30 octobre 2013

Concurrence fiscale

Ne confondons pas « injustice fiscale » et « fiscalité incohérente ».

J’irais même beaucoup plus loin : plutôt que de demander aux gens d’être bons et honnêtes (sans contrepartie, si ce n’est la promesse du paradis), mieux vaut faire en sorte qu’ils aient tout intérêt à l’être.

La fiscalité est objective par essence. Il n’y a aucune subjectivité dans son application, elle n’a pas à faire appel aux bons sentiments et aux nationalismes primaires. Seuls ceux qui ne paient pas d’impôts ou ne peuvent rien faire pour y échapper évoquent de tels « devoirs » (ne soyons pas hypocrite).

Une fiscalité « intelligente » doit être mesurée : ne pas démotiver au gain, et au mieux l’encourager. Mais surtout, elle doit rester « concurrentielle » : pas plus forte qu’un pays de même niveau de vie. L’évasion fiscale n’est pas une spécificité Française, mais une conséquence logique que tout pays connaît quand la pression fiscale dépasse celle de ses voisins (à cadre de vie égal).

Je ne reproche pas aux personnes fortunées d’aller s’installer en Suisse ou demander la nationalité Russe ou Belge s’ils y trouvent leur intérêt (fiscalité moins pesante et cadre de vie comparativement acceptable pour eux). Par contre, je reproche au gouvernement d’inciter ces personnes à le faire (indirectement, par une fiscalité mal branlée).

Et ce gouvernement qui décidément n’a pas tout compris et semble si mal conseillé, persiste dans sa bévue en décourageant maintenant la petite épargne à se constituer.

Or l’épargne est le carburant et l’assurance d’un pays. Le carburant pour faire tourner son économie et l’assurance pour parer aux coups durs (récessions mondiales, catastrophes naturelles, …). J’avais d’ailleurs fait un billet sur le rôle de l’épargne en cas de catastrophe.

Moins un pays a d’épargne, plus il est fragile et économiquement instable.

 

PS : je me dois d’apporter une information complémentaire à mon billet précédent (dont celui-ci est un peu la suite) : la “petite” marche arrière du gouvernement sur la loi que les députés avaient votée récemment

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20131027trib000792642/taxation-de-l-epargne-bercy-recule-sauf-sur-l-assurance-vie.html

Comme quoi, je n’ai pas été le seul à trouver incohérente cette taxation de l’épargne (de mon point de vue, elle l’est toujours, même si maintenant un tout petit moins, juste à un poil prés).

29 octobre 2013

Fondamentalisme religieux : les sources du mal

Les gouvernements arabo-musulmans seraient-ils l'héritage du colonialisme européen ? L'Afrique et le proche orient seraient-ils encore sous l'emprise de lobbies économiques et financiers occidentaux qui maintiendraient leurs marionnettes au pouvoir pour mieux piller leurs ressources ?

C'est évident ! … Et pire encore. Il est probable qu'en sous-mains et toujours pour des raisons économiques, nos États occidentaux exacerberaient toutes formes de fanatismes idéologiques pour mieux manipuler les dirigeants et les peuples dont ils exploitent les richesses naturelles.

Le simple citoyen que nous sommes doit-il se taire et laisser faire au prétexte que ces mécanismes lui échappent, mais encore et surtout, parce qu’il n’en est pas la victime immédiate mais au contraire le bénéficiaire final ?

Voilà bien la racine du mal : les déséquilibres et les injustices dans le partage des richesses de notre planète. De là naissent la colère et l’incompréhension, qui habilement exploitées,  mènent aux guerres.

Alors que faire à notre niveau ? Chercher à comprendre puis dénoncer dés que nous le pouvons, ce qui ne nous parait pas moralement acceptable, non pas simplement au nom de la morale et de la justice, mais plus largement pour inciter nos gouvernants à prendre des décisions qui aillent dans le bon sens, pour le bien de tous, et non pour servir les intérêts court-termistes de quelques ’uns.

Dans des nations démocratiques, où le peuple a la possibilité de choisir ses dirigeants, l'opinion est entendue et respectée, même si elle est un peu manipulée. Nombre de gouvernements sont tombés en raison de leurs excès ou de leur absence d'intervention sur les pratiques que l'opinion publique dénonçait.

L'exploitation des richesses et la manipulation des dirigeants de pays pauvres (en structures sociales et démocratiques, plus qu'en richesses de sol) est le fait de tous les pays qui le peuvent financièrement et techniquement (la Chine ne se gène pas). Il faut le dénoncer même si il sera toujours très compliqué de l'empêcher (voire de le prouver). 

Que pouvons-nous y faire, à notre niveau de simple citoyen si ce n’est en votant, en parlant, en manifestant ou en communiquant sous toutes formes et à tous niveaux possibles pour que le plus grand nombre ait, si ce n’est la meilleure information (on fait avec ce que l’on a), tout au moins la meilleure analyse critique de celle qui nous parvient ?

Voilà pour les sources, les origines du mal. Qu’en est-il de son développement actuel ?

Le fondamentalisme religieux qui n’est qu’un instrument de pouvoir, de manipulation des peuples, comme il l’a toujours été, en Europe comme ailleurs, depuis que la civilisation existe, atteignant son paroxysme de l’absurdité intellectuelle pendant l’inquisition avec le catholicisme et aujourd’hui avec l’islam. Il puise ses sources dans la pauvreté matérielle et morale de populations exploitées, avec l’apparence de la seule réponse à l'iniquité du monde des humains. Or l’extrémisme, comme la haine, s’auto-entretiennent, avec un risque de racisme et de montée de l'anti-islamisme.

Les solutions ? Combattre la misère, les dogmes dont sont tissées les religions, la corruption. Tout cela ne peut se faire que collectivement, avec patience et opiniâtreté sur le long terme. Mais encore faut-il « commencer » à le faire !

