réduction de la pauvreté.

Avec l’accroissement de la capacité de produire des biens et services dans une telle société, il est nécessaire que les classes inférieures ne parviennent pas à imiter parfaitement les habitudes de consommation de la classe aisée.

... création artificielle de besoins illimités à la fois pour les riches et pour le reste de la société, afin que les riches continuent à élever la barre que les salariés luttent pour atteindre. ...En limitant artificiellement la production pour créer la pénurie.

Les techniques de vente permettent d’atteindre le premier objectif (avec ce que nous appelons la publicité et le marketing) tandis que le second repose sur ce que Veblen nomme le « sabotage industriel », qui consiste en une limitation du potentiel de production de l’économie de manière à maintenir un taux élevé de rendement sur le capital (par le maintien de prix élevés).

Très concrètement, comme chez Platon, la richesse est une cause de pauvreté.

La part de la création de richesse qui contribue au bien commun en permettant d’accroitre la production et les innovations technologiques est elle aussi monopolisée et contrôlée pour maintenir la rareté de la richesse. La richesse est créée non pas par le développement technologique, mais par le contrôle et la limitation de ce développement.

 

@+

Jack

15 septembre 2009

HADOPI : qu'est-ce que c'est et qu'est-ce que nous risquons

Un article très bien fait pour l'expliquer :

Au passage, notez bien :
"Comme les internautes doués en informatique, et même des moins doués, seront bien au courant des possibilités de contourner cette loi, ce ne seront que les néophytes qui auront mal sécurisé leur réseau, qui seront infectés de virus, qui n'auront pas les moyens de payer de logiciel de sécurisation labellisée Hadopi, et qui ne téléchargent que très peu voire pas du tout qui seront sanctionnés.

A défaut d'être poursuivi pour téléchargement illégal, vous pourriez l'être pour ne pas avoir sécurisé votre système !

De la théorie ? ... Pas vraiment !
La pratique est déjà belle et bien à l'œuvre :
- de l'autre côté de la manche (article de 2008) : http://www.ecrans.fr/Accuse,5573.html ... édifiant !

Sans oublier l'aspect le plus important à mon sens : une brèche pour une série d'autres lois et décrets limitant nos libertés, aujourd'hui "fondamentales", demain "minimales".
HADOPI, loi inutile pour protéger les droits d'auteurs car redondante avec celle déjà existante, suffisante et très bien faite sur la protection des droits d'auteur, n'est qu'une façon pour les autorités de chercher à établir un contrôle d'Internet ... et des internautes ... des citoyens !

La libre circulation de l'information a toujours inquiété les pouvoirs en place (quels que soient-ils). Autoroute de l'information ? Oui, mais "contrôlée" et "à péage" !

Si nous laissons faire, si nous ne comprenons pas ce qui se passe, viendra le jour ou Internet se limitera à une grande galerie marchande. Avez-vous remarqué que depuis déjà plusieurs décennies et de plus en plus, nous sommes bien plus souvent qualifiés de "consommateur" que de "citoyen" ? 
Nous l'acceptons sans nous en offusquer, en fait, sans trop nous rendre compte de la portée de cette dérive.

Bien sûr, le plus triste et le plus significatif d'une démocratie qui disparaît, reste néanmoins que la majorité des citoyens consommateurs sont dépassés par la complexité et la technicité du monde dans lequel ils vivent et que de toute façon, les députés sensés les représenter se foutent pas mal de ce qu'ils pensent, bien plus préoccupés par leur propre carrière "politique".

 
@+

Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.
 
Autres liens (et commentaires dont certains sont intéressants) : http://www.latribune.fr/entreprises/communication/telecom-internet/20090911trib000420853/piratage-sur-internet-notre-dossier-complet-avant-le-vote-d-hadopi-2.html
Plus de détails (sur le très sérieux site Wikipédia) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Cr%C3%A9ation_et_Internet
Pour les juristes (le projet de loi) : http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl1831.asp

22 août 2009

De l'essentiel d'internet

Si la crise financière a démontré que l'économie n'avait plus de frontières, que le problème d'un pays était celui de tous, il en est heureusement de même pour les idées et leur libre expression. Étymologiquement « démocratie » veut dire « souveraineté au peuple ». Cela n’a jamais existé et n’existera jamais (pour qu’un pays soit « gouvernable », il faut nécessairement des « gouvernants »).