Nos outils : la pression populaire dans les pays démocratiques pour que leurs gouvernements imposent des règles éthiques aux grands lobbies économiques de la planète, incitant à la démocratisation des pays qu'ils exploitent. Pour qu’ils mettent en place des mécanismes permettant l’accès gratuit, facilité, subventionné, à la connaissance pour tous. Pour que des règles internationales soient clairement édictées et surtout appliquées en vue de reconnaître à chaque enfant, dés sa naissance et où qu’il soit, un droit intangible à l’enseignement et au bien sûr, l’un n’allant pas sans l’autre, le droit au minimum vital (aucune tête ne peut se remplir si le ventre est vide).

Pour l'instant et dans l'urgence, c'est la dénonciation de toutes formes d'extrémisme.

 

@+

Jack 

Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'ils le font par conviction religieuse.” Citation Blaise Pascal.

26 octobre 2013

Epargner pour sa retraite … ou pour l’Etat ?

Après la chasse aux hauts revenus, voici celle de l’épargne, tous azimuts, incluant la « petite épargne ». A force, il ne va plus rester grand monde en France pour payer !

Notez « le coup bas » : vote discret et à effet rétroactif !

PEA, PEL, assurance-vie: quand l'État rompt le contrat de confiance avec les épargnants

Le Point le 25/10/2013

http://www.boursorama.com/actualites/pea-pel-assurance-vie-quand-l-tat-rompt-le-contrat-de-confiance-avec-les-epargnants-a3a3c685f964e14f9065da9a677e4e53

Extrait :

« Le gouvernement va chercher l'argent là où il est : dans la poche des épargnants. Mercredi, les députés ont approuvé l'augmentation rétroactive des prélèvements sociaux ... Où comment augmenter les prélèvements sans monter les taux. 15,5 % pour tous les gains. »

 

Je fais partie des déçus du Sarkosisme principalement à cause des entourloupes fiscales, mais ne me voici pas mieux servi sur ce plan (si je ne m’attendais pas à moins de fiscalité, j’espérais plus de transparence et surtout plus de logique ... c’est raté !). Dans les bureaux, ce doit être les mêmes experts qui concoctent les propositions fiscales, toujours plus sournoises les unes que les autres.

Sûr que lorsque que l’on lit que le CAE, le Conseil d’Analyse Économique auprès du premier ministre, écrit  dans un rapport : « les économistes s'accordent pour considérer que parmi tous les revenus du capital, les revenus fonciers devraient être les plus lourdement imposés : la majeure partie de ces revenus est de la rente (la rente foncière) qui peut être taxée sans effet négatif sur l'économie.»

Source : Encadrement des loyers : la Fnaim épingle les "élucubrations" de conseillers d'Ayrault - AFP le 25/10/2013 (http://www.boursorama.com/actualites/encadrement-des-loyers-la-fnaim-epingle-les-elucubrations-de-conseillers-d-ayrault-e5ff5d43e118d5b392ef05de1aa9b122)

 

... l’investissement immobilier sans effet négatif sur l’économie ? Voilà bien une ânerie que ne dirait même pas un étudiant de première année en économie. « Les économistes s’accordent pour considérer ... », mais où le CAE est-il allé chercher ceux-là ?

Outre qu’un impôt de trop est de la consommation en moins, le principal moteur de l’économie après la consommation, est justement l’immobilier (habitation, investissement locatif, entretien). « Quand le bâtiment va, tout va », mais si notre gouvernement s’entoure de conseillers de ce niveau, on peut comprendre pourquoi rien ne va plus. Inquiétant !

En France, nous avons une spécialité : une fiscalité bien tordue ! ... Même les spécialistes ne sont pas certains de s’y retrouver. ... Mais rassurez-vous c’est voulu ! Objectif : que le contribuable lambda n’y comprenne rien (« paye et tais-toi »), voire même qu’il croie que la charge fiscale n’augmente pas ou très peu (Sarko arrivait même à faire croire qu’elle diminuait), alors qu’au contraire elle augmente fortement.

Discours officiel de campagne : pas d’augmentation des impôts ... « sur le revenu » (comme si ce n’était que le seul impôt).

La réalité : hausse des prélèvements sociaux (pour rappel, le passage à 15.50% c’est sous Sarko), baisse de la participation de l’État aux collectivités qui se traduit mécaniquement par une hausse des impôts locaux, suppression des exonérations (comme celle liée à la durée de détention sur l’immobilier, encore Sarko), baisse des plafonnements ou des réductions fiscales habituelles (qui ne sont autre que des hausses fiscales déguisées), ... et j’en passe, car la liste de la fiscalité non immédiatement « visible » est longue !

Mais oui mais c’est bien sûr : « travailler plus pour gagner payer plus » !

Et je ne parle pas de la fiscalité en hausse continue sur les placements à risque (actions mais aussi l’assurance vie qui contrairement à une croyance répandue, est aussi un placement risqué). Le risque de perte en capital (pouvant être total sur actions) n’est pas pris en compte. Quand l’épargne aura définitivement déserté la bourse (française) et que les entreprises devront chercher ailleurs les capitaux dont elles ont besoin, nos gouvernants finiront peut-être par comprendre.

Pas étonnant que les capitaux fuient le pays, pas étonnant que les entreprises « suivent ».

Dans une économie mondialisée, tout le monde a compris la mise en concurrence des biens et services. Il serait temps que nos dirigeants (et ceux qui les conseillent) comprennent qu’il en est de même pour la fiscalité.

 

12 juin 2013

Arnaque d'Etat (fiscale)

Quand le fisc et les banques s’associent pour vous plumer :

Comment Bercy fait deux fois les poches des épargnants

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130611trib000769665/comment-bercy-fait-deux-fois-les-poches-des-epargnants.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20130612

C’est contraire à un grand principe juridique (et de bon sens) de notre fiscalité : on ne peut être imposé doublement (même revenu, même impôt).