Mais « le peuple » a-t-il au moins un pouvoir politique ? Entre choix possibles et manipulations idéologiques, rien ne prouve que nous votions en totale liberté. Entre promesses et réalisations des élus, tout démontre que nous n'avons que peu de pouvoir. Mais « peu » n’est pas « aucun », et la nuance a toute son importance.

En fait, la véritable force d'une démocratie, le véritable sens qui se cache derrière ce mot, c'est la possibilité d’un peuple à s’exprimer, à témoigner, échanger, savoir et comprendre, et au bout du compte une chance d'évoluer vers une société plus libre et plus équitable. En la matière, le 100% reste utopique (voire « mécaniquement et humainement impossible »), mais ce qui ne l’est pas, c’est « d’y tendre ».
Un peuple n'a jamais eu de véritable pouvoir direct dans les décisions politiques, mais un véritable pouvoir de faire pression sur ceux qui les prennent, à plus ou moins long terme suivant les régimes, mais inéluctablementsi il a la possibilité de « savoir et faire savoir ».

Et si il y a bien un vecteur par lequel le peuple peut s’exprimer, plus librement et plus largement qu’avant, c’est bien celui de l’Internet. En plus de l’accès et le partage du savoir, Internet a un potentiel démocratique énorme, difficilement contrôlable et s’étendant au-delà des frontières. Internet est la parfaite illustration ce qu’est LA démocratie.
Les médias, sous influence politico-financière ou tout simplement trop facilement censurables, ne peuvent la garantir à eux seuls. La toile ne les remplace pas mais les complète. Un jour et c’est peut-être déjà le cas, ce seront les médias qui la complèteront dans ce rôle protecteur de la démocratie.

Internet c'est bien plus que de la distraction ou de l'échange privé.
Les dernières lois en "opi" que notre gouvernement a fait passer en force, sont bien plus une tentative de contrôler ce formidable moyen d’expression, que de protéger les auteurs. Tous les gouvernements du Monde ont bien compris sa puissance et tout pouvoir cherche naturellement à maîtriser ce qui pourrait être un contre-pouvoir.

Pour qu'une économie fonctionne, l'argent doit circuler. Pour qu'une société évolue, l'information doit faire de même.
Un blogueur dont j’avais apprécié les idées (lien communiqué il y a un bon bout de temps) écrivait « nous ne sommes que des nœuds d’information ». Un prof de droit (que j’appréciais également) nous disait que « l’être humain en a été réduit à une unité économique ».Tout ceci est vrai, à la différence plus optimiste et prometteuse, que chacun de ces « nœuds » (ben oui, j’en suis aussi un) est essentiel à l’évolution de la société humaine, et que chaque « unité économique » a tout de même la possibilité d’être un peu plus que cela.

Tout tient dans un simple mot : « possibilité ».
A chacun le choix de se forger ou non une opinion sur ce qui l’entoure. A chacun le choix de la faire connaître ou non. A chacun le choix de « discuter » ou non de l’opinion des autres. Ce sont ces échanges qui forgent nos convictions « politiques » (au sens large, sur la société dans laquelle nous voulons vivre), que nous exprimons dans les urnes quand tout va bien ou dans la rue dans le cas contraire. Sans ces échanges, la révolution Française n’aurait pas eu lieu.

Une évidence ? Bien sûr, mais bonne à rappeler lorsque l’on entend trop souvent « de toute façon on y peut rien, la démocratie n’existe pas, voter ne sert à rien, les misères et les massacres dans le monde existerons toujours, …. ».
Sans communication, qu’elle soit celle des médias ou celle des individus, nous n’aurions pas conscience de ce qui se passe vraiment en Iran, au Tibet, au Darfour ou ailleurs. Nous penserions encore (c’était le cas au XIX°) que les Chinois sont des barbares étranges et incompréhensibles, nous ne comprendrions pas la fragilité d’une démocratie et ne serions pas à l’abri de la perdre (comme ce fût le cas dans l’Allemagne d’avant-guerre et comme c’est encore le cas dans de nombreux petits pays du monde). En fait, nous ne penserions toujours pas par nous même et sans doute en serions-nous encore au stade de croire que la terre est plate et que le soleil est un dieu.

Pour un peuple d’esclave, philosopher est un luxe. Pour un peuple émancipé, philosopher pourrait bien être un devoir, en tout cas une responsabilité à assumer. J’entends par “philosopher”, se forger une idée personnelle sur un sujet et la faire connaître, non pas pour de vils mobiles (vanité, manipulation) mais bien pour susciter d’autres personnes à y réfléchir, voire à en discuter. Nous le faisons tout naturellement entre amis autour d’un verre, d’une table ou d’autre chose. Le faire avec Internet c’est étendre l’audience, quitte à sortir du cercle amical, pour un échange plus large des idées, une circulation ininterrompue de l’information.

Profitons donc de ce formidable “outil” de communication et d’expression démocratique qu’est Internet, défendons-le et ne votons pas pour les politiques qui y voient plus de mal que de bien.
Mais la liberté d'expression, c'est également celle de ne pas l'utiliser. C’est également pour cela que l’on dit que la démocratie porte en elle les germes de sa propre annihilation.
 
@+
Jack
Il est beaucoup moins dangereux d'utiliser son intelligence pour des conneries, que sa connerie pour des trucs intelligents.

26 mai 2009

Démocratie en danger - la série des lois en "i" comme dans interdit

Lisez donc :

Après la Dadvsi et Hadopi, bientôt la Loppsi 2

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/18/apres-la-dadvsi-et-hadopi-bientot-la-loppsi-2_1187141_651865.html

Extrait :

La loi Hadopi est donc - avec quelques houleux retards à l'allumage - finalement votée. Avec la loi Dadvsi de 2006 sur le droit d'auteur, qui avait également provoqué un tollé, voici que se profile Loppsi, élargissant encore le champ sécuritaire lié aux nouvelles technologies. Mis bout à bout, ces trois éléments forment le véritable arsenal de la "cybersécurité", promue priorité par Nicolas Sarkozy.

ET

La loi Loppsi veut renforcer la lutte contre la pédopornographie... et le contrôle d'Internet

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-loi-loppsi-veut-renforcer-la-lutte-contre-la-pedopornographie-et-le-controle-d-internet-28611.html

Extrait :

Pour Jean-Michel Planche, il s'agit d'un « enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet »
Une perspective qui inquiète Jean-Michel Planche, le PDG de Witbe qui siège à la CCRSCE (Commission consultative des réseaux et services de communications électroniques). C'est en tant que membre de cet organisme qu'il a été consulté par le ministère de l'Intérieur, le 27 avril, sur le projet Loppsi... et qu'il n'a pas manqué de dire tout le mal qu'il pense des mesures prévues par la loi, et qu'il nous détaille dans une interview avec LeMondeInformatique.fr. Selon lui, cette nouvelle « usine à gaz » qu'est la Loppsi se montrera non seulement incapable d'atteindre le but que le législateur entend lui conférer, mais contribuera surtout à « l'enterrement en première classe de la notion de neutralité d'Internet ». En instaurant un filtrage des contenus au niveau des FAI, « on aura placé une technique d'écoute systématique et de reroutage, à l'insu de notre plein gré, contrôlable par un tiers extérieur au coeur de tous nos échanges numériques ». Pour lui, le gouvernement français nous prépare « un Internet chinois ».

 

Les premières (Dadvsi et Hadopi) on les a voulues, on les a votées, on les a !

Non ? ... les députés que nous élisons ne nous représenteraient-ils pas, ne parleraient-ils pas en notre nom ?

La troisième (sans doute comme celles qui suivront) ... on finira par l'avoir aussi.