Qu’il s’agisse de ce dont parle l’article (intérêts sur livrets) ou d’autre revenus, le doute étant maintenant bien installé, ne vous laissez pas faire l’année prochaine lors de votre prochaine déclaration !

... Déjà que sous prétexte qu’il ne s’agit pas du même type de revenu (*) vos économies sont déjà doublement imposées dans les faits (mais pas en théorie) : lorsque vous les constituez au titre des revenus d’activité (salaires ou autres), puis lorsque vous les placez au titre des revenus de placement (mobiliers ou fonciers).

(*) … et jusqu’à présent pas du même impôt, ce qui va changer l’année prochaine par l’intégration des revenus de capitaux dans les revenus du travail.

 

@+

Jack  

 

10 juin 2013

Restons rationnel ! ... N’avalons pas n'importe quoi et gare à la manipulation

Même si nous sommes très loin de tout savoir, servons-nous de nos connaissances actuelles pour rester rationnel. Si certains de nos ancêtres ne l’avaient pas fait, nous en serions encore à croire que la terre est plate et qu’il faut continuer à brûler des vierges en haut de l’autel pour plaire aux dieux (et je ne serais pas en train d’écrire ces lignes).

Sur ce qu’il faut ou non croire, tout est dit et bien dit dans cette petite vidéo :

http://www.dailymotion.com/contest/tvlabfrance4/videos#video=x10bjv8 (*)

 

Toutes les formes disponibles de diffusion de l’information sont indispensables à nous maintenir dans la connaissance, à la faire évoluer, et la TV a aussi ce rôle. Mais elle peut avoir l’effet inverse, nous rendre plus stupides en nous manipulant ou en distillant des programmes abêtissants. Le remède à cet effet pervers n’est certainement pas le contrôle des médias qui doivent rester entièrement libres, mais le contrôle par chacun de nous de ce qui termine le haut de notre personne (vous savez, cet organe qui ressemble à un gros paquet de mou et que nous avons derrière les yeux).

C’est aux téléspectateurs de faire des choix, pas aux médias (qui ne font que répondre à la demande). … Et c’est ce que propose ce lien, mettant cette vidéo « en compétition » avec d’autres niaiseries pour qu’elle passe sur vos écrans dans quelques mois.

 

N’OUBLIEZ PAS DE VOTER (clic sur le bouton vert « Voter » à gauche en bas de la vidéo) pour encourager ce genre d’initiatives, ... avant que nous devenions, nos enfants avec, tous complètement cons !

Ce n’est pas politique, je ne crois pas que ce soit idiot et c’est le contraire des messages colportant l’irrationnel, la sorcellerie ou la religion (un peu pareil, non ?).

C’est justement un message pour nous mettre en garde contre notre crédulité naturelle, nous invitant à maintenir notre esprit critique constamment en éveil.

Alors, n’hésitez pas à faire circuler !  

Si vous avez le même esprit critique que moi, vous penserez certainement que d’une certaine manière, cette vidéo nous manipule un peu à son tour. Mais elle nous manipule ... à ne pas nous faire manipuler.

C’est donc pour la bonne cause.

 

@+

Jack 

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

 

(*) c’est Nicolas Breil du site HOAXBUSTER qui m’a fait découvrir ce lien. Ils en parlent ici : http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/lazarus-pirate-la-tv

09 mai 2013

Sommes-nous bien conscient de notre chance ?

... comme celle d’être né(e) parmi les plus verni(e)s de la planète.

Dans quelques minutes vous devriez vous sentir bien plus riche que ce que vous ne l’auriez pensé.

 

Et si vous faisiez partie des "1%" les plus riches au monde ?

http://www.latribune.fr/vos-finances/20130422trib000760931/et-si-vous-faisiez-partie-des-1-les-plus-riches-au-monde.html#xtor=EPR-2-[Vos+finances]-20130429

Marina Torre | 22/04/2013

 

En suivant quelques liens depuis cet article, vous pourrez vous « amuser à jauger » :

- votre richesse comparée au niveau mondial        http://www.globalrichlist.com/

- votre niveau de revenu (salaire)             http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire

Bon d’accord, comme il est dit dans l’article ou l’un de ses liens, la richesse est une notion très relative, dépendante également du coût de la vie dans le lieu ou l’on vit et d’une foule d’autres considérations (types de revenus, valeur patrimoniale, avantages et privilèges).

Mais au bout du compte, la plus grande richesse n’est-elle pas celle du « savoir » et de notre degré de prise de conscience sur le monde qui nous entoure ?

 

@+

Jack

08 mai 2013

La crise : faute à la régulation, à l'Etat providence ?