Pour ceux et celles qui ne veulent pas lire l'interview (explications du pourquoi/comment), ou n'ont que trop peu de notions informatiques comme sur le fonctionnement d'Internet, cela veut dire :

- que cette loi laisse de grands blancs à remplir aux soins et la à la discrétion du gouvernement

- que votre navigation sera bridée et votre courrier filtré 

- MAIS que tout cet arsenal mis en place n'empêchera nullement la cybercriminalité d'œuvrer (comme de s'introduire dans votre PC)

Résultat : une surveillance du réseau Internet à la Chinoise (ou autres dictatures) touchant l'internaute moyen sans aucun effet sur les spécialistes (hackers gentils ou méchants). Pour simplifier : vous ne pourrez pas voir ou échanger ce que vous voulez mais on pourra vous montrer ce que vous ne voulez pas voir (à l'extrême, sur un pc infecté, vos enfants aurons soudainement accès sans le vouloir à des sites pornos ou extrémistes). Vous pourriez même risquer de vous mettre "hors la loi" sans le vouloir.

Comme le dit Jean-Michel Planche, "Il ne faut pas que le contrôle incombe à l'Administration mais à l'utilisateur".

Cela me semble découler du bon sens. Mais non, au lieu de faire évoluer l'internaute (formation, information) et lui donner des outils de protection, on le traite comme un enfant que l'on surveille et "éduque" à coups d'interdictions et de sanctions, tel un total irresponsable (idem sur la route).

"L'Etat nous protège, réfléchit pour nous, sait mieux que nous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !". Voici comment semble penser la majorité du peuple Français.

Et puisque nous l'avons voulu et que nous l'avons cette "dérive de pensée",

... et bien on finira bien par l'avoir cette "dérive politique" (en douceur pour l'instant, comme toujours dans l'histoire), qui fait qu'un pays passe de la démocratie à la dictature.

Certes nous en sommes encore loin mais vu le nombre de lois "qui passent en force", sans aucune véritable opposition, dans ce domaine comme dans bien d'autres souvent passés sous silence, je me demande vraiment si nous n'en prenons pas le chemin. 

Vous seriez surpris du nombre actuel de projets de loi qui écartent de plus en plus l'intervention du juge (quand elles ne visent pas directement la liberté d'expression et la presse). Dernier projet en date : confiscation et vente du véhicule au profit de l'Etat pour infraction grave au code de la route, dont excès de vitesse supérieur à 50 Km/h (sur certains véhicules et en conditions de sécurité, c'est très vite atteint), mais surtout et encore une fois, sans l'intervention du juge (il avait pourtant déjà la possibilité d'ordonner la saisie pour certaines infractions d'une gravité exceptionnelle, mais on veut lui retirer cette prérogative au profit de l'administration).

La liberté est un ingrédient limité et non extensible. Plus les "gouvernants" en prennent, moins les "gouvernés" en ont.

Démocratie en danger ?

Oui, quand le grand principe républicain de la "séparation des pouvoirs" entre la justice et l'Etat devient plus théorique que réel.

Oui, dés que l'on commence à écarter le juge dans les interventions administratives touchant nos libertés individuelles et notre droit à la propriété (pourtant légalement et constitutionnellement garanties ... en théorie).

Oui, dés que l'on commence à faire pression sur la liberté de la presse, que l'on porte atteinte à la liberté d'expression, que l'on cherche à contrôler la circulation de l'information ... encore et toujours sous de faux prétextes sécuritaires, "pour votre bien", pour vous protéger des autres et, comme on l'entend de plus en plus souvent, ... de vous-même ("je te prive de liberté mais c'est pour ton bien").

 

@+

Jack 

 

11 mai 2009

Conseils financiers : méfiance

A la question “où et comment placer son épargne”, j'ai bien quelques idées mais comme tout le monde en ce moment, j'ai beaucoup plus d'incertitudes. De plus mes "quelques idées" sont bien trop techniques et spécifiques (pour ne pas dire "spéculatives") pour qui n'est pas à longueur de journée immergé dans ce bouillon de culture financière … qui ne passionne que les "joueurs impénitents" comme moi.
 
Mais pour le néophyte, j'ai un conseil financier à donner : méfiez vous des conseils financiers !
C'est valable depuis tous temps (et je n'ai eu de cesse de le répéter) mais en ces temps d'intenses "manipulations", c'est encore plus vrai.
Je viens de lire une bonne synthèse pour expliquer, logiquement et techniquement, pourquoi les offres du "conseiller financier" de votre banque sont à écouter avec la plus grande suspicion. D'accord, vous vous en doutiez bien un peu (les banques ne sont pas des organismes de bienfaisance), mais comment ça marche ?
 
Certains pensent que la banque gagnera (ou perdra) en proportion de ce que vous gagnerez (ou perdrez) sur le placement qu'elle vous aura proposé. Que votre intérêt est commun. Pas du tout !
 
D'abord parce que ce n'est pas forcément dans les produits proposés qu'elle place "ses billes" (seulement les vôtres), ensuite parce que ses commissions sont assises sur ce que vous placez ou retirez (frais de gestion, d'entrée, d'apports et d'arbitrages) et non sur la rentabilité du produit (même s'il existe quelques exceptions, son risque de taux est sans commune mesure avec votre risque en capital), mais encore et surtout pour les raisons simples à comprendre qui suivent.
 
Pour le reste, n'attendez pas une piste pour trouver le meilleur placement, mais une indication pour éviter les mauvais ! 
En la matière, on ne peut envisager de saisir les opportunités qu'après avoir sérieusement envisagé les pièges, les premières étant bien sûr plus rares que les seconds.
 
 
@+

Jack
bourso-cyber dépendant

Extraits de ”MEFIEZ-VOUS DES CONSEILLERS FINANCIERS INTERESSES”Par Frédéric Laurent (*)
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L'investissement de votre épargne, objet de sacrifices de toute une vie de travail, mérite bien un minimum de temps. Quel que soit l'investissement que vous choisirez -- un contrat d'assurance vie, un portefeuille de titres, un investissement dans l'immobilier locatif --, il faut surtout qu'il réponde précisément à vos besoins. A qui donc se fier ?
L'ambiguïté de la rémunération du conseiller
De trop nombreux abus sont constatés avec les prétendus bons conseils, prodigués par les vautours de la profession. En cause : leur mode de rémunération.

Pourtant, dans les pays anglo-saxons, presque tous les conseillers financiers sont payés sur la base d'honoraires. C'est le même principe que pour les avocats : les honoraires sont facturés au temps passé.
Ce mode de rémunération, pourtant logique, n'arrive pas à percer dans l'Hexagone. Chez nous, les conseillers, qui doivent vivre de leurs prescriptions, ont trouvé un autre système : ils se rémunèrent sur des commissions provenant des produits souscrits. Du coup, on se doute que le conseil n'est plus forcément donné avec toute l'objectivité souhaitée.
Pire, les commissions elles-mêmes font souvent preuve d'opacité. Cela aboutit pour les clients à des ventes forcées, à des recommandations inadaptées.
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Des conseils pour le profit... des conseillers
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L'objectif de la direction : faire rentrer du contrat, que ce soit un contrat d'assurance vie, un PEA, un livret épargne, un Livret A ces derniers mois, un crédit à la consommation... Bref, tout ce qui se vend et qui rapporte à la banque, avant de vous rapporter à vous.
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Un système de commissions pousse-au-crime
Dans presque toutes les banques françaises, les conseillers de clientèle reçoivent des commissions. Avec pour principale logique, l'intérêt... de la banque. Ainsi, le conseiller va percevoir neuf euros pour 15 000 euros placés en fonds actions sur un contrat d'assurance vie, alors qu'il ne touchera que 0,90 euros pour placer la même somme en fonds en euros.

Pis, cette commission est récurrente, c'est-à-dire que la banque va toucher une commission pour chaque année de vie du contrat. Cette commission est beaucoup plus importante sur les fonds en actions.
…/…
En l'absence de formation spécialisée, ils vont avant tout chercher à répondre aux objectifs fixés par leur hiérarchie et... à conserver leur place en ces temps difficiles.
Repérez les mauvais signes
Soyez encore plus prudent que par le passé, car les banques doivent maintenant regagner de l'argent, c'est une question de survie. Un air hautain, surtout chez un jeune conseiller de 23 ans, est souvent signe d'inexpérience. Un argumentaire avec un phrasé mécanique peut cacher l'incompétence.