Un point de vue incriminant l’endettement de « l’État providence » des pays occidentaux dans la crise économique mondiale.
L'incroyable mensonge sur la crise : la vision d'un entrepreneur
Pierre Chappaz, PDG Ebuzzing, Suisse | 28/04/2013
Et si nous étions tous responsables de cette crise. Réflexions sur la bulle, la dette et la fin de l'Etat Providence.
Qu’en pensez-vous ? Quel est votre point de vue ?
Je n’ai pu m’empêcher de donner le mien (sous pseudo « sophisme a écrit le 08/05/2013»)
"L'incroyable mensonge ...". Mais qui ment véritablement ? A mon avis, pas grand monde si ce ne sont quelques banquiers qui défendent leurs profits. Par contre, personne n'a encore totalement compris les mécanismes (les historiens le feront ... dans une trentaine d'années). Le plus grave est donc que personne n'a encore de véritables solutions pour sortir de l'ornière. Les politiques tâtonnent et leurs conseillers, comme les économistes, sont diamétralement divisés, ... tout comme les participants à cet article.
Les raisonnement les plus dangereux restent ceux qui ne sont emprunts que de certitudes. Pour ma part, je suis un libéral qui a au moins compris que le libéralisme venait d'atteindre ses limites, tout comme le collectivisme l'avait fait en son temps. Le bon côté de cette crise (si nous la comprenons), est la démonstration qu'en matière économique (comme ailleurs) aucun excès n'est salutaire et que seule la régulation des États peut nous en préserver.
Les sources de la crise sont bien plus complexes et imbriquées que celles que cet article veut dépeindre (il est assez banal que les gens aient des explications simples pour les phénomènes complexes). Certes le maintient du niveau de vie occidental devant les "justes aspirations" des pays émergents a un coût, certes le problème de fond se situe dans l'explosion démographique mondiale de ces cent dernières années, certes il faudra bien que les insupportables écarts de niveaux de vie à travers le monde se lissent un jour, .... mais bien simpliste est le raisonnement qui tendrait à croire (ou faire croire) que la crise mondiale actuelle n'est que la cause des "États providence" des pays occidentaux.
Le véritable "État providence" ne dura que le temps où l'économie pu se le permettre, dans les années 70 et en Europe. Ensuite, la libéralisation et la dérégulation qui va de paire, reprirent petit à petit le dessus (quelque fussent les gouvernements en place), jusqu'à quelques bulles révélatrices des excès de l'ingénierie financière (comme celle des Technos), puis les suivantes que nous venons de connaître. Entre temps, il n'y eut jamais autant de milliardaires et de pauvres sur la planète. Les écarts ne firent qu'extraordinairement se creuser, jusque dans des proportions humainement insoutenables. Il faut être singulièrement aveugle, stupide ou au contraire moralement tordu pour ne pas l'admettre. Quant à confondre "collectivisme" et "régulation", c'est également démontrer pauvreté ou malhonnêteté intellectuelle.
On ne pourra changer la nature humaine profonde, d'abord guidée par l'égoïsme et l'enrichissement personnel, qui n'est pas un mal mais au contraire un bien, puisqu'un moteur puissant de créativité. Mais on ne peut, sans aller à la catastrophe planétaire, "laisser faire et laisser aller" sans contraintes. La collectivité, représentée par l’État (ou un collectif d’États), doit donc mettre en place des garde-fous pour canaliser les aspirations individuelles exagérées, mal orientées, voire mal intentionnées. En clair, aux entreprises de chercher à faire des profits, c'est leur rôle et même leur devoir. A l’État de réguler la manière dont elle les fait et à assurer une redistribution minimale de ceux-ci, d'une part pour ne pas décourager les entreprises d'en faire, et d'autre part préserver la paix sociale en maintenant un juste équilibre redistributif.
La régulation existe depuis que la civilisation existe (depuis l'antiquité). Sans elle, l'humanité aurait disparue depuis longtemps. Tout le débat tournerait donc sur le "niveau de régulation". Ces quinze dernières années les marchés financiers ont été dérégulés, tout comme ils l'avaient été dans les années 20, ce qui mena à la grande dépression (et non la "récession") des années 30 ... pour déboucher où vous savez. C'est un peu le même scénario qui vient de se produire : dérégulation, laisser faire et laisser aller, bulles et ... récession pour l'instant, les politiques et leurs conseillers ayant quand même un peu appris de l'histoire.
Si on écoutait maintenant les ultra-libéraux (qui n'ont rien compris au film ou qui ne cherchent qu'à servir leurs propres intérêts, qui ne seront qu'à court terme), la récession actuelle se transformerait inévitablement en dépression (c'est plus long et plus grave) pour déboucher tout aussi inévitablement ... (devinez où).
En fait, c'est justement l'absence de régulation qui génère les excès et des écarts qui finissent toujours par craquer un jour ou l'autre, pour le malheur de tous, riches ou pauvres.
Dernier exemple en date du « tout libéralisme »laisser faire les entreprises, car elles seules savent où est l’intérêt de tous ») démontrant, si besoin était, qu’il n’y a pas qu’en matière financière qu’il y a des risques réels à écarter l’intervention de l’État dans les affaires du privé :
Liban: la compagnie MEA vole coûte que coûte au-dessus de la Syrie
latribune.fr | 08/05/2013
 
@+
Jack  













14 mars 2013

Lutte contre l’obscurantisme : “ne nous voilons pas la face”

Pas sûr que tout le monde apprécie ce "jeu vidéo" (âmes sensibles s'abstenir). Ce ne fut pas mon cas (plutôt "mal à l'aise", même) et j'ai hésité avant de m’en faire le relai : 

Chasse de nuit aux Talibans par deux hélicoptères US "Apache"...

http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f213b73d647e

Mais réflexion faite, pourquoi ne pas accepter de regarder en face certains aspects d'une guerre dont la majorité d'entre nous accepte le principe (la lutte contre l'obscurantisme), sans trop se préoccuper de ce qui peut se passer sur le terrain.

Personnellement j'approuve cette lutte : la défense des valeurs occidentales auxquelles j'adhère pleinement, la chasse à tous ceux qui tentent de les mettre à mal, même hors de nos frontières, au travers de la religion ou sous d'autres prétextes.

Néanmoins, J’essaie de rester pleinement conscient des souffrances humaines qu'elle engendre ... d'un côté, comme de l'autre. Et pour cela, rien ne vaut quelques petits rappels, tels que cette vidéo.

Règles élémentaires pour jouer :

- on obtient des points seulement si on tire sur des "combattants", appelés "soldats" si "de chez nous", "terroristes" dans le cas contraire (pour rappel, c’est aussi comme cela que l’armée Allemande appelait les résistants lors du conflit 39-45),

- les "combattants" sont reconnaissables quand ils courent ou se cachent et sont de préférence "hors campement", car ce n'est pas parce que “l’ennemi" ne fait pas la différence (ni même entre civils ou combattants), qu'il faut faire pareil,

- on perd la partie si on dégomme une chèvre ou une vache : restons "un peu humain" quand même,  ... et au minimum "entre humains".

 

@+

Jack 

10 mars 2013

Bénévolat internet

Ce billet pourrait s'adresser à tous les sites "non marchants" (à priori) dont la raison d'être est avant tout l'échange désintéressé (toujours "à priori").

Sur un site que je ne nommerai pas, sur lequel les inscrits mettaient gratuitement leurs connaissances informatiques et leurs programmes à la disposition des autres, l’un des membres actifs (et modérateur ?) s’indignait que certains inscrits n’étaient là que pour “prendre” sans rien donner en échange. On retrouve souvent cette frustration, bien au delà de la “sphère internet” et ce depuis des lustres.

En première analyse, elle pourrait paraître justifiée quand le bénévole l’est vraiment et qu’il n’a pas derrière la tête une petite idée mercantile. Mais en deuxième analyse et à y réfléchir “honnêtement”, quoique nous fassions (volontairement s’entend), ne le faisons-nous pas par intérêt ?

Je pense que oui, … toujours ! Le plus puissant “intérêt” qui nous poussent à agir sans que nous y soyons obligé, n’étant pas l’argent ou les avantages en nature, mais simplement “la satisfaction” (pour de multiples raisons, la recherche de reconnaissance étant l’une d’elles).

C'est toujours l'éternel débat entre ceux qui se démènent pour apporter et ceux qui se contentent de profiter. Je pense que nous sommes tous "profiteur" ou "donateur" à un moment ou à un autre, par intermittence, le plus souvent sans en avoir conscience (du moins, quand il s'agit de profiter). Il nous arrive à tous de donner sans recevoir en échange et de prendre sans rien retourner. Mais au bout du compte, les profiteurs finissent toujours par "donner" un jour, à leur façon, dans un autre domaine et à d'autres personnes que celles qui leur ont donné.

Entre donneurs et preneurs, la roue tourne et celle-ci est grande. Tous ceux qui donnent reçoivent aussi, mais pas forcément de ceux à qui ils ont donné et pas de la même façon. C'est ce qui n'est pas toujours bien compris, accepté. Mais si l'on pousse la réflexion plus loin, c'est au contraire très bien ainsi et parfaitement logique.

La seule honte qu'il y aurait à seulement "profiter" par moments, serait de ne jamais s'en rendre compte et de se croire perpétuellement dans le camp des donneurs. Pire que la honte, serait l'hypocrisie de faire croire que l'on donne sans rien attendre alors qu'en réalité ce n'est pas le cas (cela dit en passant, personne ne fait rien sans rien, sans y trouver un intérêt, ne serait-ce qu'une satisfaction, même mère Theresa devait trouver son compte à aider les autres sans attendre le moindre retour).

Quant aux bonnes volontés qui, sans ruse, n'acceptent pas que l'on "grappille" ce qu'elles donnent "à grappiller", qu'elles arrêtent de donner ou se remettent personnellement en question.

Personne que nous même ne peut nous pousser au bénévolat. Dés que l’on commence à se sentir frustré de ne pas avoir le “retour” que l’on pense mériter, il faut immédiatement y mettre un terme. Si ce sont les honneurs et les remerciements que l’on espère en se lançant dans le service désintéressé aux autres, mieux vaut ne pas s’y aventurer, car il y a de fortes probabilités que l’on soit déçu.

Faire du bénévolat c’est accepter de donner sans rien attendre en échange, si ce n’est une satisfaction personnelle et égoïste, voire pour certains et dans certains cas, une manière de se donner bonne conscience.

Bien sûr que la reconnaissance est appréciable, souvent méritée et généralement souhaitée. C’est même un “moteur” essentiel à l’entraide. Mais elle ne doit pas être une “exigence” de la part de celui qui accepte de donner sans y être forcé, une condition essentielle au "bénévolat". De son côté, celui qui reçoit n’impose rien au donateur. En prenant sans contrepartie et quelques soient ses attentes (légitimes ou pas), il ne peut bien évidemment rien exiger non plus.

 

@+

Jack

23 février 2013

Société Française empêtrée dans ses problèmes de fond

Goodyear: la lettre au vitriol du PDG de Titan à Montebourg

Extrait “latribune.fr | 20/02/2013” :

"... Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France! Monsieur, votre lettre signale que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça? ... (...) Le fermier français veut des pneus pas chers. Il se moque de savoir s'ils viennent de Chine ou d'Inde. Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers", écrit le PDG, Maurice M. Taylor."

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/industrie-lourde/20130220trib000749900/goodyear-la-lettre-au-vitriol-du-pdg-de-titan-a-montebourg.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20130220

 

Le plus intéressant n'est pas là, ... mais dans les commentaires ! Un vrai "condensé de la pensée Française" (variée et colorée). Promis-juré, cette fois-ci je n'y ai pas participé (il y a "trop" à dire, .. déjà que je fais un roman quand il y a "peu").

Le sujet est bien moins l'affaire "Goodyear" que celui du travail en France et de ce qui va avec (hypocrisies politiques, réalités économiques, équilibres sociaux). Il est d'ailleurs assez rare qu'un article de La Tribune recueille autant de commentaires et ceux-ci reflètent tout ce que l'on peut entendre ici ou là, d'un bord à l'autre, au sujet de notre pays et de son fonctionnement. Une vraie caricature !

Des commentaires intéressants aux plus débiles, en passant par quelques "joutes" amusantes entre participants, tout le monde y trouve son compte (inutile de tout lire, loin s'en faut, un rapide parcours avec arrêt sur quelques-uns étant suffisant).

Ce que j'apprécie avec cet éditeur, c'est que l'information y est commentée après un filtrage assez bien dosé, ni trop, ni pas assez, permettant un réel débat (et pas seulement entre intellectuels). Cela permet parfois d'avoir une petite idée de l'impact d'une info sur le public (après un rapide "nettoyage des âneries" de base). Il arrive même (plus rare mais quand même) d'y trouver une contre-info ou contre-analyse vraiment digne d’intérêt.