Prenez garde le jour où votre conseiller vous appelle pour vous proposer le "meilleur placement, sans risques". Il s'agit souvent de terminer un stock de produits financiers ou de vous passer une "patate chaude".
Malheureusement, trop souvent, les conseillers sont là uniquement pour placer le produit le mieux commissionné. Si vous avez le sentiment que c'est le cas, demandez à bénéficier des services de la banque privée de votre établissement (généralement réservés aux gros patrimoines).
Enfin, suivez régulièrement l'évolution des propositions que vous suggère votre interlocuteur, car un patrimoine se gère sur le long terme et la diversification est le garant de sa protection.
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent,
Pour la Chronique Agora

30 avril 2009

Nos libertés en danger

Encore un qui a loupé une occasion de se taire :
 
Libertés publiques : Internet est une commodité, pas un droit fondamental, estime Franck Riester, député UMP
jeudi 30 avril
le député UMP de Seine-et-Marne Franck Riester, rapporteur du projet de loi Hadopi, défend le principe de sanction prévu par le texte.
http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=6532
 
Ce qui revient à dire que s'informer ou s'exprimer librement, Internet étant une forme d'expression comme une autre (tout comme l'expression verbale, écrite ou visuelle, préexistantes au Web), n'est pas (plus) un droit fondamental !
 
Quant à la teneur de ce projet de loi et ce qu'il recèle, voir PS en fin.
Si je ne suis encore jamais descendu dans la rue pour manifester, je le ferai volontiers si une telle loi devait passer.
 
Précisions :
 
Bien sûr qu'il faut poursuivre et punir le plagiat, la copie illégale, le vol de droits d'auteurs, de brevets et toutes formes de contrefaçon.
Notre droit le prévoit depuis longtemps et les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985 (code de la propriété intellectuelle) me semblent parfaitement adaptées (Internet inclus) et suffisantes.
C'est à celui (particulier comme entreprise) qui s'estime lésé d'initier les poursuites (tant civiles, commerciales que pénales), non pas à l'Etat de faire "sa police" tous azimuts et sans discernement. C'est en tout cas les moyens que lui donnera cette nouvelle loi.
 
Bien sûr qu'il faut sanctionner et décourager le piratage par le biais d'Internet, mais pas n'importe comment, même quand l'auteur ne s'en plaint pas (c'est le cas de certains concepteurs de logiciels qui font eux-mêmes circuler leur propre crack pour faire connaître leur produit), et surtout à l’encontre de n'importe qui.
Il y a une différence énorme entre le particulier qui pirate occasionnellement un truc au hasard d'Internet, parfois ("souvent" même, à y réfléchir) sans trop le savoir, et celui qui en fait commerce. Cette loi ne fera pas la distinction. De surcroît elle donne, une fois plus, des pouvoirs exorbitants aux instances gouvernementales (une fois encore, le juge est "contourné").
 
La majorité des médias étant maintenant concentrés entre quelques mains, je persiste à croire que le seul véritable rempart à la libre expression et donc à la préservation de ce que l'on appelle encore "démocratie", reste Internet (même la Chine est obligée de composer avec).
 
Si à chaque fois que nous faisons circuler une info nous devions nous inquiéter préalablement de savoir si c'est avec l'accord de son auteur (ou de celui qui a reçu les droits de ce dernier pour la publier), nous ne ferions plus rien "circuler", d'autant qu'à bien y regarder et en faisant une application stricte et théorique des droits d'auteurs, LA MAJORITE DES PUBLICATIONS SUR INTERNET NE PEUVENT ETRE COPIEES OU ETRE RELAYEES SANS L'ACCORD EXPLICITE DE SON AUTEUR (son silence ne vaut pas accord).
 
Ceci était donc déjà prévu dans le code de la propriété intellectuelle, mais tant que l'auteur ne défendait pas ses droits, n'y voyait pas d'inconvénient ou ne se manifestait pas, ce risque "théorique" restait marginal. Si l'Etat se substitut automatiquement à la défense des droits d'auteur, sans même leur demander leur avis et en poursuivant quand bon lui semblera, les jours de la liberté sur Internet et donc ceux de nos libertés tout court, sont comptés.
Pour exemple, je suis passible de poursuites, là et maintenant, en vous relayant l'information ci-dessus (je n'ai pas demandé l'accord à Contre-Info pour faire mon "copié-collé" et vous le transmettre).
 