 

A parcourir si, et seulement si, vous êtes :

- en ce moment au travail en CDI dans une entreprise Française(*) , de préférence industrielle, à moins que ce ne soit dans un service public ou assimilé

- à la retraite ou "tout comme" (... moi ?)

 

Passés celles qui vous agaceront au plus haut point, vous devriez trouver certaines remarques très pertinentes, et au pire ou au mieux, autant matière à réfléchir qu'à sourire (à défaut de franchement rigoler). 

Toujours est-il que l'actualité politique et économique mondiale de ces cinq dernières années, doivent nous pousser à réfléchir et à sérieusement remettre en question ce que nous sommes encore bien trop nombreux, en France, à considérer comme "acquis", que ce soit sur le plan "social" ou sur celui de la "pensée".

 

@+

Jack

Plus on apprend, plus on devrait adopter l'incertitude comme mode de pensée.

 

(*) Pour couper court à toute remarque du style "Goodyear n'est pas une entreprise Française" : la maison mère sans doute, mais pas sa filiale en France, qui est juridiquement et économiquement une "entreprise Française" (société de droit Français déclarée au RCS et soumise à la législation Française). Juridiquement, il n'existe pas d'entreprises étrangères sur le sol Français, seulement des entreprises pouvant être sous influence étrangère (sociétés Françaises dont l’actionnariat majoritaire, et par voie de conséquences le haut management, sont étrangers).

17 janvier 2013

Retour des religieux au pouvoir ... en Europe ?

Ce n'est pas une blague, ni de l'intox ... mais de l'information. L'infiltration des religieux au pouvoir dans nos nations laïques est inquiétante. Quelque soit la religion et les idéos qu'ils véhiculent, jamais le dogme n'a été bon pour l'humanité.

Le parti "Islam" gagne des représentants aux élections communales Belges :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=aNWeLZARCUI
 
Deux conseillers communaux fraichement élus, dans deux communes différentes, prônent ouvertement les vertus de la loi islamique et ne cachent nullement leur objectifs à long terme (“tout doucement, même si cela doit prendre des décennies, le mouvement est lancé”) : la charia … en Belgique.

Même si il élargit un peu plus la voie, je ne suis pas certain que le vote des étrangers aux municipales en soit la seule cause (en tout cas cet extrait du JT Belge, RTBF, ne le précise pas), car les convictions religieuses sont indépendantes de la nationalité.

Ma position est claire et n'a rien à voir avec les différences culturelles ou les croyances religieuses. Je souhaite simplement que perdure la séparation de l'État et de la religion (dénommée "l'église" à l'époque), telle que l'on souhaitée et durement acquise nos ancêtres, les révolutionnaires.

Or ce que la Belgique ou un autre pays Européen tolère aujourd'hui, la France le tolèrera demain. La religion relève soit de la philosophie, soit de l'instrumentalisation politique. C'est alors un formidable levier de pouvoir car il prend racine au plus profond des interrogations humaines, pour au final, imposer à la collectivité une conduite et une morale préfabriquée.

L’Europe ayant déjà connu l'inquisition et le droit canon, souhaiterait-elle goûter à la charia ? Nous en sommes encore bien loin ... mais si la religion s'infiltre dans nos mécanismes politiques laïques, elle aura les mêmes conséquences qu'un petit filet d'eau s'infiltrant dans la micro fissure d'un barrage. Il faut colmater aux premiers signes, à la première alerte !
 
... Et c'est à chaque citoyen tenant aux principes de laïcité de son pays (la majorité en Europe), d'y participer à son niveau, par le vote et en communiquant, en alertant et en réclamant à ses représentants laïques encore au pouvoir, de mettre en place des garde-fous (au sens propre, comme au figuré).

Tout comme on interdit à juste titre les propos racistes et xénophobes, on devrait interdire toute référence religieuse de la part d'un responsable politique.

@+











Jack 


Un peu d'histoire pour rappel : La séparation des Églises et de l'État
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/chronologie.asp

12 janvier 2013

Bonne année 2013 … et message d’espoir de KEYNES

Je cherchais une idée pour illustrer mes vœux et je viens de la trouver ...

... avec KEYNES et ce texte plein de bon sens (à mon avis) ... que je découvre :

John M. Keynes souhaite un joyeux Noël aux petits-enfants... pour ce qui les attend

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121221trib000738909/john-m.-keynes-souhaite-un-joyeux-noel-aux-petits-enfants-pour-ce-qui-les-attend.html#xtor=EPR-2-[Morning+Briefing]-20121225

Par John Maynard Keynes | 24/12/2012 - Source La Tribune et Olivier Berruyer (blog www.les-crises.fr)

 

Mais non, ne prenez pas peur, il ne s'agit pas d'un "traité sur l'économie" ! Juste une approche facile et agréable à lire sur notre civilisation, ses fondements et son devenir possible, des plus agréable si nous y mettons un peu du notre pour qu'il en soit ainsi.

En fait, ce texte est bien plus philosophique qu'économique.

Il a été écrit en 1930 (rappelez-vous, "la grande dépression"), et si vous suivez un peu l'actualité, vous conviendrez comme moi qu'il aurait très bien pu être écrit hier.

Dans "perspectives économiques à nos petits-enfants", J.M. KEYNES essaie de projeter ce que pourrait être l'avenir de l'humanité.

 

Extraits :

"Nous souffrons, en ce moment précis, d'un grave accès de pessimisme économique. C'est chose courante que d'entendre les gens dire que la période des gigantesques progrès économiques ... est désormais révolue, que la rapide amélioration du niveau de vie est en train de marquer le pas, ... et que la décennie qui commence nous réserve plus probablement une diminution de notre prospérité qu'un nouvel accroissement."

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"Nous souffrons non pas des rhumatismes de la vieillesse, mais des troubles de croissance dus à des changements d'une rapidité excessive, nous souffrons des difficultés que provoque la réadaptation à une phase économique nouvelle."

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"A partir du XVIe siècle, avec un crescendo cumulatif après le XVIII•, nous sommes entrés dans l'âge grandiose de la science et des inventions techniques, et cet âge a donné toute sa mesure depuis le début du XIXème siècle ..."

"Et à quel résultat sommes-nous arrivés ? Malgré un prodigieux accroissement de la population mondiale qu'il a fallu équiper de maisons et de machines, le niveau de vie moyen en Europe et aux États-Unis est allé toujours en augmentant pour être maintenant, à mon avis, quatre fois supérieur à ce qu'il était."

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"Nous sommes actuellement affligés d'une maladie nouvelle dont certains lecteurs peuvent bien ignorer encore le nom, mais dont ils entendront beaucoup parler dans les années à venir, et qui est le chômage technologique.

Il faut entendre par là le chômage qui est dû au fait que nous découvrons des moyens d'économiser de la main-d'œuvre à une vitesse plus grande que nous ne savons trouver de nouvelles utilisations du travail humain. Mais ce n'est là qu'une période passagère d'inadaptation."

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"Et j'en arrive maintenant à ma conclusion qui va vous paraître, j'imagine, de plus en plus saisissante à mesure que vous y réfléchirez. Cette conclusion est que, à supposer l'absence de grandes guerres et d'importants progrès démographiques, le problème économique peut être résolu, ou que sa solution peut au moins être en vue, d'ici à cent ans.

Ce qui veut dire que le problème économique n'est point, pour le regard tourné vers l'avenir, le problème permanent de l'espèce humaine.

Pourquoi est-ce donc si saisissant, pouvez-vous vous demander ? Cette conclusion est saisissante parce que, si nous scrutons le passé au lieu de scruter l'avenir, le problème économique, la lutte pour la subsistance nous apparaissent comme ayant toujours été jusqu'ici le problème primordial et le plus pressant de l'espèce humaine.

Et c'est encore trop peu dire, car ce n'est pas seulement de l'espèce humaine, mais de tout l'univers biologique depuis les premiers commencements de la vie sous ses formes les plus primitives que la recherche de la subsistance a été le problème dominant.

Ainsi la nature a-t-elle expressément guidé notre développement, avec tout ce que cela comporte en fait d'impulsions et de profonds instincts, vers la solution du problème économique comme tâche spécifique.

Si le problème économique est résolu, l'humanité se trouvera donc privée de sa finalité traditionnelle. Est-ce que ce sera un avantage ? Pour peu que l'on donne foi aux valeurs authentiques de la vie, cette perspective offre à tout le moins la possibilité d'un avantage.

Cependant je pense avec inquiétude à la réadaptation requise de l'humanité commune qui peut se voir poussée à répudier dans quelques décennies les habitudes et les instincts qu'elle s'est assimilés depuis d'innombrables générations. Pour parler le langage qui fait fureur aujourd'hui, ne devons-nous pas nous attendre à une « dépression nerveuse» universelle ?"

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"Ainsi, pour la première fois depuis sa création, l'homme fera-t-il face à son problème véritable et permanent : comment employer la liberté arrachée aux contraintes économiques ? Comment occuper les loisirs que la science et les intérêts composés auront conquis pour lui, de manière agréable, sage et bonne ?"

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"... ce seront les peuples capables de préserver l'art de vivre et de le cultiver de manière plus intense, capables aussi de ne pas se vendre pour assurer leur subsistance, qui seront en mesure de jouir de l'abondance le jour où elle sera là.

Toutefois il n'est point de pays ni de nation qui puisse, je pense, voir venir l'âge de l'abondance et de l'oisiveté sans craindre. Car nous avons été entraînés pendant trop longtemps à faire effort et non à jouir. Pour l'individu moyen, dépourvu de talents particuliers, c'est un redoutable problème que d'arriver à s'occuper, plus redoutable encore lorsque n'existent plus de racines plongeant dans le sol ou les coutumes ou les conventions chéries d'une société traditionnelle."

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"Quand l'accumulation de la richesse ne sera plus d'une grande importance sociale, de profondes modifications se produiront dans notre système de moralité. Il nous sera possible de nous débarrasser de nombreux principes pseudo-moraux qui nous ont tourmentés pendant deux siècles et qui nous ont fait ériger en vertus sublimes certaines des caractéristiques les plus déplaisantes de la nature humaine. Nous pourrons nous permettre de juger la motivation pécuniaire à sa vraie valeur."

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"Bien entendu, il y aura encore bien des gens, dotés d'une « intentionalité » puissante et inassouvie, qui poursuivront aveuglément la richesse, à moins qu'ils ne sachent trouver un succédané acceptable. Mais tous les autres d'entre nous cesseront d'être obligés de les applaudir et de les encourager."

"Une fois de plus nous en reviendrons à estimer les fins plus que les moyens, et à préférer le bon à l'utile."

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"Mais attention ! Les temps ne sont pas encore venus. Pendant au moins un siècle de plus, il nous faudra faire croire à tout un chacun et à nous-mêmes que la loyauté est infâme et que l'infamie est loyale, car l'infamie est utile et la loyauté ne l'est point. Avarice, Usure et Prudence devront rester nos divinités pour un petit moment encore. Car elles seules sont capables de nous faire sortir du tunnel de la nécessité économique pour nous mener à la lumière du jour."

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"Je me réjouis donc de voir se réaliser, dans un avenir pas si lointain, le plus grand changement qui se soit jamais produit dans les conditions matérielles de la vie des êtres humains considérés globalement. Mais, bien entendu, cela se fera graduellement et non pas en un bouleversement soudain."

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Que ces extraits ne vous dispensent pas de lire le texte en entier, ne serait-ce que pour mieux comprendre la logique du raisonnement (surtout si vous n'êtes pas convaincu de prime abord). Franchement intéressant !

Vous aurez même droit à la petite "histoire du tailleur et du professeur" en guise de parabole.

Écrit en 1930, je le rappelle !