Faite à l'origine pour défendre l'expansion des copies illégales d'œuvres musicales et cinématographiques, cette loi "anti-piratage" s'étend à tout ce que l'on peut récupérer sur Internet sans l'accord de l'auteur (99.999% d'internautes dans ce cas), sans distinction entre "professionnels du piratage" (aucun risque pour eux, puisqu'ils sont généralement dans des pays ou notre loi n'est pas applicable) et particuliers. Ce sont eux, nous, qui payerons les pots cassés, soit en se faisant poursuivre pour un oui ou pour un non « au bon vouloir de l’Etat », soit en voyant la toile s’appauvrir de plus en plus … sauf pour la pub qui, comme la Caulerpa, finira bien par remplacer « tout ce qui vit sur Internet ».
 
Sans doute que pour ce député (et ceux qui l'approuvent), Internet n'est qu'un moyen de se taper de la pub et d'acheter un peu plus et n'importe quoi. Certainement pas, pour lui, un moyen de s'informer et faire circuler l'information.
 
Comme sur les routes, je ne vois dans cette loi qu’une nouvelle pompe à fric et un nouveau moyen pour l'Etat de resserrer un peu plus l'étau sur les quelques libertés individuelles qui nous restent. Après cette loi, ne restera plus qu'à pondre quelques décrets pour "automatiser les poursuites" comme avec les radars routiers, et le tour sera joué.
 
En attendant pire, les amateurs(trices) de Youtube et autres sites du genre, risquent fort de s'y ennuyer dans un proche avenir.
 
@+
Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.
 
PS : Pour les curieux, un résumé (même si il est "discuté") de cette loi :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Hadopi
Notez au passage, "l'esprit de ce texte" : :
... une sanction administrative
... charge de la preuve incombe à l'internaute sanctionné sans intervention du juge
... Si la coupure internet n'est pas rendue possible par le FAI pour cause technique, celui-ci formulerait à l'internaute l'injonction d'installer sur son ordinateur un logiciel de sécurisation payant et non interopérable
... et "notez" enfin :
Le 10 avril 2008, le Parlement Européen a adopté une résolution qui engage les États membres « à éviter l'adoption de mesures allant à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif, telles que l'interruption de l'accès à internet ». Une résolution n'a pas force de loi, mais indique la volonté du parlement.
... mais "l'Etat Français" s'en fout !

06 avril 2009

Un peuple se reconnait à sa voilure

Dans certains pays, ceci n’est pas toléré  :

… car contraire aux coutumes locales et interprété comme une insulte à la religion.
 
Soit ! A chacun ses choix politico-religieux, de « style de vie », et c’est bien le concept principal de « Nation », qui forme et unit un peuple.
Dans le « notre » de peuple (« l’Union Européenne »), nous ne devrions pas tolérer cela :
… car contraire à notre style de vie et interprétable comme une insulte à la laïcité.
 
Nous commençons à peine, au bout de plusieurs siècles, à nous débarrasser de ces « coutumes costumées » là :


… de moins en moins ostentatoires d’ailleurs (beaucoup moins dans la rue il me semble),
... alors nous n’allons tout de même pas en rajouter un nouveau !

 
Personnellement, je respecte toutes les différences et approuve tous les échanges culturels, les unions interethniques, la liberté d’expression et de culte, de choix à tous les titres … tant qu’ils ne se heurtent pas au consensus général d’un peuple, processus qui mène au contraire à l’intolérance multiculturelle, à la xénophobie.

Le monde évolue par l’échange des savoirs et des cultures, tant que ces interactions se font de façon harmonieuse, par le biais d’une acceptation consciente et volontaire des individus, hors toute forme de prosélytisme, qu’il soit verbal ou visuel.

Il y a une différence entre exprimer sa pensée et l’imposer, entre espérer que l’autre nous comprenne et souhaiter qu’il pense comme nous. C'est la même qui sépare l'acceptation des différences, de la contrainte par l’uniformisation.

 
@+
Jack 
Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.