Si les avancées technologiques réalisées depuis ne le démentent pas, Keynes envisageait un profond changement des mentalités pour les cent ans à venir, soit à l'horizon 2030 au minimum (une économie hautement performante, répondant aux besoins vitaux de tous et non à l'enrichissement sans fin d'une minorité). Sommes nous si loin du résultat, malgré une guerre mondiale entretemps et quelques retards dans la régulation démographique mondiale (évènements retardateurs comme l'écrivait Keynes) ? Je ne le pense pas.

Je crois même que la crise actuelle est l'un de ces inévitables sursauts qui accompagnent les phases de profond changement. Le genre de crise "qui passe ou qui casse". De celles qui, si elle ne fait pas basculer une civilisation dans le chaos (Ya Ya, nous ne sommes pas passés loin), lui permet au contraire d'avancer. Si la sortie de crise n'est pas encore totalement assurée, on ne peut nier qu'elle aura, si ce n'est de nous mettre définitivement à l'abri d'autres crises, l'avantage d'avoir mis en lumière les absurdités, les limites et les dangers d'un capitalisme sans frein. C'est ce genre de prise de conscience, non pas à l'échelle d'une nation mais au niveau mondial, qui avec la fulgurante avancée dans les outils de communication et de partage des connaissances, feront que les pays développés sauront bientôt, de concert et sous la pression démocratique, mieux utiliser leur technologie pour enfin mettre leurs économies au service de l'humanité et non le contraire.

Quand les problèmes de subsistance de l'humanité seront solutionnés, disparaîtront du même coup certains instincts primitifs devenus inutiles (amasser par peur de manquer, disputer l'essentiel à autrui par peur de perdre ou de ne pas avoir) et l'homo sapiens ainsi libéré, apaisé, pourra alors pleinement utiliser son intelligence à bien d'autres tâches. Survivront encore quelques australopithèques pour continuer à amasser plus qu'ils n'auront besoin (et cela ne devra pas être interdit), mais comme le dit Keynes, la richesse ne sera plus la valeur sociale à la mode.

Utopie ? Pas si sûr (j'ai déjà développé sur le sujet et y reviendrai). Bon d'accord, les personnes de ma génération ni même de la suivante, ne connaîtront pas ce monde économique idyllique et bien pensant selon Keynes (ou selon Jack). Bien des pays ne sont pas encore prêts et dans ceux qui le seraient, bien des évolutions sont encore à attendre (surtout du côté des mentalités). Il y a donc encore du travail avant de passer à cette nouvelle ère, à ce nouveau degré de civilisation, digne de l'un des grands bons en avant que connaît par intermittence l'humanité (avancée d'abord technologique, puis avec retard mais immanquablement, sociologique). Mais ce sera certainement pour les générations du XXI° siècle. Et 2050, voire 2080, c'est demain à l'échelle de l'humanité. D'où le titre : "joyeux Noël aux petits-enfants...".

Qu'ils n'aillent quand même pas croire que leur seule tâche sera de maintenir et d'améliorer un système économique efficient (capable de répondre aux besoins primordiaux de tous). Bien d'autres problème seront à résoudre (payer nos dettes, s'occuper du déséquilibre climatique, réussir la transition énergétique, continuer à éviter de se servir de l'arme atomique, détourner un géocroiseur de sa trajectoire,  ... et bien d'autres casse-têtes), mais en gérant plus intelligemment l'outil industriel et le partage des richesses (l'exploitation des ignorants devrait devenir de plus en plus difficile), ils pourront faire face à bien des défis, bien mieux et plus facilement que n'a su le faire l'humanité au XX° siècle, considérant qu'elle a tout de même et quoiqu'en pensent les esprits chagrins (ou les nobles déchus), mieux fait que durant les siècles précédents.

C'est donc sur ce message d'espoir que je vous souhaite :

Tous mes vœux de bonheur et de réussite dans les domaines qui vous tiennent à cœur

... pour 2013 ... et les suivantes si elle n'y suffit pas, bien sûr !

@+

Jack  

 

PS :

Il est vrai que certains économistes (pas la majorité) réfutent les théories de Keynes (*), principes expliquant (voire "régissant") l'économie mondiale depuis que l'ère industrielle existe, ... surtout depuis "la crise", faute de meilleures idées pour la résoudre.

Chercher à remettre en question ce qui semble établi est une bonne chose, d'ailleurs défendue par Keynes lui-même, jusque dans le texte précité dont ce pourrait même être le principal message (notre devenir tenant à notre capacité à nous adapter, à nous remettre en question).

Mais encore faut-il en expliquer les raisons et que soit proposé une théorie de remplacement qui "tienne la route". Si l'objectif n'est que de chercher à se faire remarquer, à se démarquer des autres, ce n'est que de la pure frime, l'expression d'un besoin de compenser quelque chose qui n'a rien à voir avec l'économie (hors rémunération des lecteurs ou éventuels honoraires du psy).

Pour ma part, si j'ai lu beaucoup d'inepties, je n'ai pas encore lu une théorie économique qui puisse remettre en cause les fondamentaux posés par Keynes. D'autant qu'à mon humble avis, ils ont été amplement confirmés par ce que la crise nous a révélé (dérapages d'une finance dérégulée, imprévisibilité des marchés, nécessité d'interventions politiques dans l'économie).

 

(*) Avant que les puristes ne se manifestent inutilement, je ne parle pas des théories qui complètent celles de Keynes ou abordent l'économie sous d'autres angles (celle de Schumpeter par exemple), mais des économistes qui rejettent en bloc les mécanismes fondamentaux de l'économie moderne tels qu'énoncés par Keynes (et sur lesquels s'appuient la majorité des politiques économiques occidentales, dites "Keynésiennes"). Maintenant et pour être encore plus précis, je n’insinue pas que les théories de Keynes sont toujours à prendre au pied de la lettre sans la moindre adaptation, mais seulement que les “fondamentaux” sont toujours valables aujourd’hui.